ILLUSION
ILLUSION
Author: Love King story
Chapitre 1

#illusion

#Épisode_1

Je vis au fond de moi-même. Je ne suis plus qu’une infirme partie de l’être que Dieu a créé au départ. J’ai réussi dans la vie, j’ai cette villa qui ressemble plus à un palais. J’ai des enfants adorables, je suis respecté, honoré et même vénéré par mes employés. Dans cette capitale politique et administre de la côte d’Ivoire qu’est Yamoussoukro, on ne parle que de Leila KONAKRE, la grande femme d’affaire. Celle-là qui a les plus grandes entreprises non seulement de la ville mais de tout le pays. La femme orgueilleuse, arrogante, méchante, influente, oui ! Je suis devenu cette femme que tout le monde craint. Ils m’ont déjà jugé et condamné mais ne peuvent se passer de moi. La question e savoir ce qui a rendu une jeune fille pleine de vie, vivant dans une belle famille harmonieuse, avec des personnes merveilleuses, cette question ne m’a été posée que par une personne.

Ce matin comme tous les autres, à cinq heures du matin mes paupières deviennent de moins en moins lourdes, mon visage toujours sérieux laisse paraitre une autre nuit plongée dans mes souvenirs. Ça fait bien des années que je me suis résigné à vivre avec mes peines, mes remords. Est-ce réellement des remords ? Lorsque toutes ces questions m’empêchent de respirer je me convaincs d’avoir fait les meilleurs choix, je suis certaine d’avoir suivi le bon chemin.

Sur la sonnette au chevet de mon lit fait d’argent j’y presse mon doigt, tous les employés personnels accourent vers ma chambre. Sans me saluer car j’ai horreur de trop de politesse, chacun se met à son poste. Ce jeune garçon d’à peine la vingtaine en âge tire les rideaux pour me laisser cette vue encore sombre sur le légendaire lac au caïman de la ville, elle est tout de même illuminé par les lumières des sous quartiers. Ces jeunes filles dont les visages me semblent inconnus chaque jour apprêtent ma table de maquillage tandis que leur maman me fait couler un bain.

Je les observe se plier à mes désire en dégustant ce café noire, couleur de mon cœur et saveur de mon âme qui selon moi est déjà maudite. D’un claquement de doigt, le jeune garçon me débarrasse du plateau et s’en va. Leur maman, Maïmouna, m’enlève ma chemise de nuit et me conduit jusqu’à mon bain. L’une de ses filles m’apporte ma coupe de champagne matinale. J’ai une vie de rêve. Dans cette baignoire je repense à toutes ses fois où j’ai cru avoir monts et merveille mais au bout du compte je me suis retrouvé dans le dilemme de la vie. Dans cette eau froide, salée comme j’aime, je me revois en mer essayant de retrouver mon chemin.

Je ferme les yeux, je fronce le visage, je ravale cette goûte de larme qui se veut débordante, je claque du doigt. Maïmouna accourt avec une serviette, c’est une maman en âge de retraite. Je l’ai choisi parmi toutes celles qui se sont présenté avec des diplômes et gestion ménagée. Elles avaient toutes cet habillement de responsables et avaient la tête haute en postulant pour devenir les gouvernantes dans ma demeure, dans mon royaume, mon palais, mais cette expérience elles ne l’avaient pas. Cet instinct maternel n’était pas en elle. J’ai rencontré Maïmouna et ses enfants dans la rue, ce jour je me sentais encore perdu. J’errais dans ma voiture entourée de mon cortège à la recherche d’une oreille attentive pour m’écouter, je voulais une mère pour me dire ‘’ça va aller mon bébé, tu as fait les meilleures choix’’. 

Cette maman de la cinquantaine s’était retrouvée devant ma voiture et m’implorais de m’arrêter. Pour la première fois depuis l’histoire de Leila KONAKRE, j’ordonnai au chauffeur de garer pour qu’on puisse voir ce qu’il en est de cette bonne femme qui nous empêche d’avancer.

-arrêtes-toi Hamid, vas voir ce qu’elle veut. 

Mes gardes du corps klaxonnèrent depuis leur part de voiture pour comprendre les raisons de notre freinage. Je levai ma main vers l’extérieur et soulevai mon pousse pour les faire comprendre que tout allait très bien. Je remarquai depuis la voiture que cette maman se lamentait, elle ne voulait pas nous laisser passer. Deux de mes gardes vinrent me demander les instructions à suivre.

-madame, elle ne veut pas quitter, elle veut absolument vous parler, chuchota l’un d’eux

-trainez la par les pieds s’il le faut mais dégagez cette vielle dame de mon chemin, j’ai mieux que ça à faire, répondis-je avec dédain pour cette femme.

-à vos ordres madame

Je les regardais la trainer par terre tel un sac de macabo, je n’en avais rien à foudre. Elle insistait, elle voulait que je vienne vers elle mais Madame KONAKRE ne sortait jamais de sa voiture dans la rue. Mon chauffeur revint me convaincre.

-s’il te plait Leila, ne les laisse pas la traiter de la sorte, c’est une maman avec des enfants

-déjà Hamid, n’ose plus jamais m’appeler par mon prénom. Cette époque est révolue. Faites venir cette femme 

Ils lui avaient défait le foulard laissant ses nattes exposées à cette poussière du mois de Décembre, sous ce chaud soleil. On la fit entrer dans la voiture, juste en face de moi. 

-si la raison pour laquelle vous me bloquez le passage n’a pas une importance capitale alors vous ne sortirez pas d’ici en entier. Que voulez-vous ?

Je parlais sans aucun respect pour cette femme, je la rabaissais comme si on eut fouetté les mêmes chats autrefois.

-je veux du travail ma fille, j’ai besoin de quoi nourrir mes petits-enfants. Ils sont au bord de la famine. Dit-elle alarmé, attristé, désemparé.

-sortez de ma voiture et ne vous mettez plus jamais en travers de mon chemin, vielle peau. L’insultai-je sans remord.

Mon chauffeur, Hamid, ne put supporter de me voir traiter une maman de la sorte

Il quitta sa place et vint se joindre à nous. Vous comprendrez cette affinité particulière que j’ai avec Hamid.

-si tu oses une seule fois répondre à cette dame sur ce ton je déposerai ma lettre de démission sur ton bureau demain matin, en me foudroyant du regard. Venez que je vous raccompagne madame, tendant la main à la vielle dame.

-non mon fils mais merci beaucoup, je vois dans les yeux de ta patronne plus de souffrance que n’en cache cette armure sous laquelle elle vie. Dans ses yeux je lis une histoire que personne n’a jamais essayé de comprendre.

Elle me touchait en plein cœur, mais que faisait-elle ainsi ? Elle créait en moi ce sentiment que seul Hamid avait encore le pouvoir de faire resurgir. Elle me replongeait dans mon passé sordide. 

-ma fille ne fuit pas mon regard, laisse-moi apaiser tes douleurs. Je ne te jugerai pas car je ne suis pas le créateur. Je ne t’insulterai pas car en toi je vois cette fille que je n’ai jamais pu avoir. Laisse-moi entrer dans ton cœur et t’aider autant que je pourrai.

Cette femme devait sortir de ma voiture, je me mis à la chasser à en attirer l’attention de la foule. Tous assistèrent à l’humiliation de la dame. 

-sortez de ma voiture vielle sorcière, ne revenez jamais dans ma vie vous comprenez. Vous êtes qui pour prétendre pouvoir m’aider ? D’où venez-vous pour avoir ce cran ?

-lorsque ton cœur sera plus calme, revient avec ton chauffeur. Je vis en face de la rue château d’eau Avec mes petits-enfants. Dieu te bénisse ma fille

Elle s’en alla en ma laissant cette bénédiction, en me comblant de cette phrase que je n’avais pas entendu depuis la disparition mystérieuse de ma pauvre mère. Hamid rejoignis sa place et conduisit jusqu’à la maison. Il ne me parlait plus, je sentais bien qu’il était plus qu’en colère contre moi. Dès que la voiture s’approcha du portail, il s’ouvrit automatiquement. Les employés vinrent me libérer de mes affaires, Hamid alla garer la voiture. En franchissant le seuil de mon palais pour le grand séjour, je repensai à la façon dont cette femme avait pu lire en moi. Je fis demi-tour et retrouvai Hamid dans son appartement. Pour mes employés les plus fidèles et anciens, j’avais pris le soin de faire construire un immeuble pour eux. Ils étaient nourris, logés et payés. Comme à mes habitudes j’entrai sans frapper.

-je sais que tu es ‘’le roi’’ de ces lieux mais veuillent bien frapper avant d’entrer lorsqu’il s’agit de ma porte, gronda-t-il

-est-ce donc la première fois que j’entre sans frapper ? Je veux qu’on retourne voir cette femme. On va lui aménager l’appartement libre du dernier étage, elle y vivra avec sa petite famille et travaillera pour mes soins personnels. Je vais renvoyer la première équipe.

-tu vas les renvoyer sans raison ?

-tu veux quoi alors ? Cette femme a touché mon cœur, je sens que j’ai besoin d’elle à mes côté. Peut-être réussira-t-elle là où tous les psychologues ont échoué. Peut-être saura-t-elle me rendre ma joie de vivre… 

-trouve d’abord un nouveau travail à l’ancienne équipe

-je vais leur assigner d’autres tâches à la maison

-c’est beaucoup mieux.

On reprit la route et alla jusqu’à la destination indiquée. En face d’un beignetariat de la place, elle était assise, tissant des nattes sur la tête de sa fille. Hamid alla la chercher ainsi que tous les enfants. Ils étaient au nombre de trois, deux filles et un garçon, le plus âgé. Je ne voulais pas revenir dans ce quartiers alors je les embarquai avec moi. La maman ne cessa de me remercier. 

-à la moindre petite erreur je vous ramène d’où vous venez.

Cette femme avait fait des erreurs, les enfants avaient par moment commis des bourdes mais ils étaient toujours là. Elle avait su dompter mon cœur, avec elle je me sentais entre les meilleurs bras. 

Placé debout avec ma serviette en main, Maïmouna attend que je me décide enfin à ouvrir les yeux, poser mon verre et me frotter le corps. Fatiguée d’attendre, elle tousse un peu avant de me presser par ces paroles que seule maman avait autrefois la maitrise.

-je me demande comment on fait pour être paresseuse comme ça. Tu es dans l’eau depuis près de trente minute, tu n’as pas pitié de mes pieds ? 

-je ne t’ai jamais demandé de rester debout à m’attendre.

Rapidement je fis ma toilette et sortis de l’eau. Pendant qu’elle me séchait les cheveux que j’avais désormais décidé de laisser au vent, elle remarqua dans le miroir ma mine de tous les matins.

-comment faire pour qu’un jour tu redevienne la magnifique jeune fille au large sourire dont tu m’as parlé ? 

-il n’y a plus rien à faire. Elle est morte, elle a complètement brulé en enfer. 

-pourquoi tu choisis sa place en enfer ?

-c’est là que devraient aller tous les faibles.

Elle se tue et appelle ses filles faire ce travail de chef qu’elles avaient appris à leur arrivé. Me maquiller. Chacune d’elles a sa spécialité, je leur fais confiance. Maïmouna va me chercher un ensemble veste, à un homme d’affaire je ressemble. Mon pantalon est juste plus serré, laissant mes modestes formes se dessiner. Ma chemise ne peut qu’être entrouverte à cause de ma poitrine volumineuse. Une paire de talon, mallette en main et visage toujours froissé. Je sors de ma chambre et caressant délicatement chaque escalier pour atténuer le bruit de mes chaussures. Il est six heures du matin, je ne veux pas réveiller mes enfants. 

À l’extérieur Hamid m’attend, il sourit comme tous les matins mais je ne lui réponds pas comme toujours. Maïmouna court vers moi et me donne la bénédiction, je lui fais une bise sur la main et rejoint mon siège. C’est parti pour une journée cloué dans mon bureau. À l’entrée de l’entreprise, ils accourent tous vers moi. Pendant que l’un me prend ma mallette, l’autre me retire le manteau. Tous se remettent à leur place une fois que j’entre à l’accueil. Sur de moi, la tête haute et le visage séré, j’avance en me sentant maitre de tous. Des ‘’bonjour madame KONAKRE’’ sortent de partout mais je ne réponds à aucune salutation. Mon bureau est au fond du couloir, je lance mes pas délicatement, puis faiblement jusqu’à m’arrêter. Je sens une douleur dans la tête, j’ai des vertiges, je me sens légère. J’entends un ‘’attention’’ madame, on me rattrape et je reviens à moi aussitôt. Aucun ricanement, personne ne tousse. Une seule raillerie et ils savent tous ce qui les attends. 

-mon programme Samira, criais-je d’une voix grave.

Ma secrétaire quitte son poste sur ses hauts talons noir, dans une robe blanche moulante au-dessus de ses genoux, emballant ses petites formes et sa taille de cricket, elle et moi avons pratiquement le même âge. Sa tablette téléphonique en main, elle me cite les rendez-vous de la journée avec cet accent de rapidité mélangé au ton de ma Côte d’Ivoire, je me suis déjà habitué à son rap.

-dans dix minutes vous avez rendez-vous avec le chef des impôts, il amène le comptable pour vérifier les livres. À midi vous recevrez les jeunes postulants pour le poste libéré, ils sont au nombre de cinq. Vous avez également un diner d’affaire au restaurant l’hôtel à quinze heures avec Monsieur BOBO au sujet de la nouvelle plateforme de publicité. 

Près de mon bureau un garde court l’ouvrir, sans ralentir notre marche et continuant la conversation, Samira et moi entrons dans le bureau. Il ressemble plus à un séjour. Elle verrouille derrière elle et prend place en face de moi.

-ha j’oubliais madame, vous aurez également la visite des étudiants de l’institut de commerce et d’administration des affaires. Pour vous poser des questions sur des sujets divers. Notamment sur cette nouvelle marque de canapé qui fait la une des journaux.

Elle se calma quelques secondes.

-c’est terminé ? Demandais-je

-oui madame, votre je vous ai tracé tout l’itinéraire. 

-vous pouvez disposez

Elle s’en alla, me laissant seule dans mon bureau. Comme une gamine je m’amusais à faire tourner mon siège. Autrefois je n’étais pas cette femme redoutable, autrefois je n’étais pas une crainte pour tous. J’étais amour, bonté, joie… Je souriais aussi, allait en boite de nuit, dansait avec des amis. Aujourd’hui encore j’ai la conviction d’avoir fait les choix qu’il fallait. Avant de me juger, lisez mon histoire. 

À suivre...

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