Home / Romance / Appelle-Moi Daddy / LEÇONS INTERDITES (IV)

Share

LEÇONS INTERDITES (IV)

Author: Luneth
last update publish date: 2026-07-07 15:16:48

MAYA

Nos conversations privées se multipliaient chaque fois que ma mère devait partir en voyage pour son travail. Ces jours-là, la maison semblait plus grande et plus silencieuse, comme si Daniel et moi partagions un monde secret rien qu’à nous. Je terminais rapidement mes devoirs et j’attendais avec une drôle de sensation au creux du ventre, espérant qu’il m’inviterait dans son bureau. Il me donnait de petites leçons sur la responsabilité, la patience et le respect de soi. Il me confiait de petites tâches, comme ranger ma chambre avec soin ou planifier ma semaine. Quand je les terminais, il vérifiait tout avec attention et me disait si j’avais bien réussi. Mon cœur se réchauffait de bonheur chaque fois qu’il remarquait mes efforts. Les anciennes disputes avaient presque disparu et je commençais à attendre ces soirées tranquilles comme le meilleur moment de ma semaine. La tension dans l’air grandissait lentement à chaque fois que nous étions seuls, faisant picoter ma peau d’une façon nouvelle et étrange. Je me demandais s’il ressentait la même chose ou si tout cela se passait seulement dans ma tête. Chaque instant passé avec lui me donnait un sentiment de protection et de valeur, mais cela m’effrayait aussi, car je savais que ce n’était pas une relation familiale normale.

J’adorais la façon dont Daniel pouvait dominer toute une pièce sans jamais élever la voix, ne serait-ce qu’un peu. Il restait assis derrière son grand bureau, l’air si fort et sûr de tout. Sa présence solide me procurait une sécurité que personne d’autre ne m’avait jamais offerte. C’était comme si rien de mal ne pouvait arriver quand il était près de moi. Je me surprenais de plus en plus à l’observer, qu’il parle ou qu’il bouge. Je remarquais ses mains puissantes quand il prenait des papiers ou écrivait avec son stylo. Ses yeux se posaient sur moi avec une telle attention que mes joues s’enflammaient et que mon cœur battait plus vite. Le suspense grandissait en moi chaque soir, car je ne savais jamais exactement de quoi nous allions parler ni à quel point nous allions nous sentir proches. Mes émotions se mélangeaient : bonheur, nervosité et une attirance chaude que je ne pouvais pas expliquer. J’essayais de me comporter normalement, assise en face de lui, mais à l’intérieur je sentais une tempête grandir. Ces moments rendaient la maison différente, comme si elle abritait quelque chose d’important entre nous. Au fond de moi, je savais que je ne devrais pas penser autant à lui, mais les sentiments ne faisaient que s’intensifier, malgré tous mes efforts pour les repousser.

Un après-midi où ma mère était absente pour plusieurs jours, je travaillai avec beaucoup d’application sur une tâche difficile que Daniel m’avait confiée. Il s’agissait de noter tous mes objectifs scolaires et la manière dont je comptais les atteindre étape par étape. Ma main tremblait légèrement en écrivant, car je voulais tellement le rendre fier de moi. La maison était très silencieuse, à part le tic-tac doux de l’horloge au mur. Je me sentais excitée et nerveuse à la fois en descendant le couloir vers son bureau, mes feuilles serrées entre mes mains. Mon esprit s’emballait de questions sur ce qu’il dirait en voyant mon travail. Allait-il me sourire ? Ses yeux auraient-ils cette chaleur qu’ils prenaient parfois ? Les émotions dans ma poitrine étaient si fortes et si lourdes qu’elles semblaient sur le point d’exploser. Je pris une grande inspiration avant de frapper à la porte, sentant le suspense grandir à chaque pas. Quand il m’invita à entrer, la lumière chaude de sa lampe rendait la pièce douillette et intime, comme si nous étions dans notre propre petit univers. Je lui tendis les papiers et restai là, les mains jointes, attendant sa réaction. Mon cœur cognait fort dans mes oreilles tandis que je le regardais lire.

Daniel parcourut chaque page lentement et avec soin, et j’attendis en retenant mon souffle tout du long. Le silence dans la pièce s’étirait, rendant la tension plus épaisse et plus lourde. Je me balançais d’un pied sur l’autre, anxieuse mais pleine d’espoir. Il finit par lever les yeux vers moi avec une expression douce et gentille qui me fit flageoler les genoux. L’air entre nous semblait chargé d’une chose que je ne pouvais nommer et qui me faisait frissonner partout. J’attendis ses mots, envahie par un flot d’émotions : fierté mêlée à l’inquiétude de ce qui pourrait suivre. Sa présence emplissait tout le bureau et je me sentais attirée vers lui d’une manière nouvelle et troublante. Le moment paraissait important, comme si tout entre nous changeait lentement sans que nous le disions à voix haute. Mes joues s’échauffèrent et je dus baisser les yeux un instant pour cacher à quel point son attention comptait pour moi.

« Tu as fait un excellent travail, Maya, dit-il de sa voix grave et chaleureuse qui me faisait toujours me sentir spéciale. Je suis vraiment fier des progrès que tu fais. Tu deviens une jeune femme impressionnante avec un bel avenir devant toi. »

Ses mots enveloppèrent mon cœur comme une grande étreinte chaude et je sentis des larmes de bonheur me monter aux yeux. Je souris largement et le remerciai doucement, envahie par une vague de joie qui me fit me redresser. Puis il se leva de sa chaise, contourna le bureau et vint se placer juste devant moi. Il posa l’une de ses grandes mains avec douceur sur mon épaule et ce contact envoya une étincelle à travers tout mon corps. Sa main resta là plus longtemps que nécessaire et mon cœur se mit à battre si fort que j’eus l’impression qu’il allait sortir de ma poitrine. La chaleur de ses doigts rendait ma peau vivante et sensible. Je levai les yeux vers les siens et la façon dont il me regarda me parut plus profonde qu’avant. L’air dans la pièce crépitait de sentiments cachés et aucun de nous n’en parla, mais je savais que nous le ressentions tous les deux. Mon esprit s’emplit de pensées confuses sur la sensation agréable d’être si proche de lui et sur le fait que je ne devrais pas le désirer autant. Le suspense de ce moment rendait le temps plus lent, comme si le monde s’était arrêté rien que pour nous.

Je ne m’écartai pas de sa main, même si une petite voix dans ma tête me disait que je devrais. Les émotions en moi étaient si puissantes qu’elles me donnaient le vertige, me rendant heureuse et effrayée à la fois. Je l’admirais plus que je ne pouvais l’exprimer et sa manière calme de me guider me faisait me sentir vraiment choyée. Nous restâmes ainsi, parlant doucement de mes objectifs et de la façon dont je pouvais m’améliorer chaque jour. Sa voix restait calme et bienveillante, mais j’y percevais une nouvelle chaleur qui faisait des petits bonds dans mon ventre. Je lui avouai sincèrement combien ses leçons comptaient pour moi et à quel point elles me rendaient plus forte intérieurement. La conversation coulait naturellement entre nous, mais sous chaque mot la tension continuait de grandir comme un secret que nous portions tous les deux. Je me demandais s’il ressentait la même connexion étrange qui nous rapprochait ou si je l’imaginais seule. Mon visage resta chaud pendant tout ce temps et je continuai à sourire, même quand mes pensées s’emplissaient d’idées interdites.

À mesure que la soirée avançait, nous parlâmes de toutes sortes de choses qui me tenaient à cœur. Daniel m’écoutait avec une attention totale, comme toujours, et me donnait des conseils qui me faisaient me sentir vraiment comprise. Je lui confiai mes inquiétudes sur les amitiés à l’école et ce que je voulais pour mon avenir ; il me rassura de sa manière forte et tranquille. Ces moments privés, quand maman était absente, étaient devenus les plus lumineux de mes journées. J’adorais être proche de lui et apprendre de sa sagesse. Mais au fond de mon cœur, je savais que je franchissais une ligne invisible que les familles ne devraient pas franchir. L’attirance interdite envers lui grandissait à chaque conversation, à chaque parole douce de sa part. Sa main sur mon épaule ce soir-là resta longtemps dans mes pensées, bien après qu’il l’eut retirée. Je quittai son bureau le cœur rempli d’émotions compliquées que je ne parvenais pas à démêler. Le bonheur de ses compliments se mêlait à la nervosité face à ces nouvelles sensations chaudes. La maison semblait différente désormais, comme si elle abritait un doux secret rien qu’entre nous deux. Cette nuit-là, dans ma chambre, je restai allongée dans mon lit à penser à lui pendant longtemps. La tension entre nous grandissait lentement jour après jour et je ne pouvais plus l’ignorer, malgré tous mes efforts. Mes sentiments pour Daniel s’étaient transformés en quelque chose de plus profond et de plus chaud qu’avant. Je savais que c’était risqué et peut-être mal, mais une partie de moi ne voulait pas que ces moments s’arrêtent. Ces instants particuliers nous rapprochaient de plus en plus et je me sentais à la fois effrayée et excitée par ce qui pourrait venir ensuite dans notre lien grandissant. Les leçons qu’il me donnait changeaient non seulement mes habitudes, mais aussi mon cœur, et je me demandais combien de temps encore je pourrais faire semblant que tout était encore normal.

Continue to read this book for free
Scan code to download App

Latest chapter

  • Appelle-Moi Daddy   LA SERRE (IV)

    MayaJ’ai vu que la porte n’était pas tout à fait fermée avant même d’atteindre la serre. Le loquet était relevé exprès. Une fine ligne d’air chaud s’échappait et l’odeur de terre mouillée et de fleurs venait avec. Mon ventre s’est affaissé et s’est serré en même temps parce que je savais qu’il l’avait fait exprès et que j’entrais quand même.La serre était assez près de la limite de propriété pour que le voisin du fond puisse voir un mouvement s’il regardait sous le bon angle à travers le feuillage. Elias le savait. Il me l’avait dit une fois pendant qu’on arrosait, presque en passant, que la travée du fond était le seul endroit où quelqu’un marchant sur le sentier latéral pouvait capter la forme de quelqu’un à l’intérieur si la lumière tombait mal. Il ne l’avait pas dit comme un avertissement. Il l’avait dit comme un fait qu’il voulait que je porte.Aujourd’hui il ne m’a pas saluée. Il se tenait dans cette travée du fond, déjà le dos au verre, les grands cannas et les fougères suspe

  • Appelle-Moi Daddy   LA SERRE (III)

    MayaJe me tenais près de la table de rempotage, les mains encore un peu sales d’avoir l’aidé à transplanter les poivrons, et je n’arrivais pas à le regarder en face au début parce que ce que je voulais dire me semblait trop grand.« Je n’arrête pas de penser à toi qui m’attrapes », ai-je dit. Les mots sont sortis plus petits que je ne le voulais. « Comme si je n’avais pas le droit d’être ici. Comme si tu prenais quelque chose. Je crois que c’est ce que je veux. Uniquement à l’intérieur de cet endroit. »Elias s’est essuyé les mains sur un chiffon et a attendu que je lève les yeux. Sa voix est restée égale.« Si on fait ça, il nous faut un mot qui arrête tout. Pas peut-être. Pas plus tard. Tout s’arrête dès que tu le dis. »J’ai avalé. « Glasshouse. »« Répète. »« Glasshouse. »« Si tu dis ce mot, je te lâche. Je te vérifie. On arrête pour la journée ou on s’assoit par terre et on parle. Pas d’orgueil. On ne force pas. Tu comprends ? »« Je comprends. »« Tout le reste est permis ici

  • Appelle-Moi Daddy   LA SERRE (II)

    MayaJe me suis assise sur mon lit l’après-midi suivante et j’ai senti la douleur entre mes jambes d’hier, et je me suis quand même dit que je resterais chez moi. Puis j’ai mis une jupe quand même. Pas de culotte, exactement comme il l’avait dit. Le tissu collait un peu à moi parce que j’étais déjà mouillée rien qu’à penser à la table, à sa main et à la façon dont il avait enfoncé son sperme à nouveau en moi.La serre ne refroidissait jamais vraiment. Je l’ai vu dès que j’ai franchi la porte. De la condensation coulait le long du verre en rivières lentes. L’humidité s’installait sur ma peau comme une seconde couche. L’air était épais et sucré de plants de tomates et de terre mouillée. Mon cœur battait si fort que je l’entendais dans mes oreilles.Elias m’attendait près de la table de rempotage. Manches relevées. De la terre encore sur les mains. Il m’a regardée de la même façon qu’hier, comme s’il savait déjà que je viendrais.« Ferme à clé », a-t-il dit.J’ai fermé. Le clic a sonné d

  • Appelle-Moi Daddy   LA SERRE (I)

    MayaJe me suis répété que je ne traversais la cour que pour apporter le sac de terreau en trop. C’était l’histoire que je me racontais en boucle tout le long du chemin. Juste le terreau. Rien d’autre. Mes mains transpiraient pourtant sur le plastique. Mon cœur battait si fort que je le sentais dans ma gorge.La serre se trouvait au fond de son terrain, tout en verre et en fer ancien. Même de l’extérieur, les vitres étaient embuées. La chaleur s’échappait autour de la porte. Je sentais déjà la terre et les plants de tomates avant même de toucher la poignée.J’ai poussé la porte. L’air chaud et humide m’a enveloppée tout de suite. Il était épais, au point que je pouvais le goûter sur ma langue. Terre. Plantes vertes. Le parfum légèrement sucré des poivrons presque mûrs. Quelque part derrière les rangées, de l’eau gouttait.Elias était à la table de rempotage. Ses mains étaient noires de terre. Manches relevées jusqu’aux coudes. Des mèches argentées aux tempes. Des bottes de travail pla

  • Appelle-Moi Daddy   LE VOYAGE DE RECHERCHE (VI)

    AvelineLe seau à glace était posé sur le bureau comme s’il nous avait attendus. Le départ était plus tard. La chambre sentait encore le sommeil et le sexe. J’avais mal à des endroits qui ne me faisaient pas mal vendredi, et je le voulais encore.Le professeur Xavier prit un glaçon et le leva pour que je le voie fondre.« Dernier matin, dit-il. La température. Ensuite tu te rends jusqu’au bout. Tu connais la règle. »« Oui, Professeur. »Il m’allongea sur le dos. Pas de corde. Seulement moi, le froid et ses mains. Il fit tourner le glaçon autour de mon mamelon jusqu’à ce qu’il brûle et se resserre. Je haletai. Il regardait mon visage.« Dis-le. »« Professeur. »Il posa sa bouche chaude au même endroit. Le contraste me fit sursauter. La chaleur après le gel. J’agrippai le drap.« Bonne fille. Ce n’est pas une punition. C’est une sensation. Tu restes avec moi. »Il fit la même chose à l’autre mamelon. Glaçon. Brûlure. Bouche. Louange. Ma peau tressaillit. Mon souffle s’amincit. Il fit

  • Appelle-Moi Daddy   LE VOYAGE DE RECHERCHE (V)

    AvelineJe ne me réveillai pas d’un seul coup. Je me réveillai en le sentant déjà en moi.Ce n’était pas dur. Ce n’était pas cruel. C’était simplement là. Des poussées lentes dans la demi-obscurité pendant que mon esprit était encore dans un rêve et que mon corps disait déjà oui. Je fis un petit son. Sa bouche était à mon oreille.« Reste molle, dit le professeur Xavier. Tu l’as demandé. Tu m’as dit que tu voulais savoir ce que ça faisait d’être utilisée pendant que tu n’étais plus sur tes gardes. Je te donne ça. Ne pense pas encore. Laisse-moi m’en occuper. »Je me souvins. La veille, après qu’il m’eut nettoyée, après qu’il m’eut tenue, je l’avais dit d’une petite voix. Je voulais être prise pendant que je dormais encore. Je voulais me réveiller déjà pleine. Je voulais être sa bonne fille sans avoir à jouer un rôle d’abord.Mon corps était mouillé. Je le sentais. Il bougeait en moi depuis assez longtemps pour que je sois glissante, ouverte et chaude. J’essayai de lever la main et il

More Chapters
Explore and read good novels for free
Free access to a vast number of good novels on GoodNovel app. Download the books you like and read anywhere & anytime.
Read books for free on the app
SCAN CODE TO READ ON APP
DMCA.com Protection Status