FAZER LOGINIl croyait qu’elle l’attendrait toujours. Il avait tort. Quand Lylie tombe amoureuse de Markis, elle ne voit pas qu’il joue un double jeu. Elle ne voit pas Andréa, la femme qu’il rejoint en cachette. Elle ne voit pas qu’il utilise sa fortune pour bâtir sa carrière. Elle ne voit rien. Elle aime. Cela lui suffit. Jusqu’au jour où elle reçoit un appel anonyme. Une adresse en Espagne. Une affiche annonçant le mariage de Markis avec une autre. Le cœur brisé, Lylie assiste à la cérémonie sans se faire remarquer. Elle ne crie pas, ne casse rien, ne fait pas de scandale. Elle repart en silence, retire sa bague, et entame la plus grande bataille de sa vie : se reconstruire. Deux ans plus tard, Markis est divorcé, ruiné, rongé par le regret. Il a découvert le vrai visage d’Andréa et compris, trop tard, ce qu’il a perdu. Il décide de reconquérir Lylie. Mais il y a Serge désormais. L’ami d’enfance qui a toujours su la vérité. L’homme qui l’a aidée à se relever. L’homme qu’elle aime. Markis va tout tenter. Des fleurs, des lettres, une déclaration publique spectaculaire. Il va supplier, pleurer, s’humilier. Et à chaque fois, Lylie lui opposera la même réponse, calme et définitive : « La seconde chance que tu veux, tu ne l’auras pas. »
Ver maisLe livre sortit un matin de septembre, sans fanfare, sans promotion tapageuse. Il s’intitulait « Debout ». Sur la couverture, une silhouette de femme se dressait face à l’horizon, seule, droite, inébranlable. En exergue, une phrase simple, que Lylie avait choisie avec soin : « À ceux qui se relèvent. »Elle en offrit le premier exemplaire à Serge. Il le prit entre ses mains, le tourna, le retourna, lut la dédicace, et ne dit rien. Mais ses yeux brillaient, et Lylie sut que c’était le plus beau compliment qu’il pouvait lui faire.Elle en offrit un autre à Clara, qui pleura en le recevant. Un autre à ses parents, qui ne savaient rien de son projet et qui restèrent silencieux longtemps après l’avoir refermé. Un autre encore à Ève, qui était trop jeune pour le lire mais qui le garda précieusement sur sa table de chevet, fière que sa maman ait écrit un « vrai livre de grande personne ».Le succès fut lent, progressif, presque souterrain. Les premiers lecteurs parlèrent du livre autour d’eu
Lylie reposa le journal, songeuse. Elle pensa à tout ce qui les avait menés jusqu’à cette photo. Les années de souffrance, de haine, de silence. Les années de reconstruction, de pardon, de paix. Et aujourd’hui, ce simple cliché, où ils figuraient tous les deux sans drame, sans heurt, sans rien d’autre qu’un sourire.Elle découpa la photo, la rangea dans la boîte en carton, avec la bague, la montre, et la dernière lettre de Markis. Pas par nostalgie. Pas par regret. Juste pour mémoire. Pour se souvenir du chemin parcouru. Pour se souvenir que tout était possible, même la paix. Même le pardon. Même le bonheur.Le bonheur. Le sien. Celui de Serge. Celui d’Ève. Et celui de Markis, aussi. Parce qu’il le méritait, maintenant. Parce qu’il l’avait gagné, à force de travail et d’humilité. Parce que tout le monde a droit à une seconde chance, et que Markis avait su saisir la sienne.Ce soir-là, elle raconta à Serge ce qu’elle avait ressenti en voyant la photo. Il l’écouta, hocha la tête, et dit
Le match terminé, les trophées remis, les joueurs se rassemblèrent sur la pelouse pour la photo de groupe. C’était une tradition, un moment de convivialité qui clôturait chaque édition du tournoi caritatif. Le photographe, un jeune homme enthousiaste aux cheveux en bataille, courait dans tous les sens pour placer tout le monde, criant des instructions que personne n’écoutait vraiment.« Les grands derrière, les petits devant ! Les vainqueurs au centre avec le trophée ! Allez, on se serre, on se détend, on sourit ! »Il y eut un joyeux brouhaha, des bousculades, des rires. Les joueurs s’alignèrent tant bien que mal, certains levant le trophée, d’autres faisant des grimaces aux enfants qui couraient encore sur le terrain. Le soleil de mai déclinait doucement, jetant une lumière dorée sur la pelouse.Markis se tenait à l’extrémité gauche du groupe, un peu en retrait. Il n’avait jamais aimé les photos, même à l’époque de sa gloire. Aujourd’hui, il s’y prêtait sans enthousiasme, par polite
À la mi-temps, les deux équipes étaient à égalité. Le match était serré, physique, mais bon enfant. Markis avait couru comme il ne courait plus depuis des années, le souffle court, les jambes lourdes, mais le cœur léger. Serge, de son côté, défendait avec cette ténacité tranquille qu’il mettait dans tout ce qu’il faisait.C’est dans le couloir menant aux vestiaires qu’ils se croisèrent. Ils étaient seuls, séparés du reste de l’équipe par le bruit des crampons et les cris des supporters. Markis sortait des toilettes, Serge s’apprêtait à y entrer. Ils s’arrêtèrent l’un en face de l’autre.« Bonne chance, dit Serge. »Sa voix était neutre, presque amicale. Il n’y avait pas d’ironie, pas de sous-entendu. Juste deux mots simples, comme on les dit à un coéquipier avant la seconde mi-temps.« Merci. »Markis répondit sur le même ton, et il tendit la main.Serge la prit, la serra brièvement, sans excès de chaleur mais sans froideur non plus. Juste une poignée de main entre deux hommes qui s’é
Il se leva, posa la bière à moitié vide sur la table, et s’approcha d’elle. Il déposa un baiser sur son front, un geste mécanique qui ne trompait personne. « Bonne nuit, Andréa. » « Bonne nuit, Markis. » Il disparut dans la chambre, et Andréa resta seule dans le salon, les yeux fixés sur la bo
Leur relation avait commencé comme un incendie. Tout de suite, sans préliminaires, sans prudence. Ils s’étaient aimés avec une violence qui ressemblait à de la passion et qui n’était peut-être que de la dépendance mutuelle. Andréa était jalouse, possessive, excessive. Elle téléphonait dix fois par j
Justine travaillait dans une blanchisserie industrielle. Elle partait à cinq heures du matin, rentrait à sept heures du soir, les mains rougies par les produits chimiques et le dos courbé par des années passées à porter des sacs de linge trop lourds. Elle ne se plaignait jamais. Elle disait à Markis
Lylie sentit ses joues chauffer. Elle eut envie de baisser les yeux, évidemment. C’était son réflexe depuis vingt-deux ans : détourner le regard la première, s’effacer avant qu’on ne l’efface. Mais elle se força à tenir. Une seconde. Deux. Trois. Le type ne cillait pas. Il ne souriait pas non plus.












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