LOGINMon professeur J’ai 19 ans. Il est mon professeur d’anatomie. Il a des mains faites pour disséquer, une voix grave qui me descend dans le ventre, et cette façon de me fuir du regard quand je décroise les jambes au premier rang. Je l’ai compris dès le premier cours : je le veux. Pas dans mes rêves. Pas après le semestre. Maintenant. Contre le tableau, sur son bureau, entre les squelettes en plastique s’il le faut. Je m’appelle Lina. Je ne suis pas du genre à rougir. Je suis du genre à rester après les cours pour poser des questions sur la sensibilité de la face interne de la cuisse, à mordre mon stylo en le regardant droit dans les yeux, à le regarder bafouiller, lutter, serrer les poings. Il résiste ? Parfait. Je n’ai jamais aimé ce qui s’obtenait facilement. Il parle de limites, d’éthique, de distance. Moi, je ne veux pas qu’il se tienne à distance. Je veux le sentir craquer. Je veux ses mains sur moi. Je veux le regarder capituler, rouge, tremblant, honteux, et mien. Il va céder. Ils cèdent tous. Et je serai là, au premier rang, pour voir son âme se briser en deux.
View MoreLina J'ai abandonné. Pas par choix. Par épuisement. Par dépit. Par cette sensation de me heurter à un mur invisible, encore et encore, sans jamais le fissurer. Après la scène du bureau, j'ai cessé de venir en cours. Une semaine. Sept jours de vide, de silence, de sommeil agité. Je restais chez moi, dans le noir, à fixer le plafond. Chloé m'appelait tous les jours, m'envoyait des messages, des photos de ses chats, des vidéos débiles pour me faire sourire. Je lui répondais à peine. — Lina, tu vas finir par rater les partiels. — Je m'en fous. — C'est lui, n'est-ce pas ? — C'est rien. — Lina… — Lâche-moi, Chloé. S'il te plaît. Elle n'a pas lâché, évidemment. Elle ne lâche jamais. Mais elle a compris que j'avais besoin de silence, de solitude, de me noyer un peu dans ma propre noirceur. Le vendredi soir, je suis sortie de chez moi pour la première fois depuis des jours. Chloé avait insisté, supplié, menacé de venir me chercher. Je me suis traînée jusqu'au bar où on avait l'habi
Lina Je l'ai piégé. Ce n'était pas prémédité. Pas exactement. Mais quand je l'ai vu entrer dans son bureau en fin de journée, avec sa blouse froissée et son air épuisé, j'ai su que c'était le moment. Il fallait que je le confronte. Que je le force à baisser la garde. Que je le regarde droit dans les yeux et que je lui dise ce que je voulais. Sans détour. Sans jeu. Je l'ai suivi sans bruit. Le couloir était vide. Les derniers étudiants étaient partis depuis longtemps. Il faisait déjà nuit dehors, et les néons du bâtiment jetaient une lumière blafarde sur les murs. Mes pas résonnaient sur le linoléum, mais il ne m'entendait pas. Il marchait vite, la tête baissée, comme un homme qui fuit quelque chose. Ou quelqu'un. Il est entré dans son bureau, a laissé la porte entrouverte. J'ai attendu quelques secondes. Puis je me suis glissée à l'intérieur, j'ai refermé la porte derrière moi, et j'ai tourné la clé. Le bruit du verrou a claqué dans le silence, comme un coup de feu. Il s'est re
Lina Une semaine. Sept jours entiers. Il ne m'a pas adressé un seul mot. Pas un regard, pas une réponse, pas même un hochement de tête. Rien. Le néant. La glace. Il entrait dans l'amphi, saluait tout le monde d'un signe de tête, posait ses affaires sur le bureau. Puis il commençait son cours, imperturbable, sans jamais laisser son regard s'attarder sur le premier rang. Sur moi. J'avais l'impression d'être devenue invisible. Pire : d'être devenue insignifiante. Et ça, c'était insupportable. Les premiers jours, j'ai cru que c'était une stratégie. Qu'il essayait de reprendre le contrôle, de me faire payer l'affront que je lui avais infligé. J'ai redoublé d'efforts. J'ai mis mes meilleures jupes, mes chemisiers les plus audacieux, mes parfums les plus envoûtants. J'ai levé la main pour répondre à ses questions. J'ai même essayé de le croiser dans les couloirs, de capter son regard, de le frôler au passage. Rien. Le néant. Il passait à côté de moi comme si je n'existais pas. Comme
Lina Il m'a demandé de rester après le cours. Il ne l'avait jamais fait. Pas comme ça. Pas avec cette voix dure, ce regard noir, cette main qui désignait la salle vide. — Mademoiselle Arnaud. Restez. Le ton était sans appel. Pas une question. Un ordre. Et cet ordre, dans sa bouche, a fait quelque chose à mon ventre. Une contraction sourde, presque douloureuse, comme si mon corps savait déjà ce qui allait se passer. Chloé m'a jeté un coup d'œil inquiet. Je lui ai fait signe de partir. Elle a hésité, puis est sortie, non sans me glisser un « appelle-moi si tu finis enterrée » qui m'a arraché un sourire. La porte s'est refermée derrière elle. Les derniers pas ont résonné dans le couloir, puis le silence est tombé. Un silence lourd, chargé de tout ce qui n'avait pas été dit depuis des semaines. Il était debout derrière son bureau, les deux mains à plat sur le bois. Il me regardait avec une intensité que je ne lui avais jamais vue. Ses yeux n'étaient plus seulement bleus. Ils étaient












Bienvenue dans Goodnovel monde de fiction. Si vous aimez ce roman, ou si vous êtes un idéaliste espérant explorer un monde parfait, et que vous souhaitez également devenir un auteur de roman original en ligne pour augmenter vos revenus, vous pouvez rejoindre notre famille pour lire ou créer différents types de livres, tels que le roman d'amour, la lecture épique, le roman de loup-garou, le roman fantastique, le roman historique et ainsi de suite. Si vous êtes un lecteur, vous pouvez choisir des romans de haute qualité ici. Si vous êtes un auteur, vous pouvez obtenir plus d'inspiration des autres pour créer des œuvres plus brillantes. De plus, vos œuvres sur notre plateforme attireront plus d'attention et gagneront plus d'adimiration des lecteurs.