Masuk— LysandraLe poison est là, dans la fiole, un liquide clair, presque transparent, qui brille dans la lumière des candélabres, et je la tourne, je la retourne, je la caresse du bout des doigts, et je sens sous mon pouce le verre froid, lisse, qui glisse, qui cède, et je la pose, doucement, sur la table, et je lève les yeux, et je regarde Valdren, en face de moi, qui m'attend, qui me craint, qui m'aime, peut-être. La chambre est sombre, les rideaux tirés, les bougies qui fument, qui crachent, qui éclairent mal, et je sens l'odeur de la cire chaude et du fer et de la peur, cette odeur âcre qui me reste dans le nez, et je respire, lentement, chaque souffle qui compte, chaque souffle qui pèse.— Où tu l'as trouvée.Ma voix, qui ne tremble pas, qui ne peut pas trembler, qui est de fer, de glace, de pierre, et il hoche la tête, lentement, une fois, deux fois, ses yeux gris qui ne fuient pas, qui ne mentent pas, qui assument.— Dans la cuisine. Une des servantes.
La salle d'armes est silencieuse, les épées qui pendent aux murs, les boucliers qui brillent dans la lumière des torches, et je me lève, lentement, mes jambes qui tremblent, qui faiblissent, qui tiennent, pourtant, et je vais vers le râtelier, et je prends une dague, courte, lourde, équilibrée, et je la soupèse, dans ma paume, et je la tourne, je la retourne, et je sens sous mes doigts le manche de cuir, usé, chaud, et je la glisse dans ma ceinture, contre ma hanche, et je me retourne, et je regarde Valdren, qui m'attend, qui me regarde, ses yeux gris qui brillent, qui attendent, qui savent, peut-être.— Toujours armée.Il dit ça, et je hoche la tête, lentement, une fois, deux fois, et je pose ma main sur mon ventre, à plat, mes doigts écartés, et je souris, lentement, un sourire qui n'était pas là avant.— Toujours. Pour lui. Pour toi. Pour nous.Il hoche la tête, lentement, une fois, deux fois, et il s'approche, et il passe son bras autour de mes épaules, et i
— LysandraLa lame siffle dans l'air, coupe, mord, et je pare, mes deux épées qui se croisent, qui bloquent, qui renvoient, et l'entraîneur recule, essoufflé, sa longue épée qui tremble dans sa main, et il me regarde, ses yeux qui s'écarquillent, qui s'adoucissent, qui s'ouvrent, comme une plaie, comme une fleur, comme une chose qui n'aurait jamais dû voir le jour. La sueur perle sur mon front, qui coule, qui brûle, qui pique, et je sens mes cheveux collés à mes tempes, trempés, lourds, et je les repousse, du revers de la main, et je respire, lentement, chaque souffle qui compte, chaque souffle qui pèse, et je sens mon ventre qui tire, qui pèse, qui vit, et je pose ma main dessus, à plat, mes doigts écartés, et je souris, lentement, un sourire qui n'était pas là avant, un sourire de louve.— Majesté, avec tout le respect, vous êtes, vous êtes, vous êtes.— Enceinte. Oui. Et alors.Ma voix, qui claque, qui tranche, et je fais un pas, un seul, et je porte un
Le silence, qui tombe, qui écrase, qui dure, et puis, lentement, les murmures qui montent, qui grondent, qui éclatent, les nobles qui se regardent, qui chuchotent, qui complotent, déjà, et moi, je regarde la reine mère, et je vois dans ses yeux quelque chose, une chose que je n'avais jamais vue, une chose qui me brûle, qui me sauve, qui me tue, peut-être.— Je le jure devant Dieu. Devant le royaume. Devant tout. Lysandra est ma nièce. Et je la reconnais. Et je la bénis. Et je la, et je la, et je la.Elle s'arrête, elle cherche, elle ne trouve pas, les mots qui manquent, qui fuient, qui se perdent, et moi, je m'approche, lentement, et je me plante devant elle, et je lève la main, et je touche sa joue, ses rides, ses larmes, ses tout, et je souris, lentement, doucement, un sourire qui n'était pas là avant, qui est là maintenant, qui vit, qui respire, qui nous tient.— Tante.Je dis ça, un souffle, une prière, et elle me regarde, ses yeux clairs qui s'écarquillent,
Je dis ça, et il secoue la tête, lentement, une fois, deux fois, et il recule, et il heurte le mur, et il s'arrête, et il me regarde, et il sourit, un sourire qui n'était pas là avant, un sourire de bête acculée.— Comment tu le sais. Comment tu peux le savoir. Je suis son sang. Je suis sa chair. Je suis, je suis, je suis.— Tu es toi. Tu es Valdren. Tu es mon roi loup. Tu es le père de mon enfant. Tu es, tu es, tu es.Il me regarde, longtemps, ses yeux gris qui descendent, qui s'arrêtent sur mon ventre, sur mes mains, sur cette chose qui nous lie, qui nous dépasse, qui nous sauve, peut-être, et il secoue la tête, lentement, une fois, deux fois.— J'ai peur. J'ai peur de devenir lui. J'ai peur de te tuer. J'ai peur de tuer l'enfant. J'ai peur, j'ai peur, j'ai peur.Il le dit, enfin, et le mot qui tombe, qui claque, qui résonne, et je sens quelque chose dans ma poitrine qui se serre, qui se noue, qui se dénoue, et je m'approche, lentement, et je me plante dev
Il m'attire, contre lui, ses bras qui m'enveloppent, qui me serrent, qui m'étouffent, et je pose ma tête contre son épaule, et je ferme les yeux, et je respire, et je sens sous ma joue le battement de son cœur, qui cogne, qui cogne, qui cogne, plus vite que d'habitude, plus fort, plus tout.— Un enfant.Sa voix, dans mes cheveux, un murmure, une prière, une chose, et je hoche la tête, lentement, contre sa peau, et je sens ses bras qui serrent, plus fort, qui me broient, qui me serrent, et je me laisse faire, je me laisse tenir, je me laisse.— Notre enfant.Il le dit, et le mot qui tombe, qui claque, qui résonne, et je sens quelque chose dans ma poitrine qui se serre, qui se noue, qui se dénoue, et je lève la tête, et je le regarde, et je vois dans ses yeux quelque chose, une chose que je n'avais jamais vue, une chose qui me brûle, qui me sauve, qui me tue, peut-être.— Tu as peur.Je dis ça, et il hoche la tête, lentement, une fois, deux fois, et il ne







