LOGINChapitre 56 : L'Article ScandaleuxElaraLe soleil se lève à peine sur le parc du manoir Vance, et je suis déjà réveillée. Je n'ai pas dormi. Pas vraiment. Après le départ de Cassian, après ce baiser qui a tout changé et tout détruit en même temps, je suis restée longtemps recroquevillée sur le tapis de la bibliothèque, à fixer les braises mourantes. Mon majordome m'a trouvée au petit matin, endormie contre le bureau, les joues striées de larmes séchées. Il n'a rien dit. Il ne dit jamais rien. Il m'a simplement aidée à me relever, m'a enveloppée dans une couverture, m'a conduite jusqu'à ma chambre.Maintenant, assise devant la fenêtre de ma chambre, une tasse de thé fumante entre les mains, je regarde le jour se lever sur le domaine. La lumière est grise, pâle, hésitante. Un jour d'hiver qui ne sait pas s'il veut vraiment exister. Je comprends cette lumière. Je suis cette lumière. Quelque chose en moi a changé cette nuit, quelque chose de fondamental, et je ne sais pas encore si c'est
Chapitre 55 : La Riposte d'IsabellaIsabellaLa pièce est plongée dans l'obscurité, seulement trouée par la lueur bleutée de mon écran de téléphone. Je suis assise dans le salon de l'appartement que Cassian m'a offert, un verre de bourbon à la main, les yeux fixés sur la une du journal people qui s'affiche devant moi. « L'héritière au grand cœur : Elara Vance bouleverse le gala de charité. » Les mots me brûlent la rétine comme de l'acide. Je les lis, les relis, et chaque fois, la rage enfle dans ma poitrine, comprimant mes poumons, écrasant ma raison.Je lance le verre contre le mur. Le cristal explose en mille éclats qui scintillent dans la pénombre, une pluie d'étoiles brisées qui retombe sur le parquet ciré. Le bourbon coule le long de la tapisserie, une traînée ambrée qui dessine une carte de ma fureur. Respire, Isabella. Respire. Mes doigts tremblent autour du téléphone que je serre encore, et je lutte contre l'envie de le fracasser lui aussi.Elle m'a humiliée. Devant tout le mo
Chapitre 54 : Le Départ DéchirantIl reste figé, les poings serrés, le visage ravagé par un conflit intérieur que je devine. Son instinct lui hurle de rester, de s'occuper de moi, de réparer. Mais mon regard lui ordonne de partir. Et pour la première fois en quatre ans, il écoute.— Très bien, dit-il d'une voix étranglée. Je pars.Il recule vers la porte, à contrecœur, le visage tourné vers moi comme s'il espérait que je change d'avis. Je ne changerai pas d'avis. Je ne peux pas. Ma main droite agrippe le bord du bureau, mes jointures blanchissent sous l'effort. Ma main gauche reste plaquée sur ma poitrine, sur ce cœur qui ne veut pas lâcher mais qui fait tout pour.— Mais je ne renonce pas, ajoute-t-il en posant la main sur la poignée. Tu m'entends, Elara ? Je ne renonce pas. Pas après ce soir. Pas après ce baiser. Je sais que tu m'aimes encore. Je l'ai senti.— Ça ne change rien.— Ça change tout.Il ouvre la porte. L'obscurité du couloir l'engloutit à moitié. Mais avant de disparaît
Chapitre 53 : Le Baiser de la NuitElaraIl est parti. La porte de la bibliothèque s'est refermée sur lui, et le bruit de ses pas a décru dans le couloir jusqu'à n'être plus qu'un souvenir. Je reste là, immobile devant la fenêtre, le front appuyé contre la vitre froide. Dehors, la nuit est noire et sans étoiles. Dedans, le chaos. Mes doigts sont encore crispés sur le rideau de velours, ce même rideau que je tenais quand il s'est effondré à genoux devant moi. Cassian Blackwood. À genoux. En larmes. J'ai vu beaucoup de choses impossibles dans ma vie, des cœurs arrêtés qui repartaient, des systèmes informatiques réputés inviolables qui cédaient sous mes doigts, des lames de champions olympiques qui ne touchaient jamais leur cible. Mais ça. Ça, c'était l'impossible absolu.Je ferme les yeux, et c'est pire. Les images reviennent en boucle. Son visage ravagé par les larmes. Sa voix brisée qui demandait pardon. Ses mains tremblantes, ses épaules affaissées, toute sa stature de titan réduite
Chapitre 52 : Les Larmes de CassianCassianJe ne sais pas quoi dire. Les mots d'Elara tournent dans ma tête comme des lames de rasoir, chaque syllabe une entaille ouverte dans ma conscience. Le silence de la bibliothèque est devenu un poids écrasant, une chape de plomb qui m'empêche de respirer. Je la regarde, cette femme que j'ai cru connaître, et je réalise l'ampleur du désastre. Je l'ai épousée, j'ai vécu avec elle, j'ai partagé son lit, et je ne sais rien d'elle. Rien. Elle a raison. Mon Dieu, comme elle a raison.— Parle, Cassian, dit-elle d'une voix lasse, en retournant vers la fenêtre. Tu es venu jusqu'ici. Tu as quelque chose à dire.Sa nuque est droite, ses épaules sont tendues. Elle s'attend à ce que je reparte. Elle s'attend à ce que je sois l'homme qu'elle vient de décrire : lâche, égoïste, incapable de faire face. Et je ne peux pas lui donner tort. Pendant quatre ans, j'ai été exactement cet homme-là. Mais ce soir, quelque chose s'est brisé en moi. Peut-être l'orgueil. P
Chapitre 51 : La Confession d'ElaraElaraLe bruit de la porte de la bibliothèque qui se referme derrière lui résonne comme le dernier coup de minuit. Il est là. Je sens sa présence avant même de me retourner, une perturbation dans l’air chargé de l’odeur du vieux papier et du feu de cheminée. Mon cœur, ce traître que je croyais avoir muselé, accélère contre ma cage thoracique, un rappel douloureux de la maladie qui y niche et de l’amour qui y a pourri. Je reste face à la fenêtre, les yeux fixés sur le parc obscur, silhouette immobile dans le reflet des flammes.— Pourquoi ne m’as-tu jamais rien dit, Elara ?Sa voix est rauque, brisée. Je l’entends pour ce qu’elle est : un aveu de culpabilité, un reproche qu’il n’a pas le droit de faire. Mes doigts se crispent sur le verre de cristal que je tiens. Je le porte à mes lèvres, l’eau glacée est une morsure bienvenue. Il attend une réponse, une explication, une absolution. Je me délecte un instant de son silence lourd avant de tourner la tê







