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CHAPITRE : 06

Komi : oui ; enfin, disons ; je tire sur tout ce qui bouge.

Les deux amis éclatent de rire.

Ebenezer : je ne te conseille pas de poursuivre dans ce sens ;  fais un choix parmi la multitude des femmes qui te courent après ;

Komi : jusque-là, personne ne m’a encore véritablement accroché ; toutes des profiteuses ; ladynadystories; il n’y a que l’argent qui les intéresse ; depuis hier soir, il y a une qui me tente ; mais ce qui me gêne, c’est que c’est un choix de mes frères et sœurs ; je veux choisir ma femme par moi-même ; je ne veux pas que ma famille pense que l’on peut m’imposer des choses ! Je suis un homme tout de même !

Ebenezer : je suis d’accord avec toi mais il faut être pragmatique ; ta famille ne peut pas t’imposer une femme ; mais en même temps, si la femme que la famille te propose est à ton goût, pourquoi faire le malin ? Tu ne vas quand-même pas passer à côté de ton désir juste pour prouver à ta famille que tu n’es pas influençable !

Komi : tu as raison ; elle est arrivée hier avec ma sœur ; et déjà, elle m’épate ;

Ebenezer : si vite ?

Komi : je ne peux te l’expliquer ; en allant me coucher hier soir, j’étais résolu à ne pas entrer dans leur jeu ; mais lorsqu’elle est entrée dans ma chambre et s’est dénudée, je n’ai pas résisté ; elle a corps de rêve ! Une jeune fille bien dessinée ; tout est encore en place ; en plus de cela, elle a un niveau intellectuel acceptable ; on ne dirait pas une villageoise ; seulement, pour l’instant, Martine est toujours dans ma tête ; je l’aime mais avec ce qui s’est passé, je ne peux pas me remettre avec elle ;

Ebenezer : moi je ne pardonne pas l’adultère d’une femme ; c’est très grave ;tu ne perds rien à essayer avec celle que ta famille te propose vu qu’elle te plaît bien ;

Komi : elle s’appelle Hélène ; en attendant de voir clair, je continuerai de m’amuser avec elle ; alors, dis-moi, à quelle heure les participants commenceront par arriver à l’hôtel ?

Ebenezer (tendant un document à Komi) : justement, voici la liste.

Les deux amis discutent pendant longtemps de l’organisation du séminaire avant de se quitter.

Pendant ce temps, Hélène et Essie faisaient du shopping dans la ville de Lomé. Elles n’avaient pas beaucoup d’argent mais sillonnaient les magasins. Dans l’un d’entre eux, Hélène s’écrie :

Hélène : Waouh Tantine, regarde ça !

Hélène a craqué devant une belle lingerie de couleur rouge. Essie approche pour mieux examiner l’ensemble.

Essie : c’est très joli  mais je ne me vois pas dans ces trucs de blanc-là ; par contre toi, tu peux ; surtout pour séduire encore davantage Komi ;

Hélène : la lingerie me plaît ; mais c’est trop cher ;

Essie : si tu la veux, on utilisera tous nos sous pour n’acheter rien que ça ; mais attention Hélène, lorsque Komi aurait décidé de te prendre pour femme, n’oublie pas tous les sacrifices que j’ai consentis pour toi ;

Hélène : jamais Tantine ; tu peux toujours compter sur moi ;

Essie : Komi s’occupe de moi et de mes enfants comme cela se doit ; mais il y a des dépenses qu’il n’aime pas effectuer ; grâce à Dieu, tu seras là pour nous aider dans ce sens ;

Hélène : assurément ; je serai ta personne ;

Essie : je sais ; tu es une bonne jeune fille sage et obéissante ;

Hélène : je n’arrive pas à comprendre comment une femme peut vivre dans une telle maison aux côtés d’un tel homme puis encore tricher ! Son ex est vraiment bête !

Essie : elle ne méritait pas Komi ; tu t’imagines, elle le soutenait dans certaines décisions qui ne m’arrangent pas !

Hélène : ah oui ? Cela veut dire que tu as une dent contre elle ?

Essie : pas une seule dent mais toutes mes dents ; quand moi je suis contre une personne, il lui arrive toujours malheur ; voilà, elle est allée commettre une bêtise  à quelques jours de sa dot et on l’a attrapé en flagrant délit ;

Hélène : j’espère que tu ne seras pas un jour contre moi tantine ; je ne veux pas qu’il m’arrive malheur ;

Essie : non ; tant que tu m’arranges, n’aie aucune crainte ;

Hélène : est-ce que Komi va toujours la voir ? Je le demande parce qu’ils ont un enfant ;

Essie : il lui a rendu visite une fois ; lorsque le petit sera sevré, Komi compte le récupérer ; actuellement, elle est enceinte et prétend que c’est de Komi ;

Hélène : enceinte ? J’espère que cette femme ne serait pas un obstacle pour moi !

Essie : pas du tout ; Komi a déjà mis une croix sur elle ;

Hélène : s’il l’a aimé au point de vouloir l’épouser, il ne peut pas l’oublier du jour au lendemain ;

Essie : tu feras tout pour occuper cette place ; je t’y aiderai.

Lorsque Martine rentra chez elle, sa mère lui fait des remontrances.

Mère de Martine : tu as trop duré ; où étais-tu partie ?

Martine : j’étais sous l’arbre à palabres ; j’ai duré parce que j’ai rencontré un jeune homme et nous discutions ;

Mère de Martine : Martine ! Tu discutes encore avec les jeunes gens ? Te rends-tu compte qu’un membre de la famille de Komi peut te voir et lui dire ?

Père de Martine  (irrité) : donc ma fille n’a plus le droit de discuter avec quelqu’un ? Qu’ils aillent lui dire ! De toute façon, il ne veut plus d’elle !

Mère de Martine : tu sais bien qu’elle est enceinte et qu’il pense qu’il n’est pas l’auteur ! Il ne faudrait pas qu’elle ait des comportements compromettants ;

Père de Martine : ma fille, vis ta vie ; Komi a refusé d’écouter nos supplications ; qui était ce jeune homme avec qui tu discutais ?

Martine : il est du village voisin ; il se promenait également ; ça m’a fait du bien de discuter avec lui ;

Mère de Martine : attention ;

Martine : maman, c’est un bon jeune homme ; je l’ai pris pour mon petit frère ; ne t’inquiète pas ;

Mère de Martine : en tout cas, fais attention car dans le village, il se dit déjà assez de choses !

Martine : en tout cas, je vais repartir en ville chez ma tante la semaine prochaine ; ainsi les longues bouches qui me critiquent vont se taire ;

Père de Martine : ma fille, n’en fais pas un souci ; peu importe ce que les autres pensent de toi ; c’est ce que tu penses de toi-même et surtout ce que Dieu pense de toi qui est le plus important ; laisse les gens parler ; on s’en fout.

Sem a bien suivi les indications de Martine ; il réussit à emmener l’inconnu dans la maison souhaitée. Au cours du trajet, il apprend qu’il s’appelle Jonathan.

Sem : voilà, Monsieur Jonathan, nous y sommes ; c’est là ;

Jonathan : là ?

Sem : oui ; tel que Martine avait indiqué, c’est bien là ; vous pouvez entrer et demander ; je suppose que c’est une personne précise que vous voulez voir ;

Jonathan : non ; oui ; enfin, pas vraiment ; j’étais curieux de connaître le village et la maison de cette famille ; je voulais tout découvrir par moi-même ;

Sem : excusez-moi mais je ne comprends pas ;

Jonathan : voilà, je suis Jonathan Atisso en fait ; mais jamais, je n’ai connu ma famille paternelle ; ma mère m’en parlait lorsqu’elle vivait encore ;

Sem : pourquoi votre père ne vous as jamais emmené dans ce village ?

Jonathan : je n’ai jamais connu mon père ; il est mort avant ma naissance ;

Sem : votre mère aurait pu vous montrer sa famille !

Jonathan : elle n’en savait rien ; entre ma mère et mon père, l’histoire est compliquée ; elle n’est pas l’épouse de mon père ; ils se sont rencontrés et puis je suis arrivé, parait-il ; ma mère est du nord ; elle ne connaît personne de la famille de mon père ; elle ne sait même pas où il habitait parce qu’il était marié ; en conclusion, je ne connais pas les autres enfants de mon père ; je ne sais pas combien ils sont mais selon ce qu’il avait dit à ma mère, il en avait deux ; ladynadystories; après ma naissance, ma mère a voyagé lorsque j’avais quatre ans ; elle a épousé un blanc et nous sommes partis ; nous avons résidé à l’étranger tout ce temps ; j’ai grandi, je me suis marié et j’ai eu deux enfants ; ma mère n’est plus de ce monde  et son mari aussi d’ailleurs ;  j’ai cinquante-cinq ans déjà mais malgré tout ce temps, j’avais la soif de connaître un jour mes origines ; maintenant que je vieillis, j’ai décidé de venir m’installer à Lomé et y implémenter une entreprise ;

Sem : je comprends mieux à présent ; alors forcément, si vous entrez dans cette maison, vous rencontrerez des personnes de votre âge ; votre père est d’une autre génération ;

Jonathan : qui sait ? Peut-être qu’il y aura une personne de sa génération qui est encore en vie !

Sem : je vous souhaite bonne chance ; je dois partir ;

Jonathan : ne pars pas ; viens avec moi ; à la fin, je te déposerai où tu le souhaites.

Sem accepte  de suivre Jonathan. Ils descendent de la voiture  et entrent dans une concession assez grande. La concession comportait plusieurs cases. Les enfants sur la cour s’amusaient, jacassaient et criaient à tue-tête. Sous un hangar fait de branches de palmiers, des femmes s’affairaient autour des marmites ; l’une cuisinait, l’autre lavait les bols et deux autres épluchaient des  légumes.

Ayant aperçu des étrangers entrer, un jeune homme  d’à peu près le même âge que Sem s’avança vers eux. Sem le salua car Jonathan ne comprenait pas la langue locale.

Sem : bonjour mon frère ; est-ce bien ici la maison familiale Atisso ?

Jeune homme : oui c’est ici ; qui cherchez-vous ?

Sem : la personne la plus âgée de la maison ;

Jeune homme (intrigué) : la personne la plus âgée ? Qu’est-ce que cela veut dire ?

Sem (désignant Jonathan) : en fait, ce monsieur est un fils de la maison ; mais il ne connaît personne dans la famille parce que son père serait mort avant sa naissance ; aujourd’hui, il vient pour en savoir plus sur ses origines ; alors, j’ai supposé que seule la personne la plus âgée pourrait le renseigner ;

Jeune homme (content) : ah ! C’est une bonne nouvelle ; qu’il soit le bienvenu ! Je vais informer mon père qui doit être de sa génération ; en attendant, asseyez-vous sur ses tabourets.

Sem et Jonathan prennent place sur deux vieux tabourets rabougris. Des femmes s’avancent vers eux pour leur servir de l’eau. Jonathan refuse de boire.

Sem : Mr Jonathan, vous devez boire ou tout au moins faire semblant de plonger votre bouche dans l’eau ; ce serait mal pris si vous ne le faites pas ;

Jonathan : d’accord.

Jonathan suit les conseils de Sem et plonge sa bouche dans l’eau et tend le gobelet à la femme qui l’a apporté. Elle repart avec un large sourire. Lady Nady. Peu après, le jeune homme et un autre de la même génération que Jonathan les rejoignent. Ils prennent aussi place.

Richard : bonjour à vous ; soyez les bienvenus ; je m’appelle Richard Atisso ; mon fils m’a expliqué que nous avons la visite de notre frère ; alors, quel était le nom  de votre père ?

Jonathan : Valentin Atisso.

Richard : ah ! Vous êtes donc mon cousin direct ; mon père m’avait raconté qu’il avait ce frère en ville ; ils sont de la même mère et du même père ; j’avais environ cinq ans quand il est mort ; je l’ai vu mais je ne me souviens pas de lui ; par contre, nous connaissons bien ses deux enfants même s’ils ne viennent pratiquement pas au village ; d’ailleurs, il y a une mauvaise nouvelle ; l’un d’entre eux est mort à l’âge de soixante-deux ans ; son corps sera ramené au village dans deux semaines pour être inhumé ;

Jonathan (triste) : oh ! Mon frère est donc mort ? Je ne l’aurais jamais connu !

Richard : tu auras la chance de connaître ta sœur qui viendra pour l’enterrement  si tu venais;

Jonathan : bien sûr que je serai là ; pourquoi est-ce qu’il doit être enterré ici et non en ville ?

Richard : c’est la tradition ;

Jonathan : excusez-moi mais si je meurs, mes enfants ne connaissent pas cet endroit ; ils ne vivent même pas au Togo ;

Richard : ce n’est pas bien grave ; à l’impossible, nul n’a jamais été tenu ; mais maintenant que tu le sais, tu peux donner des consignes ;

Jonathan : je suppose Richard que ton père est déjà mort ;

Richard : depuis dix ans ; la génération de nos pères est terminée ;  la mort les as tous pris ; toutefois, il y a une de leur sœur encore là ; elle est de mère différente ; elle a bientôt cent ans ; elle tient encore debout mais si elle n’a plus de dents pour bien mâcher sa nourriture ;

Jonathan : j’aimerais bien la voir ; vit-elle ici ?

Richard : elle y vivait mais depuis cinq ans, sa fille est venue la chercher pour vivre avec elle à Kara ; je vais te communiquer le numéro de téléphone de cette dernière afin que par elle, tu puisses joindre sa mère ; le plus tôt serait le mieux car vu son âge, elle peut mourir à tout moment ;

Jonathan : merci beaucoup ; je reviendrai deux jours avant pour les obsèques afin de connaître davantage de membres dans la famille ;

Richard : c’est une bonne idée ; la plupart de mes frères et sœurs et des autres cousins et cousines vivent en ville ; mais probablement, tu en verras de nombreux aux funérailles de ton frère.

Sem et Jonathan repartent environ une heure plus tard après avoir dégusté un copieux repas concocté à la va-vite par des femmes de la maisonnée. Jonathan insiste pour déposer Sem dans son village.

Jonathan : tu es bien gentil et serviable Sem ;

Sem : je pense que je n’ai pas fait grand-chose ;

Jonathan : qu’est-ce que tu fais dans la vie ?

Sem : rien à part le champ ;

Jonathan : pourtant, tu parles bien français !

Sem : c’est normal ; j’ai mon baccalauréat ; je n’ai pas les moyens de continuer mes études ; de plus, je n’ai personne en ville chez qui rester ;  si cela avait été possible, je me serais rendu en ville pour chercher des jobs à faire afin de payer mes études ;

Jonathan : je comprends ; tout le monde n’a pas la même chance dans la vie ; mais crois-moi, si tu as de la volonté, un chemin se créera pour toi ;

Sem : je ne perds pas espoir ; je reste malgré tous mes déboires, optimiste ; je sais que le meilleur reste à venir ;

Jonathan : j’aime ton attitude ; une seule petite pensée positive le matin peut changer la couleur de toute une journée ;

Sem : en effet ; en ce moment, j’ai des soucis mais je préfère ne pas me laisser abattre ;

Jonathan : dis-moi, à part faire le champ, qu’est-ce que tu peux faire d’autre ?

Sem : je suis un débrouillard ; je peux m’adapter facilement à tout ; et si je ne connais pas, je peux apprendre ;

Jonathan : très bien ; je te laisse mon numéro de téléphone ; tu peux m’appeler ; je reviendrai ici dans dix jours ;

Sem : si vous voulez, je peux toujours vous tenir compagnie ;

Jonathan : je viendrai te chercher ;

Sem : j’espère que vous n’allez pas vous perdre ;

Jonathan : non ; je me repère facilement ; la preuve, je suis arrivé tout seul dans mon village.

Une dizaine de jours plus tard, Jonathan revient comme prévu pour les obsèques de son frère inconnu ; comme promis, il est allé chercher Sem ; c’est lui qui l’a aidé à trouver une auberge non loin car il comptait faire trois jours. Jonathan était content car il a enfin rencontré  sa soeur qui ignorait son existence. Elle non plus et son défunt frère n’étaient pas très fréquents au village. Pascaline, la sœur de Jonathan est très aimable.

Pascaline : les hommes ! Jamais maman ne nous avait dit que tu existais ; ça veut dire qu’elle ignorait ; elle pensait qu’elle avait épousé l’homme le plus exemplaire au monde ; elle a beaucoup souffert de sa mort ; je suis très contente de te rencontrer ; ladynadystories; tu prendras la place de notre défunt frère ; dommage que tu ne l’as point connu ; il était très gentil ; il a toujours voulu avoir un frère !

Jonathan : a-t-il été malade ?

Pascaline : oui ; depuis environ huit ans, ça n’allait pas ; à vrai dire, je m’attendais à ce qu’il meurt ;

Jonathan : si je vous avais connu  plus tôt, je l’aurai fait venir à l’étranger pour se soigner ; dommage !

Pascaline : on va dire que c’était son destin.

Pascaline et Jonathan promirent de se revoir à Lomé. Avant son départ, Jonathan discute avec Sem.

Jonathan : écoute Sem, j’ai réfléchi à ce que tu m’as dit et j’ai quelque chose à te proposer ;

Sem : je vous écoute Monsieur ;

Jonathan : ma femme et moi sommes revenus depuis deux mois au Togo pour nous y installer ; alors, si tu es toujours déterminé à continuer tes études, je te propose de travailler chez moi en tant que jardinier et homme de main ; en contrepartie, je te paie des études à l’université ; qu’en dis-tu ?

Sem n’en revenait pas ; il était à la fois surpris et heureux de cette opportunité qui s’offre à lui.

Sem : j’accepte votre proposition sans hésiter ; vraiment, merci beaucoup ;

Jonathan : pourvu que tu ne me deçoives pas ;

Sem : je ferai en sorte de toujours vous satisfaire Monsieur.

Jonathan lui tend un  petit carton.

Sem : de quoi s’agit-il ?

Jonathan : un téléphone avec un numéro ; je te donne une semaine pour te préparer et venir à Lomé ; nous pourrons en attendant être en train de communiquer ;

Sem : merci beaucoup Monsieur ; que Dieu vous bénisse.

Après le départ de Jonathan, Sem se concentre sur son téléphone ; il était tellement content ; il voudrait l’essayer mais qui va-t-il appeler ? Il se souvient de Martine ; il alla relever son numéro là où il l’avait noté puis lui téléphona.

Martine : allo ;

Sem : bonjour Martine ; c’est Sem ;

Martine : Sem ! J’ai espéré ton coup de fil en vain ;

Sem : je n’avais pas d’argent pour t’appeler d’une cabine ; mais là, j’ai un téléphone !

Martine  (riant): tu n’as pas l’argent de cabine mais tu en as pour te procurer un téléphone ?

Sem : ma chère, c’est un cadeau ; tu te souviens de l’homme qui recherchait  une maison ?

Martine : oui ;

Sem : notre relation a évolué ; c’est lui qui m’a apporté le téléphone ; il me propose un emploi chez lui et j’irai en ville dans une semaine ;

Martine : je suis content pour toi ; moi aussi, je me prépare à aller en ville  dans  deux jours ;

Sem : restons donc en contact si tu veux bien ;

Martine : je le veux bien ;

Sem : je ne connais pas la ville ; je suis allée à Lomé à peine deux fois dans ma vie ;

Martine : je te donnerai des conseils pour t’orienter ;

Sem : dès que j’arrive, je t’appelle ;

Martine : allez, à bientôt.

Deux jours plus tard, Martine repart chez sa tante où elle avait toujours vécu. Cette dernière n’était pas contente de son retour.

Tante de Martine : je ne peux pas te garder ici en plus de tes enfants ; tu es une idiote ; tu as tout fait pour tromper ce type si généreux !

Martine : ma tante, je sais qu’il te gâtait mais ce n’est pas une raison pour prendre son parti ; je n’ai rien fait, je suis innocente ;

Tante de Martine : menteuse ; tu es une nymphomane ; en tout cas, débrouille-toi pour te trouver un logement ; je te laisse rester ici pendant un mois seulement.

Martine aurait aimé retourner à l’instant mais elle décida de ravaler son orgueil ; avait-elle le choix ? Elle chercherait un emploi en espérant trouver très rapidement car le chômage sévit en ce moment.

Trois semaines se sont écoulées depuis qu’Hélène vit chez Komi ; elle a complètement réussi à le séduire ; Komi est complètement emballé par la gentillesse et les soins dont l’entoure Hélène. Entre-temps, elle s’est complètement métamorphosée grâce à tout ce qu’elle s’achète avec l’argent de Komi. C’est à ce moment qu’Essie décide de rentrer.

Essie : je rentre  au village demain ;

Hélène : tu vas me manquer Tantine ;

Essie : ne t’inquiète pas ; Komi est déjà amoureux de toi ; laisse-lui juste le temps de le comprendre et de faire de toi sa femme ;

Hélène : je n’espère que ça ; surtout que j’ai l’impression que je suis enceinte ; je n’ai pas eu mes règles depuis deux jours ;

Essie (heureuse) : Dieu soit loué ! ça doit être une grossesse !  Je vais reporter mon départ ; il faut que je sois ici quand Komi le saura ;

Hélène : mais je n’ai aucune preuve  que je suis enceinte ;

Essie : c’est possible de faire un test d’urine ; attendons encore cinq jours pour le faire afin d’être sûre du résultat.

Cinq jours plus tard, le test s’avère positif ; Hélène qui dormait maintenant tous les soirs avec Komi lui porte la nouvelle à Komi. Cette information semble ne pas lui plaire. Son regard est neutre.

Hélène : tu n’as pas l’air de te réjouir ;

Komi : je ne m’attendais pas à ça ! Dis-moi, suis-je l’auteur ?

Hélène (froissée) : tu me vexes là !

Komi : je me suis toujours protégé avec toi ; alors d’où vient cette grossesse ?

Hélène : tu t’es toujours protégé sauf la première fois ; tu t’en souviens ?

Komi : oui ; mais une seule fois ne suffit pas pour que ça entre ;

Hélène : est-ce toi un intellectuel qui raisonne ainsi ? Il faut combien de fois pour une grossesse ? Dis plutôt que tu voulais juste jouer avec moi ! Alors que moi je t'aime déjà! Ce ne serait pas juste de m'abandonner!

Komi : je suis tout sauf irresponsable ; si tu es effectivement enceinte de moi, tu ne manqueras de rien en ce qui concerne cet enfant ; mais il me faut m’en assurer ;

Hélène (paniquée) : de quelle façon pourrais-tu t’en assurer tant que l’enfant n’est pas né ?

Komi : de toute façon, je ne t’ai pas connu vierge ; demain, nous irons à l’hôpital pour l’échographie ; je veux connaître l’âge  exact de ta grossesse.

Le cœur d’Hélène commence à battre plus rapidement. Elle avait peur. Elle se demandait comment allait-elle s’arranger pour que cette vérité ne se découvre pas ? Toute la nuit, elle ne parvient pas à dormir car elle cogitait sérieusement. 

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