FAZER LOGINMON PATRON NE SAIT PAS QU’IL EST LE PÈRE DE MON FILS Élina voulait seulement oublier cette nuit passée avec un inconnu. Mais quelques semaines plus tard, elle découvre qu'elle attend un enfant. Elle décide d'élever son bébé seule. Cinq ans plus tard, elle accepte un poste dans une prestigieuse entreprise. Son patron, Démétrian, est un milliardaire arrogant qui ne supporte aucune erreur. Il lui rend rapidement la vie impossible. Il la convoque pour la moindre faute, lui reproche son manque d'expérience et semble déterminé à la faire démissionner. Élina endure en silence pour offrir une meilleure vie à son fils. Puis Démétrian rencontre accidentellement l'enfant. Son visage change. Le petit garçon possède exactement le même regard que lui. Pourtant, Démétrian refuse de croire qu'Élina puisse être la femme de cette nuit oubliée. Jusqu'au jour où un détail impossible à expliquer fait ressurgir ses souvenirs.
Ver maisChapitre 1
Élina
Les portes de verre s’ouvrent devant moi et je pénètre dans le hall monumental de la tour Veyrane. Tout est froid, immense, écrasant. Le marbre renvoie mon reflet, pâle, incertain, comme si j’étais déjà en train de disparaître dans ce monde qui n’est pas le mien. Je serre contre ma poitrine la pochette qui contient mon contrat, ma seule armure. Théo dort encore chez la voisine. J’ai embrassé son front avant de partir. Je lui ai promis que tout irait bien. Je dois tenir.
Je traverse le hall, les jambes raides. Chaque pas résonne comme une faute. Les employés pressés ne me regardent pas, me contournent avec indifférence. Je ne suis rien, une nouvelle parmi tant d’autres, une silhouette anonyme qui monte vers les étages supérieurs.
L’ascenseur m’avale. Les portes se referment sur mon angoisse. J’appuie sur le trente-deuxième étage, le doigt tremblant. La cabine s’élève dans un silence oppressant, et je me répète en boucle : ne craque pas, ne montre rien, ce n’est qu’un travail.
Les portes s’ouvrent sur un couloir clair, moquette épaisse, parois vitrées. Une femme blonde, tailleur strict, me sourit à peine.
— Élina Marchetti ? Par ici, monsieur Veyrane vous attend.
Mon cœur se serre. Monsieur Veyrane. Je connais ce nom, bien sûr. Tout le monde le connaît. Mais je ne l’ai jamais associé à un visage. Pas jusqu’à maintenant. Pas jusqu’à ce que la femme pousse une lourde porte et me fasse entrer dans une pièce immense baignée de lumière blanche.
Et là, je le vois.
Il se tient debout devant la baie vitrée, les mains dans les poches, le dos tourné. Le soleil découpe sa silhouette massive, ses épaules larges, ses cheveux bruns parfaitement coiffés. Il ne bouge pas. Il n’a pas entendu la porte, ou il s’en moque. Puis, lentement, il se retourne.
Mon cœur s’arrête.
Je le reconnais. Immédiatement. Sans l’ombre d’un doute. Ce visage dur, ces yeux sombres, cette mâchoire carrée, cette arrogance jusque dans la manière de poser les yeux sur moi comme sur une chose insignifiante. C’est lui. L’inconnu de cette nuit. Le père de mon fils.
Je ne respire plus. Le monde vacille, les murs se resserrent, l’air devient du verre pilé dans ma gorge. Je dois faire un pas, dire quelque chose, mais mon corps refuse. Théo. Le visage de Théo s’imprime sous mes paupières. Ses yeux bruns, son sourire, cette fossette unique sur la joue gauche. Tout vient de lui. De cet homme qui me regarde maintenant avec une indifférence glaciale.
— Vous êtes Élina Marchetti ?
Sa voix. Grave, nette, sans chaleur. Je hoche la tête, incapable de parler. Il s’approche de son bureau, pose une main sur le dossier de son fauteuil.
— Je vois que vous êtes ponctuelle. C’est déjà ça.
Il ne me reconnaît pas. Aucun éclair dans son regard, aucune hésitation, juste ce mépris tranquille des puissants pour les petits. Mon sang se remet à circuler, douloureux, brûlant. Une vague de soulagement me submerge, si violente que j’ai envie de pleurer. Il ne se souvient pas. Il ne me connaît pas. Je peux encore fuir, me protéger, protéger Théo.
Mais je ne fuis pas. Je reste debout, les jambes en coton, le ventre noué.
— Asseyez-vous.
Sa voix claque comme un ordre. Je m’exécute, m’installe au bord de la chaise, les mains serrées sur mes genoux. Il s’assied face à moi, ouvre un dossier, le parcourt d’un regard froid.
— Votre CV est mince. Des remplacements, des contrats courts. Vous n’avez jamais travaillé plus de six mois au même endroit.
— J’ai dû m’adapter, monsieur. La vie n’a pas toujours été simple.
Il lève les yeux. Son regard me transperce, curieux, presque amusé.
— La vie n’est jamais simple, madame Marchetti. C’est une excuse que je n’accepte pas.
J’encaisse la remarque comme une gifle. Mes joues brûlent. Je voudrais lui crier que j’ai élevé seule son fils, que j’ai renoncé à des nuits de sommeil pour soigner des fièvres, que j’ai pleuré en silence pour ne pas inquiéter un enfant qui n’avait rien demandé. Mais je ravale tout. Il ne doit rien voir.
— Je ne cherche pas d’excuse, monsieur. Je cherche à travailler.
Un silence. Il m’observe, les sourcils légèrement froncés, comme s’il cherchait à résoudre une énigme. Je sens la panique monter. Se souvient-il ? A-t-il reconnu une intonation, un geste ? Je baisse les yeux, brise le contact.
— Nous verrons si vous êtes à la hauteur, dit-il enfin. Ici, la moindre erreur se paie. Je ne tolère ni retard, ni faiblesse, ni excuse.
— Je comprends.
— Non, vous ne comprenez pas encore. Mais vous allez apprendre.
Il se lève, contourne le bureau, s’arrête devant moi. Trop près. Son parfum m’enveloppe, ce mélange de santal et de musc que je n’ai jamais oublié, qui me ramène cinq ans en arrière, dans cette chambre d’hôtel, dans ces draps froissés, dans ce corps contre le mien. Je ferme les yeux une fraction de seconde, réprime un frisson.
— Vous me semblez nerveuse, reprend-il d’une voix plus basse, presque dangereuse. Est-ce que je vous intimide ?
— Non, monsieur.
— Alors regardez-moi.
Je lève les yeux. Nos regards se croisent. Le sien est sombre, pénétrant, chargé d’une autorité qui écrase. Mais il n’y a aucune reconnaissance. Juste de la curiosité, de l’évaluation. Il me jauge comme on jauge une marchandise.
— Bien. Puisque nous allons travailler ensemble, sachez que je ne laisse rien au hasard. Si vous mentez, si vous trahissez, si vous échouez, vous le paierez cher.
Sa main se tend vers moi.
— Bienvenue chez Veyrane.
Je fixe cette main. Cette main large, aux doigts longs, aux veines apparentes. Cette main qui m’a touchée, il y a cinq ans, dans une autre vie. Je dois la prendre. Je dois faire semblant. Je dois lui sourire comme à un inconnu.
Je tends la main. Nos paumes se frôlent, et un courant électrique remonte le long de mon bras, si violent que je retire mes doigts presque aussitôt. Il ne réagit pas. Son regard ne quitte pas le mien, et soudain, je ne peux plus bouger. Un silence étrange s’installe, chargé de tout ce que nous ne disons pas. Je devrais retirer ma main, baisser les yeux, briser ce contact qui me brûle. Mais je reste là, paralysée, prise au piège de ses pupilles noires qui me fouillent, me questionnent, me déchirent.
Nos yeux restent accrochés, et dans le silence de ce bureau immense, je jure que j’entends battre le cœur du destin. Le sien. Le mien. Et entre nous, le secret que je protégerai jusqu’à mon dernier souffle.
Il ne dit rien. Moi non plus. Seul ce regard, lourd, insoutenable, comme un aveu muet qui me lie à lui pour toujours.
Chapitre 6DémétrianElle pose les dossiers sur mon bureau, toujours avec cette même raideur qui trahit sa peur. Je l’observe en silence, et soudain, un éclat attire mon regard. Une fine chaîne en or dépasse de son chemisier. Elle brille, discrète, et une sensation étrange me traverse.— Attendez, dis-je avant qu’elle ne recule.Elle s’immobilise, les mains toujours sur les dossiers.— Cette chaîne, d’où vient-elle ?Son visage se fige. Sa main remonte lentement vers son cou, se referme sur le bijou comme pour le protéger. Elle pâlit, et je vois sa poitrine se soulever plus vite.— Je l’ai depuis longtemps, murmure-t-elle.— Depuis combien de temps ?— Des années.— Qui vous l’a offerte ?Elle baisse les yeux. Ses doigts sont si crispés sur le pendentif que ses jointures blanchissent.— Ma mère, dit-elle d’une voix presque inaudible.— Votre mère ?— Oui.Je me lève, contourne le bureau, m’arrête à deux pas d’elle. Elle recule d’un pas, puis se fige. Son parfum, cette lavande douce, f
Chapitre 5ÉlinaLa porte claque doucement derrière moi, et le monde extérieur s’efface. Je pose mon sac, retire mes chaussures, respire enfin. L’appartement est petit, usé, mais il sent le propre et le sommeil d’enfant. Une odeur de lessive et de biscuits. Mon refuge.— Maman !Théo surgit du couloir, pieds nus, cheveux en bataille, un sourire immense sur le visage. Il se jette contre mes jambes, m’enlace de toutes ses forces. Je m’accroupis pour le serrer contre moi, enfouir mon visage dans son cou. Son odeur, sa chaleur, sa vie. Tout ce qui compte est là, dans mes bras.— Tu m’as manqué, mon cœur.— Toi aussi, maman. Madame Rosa m’a donné un bonbon et j’ai dessiné un dragon.Il me tire par la main vers le salon, où une feuille couverte de traits rouges et verts trône sur la table basse. Je m’agenouille devant son œuvre, fais mine d’admirer, pose des questions. Théo raconte avec passion, les yeux brillants, la voix fluette. Je l’écoute, le cœur gonflé d’un amour si violent qu’il me
Chapitre 4DémétrianElle frappe à ma porte à huit heures précises.Je le sais car j’ai les yeux fixés sur l’horloge murale depuis cinq minutes, dans l’attente de ce moment. Je ne devrais pas être aussi impatient. Ce n’est qu’une employée. Une erreur mineure dans un dossier. Rien qui justifie une convocation en personne. Et pourtant, j’ai saisi ce prétexte avec une facilité déconcertante, presque une hâte que je refuse d’analyser.— Entrez.La porte s’ouvre lentement, comme si elle espérait encore qu’on lui annonce une erreur de planning. Elle entre, la tête haute mais les épaules trop raides. Son chemisier blanc est impeccable, ses cheveux tirés en arrière, sa jupe sombre strictement coupée. Elle a tout fait pour paraître solide. Mais je vois la faille dans ses yeux. Cette lueur de bête traquée qui me suit depuis notre première rencontre.Elle s’arrête à deux pas de mon bureau, les mains jointes devant elle, comme une écolière convoquée chez le directeur. Son regard fuit le mien, gli
Chapitre 3ÉlinaLa porte se referme derrière moi, et le couloir s’ouvre comme un gouffre blanc. Je marche, les jambes raides, le souffle court. Chaque pas résonne sur la moquette épaisse, et je sens encore son regard planté dans mon dos, brûlant, insistant. Je ne me retourne pas. Si je me retourne, je m’effondre.Je dépasse des bureaux vitrés, des visages flous, des voix qui m’appellent peut-être. Je ne réponds pas. Je continue, le dos droit, les poings serrés si fort que mes ongles s’enfoncent dans mes paumes. La douleur est la seule chose qui m’empêche de hurler.Une porte. Les toilettes. Je pousse le battant, me précipite vers le lavabo, m’agrippe au rebord froid. Mes doigts blanchissent sur la céramique. Mon visage dans le miroir est pâle, défait, comme si j’avais croisé un fantôme. Et c’est le cas. Le fantôme de cette nuit que j’avais juré d’oublier.Je ferme les yeux. Tout remonte. La chaleur étouffante de la salle de réception, le bruit des verres, les rires trop forts. J’avai


















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