MasukAmour interdit
Chapitre 3
La souffrance intérieure
Je n'ai pas répondu puis je cours vers ma chambre. Je m'effondre en larmes.
Je pleure toutes les larmes de mon corps. Pourtant tant de souffrance seigneur ? J'ai tout ce qu'il me faut mais je n'ai pas la paix du cœur. Mon mari s'en fout de ce que je ressens. Il me néglige tellement.
Pendant que je pleure à chaudes larmes, mon téléphone s'est mise à sonner . Je ne voulais pas répondre à l'appel mais la personne insiste . Je finis par essuyer mes larmes avant de reprendre le téléphone.
Je fixe l’écran de mon téléphone pendant un long moment avant d’oser décrocher.
Le nom de Kelly s’affiche en lettres capitales.
Ma cousine. Ma confidente. La seule à qui je peux tout dire sans craindre d’être jugée.
Cela faisait un moment qu’on ne s’était pas parlé, et je sais qu’elle s’inquiète pour moi.
Je soupire profondément avant d’appuyer sur le bouton vert.
— Allô Kelly ? dis-je d’une voix fatiguée.
— Ma chérie, enfin ! s’exclame-t-elle avec soulagement. Tu sais combien de fois j’ai essayé de t’appeler ces derniers jours ? Dis-moi, comment tu vas ?
J’essaie de masquer le tremblement dans ma voix.
— Je vais bien, et toi ?
— Moi, je vais parfaitement bien, répond-elle, un peu trop joyeusement. Puis elle marque une pause. Mais toi ta voix ne trompe pas. On dirait que tu as pleuré. Qu’est-ce qui ne va pas ?
Je force un petit rire.
— Rien du tout, Kelly. Tout va bien, je t’assure. Ne t’inquiète pas pour moi.
— Ne pas m’inquiéter ? réplique-t-elle vivement. Tu oublies que je te connais mieux que toi-même. Tu me caches quelque chose. Dis-moi la vérité .Tu t’es encore disputée avec Marc, n’est-ce pas ?
Je reste silencieuse un instant. Puis je murmure :
— Je n’appellerais pas ça une dispute. Mais, à vrai dire, Marc ne semble plus intéressé par moi. J’ai l’impression qu’il ne m’aime plus. Il ne me regarde même plus, Kelly. Il ne me touche pas, il m’évite comme si je n’existais plus.
De l’autre côté du fil, j’entends ma cousine soupirer.
— Ah ma chérie écoute-moi bien. Tu as remarqué que je ne me plains plus de mon mari, hein ?
— Oui, dis-je en essayant de sourire un peu. Au moins, le tien a changé. Mais le mien j’ai l’impression qu’il ne changera jamais.
Elle rit doucement, un rire qui me semble amer.
— Qui t’a dit qu’il a changé ? Les hommes ne changent pas. Ils ne changeront jamais.
— Alors pourquoi tu ne te plains plus ?
— Parce que j’ai trouvé la solution à mon problème.
Je fronce les sourcils.
— Quelle solution ?
— C’est simple, répond-elle d’une voix calme, presque fière. Je me suis trouvé un amant.
Je reste muette, figée.
— Quoi ?! m’exclamé-je. Tu… tu trompes ton mari ?
— Oui, et alors ? dit-elle sans la moindre honte. Les hommes sont des animaux. C’est tout ce qu’ils méritent. Tu sais, moi, Kelly, j’ai versé trop de larmes pour un homme qui n’en valait pas la peine. Maintenant, je vis pour moi.
Je sens mon cœur se serrer.
— Mais tu es sérieuse là ?
— Très sérieuse. Et je te conseille d’en faire autant. Arrête de souffrir pour rien. Si ton mari refuse de te satisfaire au lit, va ailleurs. Il y a plein d’hommes dehors qui rêveraient de te combler, ma belle.
Je secoue la tête, incrédule, même si elle ne peut pas me voir.
— Non, Kelly, arrête avec cette folie. Jamais je ne pourrais faire ça. Je préfère encore me séparer de Marc que de le tromper sous son propre toit.
— Pauvre naïve. Et qu’est-ce qui te fait croire que lui ne te trompe pas déjà ?
Je me redresse brusquement sur le lit.
— Non, Marc n’est pas comme ça . dis-je avec assurance. Je peux jurer qu’il ne me trompe pas.
— Regarde-moi cette femme naïve, soupire-t-elle. Aucun homme n’est fidèle, ma chérie. Aucun. Ouvre les yeux avant qu’il ne soit trop tard.
Je sens les larmes monter, mais je me retiens.
— Tu peux penser ce que tu veux, Kelly, mais je connais mon mari. Il est fidèle. Et malgré tout ce qu’il me fait subir, je refuse de me rabaisser à ce point.
Un silence s’installe. Puis elle reprend d’un ton plus doux :
— Bon, je ne veux pas te contrarier. J’ai juste voulu entendre ta voix, c’est tout. Et s’il te plaît, arrête de pleurer. Tu vas finir par tomber malade.
— Merci, ma cousine, dis-je en essuyant discrètement une larme.
— Je passerai te voir dans la semaine, d’accord ?
— Je serai très ravie, Kelly.
— Prends soin de toi, ma chérie.
— Je le ferai. Et merci d’avoir pensé à moi.
L’appel se termine.
Je reste là, le téléphone à la main, le cœur serré.
Les mots de Kelly résonnent encore dans ma tête : “Aucun homme n’est fidèle.”
Je voudrais ne pas y croire, mais une part de moi commence à douter Et c’est ce doute-là, plus que la douleur, qui me fait le plus peur.
Je lance le téléphone sur le lit après avoir finir de parler avec ma cousine.
Non mais cette fille est folle on dirait . Comment elle peut me demander une chose pareille ? Mais non, je ne me vois pas entrain de tromper mon mari juste parce qu'il ne me touche plus. Je peux très bien contrôler mes envies s'il le faut , mais aller jusqu'à le tromper, je ne ferai jamais ça. C'est de l'abomination
Deux jours sont passés depuis notre conversation téléphonique, mais les mots de Kelly continuent de résonner dans ma tête.
“Aucun homme n’est fidèle.”
J’ai beau me répéter que ce n’est pas vrai, une petite voix perfide en moi sème le doute.
Marc, fidèle ? Et si
Je secoue la tête. Non. Pas lui. Pas mon mari.
Je suis dans le salon, en train de ranger quelques affaires, quand j’entends frapper à la porte.
Trois petits coups. Légers.
Je n’ai même pas besoin de demander qui c’est : je reconnaîtrais cette façon de frapper entre mille.
J’ouvre la porte, et Kelly se tient là, sourire aux lèvres, vêtue d’une robe rouge qui met en valeur sa silhouette parfaite.
Ses cheveux sont lâchés, son parfum envahit déjà l’air autour d’elle.
— Ma beauté ! s’exclame-t-elle en m’enlaçant. Tu es encore plus jolie que la dernière fois !
Je souris faiblement.
— Arrête de te moquer, Kelly. Entre, fais comme chez toi.
Elle entre, dépose son sac sur le canapé et me regarde avec ses yeux pétillants.
— Dis donc, tu as maigri, non ?
— Un peu, peut-être. J’ai pas trop d’appétit ces derniers temps.
— Je m’en doutais. Marc te fait toujours tourner en bourrique, hein ?
Je soupire.
— Disons que rien n’a vraiment changé. Il est toujours froid, distant. On dirait qu’il a la tête ailleurs.
— Tu veux dire dans les bras d’une autre ? lance-t-elle en arquant un sourcil.
Je la fixe, agacée.
— Kelly, s’il te plaît. Pas aujourd’hui.
Elle rit doucement.
— Ok, ok. Calme-toi. Mais tu sais que j’ai raison.
Je m’assieds à côté d’elle.
— Je ne sais plus quoi penser. Hier soir encore, il est rentré tard sans même me dire bonsoir. Il a pris sa douche et s’est couché. Comme un étranger.
— Et toi ? me demande-t-elle, en me regardant droit dans les yeux. Tu restes là, à espérer qu’il change ?
— Que veux-tu que je fasse ?
— Te venger.
— Pardon ?
— Oui, te venger. Fais-lui goûter à sa propre médecine. Qu’il ressente un peu la douleur qu’il te fait vivre.
Je me redresse, choquée.
— Kelly , Comment peux-tu dire ça ? La vengeance ne réparera rien.
— Mais elle soulage, ma belle, réplique-t-elle d’un ton assuré. Moi, depuis que j’ai mon amant, je revis .
Je la regarde, interdite.
— Tu parles de trahison comme si c’était un remède .
— Ce n’est pas de la trahison, c’est de la survie. Tu comprends ? Quand ton mari t’abandonne, tu dois t’aimer toi-même. Et si un autre homme t’aide à te sentir vivante, alors pourquoi pas ?
Je secoue la tête.
— Non. Ce n’est pas ma façon d’aimer. Je ne peux pas partager mon cœur avec deux hommes. Même blessée, je reste fidèle à celui que j’ai choisi.
Kelly sourit tristement.
— Tu es trop pure pour ce monde, ma chérie. Mais tu verras la vie finira par t’apprendre.
Je détourne les yeux.
— Peut-être. Mais pas de cette manière.
Un silence s’installe. Elle se lève, fait un tour dans la pièce, observe les cadres photo sur le mur.
Elle s’arrête devant une photo de moi et Marc, prise lors de notre lune de miel. On souriait, heureux, insouciants.
Kelly éclate d’un petit rire ironique.
— Regarde-les les amoureux parfaits. Si seulement les photos pouvaient parler.
— Tu deviens cruelle, Kelly.
Elle se retourne vers moi, son regard s’adoucit un peu.
— Je ne veux pas être cruelle. Je veux juste t’ouvrir les yeux.
— Et si tu te trompais ? Et si, pour une fois, un homme pouvait être sincère ?
— Alors tant mieux pour toi. Mais ne te berce pas d’illusions. Les hommes, c’est comme le vent : ils changent de direction sans prévenir.
Je ne réponds pas.
Elle vient s’asseoir à nouveau, prend ma main.
— Écoute, je ne te dis pas de faire comme moi. Mais au moins, pense à toi. Fais quelque chose qui te rend heureuse. Ne reste pas prisonnière d’un amour qui te détruit.
Ses mots me touchent, même si je refuse de l’admettre.
— Je vais essayer, dis-je doucement.
Kelly sourit.
— C’est tout ce que je voulais entendre. Et maintenant, prépare-nous un café. On va papoter entre femmes.
Je me lève, un peu apaisée.
Pendant que je verse l’eau chaude, je l’entends fredonner une chanson dans le salon.
Et malgré moi, je repense à ce qu’elle a dit :
“Ne reste pas prisonnière d’un amour qui te détruit.”
Je venais à peine de poser la tasse devant Kelly que la porte s’ouvrit doucement derrière moi.
Je me retourne, et là, Maël apparaît dans l’encadrement, vêtu simplement d’un tee-shirt noir qui dessinait parfaitement sa carrure.
— Bonsoir madame, dit-il d’une voix un peu hésitante, tout en évitant soigneusement le regard de Kelly, planté sur lui comme une flèche.
Je lui souris.
— Bonsoir Maël, tu es de retour ?
— Oui madame, répond-il avant d’ajouter, un léger sourire au coin des lèvres, bonsoir deuxième madame, en s’adressant à Kelly, sans vraiment la regarder.
Kelly arque un sourcil, mais ne dit rien. Elle se contente de le suivre du regard, fascinée. Je la connais, je vois cette lueur dans ses yeux. Celle qu’elle a chaque fois qu’un homme attire son attention.
Maël, visiblement gêné, s’éclipse rapidement et disparaît dans le couloir. La porte de sa chambre se referme doucement derrière lui.
À peine le silence revenu, Kelly se tourne brusquement vers moi, un sourire malicieux aux lèvres.
— Mais qui est lui ?! s’exclame-t-elle presque en chuchotant. Qu’est-ce qu’il est mignon, oh mon Dieu
— Arrête, Kelly. C’est notre invité. Enfin ,c’est le fils d’une amie à mon mari.
— Une amie à ton mari ? Eh bien, ton mari a de bien charmants amis, dis donc. Ce garçon est à croquer. Il a ce regard doux mais mystérieux, tu vois ? Et ses épaules oh la la
— Kelly, sérieusement
Mais elle continue, comme si elle ne m’entendait pas.
— Non mais attends . Regarde bien, ma chérie. Ce garçon est parfait pour toi. Il est jeune, séduisant, respectueux, et il vit ici sous ton toit. Le destin t’a tout apporté sur un plateau d’argent, et toi tu continues de te morfondre pour un mari qui t’ignore ?
Je sens mon cœur se serrer à cette remarque. Elle ne mesure pas à quel point ces mots me blessent.
— Tu sais très bien que ce n’est pas aussi simple
Kelly me fixe, sérieuse cette fois.
— Pas simple ? Ton mari passe son temps dehors, il ne te regarde même plus, et toi tu continues à l’attendre com
me une femme docile ? Réveille-toi un peu, ma belle. Il y a des limites à la patience.
Je me lève d’un bond, la voix tremblante.
— Ça suffit, Kelly. Si tu n’as rien d’autre à me dire, s’il te plaît, va-t’en de chez moi.
__ Pardon ?
À suivre.....
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