로그인ROMAINJe garai la voiture dans l’allée et coupai le moteur. Les enfants se précipitèrent dehors et je jetai un coup d’œil à Louise. Elle força un sourire. Je voyais bien qu’elle pensait que c’était une mauvaise idée.— Prête à être servie comme une reine, ma chère Lola ? lançai-je. On va juste essayer de survivre, d’accord ? — Mais qu’est-ce que tu racontes ? J’ai tout sous contrôle.Je sortis de la voiture et fis le tour pour arriver de son côté. Franchement, c’était du gâteau. Ce n’était pas un exercice. J’avais vraiment tout prévu. Sans que Louise le sache, Théo nous avait déjà préparé le dîner. Tout attendait au frigo, prêt à être réchauffé. J’avais enchaîné les réunions et manqué de temps aujourd’hui.Je me penchai et soulevai Lola pour la sortir de la voiture. Ligaments déchirés au pied gauche, poignet gauche cassé, la main et l’avant-bras immobilisés dans le plâtre. Un vrai cauchemar. Elle ne pouvait pas poser le pied par terre, et impossible d’utiliser des b
LOUISEUne heure plus tard.— Donc, l’opération du poignet est prévue pour demain et, heureusement, pour la cheville, il ne s’agit que d’une atteinte ligamentaire. Rien à faire de ce côté-là, annonce le médecin en parcourant mon dossier.— Hum-hum. — Avec un peu de chance, vous pourrez rentrer chez vous d’ici quelques jours. — Oui.Mes parents et Romain écoutent religieusement. On se croirait à l’heure du nourrissage au zoo.— Rien à manger après minuit, me rappelle-t-il.— Hum-hum. — Le chirurgien orthopédique passera plus tard ce soir pour vous expliquer l’intervention de demain matin. — Merci.Il nous laisse seuls.— Je vais poser quelques jours au travail, annonce maman. — Pour quoi faire ? demande Romain. — Il faudra bien que je reste ici pour aider. Elle ne peut clairement pas vivre seule et s’occuper des enfants. — Je resterai avec elle pour l’aider, réplique Romain. — Je ne pense pas que… — Vous n’avez pas à penser, Madame Dubois. Je reste avec Louise et je m’occupe d
LOUISELa lutte pour garder les paupières ouvertes était rude.Ces analgésiques sont efficaces, mais punaise, je me sens complètement crevée. Romain est assis dans le fauteuil au coin de la chambre ; il n’a pas quitté mon chevet. Et même si je lui répète d’aller chez lui, je dois avouer que je suis presque soulagée qu’il m’ignore. C’est agréable d’avoir quelqu’un près de moi, parce que je commence à réaliser à quel point je suis faible. J’ai les larmes aux yeux, je me sens vulnérable et fragile.— Les enfants ? je murmure. — Ils viendront cet après-midi, répond-il doucement. — Pauvres petits, ils doivent être terrifiés.Il se lève et vient s’asseoir à côté de moi sur le lit. — Tout va bien, Camille s’occupe bien d’eux. Toi, tu dois te reposer, dormir pour pouvoir guérir.Il pose sa main sur mon épaule et le contact chaud me détend instantanément. Mes paupières lourdes gagnent la bataille. — Tu aimes ça ? murmure-t-il.Je hoche la tête, à moitié endormie
ROMAIN— Qu’est-ce qui ne va pas avec ma main ? murmura une voix endormie.Je sursaute en me réveillant, la tête posée sur le lit, assis à côté d’elle. — Louise.Elle fronce les sourcils en me scrutant. — Tu es réveillée, bébé.Je souris et tends la main pour appeler les infirmières. — Oh mon dieu, tu es réveillée !Je repousse ses cheveux de son visage meurtri et la serre contre moi. — J’ai paniqué toute la nuit.Je recule pour la regarder et elle me foudroie du regard.— Qui es-tu ?Mon monde s’arrête… — Quoi ? Mes yeux s’écarquillent d’horreur. — Tu ne te souviens pas de moi ? — J’aimerais bien que non, murmure-t-elle sèchement. — Qu’est-ce que tu fais là, Romain… et pourquoi ma main me fait-elle aussi mal ?Je l’attire dans mes bras et souris en enfouissant mon visage dans ses cheveux. — Jamais été aussi heureux de t’entendre être aussi insolente, Lola.L’infirmière apparaît à la porte. — Bonjour, Louise. Comment vous
ROMAINBip… bip… bip… bip.Le moniteur cardiaque de Louise émet son son régulier dans la pénombre de la chambre, et je suis assis à son chevet, le cœur coincé dans la gorge. S’ils me branchait à cette machine, je ne suis pas sûr que mon rythme serait aussi stable.Des tubes et des perfusions sortent de son corps. Ses deux yeux sont cernés de noir, et la bosse sur son front est énorme, déjà violacée. Louise est tombée de vingt-deux marches en béton ce soir… en fuyant loin de moi. Elle a le poignet sévèrement fracturé, une opération sera nécessaire. Peut-être aussi la cheville, mais pour l’instant, c’est trop enflé pour être certain. Pourtant, ce n’est pas ça qui les inquiète le plus. C’est sa tête.Elle a été assommée net. L’œdème cérébral était si important qu’ils ont dû la plonger dans un coma artificiel.Et si elle avait une lésion cérébrale grave et ne se réveillait jamais ?Il est trois heures du matin. Les soins intensifs sont un endroit solitaire, un lieu où l’on
LOUISEJe jette un dernier regard dans le miroir : mes cheveux sont lâchés et bouclés, et je porte une jolie robe crème. Des sandales à talons brunes et un sac assorti. C’est la soirée dansante de l’école ce soir, et j’ai fait un effort, m’étais bien habillée pour me sentir un peu mieux. Je ne sais pas pourquoi je me sens si vide en ce moment, c’est comme si, à chaque fois que Romain appelle les enfants pour leur parler au téléphone, un petit morceau de moi mourait à l’intérieur. Peut-être que je suis juste égoïste, une vraie vache qui aimait avoir les enfants rien que pour elle… Non, pas peut-être, sûrement… Honnêtement, je me dégoûte un peu moi-même. Pff… faut que j’arrête de penser à lui. Peu importe ce qu’il fait : ça ne me regarde pas.– Vous êtes prêts ? je crie. – Je suis trop belle, je vais mourir ! s’exclame Léa.Je ris. Cette fille a du caractère, je lui accorde ça.– Je suis obligé de mettre cette chemise débile ? appelle Léo depuis sa chambre. – Oui. Elle e







