ELISE DE VIGNYAssise sur le bord de mon vieux lit, je fixais d’un regard vide la porte verrouillée. Le silence qui régnait dans la maison des Vigny contrastait radicalement avec l’effervescence bruyante du domaine des Sauvage. Là-bas, malgré la froideur de M. Sauvage, il y avait de la vie, il y avait Raphaël. Ici, on se serait cru dans un tombeau.Je pris une profonde inspiration et baissai les yeux vers mes mains : elles ne tremblaient plus. La panique qui m’avait serré la poitrine lorsque mon père m’avait traînée dans cette pièce s’estompait peu à peu. Soudain, j’entendis le bruit sec d’une clé s’enfonçant dans la serrure.La serrure cliqua, et la porte s’ouvrit lentement.Je ne bougeai pas, me contentant de regarder Manon entrer dans la pièce. Elle portait une magnifique robe bleu clair, et ses cheveux étaient parfaitement coiffés. Elle referma soigneusement la porte derrière elle, mais ne la verrouilla pas.Elle se tourna vers moi avec le même air feint qu’elle affichait toujours
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