Home / Romance / La fortune secrète de M. Vance / Chapitre 3 : Le penthouse de luxe

Share

Chapitre 3 : Le penthouse de luxe

Author: Amma Brandon
last update publish date: 2026-07-09 08:14:25

Le trajet jusqu'au nouvel appartement se fit dans un silence complet. Caspian, assis côté passager dans l'élégante voiture de sport blanche de Sylvia, gardait les yeux rivés sur les rues de la ville. Sylvia conduisait vite et de manière agressive, les jointures crispées sur le volant en cuir. Elle ne lui jeta pas un seul regard. Elle le traitait comme un fardeau dont elle était obligée de se trimballer.

Ils finirent par se garer dans le parking souterrain d'un immeuble de grande hauteur nommé le Grand Horizon. Caspian connaissait cet immeuble. Il était situé dans le quartier huppé de Northbridge, où vivaient des cadres supérieurs et quelques célébrités. Ce n'était pas un lieu réservé aux ultra-riches, mais c'était un luxe incomparable par rapport au studio exigu et insalubre où Caspian avait vécu deux jours auparavant.

Sylvia coupa le moteur, prit son sac à main de marque et sortit sans l'attendre. Caspian ouvrit sa portière, prit son simple sac de voyage en toile sur la banquette arrière et la suivit jusqu'à l'ascenseur privé.

Lorsque les portes de l'ascenseur s'ouvrirent au dernier étage, Caspian se retrouva dans un immense penthouse décloisonné. Le sol était en parquet clair poli et une immense baie vitrée offrait une vue imprenable sur la ville. La cuisine était équipée de plans de travail en marbre foncé et d'électroménager haut de gamme en inox.

« Ne t'installe pas trop confortablement », dit Sylvia froidement en jetant ses clés de voiture sur l'îlot de cuisine. Elle se retourna et le regarda, ses yeux bleu glacier se plissant à la vue de son sac de sport bon marché. « Comme je l'ai dit au restaurant, cet endroit a été aménagé par les avocats de la succession Vance pour que nous puissions vivre ensemble conformément au contrat. Mais ce n'est pas un vrai foyer, et nous ne sommes pas un vrai couple. »

Caspian posa son sac par terre. Son visage demeura impassible. Après s'être fait hurler dessus par Preston et avoir été largué par Gemma, les paroles glaciales de Sylvia lui parurent à peine insultantes. Comparée aux cris de son ex, la froideur de Sylvia était presque rafraîchissante. Elle était professionnelle.

« Je me souviens des règles, Sylvia », dit Caspian d'un ton suave. « Chambres séparées. Interdiction de se toucher. Interdiction de s'immiscer dans la vie de l'autre. »

« Bien. Une bonne mémoire est un atout précieux pour un employé de bureau », rétorqua Sylvia, un soupçon de sarcasme dans la voix. Elle s'avança dans un large couloir et désigna une porte sur sa gauche.

« Voici votre chambre. Elle a sa propre salle de bain. Mes appartements se trouvent à l’autre bout du couloir. Ne vous approchez pas de ma chambre, ne frappez pas à ma porte sauf si l’immeuble est en feu, et ne touchez à rien dans la cuisine qui m’appartienne. »

« Compris », répondit Caspian.

Sylvia consulta sa montre, son visage se crispant de stress et d'anxiété. « Je dois retourner au studio de design Sterling. Ma société lance une nouvelle ligne de vêtements de luxe le mois prochain, et vu notre situation financière, c'est le chaos. Je n'ai pas le temps de m'occuper d'un homme au foyer. Si tu as faim, commande une pizza. Mais n'oublie pas de ranger après toi. »

Sans attendre sa réponse, elle pivota sur ses talons et sortit directement du penthouse, la lourde porte d'entrée se refermant derrière elle avec un clic.

Caspian se tenait seul dans le luxe paisible du penthouse. Il laissa échapper un long soupir et s'approcha de l'immense baie vitrée. Il sortit la carte d'argent de poche en titane noir mat qu'Arthur lui avait donnée la veille.

Cinq millions de dollars par mois.

Il avait plus d'argent en poche que ce dont toute l'entreprise familiale de Sylvia avait besoin pour survivre, et pourtant elle le prenait pour un bon à rien. L'ironie de la situation lui arracha un petit sourire froid. Cacher la vérité ne le dérangeait pas. Cela lui procurait une étrange sensation de paix. Pour la première fois de sa vie, il n'avait pas à se soucier du loyer, de la nourriture, ni même de sa survie. Il pouvait simplement observer le déroulement des événements.

Il entra dans sa chambre. Spacieuse et propre, elle était dotée d'un lit king-size aux draps blancs impeccables et d'un balcon privé donnant sur le parc municipal. Sur le lit se trouvait une petite boîte en carton sans étiquette.

Caspian l'ouvrit. À l'intérieur se trouvaient un smartphone flambant neuf, un ordinateur portable fin et un petit portefeuille en cuir noir contenant son permis de conduire ainsi que quelques cartes bancaires ordinaires. Au fond de la boîte, un petit mot plié, écrit d'une élégante écriture cursive.

Jeune Maître Caspien,

Les données sont entièrement cryptées et sécurisées. Les cartes bancaires sont liées à un compte bancaire standard qui affichera un salaire modeste, préservant ainsi votre anonymat. La carte en titane noir reste votre principale source de fonds illimités. J'ai également créé un emploi classique à votre nom dans une entreprise de logistique locale, au cas où votre nouvelle épouse exigerait une preuve de votre activité professionnelle.

Je les observe toujours depuis l'ombre.

— Arthur Pendelton

Caspian jeta le mot à la poubelle et prit son nouveau téléphone. Il le configura rapidement, transférant ses anciens contacts. Dès que le téléphone se connecta au réseau, il se mit à vibrer violemment, submergé d'appels et de SMS manqués.

Il ouvrit les messages. Ils provenaient tous de ses anciens collègues de Vanguard Architecture, et quelques-uns de Gemma.

« Caspian, est-ce vrai ? Preston a vraiment pris ton projet ? », avait écrit un collègue.

« Frère, tout le monde parle au bureau. Preston raconte à tout le monde que tu as été viré pour vol de données de l'entreprise. Tu dois te défendre ! » a écrit un autre.

Puis arrivèrent les messages de Gemma, reçus plus tôt dans la matinée.

« Caspian, ne t’avise pas de m’appeler ou de venir me supplier. Je déménage aujourd’hui. Preston m’emmène faire du shopping dans le quartier chic cet après-midi. Laisse-moi tranquille. »

Caspian regarda les mots affichés à l'écran. Il ne ressentait plus la vive douleur du chagrin. À la place, il éprouvait un désir froid et calculé de justice. Preston n'avait pas seulement volé son dessin ; il s'employait activement à détruire la réputation professionnelle de Caspian dans la ville afin qu'il ne puisse jamais retrouver de travail.

« Tu crois avoir gagné, Preston, » murmura Caspian, ses yeux se durcissant comme du silex. « Tu crois pouvoir m’effacer. »

Il déverrouilla l'ordinateur portable, ouvrit un navigateur sécurisé et saisit le code d'accès privé qu'Arthur lui avait fourni. En quelques secondes, un terminal sécurisé, connecté directement à la base de données principale de Vance Global Holdings, s'afficha à l'écran.

Les doigts de Caspian volaient sur le clavier. Il avait beau être stagiaire en architecture, il était un as des données et de la recherche. Il consulta le site de Vanguard Architecture. Il s'avéra que Vanguard tentait justement d'obtenir un prêt d'investissement colossal de dix millions de dollars auprès d'une grande banque locale, Northbridge Financial, afin de financer le projet immobilier en bord de mer que Preston avait volé.

Caspian a creusé plus profondément. À qui appartenait Northbridge Financial ?

Un petit rire sec lui échappa tandis qu'il lisait l'écran. Northbridge Financial était une filiale détenue à 100 % par une société d'investissement plus importante. Et cette société d'investissement n'était qu'une minuscule feuille invisible de l'immense arbre corporatif de Vance Global Holdings.

Caspian prit son nouveau téléphone sécurisé et composa un numéro privé. La sonnerie retentit une fois avant que la voix d'Arthur ne se fasse entendre. « Oui, jeune maître ? »

« Arthur », dit Caspian d'une voix monocorde et autoritaire. « Le cabinet Vanguard Architecture sollicite un prêt de dix millions de dollars auprès de Northbridge Financial pour le nouveau projet d'aménagement du front de mer. Ils utilisent mes plans volés pour l'obtenir. »

Il y eut un bref silence à l'autre bout du fil, puis le bruit d'une machine à écrire. « Je le vois sur mon écran, Jeune Maître. L'approbation du prêt se trouve actuellement sur le bureau du directeur régional, en attente de la signature finale demain matin. »

« Gelez-le », ordonna Caspian d'un ton calme. « Ne le refusez pas encore. Gardez-le simplement. Laissez-les croire qu'ils vont l'obtenir. Je veux que Preston et mon ancien patron fêtent ça en premier. Qu'ils fassent la fête. Et Arthur ? »

"Oui Monsieur?"

« Découvrez précisément dans quelles boutiques de luxe Preston emmène sa nouvelle copine cet après-midi. J’ai bien envie de faire un peu de shopping moi aussi. »

Continue to read this book for free
Scan code to download App

Latest chapter

  • La fortune secrète de M. Vance   Chapitre 40 : L'horizon ouvert

    La plaque de laiton apposée sur la pierre angulaire du pavillon central ne mentionnait ni le Vance Trust, ni l'héritage de quatre-vingts milliards de dollars, ni les titres de propriété maritime, ni la bataille juridique de six mois qui avait vidé les bureaux de la direction du district maritime nord. On pouvait simplement y lire : Pavillon Sterling du front de mer – Conçu et construit sous la direction de Sylvia Sterling, 2026.Sylvia se tenait à une trentaine de mètres de l'entrée principale, les mains enfoncées dans les poches d'un manteau de laine sombre taillé sur mesure. La foule venue pour l'inauguration avait déjà franchi les grilles, leurs voix se perdant dans un murmure lointain sous les hautes verrières. Pour la première fois en trois ans, les pavillons s'animaient. L'odeur du béton brut et de la peinture fraîche avait laissé place au parfum riche et capiteux des rouleaux de laine, des lins teints et des huiles de cèdre utilisées pour entretenir les stands des tisserands in

  • La fortune secrète de M. Vance   Chapitre 39 : Crête nord

    Les grilles en fer du domaine de North Ridge ne s'ouvrirent pas avec un sifflement mécanique. Elles s'ouvrirent lentement sur d'énormes gonds graissés à l'huile, scellés dans les murs de pierre grise à l'époque où la ville utilisait encore des charrettes à bois tirées par des chevaux.Sylvia était assise sur le siège passager du camion, ses bottes appuyées contre la boîte en carton qui contenait les vieux outils de dessin de son grand-père. À travers le pare-brise, la maison principale ressemblait moins à un palais d'entreprise qu'à un ancien atelier de maçonnerie agrandi sur trois générations : d'épais linteaux de granit, des toits bas en ardoise sombre et de larges fenêtres donnant directement sur la vallée au nord.Caspian gardait les yeux rivés sur l'allée de gravier, ses grandes mains guidant le volant avec la même indifférence nonchalante qu'il affichait lorsqu'il conduisait sa vieille camionnette de livraison dans les allées du marché. Il avait refusé la proposition d'Harrison

  • La fortune secrète de M. Vance   Chapitre 38 : Le dernier registre

    Le document d'inventaire final de la collection hiver ne ressemblait pas à un travail de longue haleine. C'était simplement une feuille de papier crème au format légal, imprimée en seize colonnes à l'encre noire et signée en bas par le chef des douanes au poste nord.Sylvia se tenait près de la table basse en bois au centre du salon, un stylo à bille bleu nonchalamment entre les doigts. La lumière diffuse de l'après-midi, filtrée par la vitre, révélait une fine couche de poussière sur les étagères vides contre le mur du fond ; les livres avaient déjà été rangés dans trois gros cartons posés près du paillasson.Le bail de six mois de l'appartement expirait à minuit.Caspian sortit de la petite chambre d'amis, portant la dernière sacoche à outils. Le cliquetis des lourdes fermetures éclair en acier résonna dans la pièce silencieuse. Il portait sa vieille chemise de flanelle sombre, les poignets retroussés deux fois sur les avant-bras. Ses bottes de travail laissaient de légères traces d

  • La fortune secrète de M. Vance   Chapitre 37 : L'alignement au sein du conseil d'administration

    La table en acajou de la salle de conférence centrale du siège de Sterling était entièrement recouverte de rapports d'architecture et de logistique. Les grands fauteuils à haut dossier, restés vides ou occupés par des auditeurs bancaires nerveux ces cinq derniers mois, étaient désormais occupés par les dirigeants des maisons de couture régionales et des fournisseurs indépendants.Eleanor était assise au bout de la longue table, les mains soigneusement posées sur un carnet en cuir. Elle ne détournait pas le regard vers les fenêtres et ne réarrangeait pas ses bijoux. La posture nerveuse et fragile qu'elle avait adoptée pour dissimuler son anxiété sociale au plus fort des menaces de faillite avait laissé place à une attention calme et contenue. Pour la première fois depuis des années, elle assistait à une réunion sans chercher à dominer la situation.Richard se tenait près de la carte de projection, pointant une cheville en bois vers le contour bleu du bassin nord.« Les travaux de renfo

  • La fortune secrète de M. Vance   Chapitre 36 : Mardi

    « La grue dépasse de deux tonnes la limite de poids autorisée pour le quai est, Sylvia. »Le contremaître, un homme nommé Henderson dont le visage était constamment rouge à cause du vent du fleuve, ne la regarda pas tandis qu'il posait le manifeste de sécurité jaune sur le capot de son camion. Il tapota du pouce, luisant de graisse, la ligne concernant les bétonnières pour les fondations. « Si on fait descendre ces camions sur la rampe principale avant que les pieux en acier ne soient secs, tout le virage va s'enfoncer dans la boue. Il nous faut encore trois jours. »« Nous n’avons pas trois jours, Henderson », dit Sylvia. Elle ajusta son casque de chantier en plastique, ses bottes s’enfonçant de quelques centimètres dans l’argile humide de la tranchée. « Le dédouanement des structures métalliques intérieures expire vendredi. Si les fondations ne sont pas coulées avant minuit, les conteneurs resteront bloqués à la frontière et nous perdrons 24 000 dollars par jour en frais de stockage

  • La fortune secrète de M. Vance   Chapitre 35 : La cuisine froide

    Le trajet du retour fut long et pénible, ralenti par l'habituel embouteillage de midi à l'intersection de la route industrielle et du pont inférieur. Sylvia gardait les yeux rivés sur le muret de béton gris à leur droite, observant les traces de rouille des gouttières couler le long de la pierre en longues lignes irrégulières. À côté d'elle, Caspian gardait une main à plat sur le volant, son pouce tapotant d'un rythme sourd et régulier le cuir à chaque fois que les feux stop s'allumaient en rouge.Personne ne parla jusqu'à ce qu'ils se garent dans l'étroit garage sous la maison. Lorsque le moteur s'arrêta, l'absence soudaine de vibrations fit bourdonner les oreilles de Sylvia.Ils montèrent les escaliers au lieu de prendre l'ascenseur. L'air dans la cage d'escalier était lourd d'une odeur de béton humide et d'un plat mijoté du premier étage : oignons et graisse brûlée. Arrivée à leur palier, Sylvia s'arrêta, la main à quelques centimètres du nouveau panneau noir installé le matin même

More Chapters
Explore and read good novels for free
Free access to a vast number of good novels on GoodNovel app. Download the books you like and read anywhere & anytime.
Read books for free on the app
SCAN CODE TO READ ON APP
DMCA.com Protection Status