FAZER LOGINChapitre 53
Élina
Elle entre comme si le monde lui appartenait. Grande. Blonde. Élégante. Un tailleur blanc qui épouse sa silhouette. Des talons qui claquent. Un parfum discret. Presque agressif. Elle traverse le hall. Les têtes se tournent. Les murmures commencent. Je la vois avant de savoir qui elle est. Je la sens. Cette femme. Elle est dangereuse.
Claire se penche vers moi.
— Tu sais qui c'est ?
— Non.
Chapitre 53ÉlinaElle entre comme si le monde lui appartenait. Grande. Blonde. Élégante. Un tailleur blanc qui épouse sa silhouette. Des talons qui claquent. Un parfum discret. Presque agressif. Elle traverse le hall. Les têtes se tournent. Les murmures commencent. Je la vois avant de savoir qui elle est. Je la sens. Cette femme. Elle est dangereuse.Claire se penche vers moi.— Tu sais qui c'est ?— Non.— Cassandre Veyra. L'héritière. Elle dirige la branche sud du groupe. Elle connaît Démétrian depuis des années. On dit qu'elle veut l'épouser.Mon cœur se serre. Je regarde cette femme. Ce port de tête. Ce sourire. Cette assurance. Elle s'arrête près de la réception. Elle demande Démétrian. On l'accompagne. Elle disparaît dans l'ascenseur. Je respire. Mal.Le lendemain. Elle e
Chapitre 52DémétrianJ'apprends la nouvelle par Claire. Elle ne voulait pas me le dire. Mais je l'ai poussée. Elle a fini par avouer. Élina a demandé les documents de démission. Elle veut partir. À la fin du mois. Sans préavis. Sans explication. Juste partir.Mon sang ne fait qu'un tour. Je reste immobile. Claire me regarde. Inquiète. Je ne dis rien. Je la remercie. Je la congédie. Je ferme la porte. Je m'assieds. Je fixe le mur. Non. Pas elle. Pas maintenant. Pas comme ça.Je la convoque. Immédiatement. Elle entre. Pâle. Les yeux baissés. Elle sait pourquoi. Elle le sait. Elle s'arrête devant mon bureau. Elle ne s'assied pas. Elle me regarde. Ses yeux sont fatigués. Rouges. Elle a pleuré. Encore.— Vous vouliez me voir ?— Vous avez demandé les documents de démission.Elle ne bronche pas. Ell
Chapitre 51ÉlinaJe le sens. Il se rapproche. Chaque jour un peu plus. Chaque regard. Chaque question. Chaque silence. Il est sur le point de comprendre. Et moi. Je m'épuise à colmater les brèches. À mentir. À fuir. À me cacher. Je n'en peux plus.Je suis assise à mon bureau. Les dossiers s'empilent. Les mails défilent. Je ne les vois pas. Je pense à lui. À cette nuit. À cette terrasse. À ses yeux quand il m'a dit qu'il ne comprenait pas ce qu'il ressentait. À ma lâcheté. À mon silence. À ce mensonge qui pèse plus lourd que tout.Je dois partir. Démissionner. Quitter cette entreprise. Avant qu'il ne découvre tout. Avant qu'il ne comprenne que je savais depuis le début. Avant qu'il ne croie que je l'ai manipulé. Avant qu'il ne me haïsse. Avant qu'il ne me prenne Luan.Mais je ne peux pa
Chapitre 50DémétrianJe rentre seul. L'appartement est silencieux. Trop silencieux. Je jette mes clés sur la table. Je me sers un verre. Je ne le bois pas. Je le pose. Je m'assieds. Je fixe le mur.Sa voix tourne dans ma tête. « Vous n'avez aucun droit sur moi. » Elle a raison. Je n'ai aucun droit. Mais je ne peux pas m'arrêter. Je ne peux pas l'oublier. Je ne peux pas l'ignorer.Je ferme les yeux. Je revois la terrasse. Ses larmes. Sa bouche. Cette manière qu'elle a eue de me dire qu'elle ne répondrait pas. Ce silence. Ce refus. Et pourtant. Dans ses yeux. J'ai vu quelque chose. Quelque chose qu'elle cache. Quelque chose qu'elle retient. Quelque chose qui la brûle autant que moi.Je me lève. Je marche. Je tourne en rond. Je ne tiens plus en place. Je repense à cette nuit. Cinq ans. Cette chambre. Cette femme. Sa voix. Son regard. Ses gestes. Tout me revient. Par fragme
Chapitre 49ÉlinaJe pousse la porte de la terrasse. L'air froid me frappe. Je respire. Enfin. Loin de la musique. Loin des rires. Loin de lui. Je m'appuie contre la rambarde. La ville brille en contrebas. Je ferme les yeux. Mon cœur bat trop vite. Mes mains tremblent. Je les serre l'une contre l'autre.Je l'entends. Ses pas. Sa présence. Avant même qu'il ne parle. Il s'arrête derrière moi. Je ne me retourne pas.— Élina.— Laissez-moi.— Non.— Démétrian. Je vous en prie.— Je ne peux pas.Le silence. Le vent. Les bruits lointains de la ville. Je serre la rambarde. Mes jointures blanchissent.— Pourquoi vous agissez comme ça ?Ma voix est rauque. Je me retourne. Il est là. À quelques pas. Les mains dans les poches. Le regard sombre. Intense. Affamé.— Comme quoi ?— Comme si j'étais à vous. Comme si vous aviez un droit sur moi. Vous n'en avez aucun.Il ne répond pas. Il me regarde. Longuement. Le silence s'étire. Je le vois chercher ses mots. Je le vois hésiter. Je le vois souffrir.
Chapitre 48DémétrianJe la regarde depuis l'autre bout de la salle. Elle est seule. Près de la colonne. Sa robe sombre épouse ses formes. Elle tient une coupe qu'elle ne boit pas. Elle ne me voit pas. Ou elle fait semblant.Un homme s'approche d'elle. Grand. Élégant. Riche. Je le connais. Un investisseur. Il lui parle. Elle sourit. Poliment. Il se penche. Il murmure quelque chose. Elle rit. Un petit rire. Discret. Mais il est là. Ce rire. Il me transperce.Il lui tend la main. Il l'invite à danser. Elle hésite. Elle regarde autour d'elle. Elle me cherche. Je ne bouge pas. Je la fixe. Elle détourne les yeux. Elle accepte. Elle pose sa main dans la sienne. Il l'entraîne sur la piste.Mes poings se serrent. Ma mâchoire se contracte. Je ne bouge pas. Je regarde. Sa main sur sa taille. Sa bouche près de son oreille. Son corps trop près du sien. Elle danse. E







