로그인Elle secoua la tête et le fixa avec un froncement de sourcils. Ses jambes s'étiraient devant lui, mettant en valeur la musculature puissante de ses cuisses. Comment n'avait-elle jamais remarqué ses cuisses auparavant ? Parce qu'elle doutait fort qu'elles fussent apparues du jour au lendemain.
« C'est comme ça pour toi ? » « Sinon, je ne m'en donnerais pas la peine, tu ne crois pas ? » « Pour moi, ce n'est jamais ainsi. » Lexi inspira un grand coup, retourna ce vilain petit caillou sous lequel elle n'avait jamais voulu regarder et se rappela que c'était Tyler. Qu'elle pouvait tout lui dire. « Je crois que je suis vraiment frigide. Ou cassée d'une manière ou d'une autre. » Il ne s'installa pas dans un silence solennel et préoccupé comme elle s'y attendait. Il leva les yeux au ciel sans paraître le moins du monde ébranlé par sa déclaration. « Bordel de merde. Parce que ce connard te l'a dit ? Il y a un siècle de ça ? Les vrais mecs ne reprochent pas aux femmes leurs propres performances de merde au lit. » Lexi avait fréquenté Christopher pendant deux mois — qui lui avaient paru durer une éternité — au cours de leur troisième année universitaire. Une relation — si tant est qu'on pût l'appeler ainsi — qui s'était achevée après qu'ils eurent couché ensemble, lorsqu'il lui avait asséné qu'elle était nulle au lit avant de s'empresser d'aller amadouer une étudiante de première année naïve pour l'attirer dans ses draps. Un véritable prince charmant, ce Christopher. « Christopher avait la réputation d'être excellent au lit, Tyler », contesta Lexi. « Tu penses faire semblant d'avoir oublié, mais les filles se pamaient à longueur de temps chaque fois qu'il esquissait un sourire. » « Quand il souriait, sûrement. Mais après qu'il s'était ridiculisé dans leur lit ? Bizarrement, ça se pâmait beaucoup moins, si je me souviens bien. » Tyler croisa les bras, ce qui aurait dû lui donner un air menaçant. Mais lorsque Lexi observa son visage, son expression était neutre. Peut-être trop neutre. « C'était son boulot de te faire jouir, Lexi. Tout le reste n'était qu'un tas de conneries mêlé à de la manipulation pour masquer le fait que c'était un pauvre type égoïste. » Tyler lui avait déjà rugi cette même réponse au cours de leur dernière année à la fac, mais elle n'avait aucun souvenir de toute cette… chaleur piquante. « Personne n'est bon ou mauvais au lit sans essayer », poursuivit Tyler d'un ton encore plus guttural. « C'est du sexe, pas de la chirurgie. Parfois, les gens ont une alchimie de dingue, ce qui fait tout basculer dans une autre dimension. Mais tu n'as pas besoin d'une alchimie extraordinaire pour avoir du bon sexe, Lexi. Tu peux avoir du bon sexe si tu en as envie. C'est aussi simple que ça. » « Je peux te certifier que ce n'est absolument pas si simple. » « Ce n'est pas une séance de gymnastique », dit Tyler, et une fois de plus, la neutralité implacable de son visage lui fit frissonner la nuque. Plus encore qu'auparavant. « Les soi-disant compétences ou l'expérience importent bien moins que ce que j'appellerais… » Et il esquissa alors ce sourire amical, ce sourire chaleureux qui lui donnait toujours envie de sourire à son tour. « L'enthousiasme attentif. » Elle voulait sourire, mais s'en abstint. « Je n'ai aucune idée de ce que ça veut dire. » Son expression ne varia pas et pourtant… ce curieux tressaillement s'éveilla à nouveau en elle. « Est-ce que tu es attentive, Lexi ? Est-ce que tu penses à autre chose qu'à ton propre plaisir quand tu es nue avec quelqu'un d'autre ? Je parie que oui. » Il n'y avait aucune raison pour qu'elle se retrouve… le souffle court. Mais Tyler ne lui laissa pas le temps de répondre, même si elle avait réussi à retrouver sa respiration. « Mais je parierais aussi que si tu trouves le sexe insipide, c'est un jugement sur ton partenaire, pas sur toi. C'était vrai il y a des années et c'est encore vrai aujourd'hui. » Lexi fronça les sourcils en essayant de se donner un air sévère, plutôt que piquée et étrangement enfiévrée, alors même qu'elle était blottie sous une couverture douillette, bien protégée de la brise fraîche — contrairement à certaines personnes qui se baladaient torse nu et pieds nus. « C'est un peu sexiste, tu ne trouves pas ? » « J'ai vu les mecs que tu fréquentais. Alors non, ce n'est pas sexiste. C'est un avis éclairé. » Il altéra légèrement les traits de son visage, qui parut plus dur. Plus cassant, même. « Et ce n'est pas compliqué de faire jouir un homme, Lexi. C'est bien pour ça qu'il lui incombe de s'assurer que tu jouisses toi aussi, sinon pourquoi s'emmerder à coucher avec quelqu'un ? Il n'aurait qu'à se branler un coup et on n'en parlerait plus. » Toute cette conversation lui paraissait soudain beaucoup moins anodine qu'au départ. C'était peut-être l'épuisement qui lui jouait des tours, mais il ne cessait de parler de jouissance, et voilà qu'elle s'imaginait Tyler en train de prendre son propre sexe en main, avec ce même regard féroce qu'elle avait surpris dehors lorsqu'il— Stoppe tout, s'ordonna-t-elle. Elle fut tellement horrifiée qu'elle craignit de renverser son thé sur sa superbe terrasse ; elle prit donc grand soin de le poser prudemment sur la table à côté d'elle. Et ce n'était peut-être pas tout à fait de l'horreur qui lui coulait dans les veines à cet instant, la poussant à bouger sous la couverture dont il l'avait drapée. La rendant consciente de son propre sexe alors qu'en temps normal, elle réservait cette conscience à l'intimité de son lit. « Ne me prends pas mal », s'obligea à dire Lexi d'une voix aussi sèche et détachée qu'elle le put. « J'aime le sexe. Parfois, j'aime assez ça. » « Autant dire que tu le descend en flèche. » « Parlons de toi, Tyler. » Elle se concentra sur lui à cet instant, et sur toute cette perfection dorée qu'elle s'efforçait de ne pas dévisager depuis le début. Sans grand succès. Il n'y avait pas un gramme de gras sur cet homme. Ce n'était que du muscle ridiculement sec partout où son regard se posait et, bien qu'il soit censé être un PDG constamment enfermé en réunion, il passait visiblement du temps au soleil. Beaucoup de temps. Et puis il y avait cette ligne de poils qui descendait sous la ceinture de son jean, ce qui la força à se réajuster à nouveau dans son fauteuil. Encoer une fois. Elle avait la bouche sèche. Elle se répéta que c'était cette immersion soudaine en plein hiver, le manque de sommeil et tout le reste de cette journée étrange et interminable. « Tu t'y prends différemment », lui dit-elle, comme si elle livrait les conclusions d'une étude universitaire. « J'ai rencontré plein d'hommes qui couchent avec des tonnes de femmes, et ce sont tous des porcs. Mais pas toi. » « Attention, tu vas me faire rougir. » « Je n'arrive pas à comprendre ce que c'est. Pourquoi toutes ces femmes sont-elles si heureuses à chaque fois ? Tu les jettes, mais elles supplieraient toutes pour avoir une autre chance. Je l'ai vu de mes propres yeux. Tu es une sorte de… magicien. » « Tu es en train de me poser une question, Lexi ? Ou tu rédiges une évaluation ? »« Tu penses que je vais tomber amoureuse de toi si nous couchons ensemble ? » demanda-t-elle, estomaquée.Il ne rit pas. Pas vraiment. Tout cela était bien trop intense pour ça. « Je pense que si je te baise correctement, il n'y a presque aucune chance que tu ne tombes pas amoureuse de moi. »« Pourquoi n'as-tu pas peur de tomber amoureux de moi, toi ? » réclama-t-elle. Et elle se répéta que c'était de l'indignation, et non de la panique, qui bondissait en elle à cet instant. « N'est-ce pas tout aussi possible ? »« Aucune chance », dit-il, et elle aurait pu jurer qu'il y avait quelque chose de presque sardonique dans sa façon de le dire.Elle refusa de s'attarder sur la petite piqûre de douleur qui fleurit en elle à cette pensée. Cette panique — cette indignation — la poussa à aller plus loin.« Même si je tombai follement amoureuse de toi, aussi improbable que ce soit, ça n'a aucune importance », lui dit-elle avec véhémence. « Je suis toujours fiancée. »« Donc le pire des scénarios
« Le sexe, c'est de l'intimité », lui rétorqua Tyler, d'un ton dur qui n'admettait aucune réplique. « Quiconque te prétend le contraire est un zéro au lit. Mais tu dois décider si tu es capable de gérer ça. Parce que la Lexi que je connais a clairement fait comprendre, en paroles comme en actes depuis le jour où je l'ai rencontrée, qu'elle ne veut rien avoir à faire avec ça. »« Je veux y goûter », s'entendit-elle dire.Et elle voulait faire un pas en arrière et mettre une distance salutaire entre eux. Repousser sa main de ses cheveux. Mais elle se disait qu'il s'attendait précisément à ce qu'elle fasse tout cela, et plus encore — que cela donnerait raison à son argument. Alors elle fit tout l'inverse. Elle se rapprocha et posa son autre main sur son torse. Puis elle se cala contre lui, comme s'ils étaient déjà en train de s'embrasser.« Y goûter pourrait dépasser tout ce que tu avais imaginé », dit-il, comme s'il devinait qu'elle venait tout juste de se jeter dans le feu. « Ça le dép
Parfois, s’il se montrait courtois, il lui arrivait d’effleurer le bas de son dos du bout des doigts pour la guider quelque part. Mais malgré toutes ces années passées à se connaître, malgré toutes les confidences et les complicités qu’ils avaient partagées, jamais leur intimité n’avait impliqué de contact physique.Et tandis qu’elle levait les yeux vers lui, elle prit conscience pour la première fois qu’elle devait renverser la tête en arrière pour le regarder. De sa stature imposante, de sa taille, de ses épaules si larges. Et du fait qu’il était remarquablement beau pour un homme qui paraissait en même temps si robuste et si sauvage. Lexi ne prit pas la peine de se demander pourquoi. Elle le savait.Parce que le toucher ainsi lui faisait l’effet d’une décharge électrique.Cette sensation la traversait, venant s’ajouter à ce tambourinement dans ses veines, un rythme agité et insistant qui se répandait dans tout son corps. Et qui descendait droit jusqu’à son sexe.Elle se sentait tre
Lexi leva les yeux vers lui, et quelque chose changea dans son expression. Peut-être était-ce parce qu’il ne souriait pas. Parce qu’il ne se cachait plus derrière un masque. Peut-être que la vérité, c’était qu’il était fatigué de dissimuler qui il était depuis toutes ces années. L’espace d’un instant, ici, dans l’obscurité, avec les lumières du pont au loin et l’opéra qui se dressait derrière eux comme une vague, il était enfin… lui-même.Sans entraves. Sans excuses. Enfin libéré.Lexi laissa échapper un petit son discret. De la surprise, peut-être. Du désir, insista une voix sombre au fond de lui.— Je ne suis pas venue jusqu’ici en avion pour parler de sexe, dit-elle d’une voix déterminée.— De baise, la corrigea-t-il.Et, à cet instant, il avait vraiment l’air de lui-même. Pas de cette version insouciante et joviale qu’il jouait pour elle.— De la vraie baise, celle dont tu as été privée pendant tout ce temps, en fait.Il la regarda déglutir, observant le mouvement de sa gorge. Mêm
« Tout cela me semble être un rêve. » Elle ne parlait plus de la ville ou de l'eau, il le savait. « Un de ces rêves où tu es tombée et où tu essaies de remonter à la surface, sans y parvenir. Et plus je reste ici, plus j'ai l'impression que ma vie à Nemford est le vrai rêve. Je ne sais pas. Peut-être que tout le monde ressent cela en vacances. »Il se rappela que ce n'était pas de son rêve à lui qu'ils discutaient. C'était du sien. Et même s'il aimait à se raconter le contraire, il savait parfaitement que Lexi fuyait sa vie. Qu'elle n'était pas en vacances. Et s'il était vraiment son ami, et pas seulement ce pauvre type nostalgique qui lui tournait autour depuis toutes ces années, il s'effacerait de l'équation, n'est-ce pas ?« Je n'ai pas oublié ce que tu as dit quand tu es arrivée », dit-il, obligé de fixer le pont parce que s'il la regardait, il n'était pas sûr de ce qu'il ferait. Ou peut-être qu'il en était trop sûr. Et c'était bien là le problème. « J'ai l'impression que tu pense
Mais elle était là depuis près d'une semaine et ces petites habitudes recommençaient à s'accumuler, toutes ces fiches d'encyclopédie qui, mises bout à bout, composaient l'essence de Lexi. Elle entortillait toujours ses cheveux lorsqu'elle était à des milliers de kilomètres de là, perdue dans ses pensées. Elle rongeait toujours cette phalange. Elle ne fredonnait plus à mi-voix, ce que Tyler ressentait comme une perte révoltante. Mais un matin, alors qu'il partait pour l'une de ces longues et éprouvantes séances de course à pied qu'il s'imposait pour garder ses foutues mains pour lui, il s'était retrouvé cloué devant la porte de la chambre d'amis. Elle était sous la douche et il entendait l'eau couler, mais ce n'était pas cela qui l'avait retenu là, pétrifié.C'était Lexi, qui chantait une chanson pop affreusement mauvaise de leurs années d'université, plus fausse que jamais. Son sexe était dur comme du bois, son sourire s'étirait jusqu'aux oreilles, et il n'aurait pas pu exister un plu







