FAZER LOGINLa portière s'ouvrit.
Deux hommes. Elara n'eut pas le temps de voir leurs visages, juste des mains qui la saisirent par les bras avec une brutalité sans hésitation, le genre de brutalité de gens qui ont fait ça avant et qui savent exactement combien de force il faut pour qu'on ne résiste pas sans en mettre assez
Elara appela Sébastien à onze heures pile.Il décrocha immédiatement. « Elara. »« J'ai lu ton rapport. » Elle avait le document ouvert devant elle sur la table basse, des annotations dans les marges. « La partie sur les délais de livraison du deuxième trimestre est solide. Je veux juste que tu revoies les hypothèses de coût carburant, elles me semblent optimistes. »« Je peux les ajuster aujourd'hui. »« Fais-le. » Elle marqua une pause. « Comment tu vas ? »
Le lendemain matin Darius se réveilla différemment.Pas guéri, pas transformé, juste avec ce poids en moins que le sommeil a
La chambre était silencieuse.Darius était allongé sur le dos, les yeux au plafond, les mains à plat sur le drap. Il n'avait pas allumé la lampe. La lumière de l'après-midi entrait par les rideaux mal tirés, cette lumière grise et pâle de janvier qui ne réchauffait rien mais qui permettait de voir quand même.Il pensait à reprends-toi.Pas avec de la colère, pas avec de la tristesse, avec cette lucidité froide de quelqu'un qui entend quelque chose depuis si longtemps qu'il n'est plus surpris, juste épuisé d'une façon qu'il ne saurait pas expliquer à quelqu'un qui ne l'aurait pas vécu.Reprends-toi.Il avait entendu ces mots sous des formes différentes toute sa vie. Arrête de pleurer. À quatre ans, quand il était tombé dans l'escalier du manoir des Kovals et que Victor avait regardé le genou écorché avec cet air de quelqu'un qui attendait que ça finisse. Concentre-toi. À douze ans
Victor arriva à quatorze heures sans prévenir. L'interphone sonna deux fois, bref et sec. Elara décrocha depuis le salon. Quatre mots dans l'interphone, la voix grave et posée de Victor Kovals : « C'est moi. Ouvrez. » Elle ouvrit. Il entra. Manteau sombre, écharpe de cachemire gris, les mains dans les poches avec cette aisance de quelqu'un qui n'a jamais eu à se justifier d'entrer quelque part. Il regarda le salon en deux secondes, ce regard d'inventaire rapide qui ne cherchait pas à se cacher, les dossiers d'Elara sur la table basse, les deux tasses du matin encore là, les affaires qui avaient colonisé l'espace, cette vie à deux installée dans l'appartement de son fils depuis des semaines. Il ne dit rien. Ce silence était suffisant. « Monsieur Kovals, » dit Elara. Il la regarda. Ce regard froid et précis qu'elle connaissait depuis le manoir des Kovals, cette façon d'évaluer les gens comme on évalue des situations, rapidement et sans sentiment. « Mademoiselle Vane. » Il détacha
Elle se réveilla la première.La lumière de Val-de-Mont entrait par les baies vitrées mal fermées, cette lumière grise et douce du matin qui ne forçait rien, qui laissait les choses exister à leur propre rythme. Elle resta immobile quelques secondes, à écouter sa propre respiration et celle de Darius à côté d'elle, cette respiration régulière du sommeil profond.Elle se leva sans faire de bruit. Elle alla dans la cuisine, mit le café, resta debout à regarder la ville par la fenêtre pendant que la machine chauffait. Val-de-Mont dans la lumière du matin, ses toits, ses rues qui commençaient à s'animer, la mer au loin avec ce gris
Maëva passa la journée avec la carte de Marcus dans sa poche.Elle la sentait là, ce petit rectangle de carton épais, ce poids qui n'était pas physique mais qui pesait quand même. Elle fit son travail comme toujours, les appels de la matinée, les dossiers de l'après-midi, les messages triés et les urgences gérées, avec cette efficacité qui était sa marque et qui ne laissait rien paraître de ce qui se passait en dessous.Personne ne vit rien.Elle pensait au double de son salaire. Elle pensait à la prise en charge médicale de son père. Elle pensait à ces deux choses avec la pr&







