Dunia be tan de
Dunia be tan de
Author: Une_lady223
1.

   

Un accroché à son pied, deux dans ses bras et une dizaine à ses côtés, elle les souriait tous, elle avait beaucoup d'affection pour ses enfants. Eh oui ! Ses enfants.

- Chatouille moi aussi, dit une petite voix.

- Tu veux que je te chatouille, et c'est parti pour des guili-guili, dit la jeune femme en exécutant les désirs de la petite.

Comme elle le disait, tous ces anges étaient pour elle ses enfants et elle n'avait pas tort quand on considérait tout ce qu'elle fit, faisait et fait pour eux : elle s'assure qu'ils ne manquent jamais de rien, ni vivres ni affections, que les pauvres petits privés de parents puissent s'épanouir sans s'apercevoir de ce vide, que ceux dont les mères se trouvaient dans le centre puissent manger à leur faim, que ceux rejetés des leurs pour maladie puissent voir dans ses yeux ainsi que dans ceux de toutes les personnes présentes dans le centre qu'ils étaient aimés et considérés.

- Oumou.

- Oui.

- On a besoin de toi dans la grande salle.

- Ok j'arrive.

Elle dit aurevoir à ses enfants et prit le chemin de la salle en question. En passant elle saluait de la main ou d'un léger sourire tous ceux qu'elles croisaient.

Dans son centre il n'y avait pas que des orphelins mais aussi tous ceux qui pouvaient être dans le besoin, des jeunes ainsi que des vieux recueillis dans les rues, les abandonnés, les délaissés... Au début ça n'a pas été facile de faire passer certains des rues pour le centre parce qu'ils craignaient et n'avaient pas confiance. Ils ne pouvaient pas imaginer que quelqu'un puisse penser à eux et  encore moins à les donner des abris et des lits douillets, à les protéger, à les instaurer dans la vie sociale et à les aider à voir plus qu'ils ne l'imaginaient et surtout de sortir de la fosse dans laquelle ils étaient.

À son âge, elle a fait beaucoup, sûrement facilité grâce à sa détermination et à son envie d'aider son prochain et surtout grâce à Dieu. Dès sa plus tendre enfance elle avait ce projet de construire une grande orphelinat, un habitat pour les démunies, un centre pour former les uns, pour créer de l'emploi afin de réduire le taux de chômage et contribuant ainsi au développement de son pays, le Maliba.

Stupéfaite elle posa ses mains sur sa bouche faisant son fort pour ne pas pleurer. Ils lui avaient fait une surprise, la salle était pleine et tout le monde l'applaudissait. Un des plus vieux s'approcha d'elle et posa sa main sur son épaule, elle le reconnut aussitôt, il était l'un des premiers à intégrer le centre et celà faisait deux ans maintenant qu'il était installé hors du centre, il avait maintenant une maison, s'était marié et avait même adopté trois enfants, un jeune avec qui il s'entendait bien et des jumeaux qui avaient perdus leur mère à la naissance, la pauvre était arrivée dans le centre presqu'à terme sans jamais avoir eu de soins ni être suivie, elle n'avait personne pour l'aider. Mais le moment n'était pas aux attristements mais plutôt à la réjouissance.

- Félicitations ma fille. Bientôt six ans. Allah k'i sara, I ye an djigui fa Allah k'i djigui fa, I ye an dusu suma Allah k'i dusu ma (Que Dieu te le rende, tu as comblé nos espoirs, que Dieu comble les tiens, tu nous as apaisés, que Dieu t'apaise) Que jamais tu ne sois laisser aux mains de ceux qui te veulent du tort, Que tes ennemis soient humiliés devant toi et surtout ne perds jamais foi en Dieu car il n'abandonne jamais personne et encore moins celle comme toi.

La salle résonnait sur les amina et les bénédictions faites pour la jeune Oumou qui seulement à vingt-huit ans avait accompli une telle œuvre qui lui attribue toutes les reconnaissances possibles. Des larmes avaient réussi à couler de ses yeux, elle ne s'y attendait pas. Elle n'est pas au centre tous les jours mais elle fait tout pour passer au moins plus de quatre fois par semaine et celà pour rester au moins deux ou trois bonnes heures, ça dépendait de son emploi du temps car en plus du centre, elle avait son entreprise qu'elle était entrain d'étendre, ce qui lui permettait de bien gérer le centre en plus de quelques aides et surtout de sa belle sœur enfin l'une de ses belles sœurs qui injectait de grosses sommes d'argent dans le centre et cette dernière aussi passait souvent. D'ailleurs les deux jeunes femmes avaient rendez-vous maintenant au centre.

- Désolée je suis en retard, désolée, désolée, criait sa belle sœur en courant presque avec son fils qui faisait pareil.

- J'ai filmé pour toi sa réaction.

- C'est pour ça que je t'aime bien Ra.

- Je sais Eva.

- Dilika dans mes bras, exclama la jeune Eva en ouvrant ses bras afin de recevoir Oumou.

- Tu étais au courant de la surprise, demanda Oumou.

- Eh oui.

- Cachotière ! Tu dois être félicitée aussi, trois ans que tu participes au bon fonctionnement du centre.

- Mais c'est toi qui mérites tout, quand je suis arrivée tu te débrouillais très bien en plus dès la première année tu as fait des exploits. C'est ton centre et tu mérites l'entière reconnaissance.

- Merci ma Dina.

- C'est normal ma Dili.

- Maintenant, laisse moi embrasser mon neveu chéri, dit elle avant de se détacher d'Eva. Alors mon bonhomme prêt pour les vacances ? Demanda t-elle en le prenant.

- Quelles vacances ? Il a deux ans tous les jours sont des vacances pour lui.

- Tu ne changeras jamais toi, vous partez en vacances non ?

- Eh j'ai pas réussi à convaincre ton frère, toi-même tu sais.

- Mais hier tu étais déterminée à le faire changer d'avis.

- Tu connais ton frère plus que moi, il aime trop faire traîner les gens.

- Je sais, rigola t-elle.

- Bon, on organise cette fête d'anniversaire non ?

- Oui oui, je n'arrive pas à croire que dans une semaine ça fera six ans.

- Eh oui, félicitations ma belle.

- Merci.

Les deux DiDi restèrent un moment avec tous les autres pour célébrer avec eux puis allèrent s'installer dans le bureau pour entamer les préparatifs de la fête. Elles s'échangeaient leurs idées afin de trouver de meilleures avant de l'exposer à tous les autres membres qui étaient composés majoritairement de leur famille. Ce centre pour Oumou était aussi un moyen de placer tous ses frères/sœurs et cousins/cousines qui n'avaient pas d'emploi. Certains directeurs de quelques structures, d'autres formateurs, accompagnateurs, médecins en chef, et tout sorte de métier car le centre lui-même regorgeait de tous ces domaines, y'avait un complexe scolaire, un centre de santé, un centre de formation professionnelle, des logements, tout celà en plus de l'orphelinat. Une véritable chaîne !

Mais nous ne nous attarderons pas sur cet exploit qu'est son centre. Cet exploit qui justifie de sa noblesse de cœur.

***

Un dimanche matin, plus précisément à dix heures, elle était entrain de rejoindre sa voiture quand on l'interpella.

- Oui.

- Comment tu vas ?

- Bien Dieu merci et vous ?

- Mais non je t'ai dit que tu peux me tutoyer. Je vais bien et ta mère ?

- Oui je vais y arriver répondit-elle en souriant. Elle va bien aussi Dieu merci.

- Ah mais elle n'est pas venue à la messe ?

- Non rien de grave, elle a juste eu un empêchement.

- Ah je vois. Tu la salues de ma part.

-Oui.

- Bon dimanche ma fille dit l'homme en tendant sa main.

- Merci bon dimanche tonton dit-elle en lui répondant et en saisissant sa main.

Ils finissent et elle continuait son chemin quand sa belle sœur sortit de derrière elle.

- Ah oui ton éternel admirateur est déjà passé, dit-elle en rigolant.

- T'es folle Eva.

- Ne me dis pas que t'as pas remarqué comment cet homme te regarde ? C'est ton fan number one à l'église.

- Mon Dieu cette Madina !

- C'est vrai mais il ne trouve pas que tu es trop jeune pour lui ?

- Tu délires. Je vais rentrer.

- Je rentre avec toi, ton frère il dit qu'il a une course à faire.

- Et il est où mon bébé ?

- Avec son père, attends je vais le chercher.

- Vas-y. Je sors la voiture.

Après quinze minutes de trajet, ils arrivent à la maison et rejoignent les parents dans le salon en les saluant.

- Aw ni baradji. (Bien de bénédictions à vous) répondit le père de famille.

- N'sé.

- Et la messe ? Demanda la mère.

- Oui bien passée.

Puis les deux jeunes femmes sortirent du salon, Dilika pour sa chambre et Madina pour sa maison en haut.

Maintenant ils se trouvaient dans l'après midi, Oumou était devant la télé avec sa mère et son père était entrain de prier dans la chambre. Elle se rappela des salutations du vieux qu'elle devait passer, on oublie souvent ces salutations, et elle les passa à sa mère.

- Ah il va bien Jo ?

- Oui.

- Bien.

- Dili, reprit sa mère.

- Oui maman.

- Tu sais tu prends de l'âge et ce n'est pas bien que tu ne sois toujours pas mariée. Avant tu avais toutes sortes de raisons pour décliner les demandes mais maintenant tu n'en as pas. Si ce sont les études, tu en as fini avec. Si c'est le travail, tu en as un meilleur. Si ce sont tes projets, tu les a tous réalisés. Tu as tout ce que tu voulais. Il ne te reste qu'une seule chose maintenant : fonder une famille.

- Ça va venir.

- Pas tant que tu ne veux pas. Tu es la seule à ne pas être mariée. Ta petite sœur s'est mariée y'a deux ans et n'en parlons pas de tes grandes sœurs.  Une fille ne peut pas être éternellement auprès de sa mère.

- Je sais.

- Donc à la prochaine demande en mariage, tu te marieras.

- ...

- Tu te marieras Dili.

- ...

- Oumou, muso dambe ye furu de ye (c'est le mariage la dignité d'une femme), tu veux porter ton enfant et à moins que tu ne commettes le péché de la chair je ne vois pas comment tu veux réaliser ce rêve si tu n'es pas mariée.

- Je vais me marier.

- Donc à la prochaine demande.

- ...Ni Allah sonna a ma (Si Dieu le veut).

- Voilà.

- Je vais terminer un travail que j'avais commencé, dit-elle en se levant.

- Ok.

Et au moment où elle s'approchait du seuil de la porte sa mère l'interpella.

- Oui.

- Y'a une demande en mariage pour toi de la part de Jo....

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