MasukChapitre 54 : L'Étreinte de la ViolenceLe combat n'est pas terminé. Il ne fait que commencer.Viktor s'est relevé, et je me suis relevée aussi. Nos corps sont couverts d'ecchymoses, nos vêtements trempés de sueur, et le tatami est maculé de traces de sang. Mais quelque chose a changé dans l'atmosphère du dojo. La tension n'est plus la même. Elle n'est plus faite de colère et de culpabilité. Elle est faite d'autre chose.Il m'attaque sans prévenir. Un direct du droit que je bloque, un crochet du gauche que j'esquive, un coup de genou que je pare avec mon avant-bras. Nos mouvements sont fluides, presque chorégraphiés, et pourtant chaque coup porte en lui une violence brute, primitive, qui n'a rien à voir avec la technique.« Vous vous battez mieux qu'hier », grogne-t-il en esquivant un coup de coude.« Vous aussi. »Il sourit. Un sourire féroce, carnassier, qui n'a rien à voir avec l'instructeur impassible qu'il est d'habitude. Ce soir, Viktor n'est pas mon mentor. Il est mon adversair
Chapitre 53 : La Confrontation avec ViktorJe n'arrive pas à dormir. Les mots du Baron tournent en boucle dans ma tête, et l'écho de son éloge me poursuit comme une malédiction. Vous avez été parfaite. Parfaite dans la destruction d'une famille innocente. Parfaite dans le sacrifice de mon humanité. Parfaite dans ma transformation en machine de guerre.Alors je descends au dojo. C'est le seul endroit où je peux encore trouver un semblant de paix, le seul lieu où la douleur physique fait taire la douleur morale. Les tatamis sont froids sous mes pieds nus, et l'odeur de la sueur et du cuir imprègne l'air. J'allume les néons, enfile des bandages autour de mes mains, et commence à frapper le sac de frappe.Un direct du gauche. Un crochet du droit. Un coup de genou. Les impacts résonnent dans la salle vide, et je laisse la violence m'envahir. Chaque coup est une pensée que je chasse. Chaque impact est un visage que j'efface. Eleni Drakos. Sophia Drakos. Alexandros Drakos. Des innocents que
Chapitre 52 : L'Éloge du BaronLa convocation arrive à l'aube, sous la forme d'un message crypté qui s'affiche sur l'écran de ma chambre. Quelques mots seulement, dans le style laconique du Baron.Moreau. Bureau principal. 08h00.Je m'habille en silence, enfile un tailleur-pantalon noir d'une sobriété monacale. Pas de robe de soirée, pas de maquillage sophistiqué. Aujourd'hui, je ne suis pas Héléna la séductrice, l'espionne en robe de soie. Aujourd'hui, je suis la soldate qui se présente devant son général pour recevoir son rapport de mission.La forteresse est étrangement silencieuse à cette heure matinale. Les recrues ne sont pas encore levées, les instructeurs préparent leurs séances, et seuls les gardes en faction troublent le silence de leurs pas réguliers. Je traverse la cour principale, franchis le poste de contrôle, pénètre dans le bâtiment central.Le bureau du Baron est situé au sommet de la tour de pierre, derrière une porte blindée que seuls les badges de niveau maximal pe
Chapitre 51 : La Ruine du GrecLe dîner avec Konstantin Drakos a lieu dans son hôtel particulier de l'avenue Foch, une demeure haussmannienne qui occupe tout un pâté de maisons. Des colonnes de marbre, des tapis d'Aubusson, des tableaux de maîtres accrochés aux murs comme de simples bibelots. La richesse ici n'est pas ostentatoire. Elle est écrasante. Elle suinte des murs, elle imprègne l'air, elle écrase le visiteur sous son poids insoutenable.Drakos m'accueille en personne, vêtu d'un smoking de velours bordeaux, un cigare à la main. Il est charmant, prévenant, presque tendre. La bête sauvage que j'ai vue au gala s'est métamorphosée en hôte attentionné, désireux de plaire à la mystérieuse Héléna Moreau. Il ne sait pas que je suis venue pour le détruire.« Vous êtes resplendissante, ce soir. »« Vous me l'avez déjà dit hier. »« C'est encore plus vrai aujourd'hui. »Il me guide à travers les salons, me présente sa collection de vins, sa galerie de sculptures antiques, sa bibliothèque
Chapitre 50 : La Décision CruelleLa salle de commandement de la Crypte est plongée dans une pénombre que trouent seulement les écrans de contrôle et la lueur froide des lampes de travail. Marcus est assis à la station centrale, les yeux rivés sur un flux de données qui défile à une vitesse vertigineuse. Viktor se tient debout près de la porte, les bras croisés, le visage impassible. Madame est absente retenue à Paris pour une mission dont je ne connais pas les détails mais sa présence est inutile. Ce qui va se dire ici ne concerne que le Baron, et le Baron est partout.L'écran principal affiche le visage de Konstantin Drakos, capturé par une caméra de surveillance lors du gala d'hier soir. À côté, des captures d'écran de ses communications interceptées grâce au mouchard que Thésée a installé. Des emails, des SMS, des enregistrements vocaux. Des mois de travail, des centaines d'heures d'analyse, et le résultat est là, affiché en lettres de feu sur le mur de la Crypte.Drakos prépare u
Chapitre 49 : La Danse de l'EspionneLa salle de bal du Royal Monceau est une mer de cristal et de lumière. Les lustres de Baccarat projettent des éclats dorés sur les robes de soirée et les smokings, et l'orchestre, perché sur une estrade drapée de velours, entame une valse de Strauss qui fait tournoyer les couples sur la piste. C'est la troisième fois que je pénètre dans ce temple du luxe parisien, mais ce soir, tout est différent. Ce soir, je ne suis pas une invitée anonyme parmi d'autres. Ce soir, je suis au centre de l'attention.Konstantin Drakos m'aperçoit dès que je franchis le seuil de la salle. Il est entouré de sa cour habituelle — des collaborateurs obséquieux, des admirateurs intéressés, des femmes trop maquillées qui rient un peu trop fort à ses plaisanteries. Mais quand il me voit, il écarte tout le monde d'un geste impérieux, et son visage se fend d'un sourire carnassier.« Héléna ! Vous êtes venue ! »Sa voix tonitruante domine le brouhaha des conversations. Il traver
Chapitre 33 : La Voix du BaronLe téléphone crypté vibre au milieu de la nuit. Je ne dors pas, je ne dors plus beaucoup ces temps-ci. Le sommeil est un luxe que je ne peux plus me permettre, ou peut-être est-ce simplement que mon corps a oublié comment s'abandonner. Chaque fois que je ferme les yeu
Chapitre 32 : Le Code du PèreLa chambre est silencieuse. Marcus est sorti depuis une heure, me laissant seule avec mes pensées et le reflet de la femme étrangère qui me fixe dans le miroir. Mes jambes tiennent mieux maintenant. Je peux marcher jusqu'à la fenêtre — une vraie fenêtre, qu'on a enfin
Chapitre 31 : La Comédie du VeufLa télévision est allumée en permanence dans ma chambre, maintenant. C'est moi qui l'ai exigé. Marcus a fait installer un écran mural, relié à un boîtier crypté qui capte les chaînes du monde entier sans pouvoir être tracé. Je passe mes journées à regarder les infor
Chapitre 30 : Le Deuil SilencieuxLes jours qui suivent n'existent pas. Ils sont un brouillard, une absence, un trou noir dans le tissu du temps. Je ne mange pas. Je ne parle pas. Je ne dors pas, ou peut-être que je dors tout le temps, impossible de faire la différence. Les heures se dissolvent les







