Mag-log in— LéaLa clé magnétique glisse dans la fente et la lumière du voyant passe du rouge au vert, ce petit clic qui résonne dans le couloir silencieux de l'hôtel, et je pousse la porte, cette odeur de linge propre et de bois ciré qui m'accueille, ces rideaux tirés sur la ville, cette lumière de fin de journée qui filtre par les interstices et qui découpe des lignes dorées sur le tapis.Il est là, assis au bord du lit, cette chemise blanche ouverte sur sa poitrine, ces pieds nus sur la moquette, ce regard qui se lève vers moi et qui me traverse comme si je venais d'entrer dans sa vie pour la première fois.— Tu es venue, dit-il doucement, cette voix qui est plus basse que dans mon souvenir, cette voix qui est celle des hommes qui ont attendu et qui n'osaient plus espérer.— Je suis venue, dis-je en refermant la porte derrière moi, ce clic qui scelle notre isolement, cette chambre qui devient notre monde, ces murs qui nous protègent du reste.Il se lève, ce mouveme
Nous nous déshabillons en hâte, ces vêtements qui tombent sur le sol de cette chambre d'hôpital, ces corps qui se cherchent et qui se trouvent, et je le pousse contre le lit, ce matelas qui grince, ces draps qui sentent le désinfectant.— Chut, dis-je en posant ma main sur sa bouche, chut, il ne faut pas qu'on nous entende, il ne faut pas que les infirmières nous trouvent.Il hoche la tête, ces yeux qui brillent, et il me pénètre d'un coup, cette chose qui me remplit, cette chose qui me fait vivre, et je crispe mes doigts sur ses épaules, ces ongles qui s'enfoncent dans sa peau.— Ah, dis-je dans un souffle qui est presque un cri, ah, c'est bon, c'est si bon de te sentir en moi, c'est si bon de sentir que je suis vivante.Il bouge, ces coups qui sont rapides et profonds, ces coups qui sont urgents, ces coups qui sont la vie qui reprend ses droits, et je mords ma main pour ne pas crier, ces dents qui s'enfoncent dans ma chair, cette douleur qui se mêle au plaisir.
— LéaLe lendemain matin, les infirmières chuchotent et l'une d'elles me regarde avec des yeux ronds quand je passe la porte de la chambre, et je comprends avant qu'elle ne parle, cette chose qui se lit sur son visage, cette chose qui est un miracle ou une erreur.— Il est réveillé, dit-elle, il est réveillé et il demande après vous.Je cours, ces pas qui résonnent dans le couloir, cette porte que je pousse, et je le vois, ce visage qui est pâle mais qui est vivant, ces yeux qui sont ouverts et qui me regardent, ces lèvres qui esquissent un sourire.— Léa, dit-il d'une voix qui est faible et rauque, Léa, tu es là, tu es vivante.Je m'assois sur le bord du lit, cette main qui prend la sienne, ces doigts qui se serrent, et je sens ces larmes qui montent, ces larmes de soulagement, ces larmes de joie.— Tu es réveillé, dis-je dans un souffle, tu es réveillé et tu es vivant, tu es réveillé et je croyais que tu allais mourir.— Je ne pouvais pas mourir, d
Je l'allonge sur la banquette arrière, ce corps qui laisse une traînée de sang sur le cuir, et je cours vers le volant, ces mains qui tremblent, cette clé qui cherche le contact, ce moteur qui rugit enfin.— Reste avec nous, dis-je en démarrant, reste avec nous Gabriel, on est presque arrivés, on est presque à l'hôpital.Léa est à l'arrière, cette main qui presse la blessure, ces lèvres qui murmurent des choses, ces yeux qui ne quittent pas le visage de Gabriel, et je conduis, ces routes qui défilent, ces virages qui me font hurler les pneus, cette ville qui se rapproche.— Il tient, dit Léa tout à coup, il tient, il respire encore, il n'est pas mort.— Il ne peut pas mourir, dis-je en appuyant sur l'accélérateur, il ne peut pas mourir, il n'a pas le droit de mourir, pas maintenant, pas après tout ça.Les lumières de l'hôpital apparaissent enfin, ces lumières qui sont comme des étoiles dans la nuit qui tombe, ces lumières qui sont comme une promesse de vie, et je
Le coup part avant que je puisse réagir, cette détonation qui explose dans l'entrepôt, ce bruit qui me déchire les oreilles, et je vois Gabriel qui s'écroule, ce corps qui tombe sur le sol de béton, cette tache rouge qui s'étend sous lui.— Gabriel, crié-je en me jetant vers lui, Gabriel, non, non, non.L'homme au masque rit encore, ce rire qui est maintenant le rire d'un fou, et il pointe son arme vers Léa, cette femme qui est toujours par terre, ce corps qui ne bouge plus, cette chose qui va mourir si je ne fais rien.— À toi maintenant, dit-il en visant Léa, à toi maintenant petite princesse, à toi maintenant de payer pour ton père.— RaphaëlLe coup part et je vois la balle avant de l'entendre, cette chose qui traverse l'air comme un insecte de métal, cette chose qui va vers Léa et qui va la tuer, et je crie, ce cri qui sort de ma gorge sans que je puisse le retenir, ce cri qui est le cri de tout mon corps.Gabriel est debout, ce corps qui s'est relevé d'un coup, ce corps qui a pr
— Raphaël Le moteur tourne encore et la portière est restée ouverte, cette lumière du plafonnier qui éclaire le gravier autour de mes pieds, et j'ai ce téléphone collé à l'oreille, cette voix de Gabriel qui grésille, ces mots hachés par le réseau pourri de cette zone industrielle, et je cours vers l'entrepôt en essayant de ne pas perdre la connexion. — Gabriel, crié-je quand il décroche enfin, Gabriel, elle est en danger, elle est dans un entrepôt au bord de la ville, elle est en train de se faire violer, il faut venir, il faut venir tout de suite. — J'arrive, dit-il d'une voix qui est celle d'un homme qui vient de se réveiller d'un cauchemar, j'arrive et je vais le tuer, j'arrive et je vais le faire payer. Je raccroche et je continue à courir, ces jambes qui me portent malgré la peur, ce pistolet qui bat contre ma hanche à chaque foulée, et j'entends déjà ces cris qui sortent de l'entrepôt, ces cris de femme qu'on égorge, ces cris qui me déchirent le ventre. La porte de métal e







