FAZER LOGINChapitre 53IlaryaLa porte de ma suite d'hôtel se referme derrière moi avec un claquement sourd, et je m'adosse contre le bois froid, les jambes tremblantes, le cœur battant à tout rompre, les mains qui cherchent un appui sur la surface lisse de la porte comme si j'allais m'effondrer, comme si j'allais me briser en mille morceaux, comme si tout le contrôle que j'avais exercé pendant la conférence de presse venait de s'évaporer d'un seul coup.Je ne suis pas prête. Trois ans de préparation, trois ans à me forger une armure, trois ans à m'entraîner à soutenir son regard sans trembler, et voilà que je m'effondre dans une chambre d'hôtel comme une adolescente qui vient de croiser son premier amour dans la rue. C'est ridicule, c'est pathétique, c'est indigne de la femme que je suis devenue, et pourtant je ne peux
Chapitre 52CassianLe dossier d'Ilarya Noctis est étalé sur mon bureau comme les pièces d'un puzzle que je n'arrive pas à assembler, des pages et des pages de rapports, de photographies, de relevés bancaires et d'articles de presse qui retracent l'ascension fulgurante de cette femme sortie de nulle part, et plus je les lis, plus je les relis, moins je comprends qui elle est vraiment.Mon bureau est plongé dans la pénombre, éclairé seulement par la lampe à huile qui brûle sur le coin de ma table de travail et par les lueurs lointaines de la ville qui percent à travers les baies vitrées. Dehors, la mer gronde doucement contre les pilotis de Maëlancourt, une respiration liquide qui m'accompagne depuis l'enfance et qui ne m'a jamais apaisé, qui ne m'apaisera jamais. Le whisky que je me suis servi il y a une heure est intact
Chapitre 51IlaryaL'article est publié à la une du Courrier de Maëlancourt le lendemain matin, un torchon à scandale que personne n'admet lire mais que tout le monde commente, et la nouvelle m'arrive avant même que j'aie fini mon premier café, portée par mon assistant qui dépose le journal sur la table de mon suite d'hôtel avec des gestes d'entrepreneur de pompes funèbres.Le titre barre la moitié de la page en caractères gras, une accusation à peine voilée qui ne cite aucun fait précis mais qui distille le poison avec une efficacité redoutable, et je le lis une fois, deux fois, trois fois, mes yeux parcourant les lignes sans ciller, mon visage impassible, mon cœur qui bat plus vite mais que je refuse d'écouter. Les mots « malversations », « origine suspecte », &l
Chapitre 50DaphnéLa soirée touche à sa fin, et je suis furieuse.Pas de cette colère explosive qui fait trembler les murs et claquer les portes, non, d'une colère froide, calculée, beaucoup plus dangereuse, qui se niche au creux de ma poitrine et qui attend son heure pour frapper. Cassian est rentré au palais sans un mot, le visage fermé, les yeux perdus dans le vague, et il s'est enfermé dans son bureau sans même me souhaiter bonne nuit, sans même écouter ce que j'avais à lui dire sur cette femme qui a gâché notre soirée et qui menace de gâcher bien plus que cela.Ilarya Noctis. La Dame d'Obsidienne. Une femme sortie de nulle part, sans passé, sans famille, sans attache, qui a bâti un empire en trois ans et qui se permet de venir défier mon frère sur son pro
Chapitre 49IlaryaJe me lève de ma chaise avec la lenteur calculée d'une reine qui abandonne son trône, et je quitte la salle de bal sans un regard en arrière, sans un mot pour les hommes qui m'entouraient, sans rien qui puisse trahir le tumulte qui fait rage dans ma poitrine.Mes talons claquent sur le marbre avec une régularité de métronome, et je traverse la foule des invités qui s'écartent sur mon passage, certains par respect, d'autres par crainte, d'autres encore par cette curiosité malsaine que suscitent les êtres qui ne ressemblent à personne. Les lustres de cristal continuent de diffuser leur lumière dorée, la musique continue de jouer, les conversations continuent de bourdonner, mais tout cela me semble lointain, irréel, comme si je regardais une scène à travers une vitre épaisse qui &eac
Chapitre 51IlaryaL'article est publié à la une du Courrier de Maëlancourt le lendemain matin, un torchon à scandale que personne n'admet lire mais que tout le monde commente, et la nouvelle m'arrive avant même que j'aie fini mon premier café, portée par mon assistant qui dépose le journal sur la table de mon suite d'hôtel avec des gestes d'entrepreneur de pompes funèbres.Le titre barre la moitié de la page en caractères gras, une accusation à peine voilée qui ne cite aucun fait précis mais qui distille le poison avec une efficacité redoutable, et je le lis une fois, deux fois, trois fois, mes yeux parcourant les lignes sans ciller, mon visage impassible, mon cœur qui bat plus vite mais que je refuse d'écouter. Les mots « malversations », « origine suspecte », « fortune
Chapitre 11AlixiaLa robe ambrée est une armure de soie liquide.Elle glisse sur ma peau comme une caresse interdite, épousant mes courbes avec une précision qui me coupe le souffle. Le corsage est brodé de fils d'or qui scintillent à la lueur des bougies, des arabesques délicates qui courent sur
Chapitre 10DaphnéLe grand salon est une ruche en ébullition, et j'adore ça.Les fleuristes s'affairent autour des compositions monumentales qui orneront les tables du gala, des cascades d'orchidées blanches et de roses pourpres qui embaument l'air d'un parfum entêtant. Les techniciens règlent les
Chapitre 8AlixiaLe papier est blanc. Trop blanc. Il crisse sous mes doigts comme une promesse vide, et la plume que je tiens tremble au-dessus de la feuille sans parvenir à se poser. L'encre noire scintille à la pointe, une goutte parfaite qui attend de devenir un mot, une phrase, une révélation,
Chapitre 7AlixiaLa clinique est un bâtiment de verre fumé et de béton brut, perdu dans les quartiers bas de Maëlancourt, là où les tours scintillantes cèdent la place à des rues plus étroites et à des façades moins orgueilleuses. Je ne suis jamais venue ici. Personne ne vient jamais ici, à moins







