LOGINMon professeur J’ai 19 ans. Il est mon professeur d’anatomie. Il a des mains faites pour disséquer, une voix grave qui me descend dans le ventre, et cette façon de me fuir du regard quand je décroise les jambes au premier rang. Je l’ai compris dès le premier cours : je le veux. Pas dans mes rêves. Pas après le semestre. Maintenant. Contre le tableau, sur son bureau, entre les squelettes en plastique s’il le faut. Je m’appelle Lina. Je ne suis pas du genre à rougir. Je suis du genre à rester après les cours pour poser des questions sur la sensibilité de la face interne de la cuisse, à mordre mon stylo en le regardant droit dans les yeux, à le regarder bafouiller, lutter, serrer les poings. Il résiste ? Parfait. Je n’ai jamais aimé ce qui s’obtenait facilement. Il parle de limites, d’éthique, de distance. Moi, je ne veux pas qu’il se tienne à distance. Je veux le sentir craquer. Je veux ses mains sur moi. Je veux le regarder capituler, rouge, tremblant, honteux, et mien. Il va céder. Ils cèdent tous. Et je serai là, au premier rang, pour voir son âme se briser en deux.
View MoreLysandraLe collier, ce cercle de fer, autour de mon cou, depuis si longtemps, depuis toujours, je ne le sens plus, je ne le vois plus, il fait partie de moi, comme une cicatrice, comme une marque, comme une chaîne, ce soir, il est là, devant moi, Valdren, agenouillé, devant moi, ses mains, qui tiennent une clé, petite, dorée, elle brille, dans la lumière des bougies, il la regarde, puis il me regarde, ses yeux, ces yeux gris, pleins de quelque chose, de tendresse, de peur, d'espoir, d'amour, peut-être, si un roi peut aimer.— Je vais l'enlever.Sa voix, basse, solennelle, je ne bouge pas, je ne comprends pas, l'enlever, enlever quoi, le collier, le fer, la marque, la chaîne, la servitude, il veut me libérer, il veut me rendre ma liberté, cette chose que je n'ai jamais eue, cette chose que je ne connais pas, cette chose qui me fait peur, plus peur que la mort, plus peur que tout.— Je vais briser ton collier, te rendre libre, tu pourras
Lysandra Les tambours, je les entends avant de voir quoi que ce soit, ce roulement sourd, ce battement de guerre, ce son qui fait trembler les vitres, je suis dans ma chambre, je regarde par la fenêtre, la cour s'emplit, des chevaux, des soldats, des bannières, et lui, au centre, sur son cheval noir, je le vois de loin, sa silhouette, immense, inoubliable, mais quelque chose ne va pas, quelque chose cloche, il penche, légèrement, vers la gauche, sa main presse son flanc, du sang, je le vois, même d'ici, ce rouge sombre, cette tache qui s'étale, qui grandit, qui coule entre ses doigts. Je descends, les escaliers, quatre à quatre, mes pieds nus claquent sur la pierre, je ne sens rien, ni le froid, ni la douleur, rien, que cette urgence, cette peur, cette chose qui me serre la gorge, j'arrive dans la cour, la foule s'écarte, les soldats baissent les yeux, je marche, vers lui, il est descendu de cheval, il tient à peine debout, deux gardes l
Lysandra La lumière entre à flots par les hautes fenêtres, une lumière blanche, dure, qui découpe le sol en rectangles brûlants, je suis debout près de la table, mes doigts posés sur le bois ciré, et je sens la chaleur du soleil sur ma nuque, une chaleur qui devrait être agréable, qui ne l'est pas, parce que lui est là, l'émissaire, cet homme venu du Sud, avec ses yeux de miel et sa bouche trop rouge, ses manières trop douces, ses mains trop blanches, il est debout devant le trône, il parle, sa voix coule comme de l'huile, chaque mot est une caresse, chaque phrase est un piège. — Mon seigneur, mon maître, le prince Aldric de Varème, a entendu parler de la favorite, il a entendu parler de sa beauté, de son esprit, de sa grâce, il demande qu'elle lui soit envoyée, pour une saison, un échange, une courtoisie entre nos deux royaumes, il offre en retour trois cents chevaux, des épices, de l'or, et l'assurance d'une alliance éternelle.
Ce n'est pas une question. Je hoche la tête. Oui. Je suis en colère. Plus que ça. Je suis furieuse. Je suis une chose. Une chose qu'on teste. Une chose qu'on empoisonne pour voir si elle va survivre. — Je comprends. Mais écoute-moi. La reine ne fait rien sans raison. Si elle a fait ça, c'est qu'elle avait une raison. Une raison politique. Elle voulait savoir si tu étais une alliée ou une ennemie. Si tu étais loyale à moi ou à quelqu'un d'autre. Si tu pouvais être utilisée. Elle a testé ta loyauté. Et tu as réussi. Tu as prouvé que tu es digne. Digne de moi. Digne de cette place. Digne de ce royaume. — Digne. Le mot sort de ma bouche comme un crachat. Digne. Je suis digne. Comme un chien qui a rapporté la balle. Comme un faucon qui a tué la proie. Comme une chose qui a passé le test. Il me regarde. Je vois quelque chose dans ses yeux. De la fierté? De la satisfaction? Je ne sais pas. Je ne sais plus.






Bienvenue dans Goodnovel monde de fiction. Si vous aimez ce roman, ou si vous êtes un idéaliste espérant explorer un monde parfait, et que vous souhaitez également devenir un auteur de roman original en ligne pour augmenter vos revenus, vous pouvez rejoindre notre famille pour lire ou créer différents types de livres, tels que le roman d'amour, la lecture épique, le roman de loup-garou, le roman fantastique, le roman historique et ainsi de suite. Si vous êtes un lecteur, vous pouvez choisir des romans de haute qualité ici. Si vous êtes un auteur, vous pouvez obtenir plus d'inspiration des autres pour créer des œuvres plus brillantes. De plus, vos œuvres sur notre plateforme attireront plus d'attention et gagneront plus d'adimiration des lecteurs.