Alyss— À mon tour, dit-elle. La villa, en Sicile. Il y avait un citronnier immense, plus vieux que la maison. Mon arrière-grand-père l’avait planté. Je montais dedans, enfant. Très haut. Si haut que je voyais par-dessus le mur. Je voyais la mer, au loin. Et les champs. De là-haut, tout semblait simple. Propre. Les lignes des vignes, le bleu de l’eau. Je me sentais… en sécurité. Rien ne pouvait m’atteindre. Même les cris de mon père, depuis la terrasse, n’arrivaient plus que comme un lointain bourdonnement.Elle sourit, un sourire triste et lointain.— Je n’y suis plus jamais montée après mes douze ans. C’était indigne d’une jeune fille Morano.— On devrait tous avoir un arbre, dis-je, avant de réaliser la banalité de la phrase.Mais elle hoche la tête.— Oui. Un endroit à soi. Même imaginaire.---Le troisième jour, la tempête se lève.Le Karybdis n’est pas fait pour la grâce. Il est fait pour la lourdeur, la lenteur. Mais face aux bourrasques, il se révèle être un jouet. Un jouet de
Huling Na-update : 2026-01-13 Magbasa pa