Je pris le crayon et m’assis à une table libre. Je fermai les yeux un instant, et une image surgit. L’escalier de la maison de mon enfance. Pas celui, monumental, de la demeure des Halem. Non. Un escalier modeste, en bois, qui menait du rez-de-chaussée à l’étage de la petite maison où j’avais grandi. Ses marches grinçaient, sa rampe était usée par les mains de trois générations. Mais il avait une âme. Il racontait une histoire.Je commençai à dessiner, et le monde autour de moi s’effaça.Quand je reposai le crayon, une heure plus tard, Victor s’approcha et examina mon dessin en silence. Il le prit, le tourna dans la lumière, le scruta de près, puis le reposa sur la table.– C’est pas mal, dit-il enfin. C’est même très bien.Clara, qui était restée en retrait, échangea avec moi un regard soulagé.– Il y a de la vie dans ce dessin, poursuivit Victor. On sent que cet escalier existe, qu’il a été habité, qu’il a une histoire. C’est rare, chez les jeunes architectes, cette sensibilité. La p
Last Updated : 2026-04-23 Read more