ログインCamille
J'aurais dû me taire. J'aurais dû baisser la tête, m'excuser, fuir. Mais il y a quelque chose en moi qui refuse de plier. Quelque chose qui s'est réveillé la nuit où je l'ai vu avec Ludivine, et qui depuis ne demande qu'à le défier. Peut-être que je voulais le punir. Peut-être que je voulais qu'il me punisse. Je ne sais plus. Tout se mélange dans ma tête, le désir, la culpabilité, le deuil, la jalousie. — Sinon quoi ? Les mots sont sortis avant que je puisse les retenir. Un défi. Une provocation. Il a plissé les yeux, et j'ai vu passer dans son regard une flamme sombre, brûlante, qui m'a transpercée de part en part. Il a approché son visage du mien. Ses lèvres étaient si proches que je pouvais sentir leur chaleur, presque leur goût. Je n'avais qu'à avancer d'un centimètre pour les toucher. Ma bouche s'est entrouverte, ma langue est passée sur ma lèvre inférieure. Il a suivi ce mouvement des yeux, et j'ai vu sa mâchoire se crisper. — Sinon je te punis. Sa voix était un murmure rauque, à peine audible, mais chaque syllabe a résonné en moi comme une détonation. Ma respiration s'est bloquée. Mon cœur a raté un battement. Mes cuisses se sont serrées involontairement, et une vague de chaleur a déferlé dans mon ventre, est descendue jusqu'à ma chatte qui s'est mise à pulser, à mouiller, à réclamer. Il l'a vu. Il a baissé les yeux vers mes jambes, vers mes cuisses nues sous la robe blanche, puis il est remonté lentement, très lentement, jusqu'à mon visage. Un sourire mauvais a étiré ses lèvres. — Tu aimerais ça, n'est-ce pas ? Que je te punisse. Que je te plie sur cette table. Que je retrousse cette robe, celle de ma femme, ta sœur, et que je te prenne par-derrière comme j'ai pris Ludivine. Il a marqué une pause, savourant l'effet de ses mots sur moi. — Tu aimerais que je te fasse mal. Que je tire tes cheveux. Que je claque ton cul jusqu'à ce qu'il soit rouge. Tu es venue ici habillée comme elle, parfumée comme elle, parce que tu veux que je te baise comme je la baisais. Je n'ai pas répondu. Je ne pouvais pas. J'étais plaquée contre ce mur, prisonnière de son corps, de son odeur, de cette tension électrique qui crépitait entre nous. Ma chatte dégoulinait, ma culotte était trempée, et je sentais une goutte de mouille couler lentement le long de ma cuisse. Il l'a vue. Il a baissé les yeux, a fixé la goutte qui brillait sur ma peau, et il a souri. — Tu es trempée. Rien qu'avec des mots. Tu es vraiment une petite salope, Camille. Sa main a quitté le mur et s'est approchée de mon visage. Ses doigts ont effleuré ma joue, ma mâchoire, puis sont descendus le long de mon cou, sur ma clavicule, jusqu'à la naissance de mes seins. J'ai retenu mon souffle. Sa main s'est arrêtée là, juste au-dessus du tissu, et j'ai senti la chaleur irradier de sa paume. C'est à ce moment-là que la porte d'entrée s'est ouverte. Un bruit de clés, des pas dans le vestibule. Ludivine. Déjà revenue. La main de Vincent s'est retirée comme s'il avait touché une flamme. Il a reculé d'un pas, puis deux, sans me quitter des yeux. Ludivine est entrée dans la cuisine et s'est figée en nous voyant. Moi, adossée au mur, les joues en feu, les cuisses serrées, la robe blanche de ma sœur sur le corps, le parfum d'Alice flottant dans l'air. Vincent, le souffle court, les poings serrés, la braguette tendue par une érection visible. — Je... je suis désolée, a balbutié Ludivine. J'ai oublié mon sac. Elle a attrapé un sac à main posé sur le plan de travail et elle est ressortie en trombe. La porte a claqué. Le silence est retombé, plus lourd encore qu'avant. Vincent m'a regardée une dernière fois. Un regard brûlant, haineux, désirant. Un regard qui promettait l'enfer et le paradis mêlés. Puis il a tourné les talons et il est sorti à son tour, me laissant seule, adossée au mur de la cuisine, les jambes tremblantes, la robe de ma sœur sur la peau, et le goût amer du désir interdit sur la langue. Je n'ai pas bougé pendant de longues minutes. Puis, lentement, ma main a glissé sous la robe blanche, a écarté ma culotte trempée, et j'ai enfoncé mes doigts dans ma chatte brûlante. Je me suis doigtée contre le mur de la cuisine, debout, les yeux fermés, en imaginant qu'il était revenu, qu'il m'avait pliée sur la table, qu'il m'avait prise sauvagement comme il l'avait promis. Et j'ai joui en silence, le nom de Vincent sur les lèvres, le parfum de ma sœur autour de moi comme un linceul. Ce soir-là, je n'ai pas descendu dîner. Je suis restée dans ma chambre, la robe blanche pliée sur la chaise, le parfum d'Alice encore sur ma peau. Et j'ai pleuré. J'ai pleuré ma sœur, j'ai pleuré ma honte, j'ai pleuré ce désir qui me dévorait de l'intérieur et que je ne pouvais ni assouvir, ni éteindre. Demain, il faudra que je parte. Que je quitte cette maison, cet homme, cette enfant que j'aime comme ma fille. Demain, il faudra que je sauve ce qui peut encore l'être. Mais ce soir, je reste. Ce soir, je me touche encore en pensant à lui. Ce soir, je suis la pire des femmes, la pire des sœurs, la pire des tantes. Et je n'arrive pas à m'en vouloir. C'est ça, le pire. Je n'arrive pas à m'en vouloir.Vincent Ce samedi, le parc est une cocotte-minute. Des gamins hurlent partout, leurs cris stridents rebondissent sur les structures métalliques, les mères transpirent sur les bancs en s'éventant avec des magazines people, les pigeons obèses se disputent des miettes de pain moisi. L'air sent le gazon coupé, la barbe à papa, la crème solaire et la sueur. Ma fille est sur l'aire de jeux, Manon, trois ans, suspendue au filet comme un petit singe, ses boucles brunes collées à son front par la transpiration, son rire qui fuse à chaque balancement. Je la surveille d'un œil distrait, adossé au banc de bois brûlant. Mon autre œil, toutes mes pensées, toute mon attention sont braqués sur la femme assise à l'autre extrémité du banc. Camille. Ma belle-sœur. La sœur de ma femme défunte. Elle porte une robe bleue, légère, qui s'arrête à mi-cuisse. Ses jambes sont nues, bronzées, interminables, lisses comme du satin. Elle a croisé les chevilles, ses sandales balancent doucement au bout de ses or
Sa voix me fait sursauter. Je ravale ma salive et j'obéis. Je passe la serviette sur son torse, plus lentement, plus appuyé. Le tissu râpe les poils sombres qui parsèment sa poitrine, dessinant des sillons dans la sueur. Ses pectoraux se contractent à mon contact, ses abdominaux se durcissent sous mes doigts tremblants. Je descends, je suis la ligne médiane de son ventre, cette route de chair et de muscles qui mène à l'interdit. Je sens chaque bosse, chaque creux, chaque relief de ce corps d'homme dans la force de l'âge. Il ne dit rien. Il me regarde. Il me laisse faire. Mais son silence est plus éloquent qu'un discours. Il me laisse le toucher. Il me donne la permission d'explorer, de caresser, de m'approcher au plus près de l'interdit. C'est un jeu. Un jeu cruel dont il fixe les règles. — Encore plus bas. Ma main tremble. La serviette arrive à la ceinture du jean. Mes doigts effleurent la peau nue juste au-dessus du denim. C'est là que l'odeur est la plus forte, musquée, animale,
Camille L'air est immobile. Pas un souffle, pas un frémissement. Les feuilles du grand tilleul pendent, molles, écrasées par un soleil de plomb qui transforme le jardin en fournaise. L'ombre elle-même est chaude, épaisse, moite. Ma robe en coton léger me colle à la peau, l'ourlet remonte sur mes cuisses nues, et le livre que j'ai emporté repose ouvert sur mes genoux sans que j'en aie lu une seule ligne. Je ne peux pas. Mes yeux refusent d'obéir. Ils glissent, ils dévient, ils retournent toujours vers lui. Vincent est torse nu au fond du jardin, près de la terrasse fracassée par l'orage du mois dernier. Il reconstruit la pergola, pièce par pièce, avec cette patience méthodique qui caractérise chacun de ses gestes. Le bois crisse sous la scie, des échardes volent dans la lumière éclatante, et la sueur ruisselle sur sa peau comme de l'huile sur du bronze. Ses épaules sont larges, épaisses, striées de muscles qui se déploient et se contractent au rythme du travail. Je vois chaque détai
Camille J'aurais dû me taire. J'aurais dû baisser la tête, m'excuser, fuir. Mais il y a quelque chose en moi qui refuse de plier. Quelque chose qui s'est réveillé la nuit où je l'ai vu avec Ludivine, et qui depuis ne demande qu'à le défier. Peut-être que je voulais le punir. Peut-être que je voulais qu'il me punisse. Je ne sais plus. Tout se mélange dans ma tête, le désir, la culpabilité, le deuil, la jalousie. — Sinon quoi ? Les mots sont sortis avant que je puisse les retenir. Un défi. Une provocation. Il a plissé les yeux, et j'ai vu passer dans son regard une flamme sombre, brûlante, qui m'a transpercée de part en part. Il a approché son visage du mien. Ses lèvres étaient si proches que je pouvais sentir leur chaleur, presque leur goût. Je n'avais qu'à avancer d'un centimètre pour les toucher. Ma bouche s'est entrouverte, ma langue est passée sur ma lèvre inférieure. Il a suivi ce mouvement des yeux, et j'ai vu sa mâchoire se crisper. — Sinon je te punis. Sa voix étai
VincentElle ouvre la bouche pour protester, mais aucun son ne sort. Ses joues s'empourprent, sa respiration s'accélère. Je vois sa poitrine se soulever sous son pull, ses tétons pointer. Elle reste là, à genoux, les mains sur les cuisses, les yeux fixés sur la photo de sa sœur. Sa respiration est courte, saccadée. Moi, je reste debout derrière elle. Je la domine. Je vois sa nuque, ses cheveux qui bouclent sur sa peau, ses épaules qui tremblent légèrement. Je vois la courbe de son dos, la naissance de ses fesses sous sa robe. Je bande comme jamais. C'est monstrueux, je sais, mais je bande en regardant ma belle-sœur agenouillée devant la photo de ma femme morte. J'imagine que je me penche, que je retrousse sa robe sur ses reins, que je baisse mon jean, que je la prends là, sur le tapis du salon, devant la photo de ma femme.— Tu l'as fait, n'est-ce pas ? je murmure derrière elle. Tu as joui en me regardant ?Un long silence. Puis, d'une voix à peine audible :— Oui.Le mot tombe entre
Camille Un seul mot. Lourd de sous-entendus. Il sourit. Un sourire lent, à peine esquissé, qui n'atteint pas ses yeux. Un sourire de prédateur. Je le connais depuis dix ans, ce sourire. Je l'ai vu sur le visage de ma sœur quand elle me racontait comment ils s'étaient rencontrés. Il a un sourire dangereux, disait-elle. Quand il te sourit comme ça, t'as envie de fuir et de t'agenouiller en même temps.C'est exactement ce que je ressens. L'envie de fuir et de m'agenouiller. L'envie de ramper sous la table, d'écarter les cuisses, de le supplier de me prendre comme il a pris Ludivine. L'envie de sentir sa queue énorme s'enfoncer dans ma chatte, ses mains dans mes cheveux, sa voix rauque qui me traite de salope. Mais je reste figée, le cul sur ma chaise, les cuisses serrées, ma chatte qui pulse et qui mouille.Ludivine, inconsciente du brasier qui couve sous la table, se met à raconter une anecdote sur Manon, quelque chose à propos d'un dessin et d'un oiseau. Je fais semblant d'écouter. Vi







