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TROP TARD POUR M'AIMER
TROP TARD POUR M'AIMER
Auteur: Lucentia

Chapitre 01: LE MARIAGE QUE JE N'AI JAMAIS VOULU

Auteur: Lucentia
last update Dernière mise à jour: 2025-11-27 18:43:15

Je n’ai jamais vraiment compris comment ma vie a pu se retrouver enfermée dans un mariage que je n’ai même pas choisi. Ça paraît fou quand je le dis, mais c’est la vérité. Je suis entrée dans cette histoire comme on tombe dans un piège : doucement, sans bruit, sans avoir vraiment le temps de réfléchir. Et aujourd’hui encore, je me demande comment j’ai pu accepter tout ça sans me battre, comme si ma voix n’avait jamais vraiment compté.

Je m’appelle Claire. J’ai vingt-six ans. Et la seule chose que j’ai vraiment comprise avec le temps, c’est que parfois, on croit être forte, mais on ne se rend pas compte de tout ce qu’on accepte juste pour ne pas décevoir les autres.

Jason… c’est mon mari. L’homme avec qui j’ai signé un papier que je n’avais pas envie de signer. L’homme que je n’ai pas choisi. Et pourtant, c’est comme si tout le monde autour de moi avait décidé pour moi. Mes parents, sa famille, les traditions… Je me suis retrouvée au milieu de tout ça, incapable de dire non. Incapable de dire que ça ne me ressemblait pas. Et je crois que le pire, c’est que tout le monde pensait que j’étais heureuse. Tout le monde sauf moi.

Le matin où tout a basculé, je me souviens m’être réveillée avec ce poids dans la poitrine. Un poids que je connais trop bien maintenant. La sensation de ne servir à rien dans ma propre vie.

Jason n’était pas encore rentré. Comme d’habitude. Ça faisait déjà trois nuits qu’il ne dormait plus ici. Et moi, je faisais semblant de ne pas m’inquiéter. Je me répétais : Il doit travailler tard.

Mais au fond de moi, je savais très bien que ce n’était qu’un mensonge de plus. Un de ceux que je me racontais pour ne pas pleurer.

Je me suis levée, j’ai ouvert les rideaux, et la lumière du matin m’a frappée au visage. Je n’aimais plus cette maison. Elle me rappelait trop tout ce que j’avais perdu. Tout ce que je n’ai jamais eu, en fait. L’amour. La tendresse. Une présence. Quelqu’un qui me regarde comme si j’étais assez.

Je suis allée dans la cuisine, j’ai fait chauffer de l’eau pour du thé. Je n’avais même pas faim. Je ne mangeais presque plus, et je sentais mon corps devenir plus faible jour après jour. Mais j’étais si fatiguée de tout que même respirer me demandait un effort.

C’est là que mon téléphone a vibré.

C’était un message de Natalie. Ma meilleure amie. Ma sœur de cœur. La seule personne qui réussissait encore à me faire sourire, même quand ma vie ressemblait à un gouffre.

« Je passe chez toi dans 20 minutes. Prépare-toi, on sort. »

J’ai lu le message deux fois. Ça m’a fait un petit truc dans la poitrine. Comme une bougie qui se rallume dans une pièce sombre.

J’ai répondu :

« Pas aujourd’hui Nat… je ne me sens pas très bien. »

Elle a envoyé un message vocal immédiatement. Sa voix était douce, comme toujours, mais ferme.

— Claire, tu vas prendre une douche, t’habiller, et sortir un peu avec moi. Tu vas pas rester enfermée dans cette maison qui t’étouffe. Je suis déjà en chemin. Et si tu n’ouvres pas, je casse la porte. Je rigole pas.

Je n’ai pas eu la force d’argumenter.

Je ne sais pas pourquoi, mais j’avais envie qu’elle arrive. J’avais besoin d’elle. Depuis quelque temps, je dépendais un peu trop de ses mots pour tenir debout.

J’ai pris une longue douche. L’eau chaude glissait sur ma peau et je restais immobile, les yeux fermés. J’espérais que ça emporte tout : la douleur, la peur, les doutes, l’humiliation. Mais rien ne partait jamais. Rien.

Quand j’ai fini de m’habiller, j’ai entendu frapper.

Natalie entra comme si la maison lui appartenait. Comme si rien ne pouvait l'arrêter.

Elle portait son parfum habituel, celui qui me rassurait toujours : quelque chose de doux, un peu sucré.

— Mon Dieu Claire… tu as encore maigri, me dit-elle en me serrant fort contre elle.

Je détestais qu’elle me voie comme ça.

Fragile. Perdue.

Mais je n’avais pas l’énergie pour faire semblant.

— Je vais bien, ai-je soufflé.

— Arrête, me coupa-t-elle. Tu vas pas bien du tout et tu le sais. Regarde-toi. T’es en train de te laisser mourir à cause d’un homme qui ne te calcule même pas.

J’ai baissé les yeux.

Parce que c’était vrai.

Parce que je ne pouvais rien répondre.

Elle m’a pris la main.

— Claire… pourquoi tu l’aimes encore ?

J’ai haussé les épaules, incapable de mettre des mots sur ce que je ressentais. Est-ce que je l’aimais encore ? Je n’en savais rien.

J’avais l’impression que mon cœur s’était cassé tellement de fois que je ne le reconnaissais plus.

On est sorties marcher un peu. L’air me faisait du bien. La ville était bruyante, les gens pressés, et pourtant j’avais l’impression d’être invisible. Comme si plus personne ne me voyait vraiment.

En marchant, Natalie m’a proposé d’aller manger quelque chose. J’ai refusé. Je n’avais pas faim.

On s’est alors assises sur un banc.

— Claire… il faut que tu arrêtes de t’accrocher à quelque chose qui n’existe plus, dit-elle doucement.

J’ai tourné la tête vers elle.

— Nat… je ne m’accroche à rien. Je… j’essaye juste de comprendre comment tout a pu déraper comme ça. Comment j’ai pu devenir une étrangère dans ma propre vie.

Elle a posé sa main sur la mienne.

— Claire, je vais te dire quelque chose, même si ça va te faire mal… Jason ne t’aime plus. Je crois même qu’il ne t’a jamais aimée.

Ces mots-là, je les ai ressentis comme une gifle.

Une gifle froide.

Mais ce n’était pas la première fois qu’on me le disait.

Et pourtant… ça m’a déchirée pareil.

— Je sais, ai-je murmuré.

Ma voix tremblait.

— Alors pourquoi tu restes ?

J’ai inspiré longtemps.

— Parce que j’ai peur. Peur d’avoir tout gâché. Peur d’admettre que tout le monde avait raison. Peur de me retrouver seule. Peur de perdre toute une famille que j’ai appris à apprécier… malgré tout.

Et… j’ai peur que si je pars… je regrette.

Elle a secoué doucement la tête.

— Tu devrais avoir peur de rester, Claire… pas de partir.

Son ton était grave, sincère.

Et pendant un instant, j’ai senti quelque chose se fissurer en moi.

Comme si ses mots avaient touché un endroit que j’essayais de cacher.

On est rentrées chez moi en silence.

J’étais épuisée.

J’avais juste envie de m’allonger et d’oublier que j’existais.

Mais quand on est arrivées devant la porte… j’ai senti une boule dans mon ventre.

Quelqu’un avait allumé la lumière du salon.

Natalie et moi, on s’est regardées.

— Jason ? souffla-t-elle.

Je n’ai rien répondu.

Je suis entrée.

Mon cœur battait trop vite.

Il était là.

Debout au milieu du salon.

Comme si de rien n’était.

Beau, sûr de lui, froid… comme toujours.

Et la première chose qu’il a faite, c’est me regarder comme si j’étais un problème qu’il fallait régler.

— Claire, faut qu’on parle.

Sa voix m’a glacée.

Il n’était pas fatigué.

Il n’était pas stressé.

Non.

Il avait cette expression… celle qu’il prend quand il a déjà pris une décision sans me demander mon avis.

Natalie a fait un pas vers moi, comme pour me protéger.

Il a levé la main.

— Ce n’est pas une discussion pour les gens extérieurs.

Elle a éclaté de rire.

— Extérieure ? Je suis plus présente dans la vie de Claire que toi depuis un an, Jason. Fais pas semblant de t’intéresser maintenant.

Il l’a fusillée du regard.

— Va t’en Natalie.

— Non.

J’ai senti la tension monter.

Mes mains tremblaient.

— Nat… laisse, murmurai-je.

Elle s’est retournée vers moi.

— Claire… t’es sûre ?

J’ai hoché la tête, même si j’avais l’impression que mes jambes allaient me lâcher.

Elle a quitté la maison à contrecœur.

Et quand la porte s’est refermée derrière elle… j’ai senti quelque chose changer dans l’air.

Jason s’est approché de moi.

Trop près.

Aucun sourire. Aucune douceur.

Juste ce regard vide.

— Claire… il faut qu’on mette les choses au clair.

Sa voix était plate.

Mais quelque chose dans sa manière de me regarder m’a fait mal.

— De quoi tu veux parler ? demandai-je, même si je redoutais déjà sa réponse.

Il m’a tendu une feuille.

Une feuille que je n’ai pas tout de suite reconnue.

— Je préfère que tu l’apprennes par moi… plutôt que par quelqu’un d’autre.

J’ai pris le papier.

Mes doigts tremblaient.

Et quand mes yeux ont glissé sur les premières lignes…

Mon cœur s’est arrêté.

Je suis restée immobile.

Mes lèvres ont bougé, mais aucun son n’est sorti.

C’était…

Un document.

Un document qui ne laissait aucune place au doute.

Et à la dernière ligne, j’ai lu le nom qui m’a brisée.

Natalie.

Ma meilleure amie.

Ma sœur.

La fille que je laissais entrer chez moi.

Celle à qui je racontais tout.

Jason a soufflé, comme si tout ça n’était qu’une formalité.

— Claire… il faut qu’on divorce.

Et le monde s’est écroulé sous mes pieds.

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