Chapitre 4ElynaChaque matin depuis trois ans, j'écoute sa cuillère tinter contre la porcelaine de sa tasse.C'est un son minuscule, à peine perceptible, mais je l'entends. Je l'entends même à travers les murs épais du manoir, même à travers le bruit du vent dans les tilleuls. C'est devenu une horloge, un repère, le premier battement du jour. Il prend son café dans la salle à manger, seul, assis à l'immense table d'acajou qui peut contenir vingt convives et qui n'en accueille jamais plus d'un. La table est cirée chaque matin par un domestique silencieux, et elle brille comme un lac sombre sous la lumière du lustre.Je ne descends jamais. Je reste dans ma chambre, dans l'aile ouest, et j'écoute.Le tintement de la cuillère est régulier, méthodique. Il tourne son café sept fois, ni plus ni moins. Je le sais parce que j'ai compté, un matin, puis deux, puis cent. Sept tours précis, puis il pose la cuillère dans la soucoupe avec un petit bruit sec, et il boit une gorgée. Le journal se dépl
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