LOGINCHAPITRE 5
VOIX EXTERNE
La soirée s’était finalement terminée sans incident.
Après avoir retrouvé Daisy, Mason avait ramené cette dernière et son meilleur ami chez eux. Daisy n’avait presque pas parlé pendant le trajet. Elle était encore sous l’effet de l’alcool et, contrairement à son habitude, elle n’avait pas cherché à se disputer avec Mason.Lorsqu’ils étaient arrivés, Daisy avait simplement souhaité bonne nuit à son frère et Mason avant de monter directement dans sa chambre. Keron, lui, avait accompagné Mason jusqu’à sa chambre.
– Tu dors ici ? demanda-t-il en ouvrant la porte.
– Oui.
– Comme d’habitude.
Mason hocha la tête. Il avait déjà dormi tellement de fois chez son meilleur ami qu’il ne se sentait même plus comme un invité dans cette maison. Keron se changea rapidement avant de se glisser sous les draps. Mason, lui, resta assis sur le bord du lit quelques secondes. Il était silencieux. Trop silencieux. Keron le remarqua.
– Qu’est-ce que tu as ?
– Rien.
– Mason…
– J’ai dit que je n’ai rien mec.
Keron le fixa quelques secondes avant de hausser les épaules.
– Comme tu veux.
Il éteignit la lumière. La chambre plongea dans l’obscurité. Mason s’allongea à son tour. Mais contrairement à Keron, il ne dormit pas. Il ferma les yeux. Et aussitôt, les paroles de Daisy lui revinrent à l’esprit. J’aime quand tu me protèges. Il fronça légèrement les sourcils. Puis une autre phrase. Tu me protèges comme si tu étais mon père. Mason soupira.
– Sérieusement…
Il se retourna dans son lit.
Il aurait préféré qu’elle ne lui dise rien. Ou qu’elle ne se souvienne de rien. Parce que lui, il se souvenait de tout. Il revoyait son visage lorsqu’elle s’était jetée dans ses bras. Il se souvenait de ses mains autour de lui. De sa voix douce. De son sourire. Et surtout de cette phrase qui revenait sans arrêt. J’aime ton odeur.
Mason ouvrit les yeux. Il regarda le plafond.
– Elle était complètement ivre.
Il se répétait cela comme si cette simple explication pouvait faire disparaître ce qu’il ressentait. Daisy avait bu.Elle ne savait probablement même pas ce qu’elle disait. C’était tout. Il n’y avait aucune raison d’y penser davantage. Pourtant, son esprit refusa de passer à autre chose. Et lorsqu’il réussit enfin à s’endormir, plusieurs heures plus tard, ce fut avec le visage de Daisy encore présent dans ses pensées.
Trois jours passèrent.
Pendant ces trois jours, Mason fit comme si rien n’avait changé. Il continuait à provoquer Daisy. Il continuait à l’appeler Coccinelle. Il continuait à se comporter avec elle comme il l’avait toujours fait.
Mais quelque chose avait changé. Il la regardait davantage. Il remarquait des détails qu’il n’avait jamais pris le temps de remarquer auparavant. La façon dont elle attachait ses cheveux. La manière dont elle fronçait les sourcils lorsqu’elle réfléchissait.
Son sourire lorsqu’elle était heureuse. Et chaque fois qu’il se surprenait à la regarder un peu trop longtemps, il détournait les yeux. Il refusait de chercher une explication. Ce soir-là, Mason était chez Keron comme d’habitude.
Les deux garçons étaient dans la chambre de Keron, occupés à discuter de leurs cours, lorsque quelqu’un frappa à la porte. Keron fronça les sourcils.
– Qui peut bien venir nous voir à cette heure-ci ?
Mason se leva.
– J’ouvre.
Il traversa la chambre et ouvrit la porte. Son regard tomba immédiatement sur Maria et son mari. Les parents de Keron et Daisy se tenaient devant lui.
– Bonsoir, Tante Maria.
Maria lui sourit.
– Bonsoir, Mason.
Le père de Keron salua également le jeune homme.
– Bonsoir, mon garçon.
– Bonsoir.
Mason se décala pour les laisser entrer. Keron se redressa aussitôt sur son lit.
– Qu’est-ce que vous faites ici ?
Maria entra dans la chambre avec son mari.
– Nous venons vous parler de quelque chose d’important.
Keron regarda Mason.
– Quelque chose d’important ?
Son père sourit.
– Dans exactement une semaine, Daisy aura dix-huit ans.
Keron ouvrit légèrement les yeux.
– Déjà ?
Mason resta silencieux. Il savait parfaitement que l’anniversaire de Daisy approchait. Il ne pouvait pas l’oublier.
– Nous avons décidé de lui organiser une surprise, expliqua Maria.
Keron sourit immédiatement.
– Une surprise ?
– Oui.
– Je suis partant.
Son père hocha la tête.
– Nous voulons faire quelque chose de spécial cette année. Elle va avoir dix-huit ans. C’est une étape importante.
Mason s’assit sur le bord du lit.
– Qu’est-ce que vous avez prévu ?
Maria regarda ses deux garçons.
– Nous pensions inviter quelques personnes qu’elle apprécie. Ses amis de l’université, quelques proches… Et vous pourrez également inviter vos amis.
– Aucun problème, répondit Keron.
– Nous voulons simplement que Daisy ne se doute de rien.
– Elle ne saura rien, affirma Keron.
Mason hocha la tête.
– Elle ne saura rien non plus.
Maria sourit.
– Parfait.
Elle commença alors à expliquer les détails de la fête. Ils voulaient décorer toute la maison, préparer plusieurs plats, acheter plusieurs gâteaux et installer les cadeaux dans le salon. Ils voulaient également inviter quelques amis de Daisy avec lesquels elle s’entendait bien. Keron proposa plusieurs noms. Mason, lui, réfléchissait.
– Daisy n’aime pas les fêtes trop bruyantes, dit-il finalement.
Tous se tournèrent vers lui.
– Elle préfère quand l’ambiance reste agréable. Elle n’aime pas être au centre de l’attention pendant trop longtemps.
Keron sourit.
– Tu la connais vraiment bien.
Mason haussa les épaules.
– Je la connais depuis qu’elle est petite.
– Qu’est-ce qu’elle aime d’autre ? demanda Maria.
Mason réfléchit quelques secondes.
– Elle aime les choses simples. Les cadeaux qui ont une signification. Les livres. Les bijoux aussi.
Il baissa légèrement les yeux. Sa main passa instinctivement sur la poche de son pantalon. Le collier qu’il lui avait offert quelques jours plus tôt lui revint à l’esprit. Keron le regarda.
– Tu as une idée de cadeau ?
– Pas encore.
– Pourtant, tu viens de dire qu’elle aime les bijoux.
– Ce n’est pas parce que je connais ses goûts que j’ai déjà choisi son cadeau.
Maria sourit.
– Tu pourrais nous donner des idées.
Mason commença alors à énumérer quelques petites choses que Daisy aimait. Ses goûts. Les choses qu’elle n’aimait pas. Les couleurs qu’elle préférait. Même les petites habitudes qu’elle avait depuis son enfance. Keron le regardait avec amusement.
– Attends…
Mason s’arrêta.
– Quoi ?
– Tu connais vraiment beaucoup de choses sur elle.
– C’est normal.
– Non, ce n’est pas normal.
Keron éclata de rire.
– Je suis son frère et tu viens de me donner des informations sur ma propre sœur que je ne connaissais même pas.
Mason leva les yeux au ciel.
– Parce que tu ne fais jamais attention.
– Et toi, tu fais attention à tout ?
– À certaines choses.
Le père de Keron sourit.
– C’est justement pour cela que nous comptons sur vous deux.
Maria se leva.
– Mais surtout, ne lui dites rien.
– Promis, répondit Keron.
– Promis, ajouta Mason.
Les parents quittèrent finalement la chambre. La porte se referma derrière eux. Keron resta silencieux quelques secondes. Puis il se tourna vers Mason.
– Alors…
– Alors quoi ?
– Qu’est-ce que tu vas lui offrir après le collier ?
Mason soupira.
– Je ne sais pas encore.
– Pourtant, tu connais tout ce qu’elle aime.
– Je trouverai.
Keron s’allongea sur son lit.
– Tu sais quoi ? Je pense que tu connais Daisy mieux que moi.
Mason allait répondre lorsqu’une image lui traversa l’esprit.Daisy. Dans sa chambre. Quelques jours plus tôt. Ses cheveux encore humides. Sa petite tenue après sa douche. Son regard surpris lorsqu’elle l’avait découvert à la porte. Mason détourna immédiatement les yeux. Puis une autre image s’imposa à lui. Daisy dans ses bras pendant la fête. Sa tête contre lui. Sa voix douce.
« J’aime ton odeur.»
Il serra légèrement la mâchoire. Keron le regarda.
– Ça va ?
– Oui.
– Tu es bizarre depuis quelques jours.
– Je suis juste fatigué.
Keron ne répondit pas. Mason s’allongea à son tour.
Il fixa le plafond. Il ne comprenait toujours pas ce qui lui arrivait. Daisy avait toujours été Daisy. La petite sœur de son meilleur ami. La fille fragile qu’il avait toujours protégée. Sa Coccinelle. Alors pourquoi avait-il autant de mal à chasser certaines images de son esprit ? Il ferma les yeux.
– Ce n’est rien, murmura-t-il pour lui-même.
Mais au fond de lui, il savait que quelque chose était différent. Il ignorait encore quoi. Une semaine plus tard . Daisy n’avait absolument aucune idée de ce qui se préparait derrière son dos. Depuis plusieurs jours, ses parents lui posaient des questions étranges.
Ils lui demandaient ce qu’elle voulait pour son anniversaire. Ce qu’elle aimerait manger. Quels cadeaux lui feraient plaisir. Quels amis elle voudrait inviter. Mais Daisy ne leur avait rien demandé.
Elle avait simplement répondu qu’elle réfléchirait.
Puis, finalement, elle leur avait dit qu’elle n’avait besoin de rien. Elle ne voulait pas faire toute une histoire pour son anniversaire. À ses yeux, un gâteau en famille suffisait largement. Ce jour-là, après ses cours, Daisy quitta l’université en pensant simplement rentrer chez elle. Mason et Keron avaient prétexter ne va pas avoir de cours. Elle était partie seule et retourné seule et mais Addie n’était pas présente au second cours . Elle avait passé une longue journée. Elle imaginait déjà prendre une douche, manger quelque chose et monter dans sa chambre. Lorsqu’elle arriva devant la maison, elle remarqua immédiatement quelque chose d’étrange. La porte était fermée. Les lumières étaient allumées. Daisy fronça les sourcils. Elle ouvrit.
– Maman ?
Aucune réponse. Elle entra lentement. Puis les lumières du salon s’allumèrent complètement.
– SURPRISE !
Daisy sursauta. Elle porta immédiatement une main à sa bouche. Ses yeux s’écarquillèrent. Devant elle se trouvaient ses parents, Keron, Mason, Addie, plusieurs amis de l’université et plusieurs proches.
La maison était entièrement décorée. Des ballons étaient accrochés aux murs. Une immense table était couverte de nourriture. Plusieurs gâteaux étaient disposés au centre. Et sur une autre table, plusieurs cadeaux soigneusement emballés attendaient. Daisy resta complètement immobile.
– Qu’est-ce que…
Sa voix trembla. Maria s’approcha d’elle.
– Joyeux anniversaire, ma chérie.
Daisy sentit immédiatement ses yeux se remplir de larmes.
– Vous…
Elle regarda autour d’elle.
– Vous avez fait tout ça pour moi ?
Son père sourit.
– Bien sûr. Joyeux anniversaire princesse
Keron s’approcha et l’embrassa sur le front.
– Joyeux anniversaire, petite sœur.
Daisy éclata de rire à travers ses larmes.
– Je n’arrive pas à y croire.
Addie la prit dans ses bras.
– Joyeux anniversaire !
– Merci…
Daisy regarda encore une fois autour d’elle. Puis son regard s’arrêta. Mason. Il était debout un peu plus loin. Très bien habillé. Une chemise parfaitement ajustée, un pantalon sombre et une montre au poignet. Il la regardait. Et pendant quelques secondes, aucun des deux ne détourna les yeux.
Le cœur de Daisy se mit à battre beaucoup plus vite. Elle ne comprit pas pourquoi. Elle avait déjà vu Mason habillé de cette manière. Elle l’avait vu des centaines de fois.
Alors pourquoi, ce soir, avait-elle l’impression de le découvrir autrement ? Mason, lui, observa son visage. Il remarqua immédiatement le sourire qu’elle essayait de cacher.
– Joyeux anniversaire, Coccinelle.
Daisy sourit.
– Merci.
Son regard descendit brièvement jusqu’au collier qu’elle portait toujours. Le cadeau qu’il lui avait offert. Un léger sourire apparut sur ses lèvres.
Daisy remarqua ce sourire.
– Pourquoi tu souris ?
– Pour rien.
– Tu souris.
– J’ai le droit de sourire.
Elle secoua la tête.
– Tu es vraiment bizarre.
– Et toi, tu réfléchis toujours trop.
Keron arriva derrière eux.
– Vous avez fini de vous chamailler ?
Daisy lui lança un regard.
– C’est lui qui commence toujours.
– Bien sûr, répondit Mason.
– Tu vois ?
Tout le monde se mit à rire. La soirée commença véritablement. Les gâteaux furent apportés. Daisy souffla ses dix-huit bougies sous les applaudissements de tous. Elle fit un vœu en silence avant de les éteindre. Puis elle fut couverte de câlins.
Ses parents étaient heureux. Keron était heureux.
Addie aussi. Et Mason. Mason ne savait pas exactement pourquoi, mais il était heureux de la voir sourire. La soirée continua. Les adultes restèrent avec eux pendant un long moment. Ils mangèrent.
Ils discutèrent. Ils rirent. Quelques bouteilles furent ouvertes. Les jeunes commencèrent à boire de la bière et quelques autres boissons alcoolisées. Daisy, cette fois, resta prudente. Elle ne voulait surtout pas revivre ce qui s’était passé quelques jours plus tôt.
Plus tard dans la soirée, les parents de Daisy et Keron décidèrent finalement d’aller se coucher. Maria embrassa sa fille.
– Profite bien de ta soirée.
– Merci, maman.
Son père lui sourit.
– Dix-huit ans, ma petite fille…
Daisy sourit.
– Je suis toujours ta petite fille.
– Évidemment.
Après leur départ, l’ambiance changea. La musique monta légèrement. Les discussions devinrent plus animées. Puis Addie proposa une idée.
– On fait un jeu ?
Keron se tourna vers elle.
– Quel jeu ?
– Action ou vérité.
Quelques personnes applaudirent immédiatement.
– Oui !
– Bonne idée !
Daisy hésita.
– Je ne sais pas…
Mason la regarda.
– Coccinelle…
Elle lui lança un regard.
– Quoi ?
– Tu vas vraiment refuser ton propre jeu d’anniversaire ?
– Ce n’est pas mon jeu.
– Alors joue.
Daisy soupira.
– D’accord.
Tout le monde s’installa en cercle. Une bouteille fut placée au centre. Le premier tour commença.Les rires fusèrent. Certains choisirent vérité. D’autres préférèrent les actions. Les questions devinrent progressivement plus embarrassantes. Daisy riait beaucoup. Mason, lui, participait avec son assurance habituelle. Puis, après plusieurs tours, la bouteille tourna encore. Elle ralentit. Tourna encore. Puis s’arrêta. Sur Mason. Tout le monde se mit à sourire.
– Mason !
– Enfin !
Keron éclata de rire.
– Alors, mon frère ?
Mason haussa un sourcil.
– Quoi ?
Addie croisa les bras.
– Action ou vérité ?
Mason regarda autour de lui.
– Action.
Les sourires s’élargirent. Daisy ne se doutait absolument pas de ce qui allait suivre. Diokles se pencha légèrement vers les autres. Quelqu’un murmura quelque chose. Puis Addie se mit à sourire.
– Très bien.
Mason attendit.
– Ton action est simple.
Il haussa un sourcil.
– Je t’écoute.
Addie regarda Daisy. Puis Mason.
– Tu dois embrasser Daisy.
Le silence tomba brusquement. Daisy se figea.
Mason ne bougea plus. Leurs regards se croisèrent.
Et pour la première fois depuis qu’ils se connaissaient. Mason ne trouva aucune plaisanterie à faire.
À SUIVRE…
CHAPITRE 20VOIX EXTERNE– Je veux demander ta sœur en mariage.Le silence qui suivit cette phrase sembla durer une éternité. Mason était toujours assis près du lit de Keron. Il avait parlé avec une assurance qu’il ne ressentait pourtant pas complètement. Parce que, pour la première fois depuis qu’il connaissait Daisy, il avait peur. Pas de la réponse de Daisy. Il savait ce qu’elle ressentait pour lui. Il avait peur de la réponse de son meilleur ami. Keron le regardait sans dire un mot. Mason attendit. Quelques secondes. Puis une minute. Toujours rien. Il finit par baisser légèrement les yeux.– Je sais que tu as besoin de temps pour répondre.Keron resta silencieux. Mason inspira profondément.– Et si tu refuses… je ne vais pas te mentir, ça me fera mal.Il releva les yeux vers lui.– Mais même si tu refuses, je ne laisserai pas Daisy.Keron fronça légèrement les sourcils.– Tu tiens autant à ma sœur ?Mason eut un petit sourire.– Plus que tu ne peux l’imaginer.Keron continua de le
CHAPITRE 19VOIX EXTERNEAprès avoir parlé à Keron, Mason était finalement rentré chez lui. La journée avait été longue. Entre l’hôpital, les cours, les inquiétudes et toutes les émotions qu’il avait dû contenir, il sentait son corps réclamer du repos. Pourtant, malgré la fatigue, une seule chose occupait encore son esprit. Keron. Il avait beau lui avoir dit qu’il serait là pour lui, Mason savait que les choses ne redeviendraient pas normales du jour au lendemain. Il fallait du temps. Beaucoup de temps. Lorsqu’il arriva chez lui, sa mère était dans le salon.– Tu es déjà rentré ?Mason lui adressa un sourire fatigué.– Oui.Sa mère le regarda quelques secondes avant de remarquer son air épuisé.– Tu as passé la journée à l’hôpital ?– Oui. Je suis resté avec Keron.Elle hocha doucement la tête.– Comment va-t-il ?– Il va mieux. Il est rentré chez lui.Sa mère soupira de soulagement.– C’est une bonne nouvelle.Mason acquiesça avant de monter dans sa chambre.Il prit une longue douche
CHAPITRE 18VOIX EXTERNEQuelques minutes seulement après l’accident, les secours arrivèrent sur les lieux. Les sirènes résonnaient dans la rue tandis que plusieurs secouristes se précipitaient vers le véhicule accidenté.– Monsieur, vous m’entendez ?Keron ouvrit difficilement les yeux. Il avait du mal à respirer correctement.– Ne bougez surtout pas.Un secouriste posa une main près de sa tête afin de maintenir son cou immobile. Un autre examina rapidement ses jambes.– Il a probablement plusieurs fractures.– On le sort doucement.Les portières furent ouvertes avec précaution. Keron grimaça de douleur lorsque les secouristes commencèrent à le déplacer. Il tenta de parler.– Ma… famille…– On va prévenir votre famille. Ne vous inquiétez pas.Quelques minutes plus tard, Keron fut placé dans l’ambulance. Les secours repartirent immédiatement vers l’hôpital. Pendant ce temps, les parents de Keron et Daisy étaient chez eux. Ils ne savaient encore rien. Jusqu’à ce que le téléphone du pèr
CHAPITRE 17VOIX EXTERNELe soir était déjà bien installé lorsque Mason arriva devant la maison des Lynn. Depuis quelques minutes, Daisy était assise dans le salon avec ses parents et Keron. Personne ne parlait vraiment.Daisy avait les mains posées sur ses genoux et jetait parfois un regard vers son frère. Keron, lui, était installé dans un fauteuil, les yeux rivés sur son téléphone. Il semblait complètement absorbé par son écran. Pourtant, Daisy savait qu’il n’était pas réellement concentré sur ce qu’il faisait. Depuis que leurs parents avaient annoncé qu’ils voulaient parler à Mason, l’atmosphère était devenue particulièrement lourde . Daisy savait que cette soirée allait changer beaucoup de choses. Elle ignorait seulement dans quel sens. Quelques minutes plus tard, on frappa à la porte. Le père de Daisy se leva.– Je vais ouvrir.Il traversa le salon et ouvrit. Mason se tenait devant la porte. Il avait l’air calme, mais son regard trahissait une certaine tension.– Bonsoir.– Bons
CHAPITRE 16VOIX EXTERNELe silence qui venait de tomber dans la chambre de Daisy était presque irréel. Keron se tenait devant la porte. Ses yeux étaient fixés sur Mason. Puis sur Daisy. Puis de nouveau sur Mason. Il venait de voir son meilleur ami embrasser sa petite sœur. La personne qu’il considérait comme son frère depuis leur enfance. L’homme à qui il avait confié les plus grandes choses de sa vie. Et sa petite sœur. Daisy sentit son cœur s’arrêter. Elle connaissait son frère.Elle savait exactement de quoi il était capable lorsqu’il était en colère. Sans réfléchir, elle se plaça immédiatement devant Mason, comme si son propre corps pouvait empêcher Keron de s’en prendre à lui.– Keron…Ce n’est pas ce que tu crois.Sa voix tremblait. Keron eut un rire froid.– La ferme.Daisy se figea.– Keron, laisse-moi t’expliquer…– Je t’ai très bien vue !Sa voix résonna dans la chambre. Mason fit un pas en avant.– Keron, laisse-moi t’expliquer.– LA FERME !Keron s’avança brusquement.Daisy
CHAPITRE 15VOIX EXTERNELa matinée passa rapidement. Daisy était assise dans sa salle de cours, concentrée sur les explications de son professeur. Elle prenait quelques notes, relevait parfois la tête pour regarder le tableau, puis replongeait dans son cahier. À quelques bâtiments de là, Mason suivait également son cours avec Keron. Pourtant, contrairement à Daisy, Mason avait beaucoup de mal à rester concentré. Depuis leur conversation de la veille, il avait cette sensation étrange de ne plus vouloir perdre une seule occasion de la voir.Il repensait à son sourire. À leur appel. À la façon dont elle avait ri lorsqu’il l’avait appelée Coccinelle.Il souriait parfois sans même s’en rendre compte. Keron, assis à côté de lui, finit par le remarquer.– Pourquoi tu souris tout seul ?Mason tourna la tête.– Je ne souris pas.– Si.– Concentre-toi sur le cours.Keron secoua la tête avec amusement.– Tu es bizarre ces derniers temps.Mason ne répondit pas. La sonnerie finit par retentir.Le







