Le silence qui suit mes mots est tellement dense, tellement épais, tellement palpable que j'ai l'impression de pouvoir le toucher, de pouvoir le saisir à pleines mains pour le déchirer comme on déchire un voile trop lourd qui empêche de respirer et de voir clair.Il me regarde, et dans ses yeux gris je vois passer une succession d'émotions si rapide que je n'ai pas le temps de toutes les identifier, mais je reconnais la surprise, l'incompréhension, la colère naissante, et puis quelque chose d'autre, quelque chose de plus profond, de plus ancien, de plus douloureux qui ressemble à s'y méprendre à de la peur, cette peur primale que tous les êtres vivants ressentent quand ils prennent conscience qu'ils sont sur le point de perdre ce qu'ils ont de plus précieux au monde.
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