LOGINÀ peine Simon eut-il quitté son bureau que Matthieu resta seul avec ses pensées.
Et avec elle.
Amanda.
Cette inconnue aperçue quelques heures plus tôt sous la pluie avait réveillé quelque chose qu'il n'avait pas ressenti depuis longtemps.
Une tension brûlante parcourait encore son corps.
Il serra la mâchoire. Il avait cette dureté difficile a maîtriser à l'entrejambe et ce manque de maîtrise n'était pas habituel.
Cette femme lui avait mis un feu dans les veines.
Un feu qu'il ne savait pas éteindre. Il voulait la dénuder, enlever ses pétales une à une, la humer, la goûter.
Il passa une main sur son visage avant de prendre son téléphone.
— Simon.
— Oui, monsieur ?
— J'ai besoin d'une femme ce soir.
Simon ne posa aucune question.
Il connaissait suffisamment son patron pour comprendre ce qu'il voulait.
Matthieu avait toujours considéré ses relations avec les femmes comme quelque chose de simple.
Du désir.
Du plaisir.
Rien de plus.
Aucun engagement.
Aucune promesse.
Il ne voulait pas de complications. Il fallait qu'il se décharge, ce désir inassouvi l'empêchait de réfléchir et de rester un minimum cohérent.
— Une femme qui corresponde à mes habitudes, ajouta-t-il.
— Je m'en occupe.
La conversation prit fin.
Moins de deux heures plus tard, Matthieu se rendit dans sa garçonnière.
Un appartement luxueux qu'il utilisait précisément pour ce genre de rencontres.
Lorsqu'il entra, une femme l'attendait.
Une magnifique brune, élégante et sûre d'elle, qui savait parfaitement pourquoi elle était là. Elle avait des seins lourd, un corps galbé et généreux. Elle respirait la douceur et la maturité d'une femme qui sait comment faire jouir un homme sans difficulté.
Elle lui adressa un sourire provocateur.
— Bonsoir, Matthieu.
Il la regarda.
Elle était belle.
Très belle.
N'importe quel homme aurait probablement été fasciné.
Mais Matthieu ne ressentit presque rien.
Son esprit continuait de revenir vers une autre femme.
Une jeune inconnue trempée par la pluie. Il se demandait encore si sous ces vêtements son corps réagissait a ce droit.
Amanda.
La brune s'approcha néanmoins de lui.
Elle posa une main sur son torse.
— Tu as l'air tendu.
— Je le suis.
Elle sourit.
— Alors détends-toi.
Matthieu l'attira contre lui.
Le baiser fut immédiat.
Brutal.
Impatient.
Il avait besoin d'oublier.
D'oublier cette silhouette.
Ce sourire.
Cette sensation étrange qui le poursuivait depuis le matin.
La femme se laissa entraîner dans cette danse qu'ils connaissaient tous les deux. Elle se mis a genoux et entreprit de sortir le membre proéminent et on peut le dire hors norme.
Il n'y avait aucune tendresse.
Aucune illusion.
Seulement deux adultes qui avaient parfaitement conscience de la nature de leur arrangement. Elle avait un peu de mal a le prendre en bouche compte tenu de sa taille mais s'en occupait avec beaucoup d'attention et d'application.
Matthieu chercha dans cette proximité le soulagement qu'il était venu chercher.
Mais même lorsque le désir prit le dessus, son esprit refusa de lui obéir.
Il revoyait Amanda.
Son visage.
Ses yeux.
Son sourire sous la pluie.
Cette simple image revenait encore et encore.
Plus il essayait de l'effacer, plus elle s'imposait.
Il installa la femme a quatre pattes sur le lit et la prit avec force. Elle senti son corps s'ouvrir a lui, une douleur au début puis un plaisir qui la fit crier, gémir et mouiller comme jamais elle n'en avait eu l'occasion
Plus tard, Matthieu resta quelques instants seul dans le silence de la garçonnière.
La femme était partie.
Il aurait dû se sentir apaisé.
Il ne l'était pas.
Il regarda par la fenêtre.
La ville brillait sous les lumières nocturnes.
Il avait obtenu exactement ce qu'il cherchait.
Un exutoire.
Une façon de faire retomber la tension.
Et pourtant... Juste des ejaculation, un pur phénomène naturel qui n'avait pas lavé son esprit.
Amanda occupait toujours ses pensées.
Matthieu fronça les sourcils.
Il détestait cette sensation.
Cette femme n'était personne pour lui.
Il ne connaissait rien d'elle.
Et pourtant, elle avait réussi en quelques secondes à provoquer quelque chose qu'aucune autre femme n'était parvenue à provoquer depuis longtemps.
Il prit son téléphone.
Un message de Simon apparut.
« Tout est organisé pour demain matin. La voiture sera devant son domicile à 7 h 30. »
Matthieu fixa l'écran.
Un léger sourire apparut sur ses lèvres.
Demain.
Enfin.
Il allait pouvoir la revoir.
Et cette fois, Amanda serait devant lui.
Il pourrait enfin comprendre pourquoi cette femme avait réussi à allumer en lui un feu que même une autre femme n'avait pas réussi à éteindre.
Simon quitta le bureau de Matthieu avec une expression fermée.La conversation qu'il venait d'avoir avec son patron continuait de tourner dans sa tête.Amanda était partie en larmes.Elle avait vu quelque chose qu'elle n'aurait jamais dû voir de cette manière.Et surtout, personne ne l'avait prévenue que Lucie se trouvait dans le bureau.Simon prit l'ascenseur.Lorsqu'il arriva au rez-de-chaussée, il se dirigea directement vers l'accueil.Les deux réceptionnistes levèrent les yeux vers lui.Elles comprirent immédiatement qu'il venait pour Amanda.— La jeune femme qui est montée voir Monsieur Cliff tout à l'heure, demanda Simon.La première réceptionniste déglutit.— Amanda ?— Oui.Il resta parfaitement calme.— Qui lui a indiqué qu'elle pouvait entrer di
Simon resta quelques secondes immobile dans le couloir.Il regardait les portes de l'ascenseur qui venaient de se refermer derrière Amanda.Il n'arrivait pas à comprendre ce qu'il venait de voir.Amanda pleurait.Pas quelques larmes discrètes.Elle était complètement bouleversée.Son visage était ravagé par le chagrin et elle avait fui sans même prendre le temps de lui répondre.Simon connaissait Matthieu depuis suffisamment longtemps pour connaître son fonctionnement.Il connaissait son caractère.Ses habitudes.Ses relations avec les femmes.Des femmes étaient déjà sorties de ce bureau après avoir passé du temps avec Matthieu.Simon en avait vu.Il savait parfaitement que son patron avait toujours entretenu des relations très libres avec certaines femmes.Mais ja
Amanda sortit du bureau de Matthieu comme si elle fuyait quelque chose.Elle avançait trop vite, incapable de regarder derrière elle.Ses yeux étaient remplis de larmes.Elle ne voyait presque plus le couloir.Elle voulait simplement partir.À quelques mètres de là, Simon arrivait dans la direction opposée, un dossier à la main.Amanda tourna brusquement au détour du couloir et le percuta de plein fouet.— Amanda ?Le dossier glissa presque des mains de Simon.Il la rattrapa par réflexe avant qu'elle ne perde l'équilibre.Puis il vit son visage.Ses yeux rouges.Ses joues couvertes de larmes.Son expression complètement bouleversée.Simon resta interloqué.— Amanda ? Qu'est-ce qui vous arrive ?Elle ouvrit la bouche.Aucun son ne sortit.Simon regarda en direction du bureau de Matthieu.Puis de nouveau Amanda.— Que s'est-il passé ?Elle secoua rapidement la tête.— Rien.Sa voix tremblait.— Je dois partir.— Attendez.Mais elle ne l'écoutait déjà plus.Elle se dégagea doucement de s
Le déjeuner touchait à sa fin. Amanda posa doucement sa fourchette et regarda James avec un petit sourire. Elle avait parlé beaucoup plus qu’elle ne l’aurait imaginé. De son enfance. De son père disparu alors qu’elle n’avait qu’un an. De sa mère et de cette relation douloureuse qu’elle n’avait jamais vraiment comprise. Elle ne s’était pas sentie jugée. Pas une seule fois. — Merci, dit-elle finalement. James releva les yeux. — Pour quoi ? — De m’avoir écoutée. Il sourit. — Je vous avais dit que vous pouviez parler si vous en aviez envie. Amanda baissa les yeux avant de sourire à son tour. — Je ne parle jamais autant. — Alors je suis privilégié. Elle rit doucement. Lorsqu’ils sortirent du restaurant, James resta quelques secondes devant la porte. — Si vous voulez, on peut garder contact. Amanda hésita. Puis elle lui donna son numéro. Quelques secondes plus tard, son téléphone vibra. Nouveau contact : James. Amanda regarda l’écran avec un petit
Amanda marchait à côté de James sans vraiment savoir pourquoi elle avait accepté de le suivre.Quelques minutes plus tôt, elle était encore seule sur ce banc, les yeux rougis, enfermée dans ses pensées.Et maintenant, elle se dirigeait vers un petit restaurant avec un homme qu’elle ne connaissait que depuis quelques minutes.Pourtant, elle ne se sentait pas en danger.James ne cherchait pas à se rapprocher d’elle.Il ne la touchait pas.Il ne lui faisait pas de compliments.Il ne lui posait pas de questions indiscrètes.Il marchait simplement à côté d’elle.— Vous êtes sûre que ça va ? demanda-t-il doucement.Amanda eut un petit sourire.— Non.James la regarda brièvement.— C’est déjà plus honnête.Elle laissa échapper un léger rire.— Vous êtes toujours comme ça ?— Comme quoi ?— Direct, mais pas trop.Il réfléchit.— Je ne sais pas. Je crois que je préfère laisser les gens parler quand ils en ont envie.Amanda hocha doucement la tête.Cette phrase lui plut.Ils arrivèrent devant u
Matthieu n'arrivait plus à travailler.Depuis deux jours, Amanda occupait chacune de ses pensées.Il avait essayé de se concentrer.Les réunions s'étaient enchaînées.Des contrats avaient été signés.Des décisions importantes avaient été prises.Mais entre deux dossiers, son esprit revenait toujours au même endroit.Amanda.Il posa brutalement son stylo sur son bureau.— Ça suffit.Il se leva.Il fit quelques pas dans son immense bureau avant de revenir vers la fenêtre.Valdoria s'étendait sous ses yeux.D'habitude, cette vue lui procurait une sensation de contrôle.Aujourd'hui, elle ne signifiait rien.Parce qu'il y avait une chose qu'il ne pouvait pas contrôler.Une femme.Une seule.Amanda.Il ferma les yeux.Il revit son visage.Ses yeux lorsqu'il s'était approché.Ses larmes.Son recul.Et cette expression qu'il n'arrivait toujours pas à comprendre.Avait-elle eu peur de lui ?Ou avait-elle simplement été dépassée par ce qu'elle ressentait ?Il n'en savait rien.Et cette incertit







