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Chapitre 8

Penulis: Éléa Venot
C'était la première fois depuis sa renaissance que Maëva finissait dans un état pareil. Elle a traîné son corps épuisé jusqu'à la salle de bain, a pris une douche en serrant les dents, puis, à peine la tête posée sur l'oreiller, elle a sombré d'un coup.

Le lendemain, au réveil, ses muscles la lançaient encore de partout. Pourtant, cette douleur lui procurait une étrange satisfaction. Oui, elle souffrait. Mais cette douleur était la preuve qu'elle devenait plus forte, un pas après l'autre.

Le 18 août, elle n'avait pas de temps à perdre à récupérer. Avant même de sortir, elle avait déjà repéré le plus grand verger de Saint-Aurin.

L'été battait son plein. Même tôt le matin, le soleil commençait déjà à embraser l'air.

Comme elle avait pris contact à l'avance, deux employés l'attendaient devant l'entrée à son arrivée.

Dans l'apocalypse, les fruits étaient un luxe absolu. Non seulement ils étaient bons, mais ils apportaient aussi fibres et vitamines, de quoi renforcer les défenses immunitaires.

Vers la fin de l'Apocalypse, quand les ruines de l'ancien ordre social auraient peu à peu laissé place à une nouvelle hiérarchie, les fruits deviendraient un privilège réservé aux puissants.

Les deux employés avaient vite compris qu'elle représentait une vente importante. Ils ont donc redoublé d'attentions.

« Bonjour, Madame Vernier. Je suis Julien, et voici Antoine. Nous allons nous occuper de vous aujourd'hui. »

Maëva n'a pas perdu de temps en politesses. Elle a directement sorti une liste où elle avait noté toutes les variétés de fruits qu'elle voulait, avec les quantités.

« Euh… »

En découvrant le contenu, les deux hommes sont restés stupéfaits.

1 500 kg de pommes, 1 500 kg de poires, 1 500 kg d'oranges, 750 kg de raisin noir, 750 kg de raisin blanc, 1 500 kg de tomates cerises, 1 500 kg de kiwis, 1 500 kg de pêches…

Et 20 000 kg de pastèques.

Ils la savaient grosse cliente, mais pas à ce point.

Les deux hommes ont échangé un regard, puis l'un d'eux a demandé, sans parvenir à masquer son incertitude :

« Madame Vernier, vous… vous voulez vraiment tout ça ? »

« Oui. Vous pouvez préparer la commande ? »

À ces mots, les deux employés ont aussitôt hoché frénétiquement la tête, de peur de laisser filer une cliente pareille.

« Oui, oui, bien sûr ! Absolument ! »

« Parfait. Dès que tout sera prêt, vous livrerez directement à cette adresse. »

Maëva leur a laissé l'adresse de l'entrepôt.

« Les quantités sont importantes, mais je serai tout aussi exigeante sur la qualité. Si je trouve des fruits abîmés glissés dans le lot, je me réserve le droit de ne pas régler le solde. Ça vous convient ? »

« Bien sûr, bien sûr, aucun problème ! »

Julien et Antoine ont acquiescé en même temps, sans la moindre hésitation.

« Madame Vernier, vous pouvez compter sur nous. Nous sommes le plus grand verger de Saint-Aurin, et ça fait des années qu'on est dans le métier. Tricher sur la marchandise, ce serait nous tirer une balle dans le pied. »

« Bon, ça me rassure. »

Maëva a esquissé un sourire.

« Ah, et encore une chose. Je voudrais aussi acheter de jeunes arbres fruitiers. Vous en avez ? »

« Oui, bien sûr ! »

Antoine s'est empressé de répondre :

« Suivez-moi, je vous prie. Nos arbres sont tous d'excellente qualité, c'est justement pour ça que nous produisons autant de fruits de premier choix. Dites-nous ce qu'il vous faut, vous ne serez pas déçue. »

Guidée par Antoine, Maëva a acheté d'un seul coup un grand lot d'arbres et de plants fruitiers, ainsi qu'une belle quantité de graines sélectionnées.

Pommiers, poiriers, orangers, grenadiers, pieds de vigne, plants de tomates cerises…

Antoine souriait jusqu'aux oreilles et redoublait d'attentions. Il a même conduit Maëva jusqu'au salon VIP, où l'attendaient déjà des boissons fraîches et quelques petits fours. Même la climatisation était réglée sur 26 °C.

« Au fait, je voudrais aussi des fruits exotiques, des mangues, des ananas, des fruits de la passion. Vous n'en cultivez pas ici, mais j'imagine que vous avez des partenaires ? »

« Bien sûr ! »

Antoine s'est redressé aussitôt.

« Madame Vernier, vous avez l'œil. Nous sommes le plus gros verger de la région et nous travaillons avec des producteurs un peu partout. Si vous en voulez, je les appelle tout de suite. On les fera venir directement par avion, et vous les aurez demain matin au plus tard. Je vous garantis qu'ils arriveront parfaitement frais. »

« Très bien. »

Maëva a hoché la tête.

« Je voudrais 250 kg d'ananas, et 500 kg de chaque : mangues, litchis, fruits de la passion, papayes et fruits du dragon. C'est possible ? »

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