登入Le jour où il l'a présentée comme sa cousine Deux ans de mariage sans aucune complicité. Son mari ne lui accorde même pas un regard. Pire encore, ils font chambre à part. Aucune intimité, aucun mot tendre. Pourtant, en public, sous les projecteurs, ils doivent jouer le couple parfait. Leïla subissait en silence cette humiliation infligée par son mari, espérant qu’un jour les choses changeraient et qu’il finirait par l’aimer comme elle l’aime. Mais ce jour n’est jamais venu. Jusqu’au jour où le pire est arrivé. Kevin ramène sa maîtresse à la maison et présente sa femme comme sa cousine. Cette humiliation fut la goutte de trop. Sans même demander d’explication, Leïla exige le divorce. — Je veux le divorce. Maintenant.
查看更多CHAPITRE 1 : Le masque du bonheur
Leïla
Les flashes crépitent autour de moi comme des éclairs artificiels. Je souris. Je dois sourire. C'est ce qu'on attend de moi, n'est-ce pas ? La femme parfaite de l'héritier parfait. Je pose ma main sur le bras de Kevin, je penche légèrement la tête, j'adopte l'attitude exacte que la presse adore. Personne ne remarque la tension dans mes épaules. Personne ne voit la tristesse qui se cache derrière mes yeux. C'est un jeu. Un rôle. Une mascarade que je joue depuis deux ans maintenant.
— Madame Moreau, un sourire pour la caméra !
Je m'exécute. Toujours. Le sourire se plaque sur mes lèvres comme un masque de cire. Kevin, lui, est parfait. Il l'a toujours été. Il attire les regards, les compliments, les envies. Il serre ma taille d'une main ferme, mais je ne sens aucune chaleur. Juste la pression de ses doigts sur le tissu de ma robe rouge. Une robe que j'ai choisie pour lui. Pour qu'il me regarde enfin. Pour qu'il voie que je suis belle. Que je suis là. Que j'existe.
Il ne m'a même pas adressé un regard en descendant de la voiture.
La soirée est somptueuse. Un gala de charité dans un palace parisien. Les lustres en cristal projettent des arcs-en-ciel sur les murs dorés. Le champagne coule à flots. Les robes des femmes scintillent comme des étoiles. Tout est brillant, éclatant, étincelant. Sauf moi. À l'intérieur, je suis éteinte. Une flamme qui vacille dans le vent glacé de l'indifférence.
Kevin s'éloigne pour saluer des investisseurs. Je reste seule, un verre à la main. Je souris encore, par habitude. Je salue des visages que je reconnais à peine. Des épouses d'hommes d'affaires, des femmes qui, comme moi, jouent un rôle. Certaines sont heureuses. D'autres cachent leur solitude derrière des bijoux hors de prix. Je les observe avec une forme de tendresse triste. Nous sommes les ombres de nos maris. Les accessoires de leur réussite.
Une femme s'approche de moi. La cinquantaine élégante, un collier de perles autour du cou. Elle me complimente sur ma robe. Je la remercie poliment. Elle me demande si je suis heureuse. La question me prend au dépourvu. Je réponds oui, bien sûr, avec un sourire parfaitement maîtrisé. Elle hoche la tête, mais son regard s'attarde sur moi. Peut-être qu'elle voit quelque chose. Peut-être qu'elle sait. Les femmes comme nous savons reconnaître nos semblables.
Kevin revient vers moi. Il me tend son bras avec cette politesse froide qui me glace le sang. Je m'y accroche. Je suis sa femme, après tout. Même si je ne suis rien pour lui. Nous traversons la salle ensemble, saluant ici et là. Je joue mon rôle à la perfection. Je ris à ses blagues, je hoche la tête quand il parle d'affaires, je reste à sa hauteur sans jamais le dépasser. C'est ce qu'on attend de moi. C'est ce qu'on m'a appris.
Je me souviens de notre rencontre. J'avais vingt-trois ans, lui vingt-huit. Il était charismatique, séduisant, enveloppant. Il m'avait courtisée avec une intensité qui m'avait bouleversée. Des fleurs chaque semaine. Des lettres enflammées. Des appels à minuit pour me dire qu'il pensait à moi. J'étais jeune, naïve, affamée d'amour. Je croyais que j'avais trouvé le prince charmant. Je croyais que ma vie commençait enfin.
Nos familles étaient ravies. Les Alami et les Moreau. Une alliance prestigieuse. Des intérêts communs. Mon père parlait d'investissements, de synergie, d'avenir. Ma mère souriait en imaginant les robes de mariée. Personne ne m'a demandé si j'étais sûre. Personne ne m'a demandé si je l'aimais vraiment. J'étais amoureuse, c'était suffisant. Enfin, je croyais l'être.
Le mariage a été grandiose. Trois cents invités, des fleurs à profusion, une pièce montée qui touchait presque le plafond. Kevin était magnifique dans son costume noir. Il m'a souri pendant la cérémonie. Un vrai sourire, chaleureux, rassurant. J'ai pleuré de joie en disant oui. J'ai cru que c'était le plus beau jour de ma vie. Je ne savais pas encore que ce serait le dernier jour de bonheur avant longtemps.
La nuit de noces a été un choc. Kevin s'est détourné de moi avec une froideur qui m'a brisée. Il m'a dit qu'il était fatigué. Qu'il avait trop bu. Que le mariage l'avait épuisé. J'ai compris plus tard que ce n'était pas de la fatigue. C'était du dégoût. Il ne m'a jamais touchée. Pas vraiment. Pas avec amour. Pas avec désir. Nous avons fait chambre à part dès la première semaine. Deux ans de solitude dans un appartement immense. Deux ans à espérer un regard, un mot, un geste. Deux ans à me demander ce qui n'allait pas chez moi.
La voiture nous ramène à la maison. Le silence est assourdissant. Kevin regarde son téléphone, ignore ma présence. Je regarde Paris défiler derrière la vitre. Les lumières de la ville dansent dans la nuit. Je me sens minuscule. Invisible. Une étrangère dans ma propre vie.
— La soirée s'est bien passée, dis-je d'une voix douce.
Il ne répond pas. Il ne lève même pas les yeux. Je serre les poings sur mes genoux. Je voudrais hurler. Le secouer. Lui demander pourquoi il m'a épousée si je ne suis rien pour lui. Mais je me tais. J'ai appris à me taire. Les mots ne servent à rien face à son indifférence.
Nous arrivons devant l'immeuble. Il descend le premier, me tient la portière par simple habitude. Je le remercie machinalement. Il entre dans l'ascenseur sans m'attendre. Je le suis, le cœur lourd. Les portes se referment sur nous deux, prisonniers d'un mariage qui n'a jamais existé.
Dans l'appartement, chacun rejoint sa chambre. La sienne au bout du couloir. La mienne à l'opposé. Deux univers séparés par des mètres de silence. Je me démaquille lentement, assise devant le miroir. Je regarde mon reflet. Je suis belle, pourtant. Je pourrais plaire. Je pourrais être aimée. Mais pas par lui. Jamais par lui.
Je me glisse dans mon lit froid. Je fixe le plafond. Les larmes montent, mais je les retiens. J'ai trop pleuré ces deux dernières années. Je n'ai plus de larmes pour ce soir.
Je tends la main vers ma table de nuit. Je cherche mon téléphone. Peut-être un message de Sofia, ma seule amie. Elle me dit souvent que je mérite mieux. Que je devrais partir. Mais je reste. Parce que j'espère encore. Parce que je crois encore que Kevin finira par m'aimer.
Mon téléphone s'allume. Je vois une notification. Pas de Sofia. C'est le téléphone de Kevin que j'ai ramassé par erreur dans le couloir. Je m'apprête à le reposer quand un message s'affiche sur l'écran. Un prénom. Un message.
J'ai hâte de te revoir mon amour.
Mon cœur s'arrête. Mes doigts tremblent. Je lis le message encore et encore. J'ai hâte de te revoir mon amour. Le prénom de l'expéditrice s'affiche clairement. Camille.
Je repose le téléphone, comme s'il brûlait. Je reste figée dans le noir. Les mots tournent dans ma tête. Camille. Mon amour. Hâte de te revoir. Je sens un vertige. Un gouffre s'ouvre sous mes pieds.
Je me lève, je marche jusqu'à la fenêtre. Paris scintille au loin. La tour Eiffel brille de mille feux. Tout est beau, tout est calme. Mais à l'intérieur de moi, c'est la tempête. Je pose une main sur le verre froid. Je respire. Lentement. Profondément.
— Pourquoi ne m'aimes-tu pas ? je murmure.
La ville ne répond pas. Le silence m'écrase. Je reste là, debout, seule face à la nuit. Deux ans de mariage. Deux ans de vide. Et maintenant, cette découverte. Une autre femme. Un autre amour. Je ne suis rien pour lui. Rien du tout.
Je retourne dans le couloir. Je repose le téléphone de Kevin devant sa porte. Je ne dis rien. Je ne pleure pas. Pas encore. Je rentre dans ma chambre. Je m'assois sur le lit. Je fixe le mur.
Demain. Demain, je devrai affronter la vérité. Demain, je devrai décider de ce que je veux faire. Mais ce soir, je reste assise, les mains sur les genoux, les yeux dans le vide.
Je m'allonge enfin. Je remonte la couverture jusqu'à mon menton. Je ferme les yeux. Le visage de Kevin apparaît derrière mes paupières. Son sourire de façade. Son regard froid. Son absence. Et maintenant, son secret.
— Tu ne m'aimes pas, je chuchote. Mais je vais te montrer qui je suis vraiment.
Je ne sais pas encore ce que je vais faire. Je ne sais pas si je vais le confronter, le quitter, ou me taire encore. Mais une chose est sûre : quelque chose vient de se briser en moi. Une dernière illusion. Un dernier espoir.
Je me tourne sur le côté. Je serre l'oreiller contre moi. Je respire. Une fois. Deux fois. Trois fois. Le sommeil finit par venir, lourd, épais, peuplé de rêves sombres.
Demain, tout sera différent. Demain, je ne serai plus la même. Demain, je cesserai d'être invisible.
CHAPITRE 8 : Les découvertes d'AdamLeïlaLe sommeil m'a fuie toute la nuit. Les heures se sont étirées, interminables, peuplées de pensées sombres et de scénarios catastrophes. Allongée sur mon lit, les yeux grands ouverts, je fixais le plafond blanc comme si les réponses allaient y apparaître. Elles ne sont pas venues. Seul le silence m'a tenu compagnie, ce silence lourd et oppressant qui habite cet appartement depuis le premier jour.Au matin, je me lève avec une détermination nouvelle. La fatigue est là, pesante, mais je la repousse. Je n'ai pas le temps de m'effondrer. Pas maintenant. Pas quand tout s'accélère autour de moi. Je m'habille rapidement. Un pantalon noir, un chemisier blanc, des chaussures plates. Je me regarde dans le miroir. Mon visage est marqué, mais mes yeux brillent. D'une lueur froide. D'une lueur de combat.Adam m'a donné rendez-vous dans un café discret du Marais. J'arrive la première. Je choisis une table au fond, loin des regards. Je commande un thé. Mes ma
CHAPITRE 7 : La révélation du contratLeïlaLa pluie a cessé, mais le froid est resté. Je marche dans les rues de Paris, le manteau serré contre moi, les pensées enchevêtrées comme des ronces. La confrontation avec mes parents m'a épuisée, mais elle a aussi allumé un brasier dans ma poitrine. Ils savaient. Depuis le début. Ils savaient que Kevin avait une maîtresse. Ils savaient qu'il ne m'aimait pas. Et ils m'ont quand même poussée dans ses bras. Ils m'ont sacrifiée sur l'autel de leurs intérêts.Je m'arrête devant une vitrine. Mon reflet me fixe. Une femme pâle, les yeux rougis, les cheveux collés par l'humidité. Mais au fond de ses prunelles, une lueur. Une lueur que je reconnais maintenant. C'est la rage. La vraie. Celle qui ne s'éteint pas. Celle qui donne la force de tout brûler.Mon téléphone vibre. Adam. Je réponds immédiatement.— J'ai trouvé le contrat, dit-il sans préambule.— Le contrat de mariage ?— Oui. Enfin, une copie. Elle était dans les archives de l'étude notariale
CHAPITRE 6 : L'aveuLeïlaJe suis rentrée trempée jusqu'aux os. L'eau dégoulinait de mes cheveux sur le parquet ciré, formant de petites flaques autour de mes pieds. Je n'ai pas pris la peine de me changer immédiatement. Je suis restée debout dans l'entrée, immobile, le manteau collé à la peau, les chaussures pleines d'eau. Le silence de l'appartement m'a enveloppée comme un linceul.Kevin n'était plus là. Il était sorti, furieux, juste après moi. Peut-être chez Camille. Peut-être au bureau. Peu importe. Sa présence ou son absence ne changeait plus rien. Il avait avoué. Les mots tournaient encore dans ma tête. J'ai quelqu'un d'autre. Je l'aime. Camille est la femme de ma vie.Je me suis déshabillée lentement, chaque geste empreint d'une lenteur étrange. Puis je suis allée dans la salle de bain. J'ai ouvert le robinet de la douche. L'eau chaude a coulé sur ma peau glacée. Je me suis assise au fond de la baignoire, les genoux contre la poitrine. Les larmes se sont mêlées à l'eau. J'ai p
CHAPITRE 5 : L'enfant cachéLeïlaLa nuit a été longue, interminable. Les heures se sont étirées comme des fils de soie noire, enroulés autour de ma gorge. Je n'ai pas fermé l'œil. Chaque fois que je fermais les paupières, des images surgissaient derrière mes paupières. Kevin. Camille. Cette petite fille aux joues rondes. Rose. Elle s'appelle Rose. Une enfant née six mois après mon mariage. Six mois. Kevin était déjà père quand il m'a passé la bague au doigt.Le matin me surprend assise sur le rebord de la fenêtre, enveloppée dans une couverture, les yeux rivés sur la ville qui s'éveille. Le ciel est gris, chargé de nuages lourds. La pluie menace. Je respire lentement. Chaque inspiration est un effort. Chaque expiration est un abandon.Je repense à la photo. Kevin tenant Rose dans ses bras. Son sourire. Un vrai sourire, plein de tendresse et de fierté. Il ne m'a jamais regardée ainsi. Il ne m'a jamais souri ainsi. Devant moi, il est un masque de glace. Devant elle, il est un père. Dev












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