NE FAIS CONFIANCE À PERSONNE, SURTOUT PAS À MOI

NE FAIS CONFIANCE À PERSONNE, SURTOUT PAS À MOI

last updateปรับปรุงล่าสุด : 2026-09-30
โดย:  Déesseอัปเดตเมื่อครู่นี้
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Le jour de leur anniversaire de mariage, Clara Beaumont enterre son mari. Cercueil fermé. Visage interdit. Une mort que personne n'a vue venir , et que personne, déjà, ne semble vouloir expliquer. Chez le notaire, on lui remet une clé USB. Victor y apparaît. Vivant. Souriant. Intime. « Ne fais confiance à personne. Surtout pas à moi. » Elle hérite de 51 % du groupe Beaumont. Une fortune. Un empire. Et une clause empoisonnée : vivre un an sous le même toit que Sacha, son beau-frère glacial, qui haïssait Victor d'une haine que Clara n'a jamais comprise — et qui la méprise aujourd'hui d'un mépris qui la terrifie. Alors Clara fouille. Les comptes truqués. Une double identité. Une société fantôme. Une vidéo tournée après la mort de Victor. Un enfant caché. Une initiale noircie dans un dossier secret. Chaque réponse ouvre un mensonge plus grand. Chaque mensonge la rapproche d'une vérité qu'elle refuse de voir : l'homme qu'elle a épousé n'a jamais existé. Et le cercueil qu'elle a suivi n'était peut-être pas le sien. Sous le toit de son ennemi, entre le désir et la terreur, Clara va découvrir que les morts ne restent jamais morts. Surtout pas les monstres. Un thriller romantique où chaque baiser cache une trahison, chaque allié un bourreau, et chaque mensonge une vérité plus dangereuse encore. « Elle a enterré son mari. Il lui écrit encore. »

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บทที่ 1

Chapitre 1 — Le cercueil vide

Clara

Le ciel est blanc. Pas un blanc lumineux, pas un blanc de neige ou de promesse. Un blanc sale, épais, qui pèse sur la ville comme un couvercle posé sur une marmite. Je me tiens devant l'église, la main d'Élise serrée autour de mon bras, et je me dis que c'est exactement le temps qu'il faut pour enterrer un homme que personne n'a vu mourir. Un temps de mensonge. Un temps de faux-semblant. Un temps qui ne s'engage à rien.

Le parvis est noir. Une marée d'inconnus en costumes sombres, visages fermés, quelques mains tendues que je ne serre pas. Je les vois, je les entends, je les distingue à peine. Ils murmurent mon nom. La veuve. La jeune veuve. Celle qui a hérité. Je sens leurs regards sur ma nuque, leurs chuchotements dans mon dos, leurs calculs silencieux. Tous sont venus pour lui. Pas un seul n'est venu pour moi. Pas un seul ne me demande comment je vais. Pas un seul ne me demande si je dors, si je mange, si je respire. Je suis un objet de curiosité. Une pièce dans un échiquier dont je ne connais pas les règles.

Je porte une robe noire que je n'ai pas choisie, des escarpins que je n'ai pas choisis, un voile que Victor aurait détesté. Je n'ai rien choisi depuis cinq jours. Cinq jours que je vis dans un brouillard. Cinq jours que je fais ce qu'on me dit de faire. Cinq jours que je suis veuve.

On m'a prévenue à six heures du matin, un mardi, trois jours après notre anniversaire de mariage. Un capitaine de police à la voix neutre. Un accident. Une voiture. Un fleuve. Un corps carbonisé, identifié par sa montre et sa chevalière, parce que le reste était impossible à montrer. Impossible à montrer. Ces trois mots tournent dans ma tête depuis cinq jours. Impossible à montrer. Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce qu'on ne peut pas montrer ? Un visage brûlé ? Un corps mutilé ? Un homme qui n'est plus un homme ?

— Ça va aller, murmure Élise.

Je ne réponds pas. Ça ne va pas aller. Ça n'ira jamais. On ne se remet pas de la mort d'un mari en cinq jours. On ne se remet pas de la mort d'un mari en cinq ans. On ne se remet pas, tout court. On apprend à vivre avec. On apprend à porter le poids. On apprend à sourire quand on veut hurler.

— Clara.

Elle serre mon bras. C'est une pression douce, régulière, qui ne faiblit pas. Élise a toujours su faire ça. Tenir. C'est pour ça que je l'ai choisie comme témoin de mon mariage, il y a un an. C'est pour ça qu'elle est là, à ma droite, dans son manteau gris perle qui sent la lavande et le propre, et que je m'accroche à elle comme à une rambarde. Elle est ma bouée. Elle est ma seule bouée.

— Ils vont commencer, dit-elle.

Le prêtre est déjà là, à l'intérieur, sous les voûtes. Un homme âgé, sec, qui parle de Victor comme d'un enfant du pays. Il ne le connaissait pas. Personne ici ne le connaissait vraiment. Moi la première. J'ai vécu un an avec cet homme. Un an à partager son lit, sa table, ses silences. Un an à croire que je le connaissais. Et aujourd'hui, devant son cercueil, je m'aperçois que je ne sais rien de lui. Rien de son passé. Rien de ses peurs. Rien de ses secrets.

Le cercueil est fermé.

C'est la première chose que je vois en entrant. Un rectangle de chêne clair, sobre, posé sur des tréteaux, entouré de lys blancs. Fermé. Pas d'ouverture, pas de dernier regard, pas de main à baiser. Une caisse scellée que l'on va descendre en terre dans quelques heures, et que je n'aurai jamais vue. Je ne verrai jamais son visage une dernière fois. Je ne pourrai jamais lui dire adieu. Je ne pourrai jamais lui dire que je l'aime. Je ne pourrai jamais lui dire que je lui pardonne. Quoi que ce soit.

Je m'arrête au milieu de l'allée. Les conversations se taisent une par une, comme des bougies qu'on souffle. Je sens les regards sur ma nuque. La jeune veuve. Vingt-six ans. Quatre-vingt-un jours de mariage. Et un héritage dont tout le monde, ici, parle déjà à voix basse. Cinquante et un pour cent. Un demi-milliard. Une fortune. Une cible.

— Avance, chuchote Élise.

J'avance.

Chaque pas est un mensonge. Je ne devrais pas être là. Je devrais être à la maison, dans notre lit, en train de me réveiller contre son dos. Je devrais être en train de lui préparer ce café qu'il aimait trop fort, trop sucré, en pestant contre la machine. Je devrais être en train de me disputer avec lui pour une broutille, une chaussette par terre, un verre mal rangé. Je devrais être mariée, pas veuve. Je devrais être heureuse, pas brisée. Je devrais être vivante, pas... ça.

Mais je suis là. Et lui est dans cette boîte.

Je pose la main sur le bois. Il est froid. C'est la première chose que je remarque. Pas frais, pas tiède, pas humain. Froid. Un froid minéral, absolu, qui remonte dans mes doigts et ne s'arrête plus. Un froid qui me glace le sang. Un froid qui me dit que ce n'est pas lui. Ce n'est pas Victor. Victor était chaud. Victor était vivant. Victor sentait le santal et le cuir. Victor avait les mains chaudes, les lèvres chaudes, le corps chaud. Ce bois est froid. Ce bois n'est pas Victor.

— Victor, dis-je tout bas.

Le prêtre commence à parler. Les mots glissent sur moi comme l'eau sur le verre. Je regarde le cercueil et je cherche une fissure, une fente, un défaut dans le chêne. Je cherche une raison de croire qu'il n'est pas là-dedans. Je cherche, et je ne trouve rien.

Élise me guide jusqu'au premier rang. Je m'assois. Le banc craque. Devant moi, à trois mètres, il y a le cercueil de mon mari, et je ne peux pas m'empêcher de penser à un détail qui n'a aucun sens.

Le jour de l'accident, Victor portait une montre différente.

Ce n'était pas sa Rolex. C'était une vieille montre en acier, sans marque, que je ne lui avais jamais vue. Je me souviens parce que je l'ai remarquée en l'embrassant ce matin-là, dans l'entrée, juste avant qu'il parte. J'ai failli lui demander. Je ne l'ai pas fait. Il était pressé. Il avait ce regard qu'il avait parfois, ce regard lointain, absent, qui me disait qu'il était déjà ailleurs. J'ai failli lui demander. Je ne l'ai pas fait. C'est peut-être la dernière chose que je n'ai pas faite.

Et maintenant, ils identifient le corps par cette montre. Et par sa chevalière.

Mais Victor détestait les chevalières.

Il disait toujours que c'était vulgaire. Qu'un homme qui avait besoin de prouver sa valeur avec un anneau n'en avait aucune. Il ne portait que notre alliance, fine, discrète, gravée à l'intérieur. Clara. Pour toujours. C'est ce qui était écrit. Pour toujours.

Alors pourquoi une chevalière ?

— Clara, tu trembles.

Élise a posé sa main sur la mienne. Je m'aperçois que je serre les poings. Je les desserre. Mes ongles ont laissé quatre marques blanches dans ma paume. Quatre croissants de lune. Quatre petites blessures que je ne sens même pas.

— Je vais bien.

— Tu n'es pas obligée de rester jusqu'au bout.

— Si.

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