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Chapitre 2

Penulis: Éléa Venot
C'était quoi, ce truc ?

En entendant cette voix, Maëva est restée bouche bée. Il lui a fallu deux secondes pour reprendre ses esprits.

Attends... Ce serait pas ce fameux système qu'on voit dans les romans ?

Dépenser cinq cents euros, recevoir un mètre carré d'espace…

Maëva a appuyé sur le bouton de paiement, juste pour tester.

Elle a d'abord pris des cartons de nouilles instantanées aux saveurs classiques : bœuf mijoté, poulet rôti, légumes, curry doux, tomate-basilic… Dix cartons de chaque.

Ces saveurs basiques coûtaient environ 40 € le carton. Chaque carton contenait 24 sachets. Avec les réductions, elle en avait eu pour un peu plus de 2 000 €.

Et en effet, dès que le paiement a été validé, Maëva a senti son esprit basculer d'un coup. La brume blanche devant ses yeux s'est dissipée, laissant apparaître un espace d'environ 4 mètres carrés.

Au-dessus de cet espace flottait une barre de progression. Tout au bout, un trophée grisé apparaissait, avec une inscription en dessous :

« Flambeur ».

Sous la barre, un immense disque se trouvait là, silencieux. Une fine aiguille était suspendue au centre. Le disque était découpé en une multitude de couleurs, mais les inscriptions étaient floues, impossibles à lire.

Pourtant, Maëva en était certaine. C'était le panneau de tirage au sort.

Elle a attrapé au hasard le verre posé sur la table basse et l'a glissé dans l'espace.

La scène qui a suivi l'a surprise. Une fois le verre à l'intérieur, la vapeur chaude qui s'en échappait s'est figée net, comme arrêtée en suspension dans l'air.

Le temps était immobile dans cet espace.

Autrement dit, peu importe ce qu'elle y stockait, rien ne risquait de se gâter ni de s'abîmer.

C'était vraiment un système. Un vrai espace de stockage !

Maëva a été folle de joie.

Il fallait seulement dépenser ?

Gagner de l'argent était difficile. Mais le dépenser ? Qui ne savait pas faire ça ?

Surtout qu'une fois l'apocalypse arrivée, l'argent ne valait plus rien. À certains moments, même une seule portion de nouilles instantanées avait plus de valeur qu'une liasse de billets.

Il restait 167 heures, soit environ sept jours. Elle devait débloquer l'insigne « Flambeur » dans ce délai.

Les saveurs classiques, c'était fait.

Alors il fallait bien passer aux produits instantanés un peu plus luxueux, non ?

Ramen tonkotsu, fruits de mer pimentés, ramen coréens ultra-épicés, soba, yakisoba au sésame, ramen au fromage, curry japonais...

À stock.

Tout stocker.

Pour chaque saveur, dix cartons minimum.

Rien que pour ces produits instantanés, Maëva a commandé plus de mille cartons.

Et surtout, elle n'a surtout pas oublié les ramen premium au crabe.

Là, elle n'a même pas hésité : mille boîtes d'un coup.

Ce produit-là, c'était clairement le grand luxe des plats instantanés. En temps normal, deux boîtes coûtaient presque 30 €. Elle n'en avait mangé que deux fois, mais elle y avait pensé pendant des années. Après ça, elle n'avait plus vraiment osé en racheter.

Mais maintenant ?

Comment pouvait-elle s'en passer ?

Au total, elle a dépensé un peu plus de 20 000 euros. Son espace de stockage dépassait déjà les 40 mètres carrés.

Mais la barre de progression de « Flambeur », elle, n'avait avancé que de 3 %.

D'accord. Le système voulait vraiment l'encourager à dilapider son argent.

Puisqu'elle avait eu droit à une seconde vie, Maëva n'avait pas seulement pour objectif de survivre à l'apocalypse.

Les dix années précédentes, elle avait déjà assez souffert. Cette fois, elle voulait vivre. Et vivre bien.

Après un moment de réflexion, elle a contacté plusieurs fournisseurs sur une plateforme de grossistes en ligne et a commandé au total 500 kilos de jambon sec, en pièces entières.

C'était son péché mignon.

Et allez savoir pourquoi, ce genre de produit était toujours meilleur quand il venait de petits fournisseurs en ligne. Ceux qu'on trouvait en magasin n'avaient jamais la même saveur.

500 kilos, 6 000 euros

Validé.

À ce moment-là, deux petits grognements sont venus de la chambre.

La porte s'est ouverte sous la poussée d'un museau, et une truie rose, ronde comme une boule, longue d'un bon mètre, a trottiné vers elle en grognant doucement.

« Lingot… »

En voyant Lingot, Maëva s'est d'abord figée. Puis ses yeux ont rougi d'un coup.

Lingot était un cadeau de Gaspard Vernier, le vieux facétieux de la famille.

Beaucoup de gens l'ignoraient, mais les cochons faisaient partie des animaux les plus intelligents. Ils étaient même plus malins que la plupart des chiens, à part quelques races très douées, et leur tempérament était étonnamment stable.

Tant qu'on gérait bien l'hygiène, un cochon pouvait vraiment faire un excellent animal de compagnie.

Sauf que dans sa vie précédente, Cédric et Lilou, venus se réfugier chez Maëva, avaient profité de son sommeil pour abattre Lingot en cachette.

Ce n'est qu'en sentant l'odeur de viande que Maëva s'était réveillée en sursaut.

Face à ses accusations, Cédric s'était même montré plus furieux qu'elle.

« Maëva, tu ne vois pas quelles sont les priorités ? À un moment pareil, qu'est-ce qui compte le plus ? Des humains ou une bête ? »

« Et puis, à la base, c'était un cochon destiné à finir dans une assiette. Il est né pour ça ! Tu répétais qu'on était tes meilleurs amis, mais maintenant qu'on est en danger, tu te montres aussi mesquine ? Franchement, tu me déçois. »

Ce chantage affectif minable avait pourtant réussi à manipuler la Maëva de sa vie précédente.

Rien qu'en repensant à toutes les stupidités qu'elle avait faites à l'époque, Maëva avait envie de se gifler elle-même.

Lingot a grogné deux fois, puis a poussé son museau contre son mollet. Elle a penché la tête pour la regarder, avec cette innocence un peu bête dans les yeux.

Maëva lui a pris doucement la grande oreille.

« Ne t'inquiète pas. Cette fois, je te protège. »

Lingot a laissé échapper deux petits grognements. Impossible de dire si elle avait vraiment compris. Pourtant, elle est venue blottir son groin dans sa paume pour s'y frotter doucement.

Après avoir validé ses achats, Maëva a réfléchi un instant, puis elle a appelé un agent immobilier qu'elle connaissait.

« Madame Vernier, vous êtes vraiment sûre de vouloir vendre votre appartement en plein centre-ville ? »

L'agent immobilier n'arrivait pas à y croire.

À Saint-Aurin, un T3 de plus de 90 mètres carrés en plein centre-ville valait facilement entre 400 000 et 500 000 euros.

« Oui. »

La voix de Maëva était calme.

Le centre-ville ?

Après l'épidémie, à cause de la densité de population, ce genre d'endroit avait été parmi les premiers à tomber.

Autant le transformer en argent, la seule ressource encore exploitable pour l'instant.

« Vous voulez le mettre à combien ? » a demandé l'agent avec prudence.

Maëva allait répondre quand un bruit est venu de l'entrée.

La porte a été ouverte avec une clé. Un homme et une femme, tous les deux plutôt beaux, sont entrés comme chez eux.

Maëva était encore au téléphone, mais la femme a fait comme si elle ne l'avait pas remarqué. À peine entrée, elle lui a lancé d'un ton furieux :

« Maëva, c'est quoi cette histoire avec Gilles ? Je t'avais bien dit que c'était quelqu'un présenté par ma tante. Tu as fait un scandale pareil, et maintenant moi, je… »

Cédric et Lilou !

Ses ennemis s'étaient présentés d'eux-mêmes devant elle. La douleur de sa vie précédente lui est revenue d'un coup, comme une vague qui lui broyait tout le corps. Ses mains se sont crispées sans qu'elle s'en rende compte. Maëva a dû puiser dans toutes ses forces pour retenir l'envie de tailler en pièces ces deux pourritures sur-le-champ.

L'apocalypse n'avait pas encore commencé. Ils n'avaient pas encore connu le vrai désespoir.

Les tuer maintenant, c'était beaucoup trop doux pour eux !

Maëva l'a coupée net, le visage sans expression.

« Chut. »

Lilou a dû ravaler la suite de sa phrase. Pendant un instant, elle est restée perdue.

Pourquoi Maëva lui semblait-elle si bizarre, aujourd'hui ?

Maëva a repris la conversation au téléphone, d'une voix grave :

« Je veux vendre vite. Je suis prête à le céder pour 400 000 euros. Vous savez très bien ce que vaut un T3 comme le mien en plein centre-ville. À 450 000 euros, il partirait encore sans difficulté. »

En entendant ça, Lilou a poussé un cri. Elle en a même oublié la raison de sa venue.

« Quoi ? Maëva, tu veux vendre cet appartement ?! »

Cédric, lui aussi, a changé d'expression.

« Attends, Maëva, tu réfléchis ou pas ? L'emplacement est excellent, les transports sont juste à côté, et toi, tu veux le brader à 400 000 euros ? »

Cette fois, Maëva a éloigné le téléphone de l'oreille.

« Et alors ? »

Les deux se sont regardés, l'air profondément peiné.

« Une décision aussi importante, tu ne pouvais pas au moins nous en parler ? »

Maëva a haussé un sourcil.

« C'est mon appartement. Même si je l'offre à quelqu'un, ça me regarde. Pourquoi je devrais vous demander votre avis ? »

« Mais… »

Pour une fois, ils n'ont pas su quoi répondre.

Ils avaient depuis longtemps pris l'habitude de s'immiscer dans la vie de Maëva et de lui dire quoi faire. Mais maintenant qu'elle leur demandait une vraie raison, ils se retrouvaient incapables d'en donner une.

C'est vrai.

Pourquoi, au juste ?

Cédric, d'un ton plein de grands principes, a répliqué :

« On n'est pas tes meilleurs amis ? Pour une décision pareille, c'est normal qu'on t'aide à y voir plus clair, non ? »

« Oh… »

Maëva a fait traîner la syllabe. Après avoir donné quelques consignes rapides à l'agent, elle a raccroché.

Puis elle les a regardés avec un sourire indéchiffrable.

Ses meilleurs amis ?

Dans sa vie précédente, elle y avait vraiment cru.

Mais qu'avaient fait ces deux soi-disant meilleurs amis ?

D'un côté, ils jouaient les meilleurs amis du monde devant elle. De l'autre, ils la prenaient pour une idiote.

Dans sa vie précédente, comment Gilles avait-il pu s'introduire chez elle sans que personne ne s'en aperçoive ?

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