로그인« Rien », me chuchotai-je. « Il ne m'a rien dit. »Damien serra davantage le menton. Ses yeux brûlaient dans les miens, cherchant le mensonge.« Ne le fais pas », dit-il d'une voix basse et dangereuse. « Ne me mens pas. »« Je ne... »Il me lâcha le menton et recula, les poings fermés le long du corps. La montre pendait au bout de ses doigts, accrochant la lumière. La montre d'Adrian. La preuve que j'avais désobéi.« Tu l'as laissé entrer chez moi », dit-il d'un calme effrayant. « Tu t'es assise avec lui. Tu lui as parlé. »« Il voulait seulement prendre de mes nouvelles. »« Prendre de tes nouvelles ? » Damien laissa échapper un rire dépourvu du moindre humour. « Mon frère ne fait rien sans raison. Il est venu ici pour te monter contre moi. »Je ne répondis rien. Mon silence tenait lieu de réponse.« Qu'est-ce qu'il t'a dit ? » exigea Damien en s'approchant. « De quels mensonges t'a-t-il rempli la tête ? »« De rien », dis-je d'une voix brisée. « Il a seulement dit qu'il s'inquiétait
PDV d'ElenaJe n'ai pas fermé l'œil de la nuit.Le message reçu du numéro inconnu me brûlait l'esprit, ses mots résonnant en boucle dans ma tête comme un disque rayé.Cela fait trois ans qu'il t'observe.Interroge ton mari sur la pièce fermée à clé.J'ai dû finir par m'assoupir de fatigue, car lorsque j'ai rouvert les yeux, la lumière pâle du matin filtrait à travers les rideaux. Mon téléphone était toujours cramponné dans ma main, l'écran noir.Je me suis redressée lentement, le corps lourd de sommeil. Le message était bien là — je ne l'avais pas imaginé. J'ai fixé ces mots jusqu'à ce qu'ils se brouillent, puis j'ai pris une décision.J'allais affronter Damien.Je l'ai trouvé dans la salle à manger, déjà prêt pour le travail, une tasse de café à la main. Il a levé les yeux quand je suis entrée, son visage trahissant un léger agacement.« Tu es debout de bonne heure », a-t-il dit.« Je dois te poser une question. »Il a posé sa tasse, les yeux plissés. « Qu'y a-t-il ? »J'ai pris une
PDV d'ElenaJe n'ai presque pas fermé l'œil de la nuit.Chaque fois que mes paupières se troublaient de sommeil, la même impression me reprenait aussitôt : cette caresse infiniment douce au milieu des ténèbres, ces doigts tremblants glissant sur ma peau, ces paroles murmurées qui avaient failli me couper le souffle.Ça fait si longtemps que je t'attends.Mais en rouvrant les yeux, le vide m'accueillait seul. Une chambre déserte et le souvenir déjà tamisé d'une présence impossible.Au lever du jour, je m'étais presque convaincue d'avoir tout fabulé. Presque.Accoudée à la table du petit-déjeuner, je poussais distraitement mes œufs dans mon assiette quand Damien entra. Impeccable dans son costume sombre, la chevelure parfaitement ajustée, il affichait cette même expression distante et glaciale.« Bonjour », lança-t-il sans m'accorder un regard tout en se versant un café.« Bonjour. »Il prit place en face de moi et déplia son journal. Un silence épais, pesant, s'étira entre nous. Je l'o
PDV d'ElenaLe lendemain matin, je me réveillai dans un lit vide, avec le souvenir flou d'une rose blanche.Pendant un instant, la désorientation fut totale. Le plafond était trop haut, les draps trop doux, le silence trop lourd. Puis tout me revint en pleine figure — le mariage, les paroles glaciales, l'ombre glissant sous ma porte.Je me redressai lentement, balayant la pièce du regard. La rose était toujours là, déposée sur l'oreiller voisin, exacte là où je l'avais laissée. Ses pétales commençaient à se flétrir, les bords s'enroulant vers l'intérieur. Je tendis la main vers elle, effleurant la tige du pouce en veillant à éviter les épines.Un coup frappé doucement à la porte me fit sursauter.« Madame Blackwood ? »Une voix féminine. Formelle.« Entrez », dis-je en remontant les draps contre ma poitrine.La porte s'ouvrit sur une femme d'une cinquantaine d'années. Elle portait un uniforme gris impeccable, ses cheveux poivre et sel tirés en un chignon strict. Son visage était plutô
PDV d'ElenaLa robe de mariée pesait sur mon cou comme un nœud coulant.Debout au centre de la suite du penthouse, les mains tremblantes le long du corps, je regardais l'homme que venait d'épouser desserrer sa cravate d'un geste lent et calculé. Damien Blackwood ne m'accordait pas un regard. Il ne m'avait pas vraiment regardée de toute la soirée — ni durant la cérémonie, ni pendant la réception, ni lorsque le photographe nous faisait poser comme un couple parfait et épanoui.À ses yeux, je n'étais qu'un meuble. Un meuble hors de prix qu'il venait d'acquérir.« Voici ta chambre », dit-il d'un ton plat. « La mienne est en face, de l'autre côté du couloir. »Je clignai des yeux, assimilant ses paroles : « En face ? »« Je ne partage pas mes appartements. » Il se tourna enfin vers moi, et je reçus le plein fouet de son regard pour la première fois de la nuit. Glacial. « Tu seras prête à sept heures précises chaque matin. Nous avons des apparitions publiques à assurer. »Des apparitions pu







