LOGINUne femme contrainte d'épouser un milliardaire cruel découvre que son mari possède un jumeau identique — un homme qui l'observe en secret depuis des années. Lorsque son mari part en voyage d'affaires, le frère se fait passer pour lui et lui offre la tendresse dont elle a toujours eu soif. Elle tombe amoureuse de cet inconnu attentionné au visage de son mari, avant de découvrir la foudroyante vérité : l'homme qu'elle aime est le frère, pas le mari. Mais il est déjà trop tard — les deux hommes feront tout pour la garder, et elle doit décider qui elle aime vraiment alors que tous deux portent le même visage.
View MorePDV d'Elena
La robe de mariée pesait sur mon cou comme un nœud coulant.
Debout au centre de la suite du penthouse, les mains tremblantes le long du corps, je regardais l'homme que venait d'épouser desserrer sa cravate d'un geste lent et calculé. Damien Blackwood ne m'accordait pas un regard. Il ne m'avait pas vraiment regardée de toute la soirée — ni durant la cérémonie, ni pendant la réception, ni lorsque le photographe nous faisait poser comme un couple parfait et épanoui.
À ses yeux, je n'étais qu'un meuble. Un meuble hors de prix qu'il venait d'acquérir.
« Voici ta chambre », dit-il d'un ton plat. « La mienne est en face, de l'autre côté du couloir. »
Je clignai des yeux, assimilant ses paroles : « En face ? »
« Je ne partage pas mes appartements. » Il se tourna enfin vers moi, et je reçus le plein fouet de son regard pour la première fois de la nuit. Glacial. « Tu seras prête à sept heures précises chaque matin. Nous avons des apparitions publiques à assurer. »
Des apparitions publiques. Évidemment.
Je croisai les bras autour de mon buste, la soie de ma robe me paraissant soudain trop fine, trop révélatrice. « Damien… »
« Tu m'appelleras M. Blackwood en privé. » Il s'avança vers la baie vitrée, me tournant à nouveau le dos. « En public, tu pourras utiliser mon prénom. La presse raffole de la complicité. »
Ma gorge se noua. Je repensai à mon père, à sa lettre d'adieu, au gouffre de dettes qu'il avait laissé derrière lui, et à la vitesse effroyable avec laquelle le nom de notre famille s'était effondré en quelques semaines. Je revois les larmes de ma mère à l'arrivée des avocats, la manière dont elle m'avait suppliée d'accepter cet arrangement.
« S'il te plaît », m'avait-elle murmuré en me serrant les mains à en avoir mal. « S'il te plaît, Elena. Pour nous. Pour ta sœur. »
J'avais dit oui. J'avais revêtu la robe. J'avais affiché un sourire pour les objectifs.
Et me voilà ici, dans un penthouse aux allures de prison dorée, mariée à un homme qui m'envisageait comme une simple acquisition commerciale.
« J'ai compris », réussis-je à articuler dans un souffle.
Damien se retourna, ses yeux sombres balayant ma silhouette. Une lueur y passa — ni chaleur ni désir, mais quelque chose de plus sombre encore. La possession.
« Parfait. » Il traversa la pièce en trois foulées pour s'arrêter à quelques centimètres de moi. Je dus renverser la tête pour soutenir son regard. « Que les choses soient claires, Elena. Ce mariage est un contrat. J'ai déboursé une somme considérable pour faire de toi mon épouse. »
Je tressaillis sous l'impact de ses mots.
« Tu joueras ton rôle. Tu assisteras aux réceptions. Tu souriras quand je l'exigerai. Tu seras irréprochable. » Ses doigts agrippèrent mon menton, forçant mon visage vers le haut. « Et en échange, je m'assure que les dettes de ta famille soient effacées. Ta mère conserve sa maison. Ta sœur poursuit ses études. »
« Et si je refuse ? »
Sa prise se durcit. Pas assez pour me blesser, mais suffisamment pour me rappeler qui tenait les rênes.
« Tu ne refuseras pas. »
Il me relâcha et fit un pas en arrière, l'expression de son visage demeurant énigmatique. « Je serai en déplacement professionnel ces prochains jours. Profite de ce temps pour prendre tes marques dans la maison. Le personnel a été briefé pour ton arrivée. »
« Et quand tu seras de retour ? »
« Alors nous commencerons notre vie commune pour de bon. »
La façon dont il prononça ces mots me tordit l'estomac. Je hochai la tête malgré tout. Quel autre choix avais-je ?
Il se dirigea vers la porte, puis marqua une pause. « Une dernière chose. »
Je retins mon souffle.
« Tu m'appartiens désormais, Elena. Chaque parcelle de ton être. Ne l'oublie jamais. »
La porte se referma derrière lui dans un déclic étouffé.
Je restai immobile un long moment, le cœur battant la chamade contre mes côtes. Puis je me laissai glisser sur le rebord du lit monumental, ma robe de mariée s'étalant autour de moi comme une traînée de champagne renversé, et je fondis en larmes.
Les pleurs coulèrent d'abord en silence. Puis la crise s'intensifia, secouant mes épaules alors que je plaquais ma main sur ma bouche pour étouffer mes sanglots. Je pleurais sur mon père, qui avait préféré la mort plutôt que de faire face à sa ruine. Je pleurais sur ma mère, qui avait pris dix ans en dix semaines. Je pleurais sur moi-même — sur la jeune fille que j'étais autrefois, l'héritière qui dansait dans les galas et riait sans se soucier du lendemain.
Cette fille-là n'existait plus.
À sa place se tenait une femme prise au piège dans une cage dorée, liée à un homme qui ne la considérait que comme une propriété.
J'ignorais combien de temps s'était écoulé. Quand mes larmes finirent par tarir, je me sentis vidée et épuisée. Je me me levai sur des jambes chancelantes pour m'atteler à la tâche ardue de retirer seule ma robe de mariée. Les boutons le long de mon dos étaient hors d'atteinte, et un rire amer m'échappa face à l'ironie de la situation : je ne pouvais même pas me déshabiller sans aide, et je n'avais personne à appeler.
Après de longs efforts, je réussis à me débarrasser du vêtement, le laissant en tas sur le sol. Je me glissai dans la nuisette en soie préparée à mon intention — un cadeau de Damien, à n'en pas douter. Elle était sublime, d'un luxe inouï, et me faisait l'effet d'une armure.
Je m'introduisis dans le lit immense, remontant les draps jusqu'au menton. La toile était fraîche, les oreillers parfumaient la lavande. Tout était parfait, et pourtant tout sonnait faux.
Je fermai les yeux, implorant le sommeil de me libérer de ce cauchemar pour quelques heures.
C'est alors que je l'entendis.
Un léger grincement juste derrière la porte de la chambre.
Mes yeux s'ouvrirent brusquement. Je retins ma respiration, à l'affût. Le penthouse était plongé dans le calme plat. Peut-être n'était-ce rien. Peut-être le bâtiment travaillait-il.
Mais le bruit se répéta — le froissement de pas feutrés dans le couloir.
Je me redressai lentement, le pouls affolé. Damien avait affirmé qu'il partait. Avait-il changé d'avis ? Revenait-il pour… pour réclamer ce qu'il estimait lui revenir de droit ?
Pétrifiée, j'attendis alors que les pas s'approchaient. Ils s'arrêtèrent pile devant ma porte.
Je fixai la poignée, m'attendant à la voir tourner d'un instant à l'autre. Rien ne se passa.
Une minute s'écoula. Puis deux.
Soudain, une ombre s'étira sous la porte — quelqu'un se tenait là, immobile, à m'épier.
J'avais la bouche sèche. Je voulais crier, exiger de savoir qui se trouvait là, mais ma voix s'était éteinte. Je ne pouvais que rester assise dans la pénombre, mes doigts crispés sur les draps, à regarder cette ombre persister.
Puis, aussi soudainement qu'elle était apparue, elle disparut.
Les pas s'éloignèrent, vifs et feutrés, s'évanouissant dans les profondeurs du penthouse.
L'air m'échappa dans un tremblement. Mon premier réflexe fut de me rassurer : peut-être un membre du personnel venu vérifier quelque chose ? Mais les domestiques avaient congé depuis des heures. Damien me l'avait confirmé lui-même. Le penthouse était censé être désert, à mon seule exception.
Je basculai mes jambes hors du lit et marchai vers la porte d'un pas mal assuré. Après une hésitation, je l'ouvris. Le couloir était sombre, vide, silencieux.
Mais sur le sol, juste devant le seuil, reposait une unique rose blanche.
Ses pétales frémissaient encore légèrement, comme si on venait tout juste de la déposer là.
Je me penchai pour la ramasser, mes doigts effleurant la fraîcheur délicate de ses pétales. Aucun mot. Aucune explication. Seulement cette rose, aussi splendide que troublante, abandonnée au milieu du couloir sombre.
Je balayai le couloir du regard, cherchant la moindre trace du visiteur mystère. Mais il n'y avait personne.
Je refermai la porte et la verrouillai à double tour — une précaution à laquelle je n'avais pas pensé plus tôt. Puis je m'y adossai, la rose serrée contre ma poitrine, l'esprit en ébullition.
Qui s'était tenu devant ma porte ? Qui m'avait laissé cette fleur ?
Je repensai à Damien — ce Damien glacial et cruel qui m'avait dévisagée comme si je n'étais rien. Il n'était pas homme aux attentions romantiques. Il n'était pas du genre à déposer des roses dans le noir.
Alors qui ?
La question me hanta tandis que je regagnais le lit, la rose toujours en main. Impossible de me défaire de cette sensation oppressante d'être observée. De savoir que Quelqu'un avait été là, si près, sans que je m'en rende compte.
Les yeux rivés au plafond, mes pensées tournaient en boucle. Je ne trouvai pas le sommeil cette nuit-là. Le moindre craquement me faisait sursauter, la moindre ombre prenait des airs de menace. La rose reposait sur l'oreiller à côté de moi, telle une splendide énigme que je n'arrivais pas à résoudre.
J'ignorais qu'à l'autre bout de la ville, le frère jumeau de mon mari effleurait du bout du doigt une photo de mon visage — un cliché pris à mon insu. J'ignorais qu'il s'était rendu au penthouse ce soir-là, posté derrière ma porte, luttant de toutes ses forces contre l'envie de la défoncer pour enfin toucher celle qu'on lui refusait depuis si longtemps.
J'ignorais que ma vie allait devenir le champ de bataille de deux hommes au visage identique.
L'un voulait me posséder.
L'autre voulait m'aimer.
Et je ne saurais pas lequel était lequel avant qu'il ne soit trop tard.
« Rien », me chuchotai-je. « Il ne m'a rien dit. »Damien serra davantage le menton. Ses yeux brûlaient dans les miens, cherchant le mensonge.« Ne le fais pas », dit-il d'une voix basse et dangereuse. « Ne me mens pas. »« Je ne... »Il me lâcha le menton et recula, les poings fermés le long du corps. La montre pendait au bout de ses doigts, accrochant la lumière. La montre d'Adrian. La preuve que j'avais désobéi.« Tu l'as laissé entrer chez moi », dit-il d'un calme effrayant. « Tu t'es assise avec lui. Tu lui as parlé. »« Il voulait seulement prendre de mes nouvelles. »« Prendre de tes nouvelles ? » Damien laissa échapper un rire dépourvu du moindre humour. « Mon frère ne fait rien sans raison. Il est venu ici pour te monter contre moi. »Je ne répondis rien. Mon silence tenait lieu de réponse.« Qu'est-ce qu'il t'a dit ? » exigea Damien en s'approchant. « De quels mensonges t'a-t-il rempli la tête ? »« De rien », dis-je d'une voix brisée. « Il a seulement dit qu'il s'inquiétait
PDV d'ElenaJe n'ai pas fermé l'œil de la nuit.Le message reçu du numéro inconnu me brûlait l'esprit, ses mots résonnant en boucle dans ma tête comme un disque rayé.Cela fait trois ans qu'il t'observe.Interroge ton mari sur la pièce fermée à clé.J'ai dû finir par m'assoupir de fatigue, car lorsque j'ai rouvert les yeux, la lumière pâle du matin filtrait à travers les rideaux. Mon téléphone était toujours cramponné dans ma main, l'écran noir.Je me suis redressée lentement, le corps lourd de sommeil. Le message était bien là — je ne l'avais pas imaginé. J'ai fixé ces mots jusqu'à ce qu'ils se brouillent, puis j'ai pris une décision.J'allais affronter Damien.Je l'ai trouvé dans la salle à manger, déjà prêt pour le travail, une tasse de café à la main. Il a levé les yeux quand je suis entrée, son visage trahissant un léger agacement.« Tu es debout de bonne heure », a-t-il dit.« Je dois te poser une question. »Il a posé sa tasse, les yeux plissés. « Qu'y a-t-il ? »J'ai pris une
PDV d'ElenaJe n'ai presque pas fermé l'œil de la nuit.Chaque fois que mes paupières se troublaient de sommeil, la même impression me reprenait aussitôt : cette caresse infiniment douce au milieu des ténèbres, ces doigts tremblants glissant sur ma peau, ces paroles murmurées qui avaient failli me couper le souffle.Ça fait si longtemps que je t'attends.Mais en rouvrant les yeux, le vide m'accueillait seul. Une chambre déserte et le souvenir déjà tamisé d'une présence impossible.Au lever du jour, je m'étais presque convaincue d'avoir tout fabulé. Presque.Accoudée à la table du petit-déjeuner, je poussais distraitement mes œufs dans mon assiette quand Damien entra. Impeccable dans son costume sombre, la chevelure parfaitement ajustée, il affichait cette même expression distante et glaciale.« Bonjour », lança-t-il sans m'accorder un regard tout en se versant un café.« Bonjour. »Il prit place en face de moi et déplia son journal. Un silence épais, pesant, s'étira entre nous. Je l'o
PDV d'ElenaLe lendemain matin, je me réveillai dans un lit vide, avec le souvenir flou d'une rose blanche.Pendant un instant, la désorientation fut totale. Le plafond était trop haut, les draps trop doux, le silence trop lourd. Puis tout me revint en pleine figure — le mariage, les paroles glaciales, l'ombre glissant sous ma porte.Je me redressai lentement, balayant la pièce du regard. La rose était toujours là, déposée sur l'oreiller voisin, exacte là où je l'avais laissée. Ses pétales commençaient à se flétrir, les bords s'enroulant vers l'intérieur. Je tendis la main vers elle, effleurant la tige du pouce en veillant à éviter les épines.Un coup frappé doucement à la porte me fit sursauter.« Madame Blackwood ? »Une voix féminine. Formelle.« Entrez », dis-je en remontant les draps contre ma poitrine.La porte s'ouvrit sur une femme d'une cinquantaine d'années. Elle portait un uniforme gris impeccable, ses cheveux poivre et sel tirés en un chignon strict. Son visage était plutô












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