LOGINPoint de vue de ReidLe couloir sentait le nettoyant pour moquette de luxe et les mauvaises décisions.Je me tins là, la main de Macie toujours enroulée autour de la mienne, ses doigts froids et tremblants contre mes jointures, et je regardai l’entraîneur-chef rival tendre ce contrat comme s’il ne s’agissait de rien. Comme s’il n’était pas sur le point de mettre le feu à toute ma vie.« Reid, ne fais pas ça », chuchota Macie, et sa voix se brisa d’une façon qui me donna l’impression qu’on venait de me frapper la poitrine d’un coup de masse. « S’il te plaît. On peut trouver autre chose. On peut… »« Il n’y a rien d’autre à trouver, baby-sitter. »Je ne la regardai même pas en disant cela, car si je l’avais fait, j’aurais cédé. Je l’aurais saisie et nous serions repartis en courant vers la chambre pour faire comme si rien de tout cela n’arrivait. Mais faire semblant n’allait pas la maintenir dans le programme d’infirmière. Faire semblant n’allait pas la sauver d’une expulsion de Rydell
Point de vue de MacieGary haussa les épaules, fourra le billet dans sa poche et s’approcha d’une étagère au fond de la pièce. Lorsqu’il se retourna, il tenait ce que je ne pouvais décrire que comme une arme. Une véritable meuleuse d’angle, le genre d’outil qui semblait tout droit sorti d’un film d’horreur, avec une lame tournoyante capable de trancher un os si on lui en donnait l’occasion.« Ne bouge pas », dit Gary, puis il appuya sur la gâchette.Le bruit fut assourdissant. La lame hurla contre l’acier et soudain les étincelles éclatèrent de toutes parts, de gigantesques gerbes aveuglantes de lumière orange brûlante qui volaient dans l’air comme un million de minuscules feux d’artifice. Je reculai instinctivement, mais avant que je ne pusse bouger de plus d’un centimètre, le bras libre de Reid s’enroula autour de moi, me plaquant contre sa poitrine et enfouissant mon visage dans son t-shirt.Je ne voyais plus rien. Je ne sentais que la chaleur des étincelles dans mon dos, la vibrat
POV de MacieLe téléphone heurta le sol avant même que je réalisasse que je l’avais lâché.L’écran ne se fissura pas, ce qui tenait franchement du miracle vu la force avec laquelle il rebondit sur la moquette de l’hôtel, mais je ne pensais pas aux miracles à cet instant. Je pensais à l’e-mail qui brillait encore sur l’écran. Je pensais à la façon dont le corps entier de Reid s’était figé complètement à côté de moi, si immobile que je ne savais même plus s’il respirait. Je pensais que tout cela était de ma faute.Parce que c’était le cas. C’était à cent pour cent, totalement, indéniablement de ma faute.Reid Davenport venait d’être renvoyé de Rydell University. Reid Davenport venait de perdre tout son avenir en LNH. Reid Davenport venait de se voir arracher sa vie entière parce qu’il avait tenté de me protéger de son rival psychopathe.Et il ne disait rien.Il se tenait simplement là, la mâchoire si serrée que je voyais les muscles saillir sous sa peau, fixant le téléphone comme si cel
Point de vue de ReidLe plexiglas éclata.Je le regardai se briser au ralenti, de cette façon dont le cerveau décide de tout traiter à moitié vitesse juste avant que l’on ne vous plaque contre la bande. Une seconde auparavant, Macie se tenait derrière moi sur le banc, s’efforçant de se rendre invisible ; la seconde d’après, une explosion de verre retentit et un millier de flashes de caméras crépitèrent en même temps, parce que chaque personne dans cette arène venait de réaliser que le capitaine de hockey de Rydell était menotté à une fille quelconque pendant un match retransmis à l’échelle nationale.Le son qui s’éleva de la foule n’avait rien d’humain. Ce fut un souffle collectif qui se changea en cris, puis en journalistes grimpant pratiquement les uns sur les autres pour s’approcher.« Reid, qu’est-ce que— » commença Macie, mais j’étais déjà en mouvement.Je saisis mon maillot de rechange d’extérieur sur le banc et le lui jetai par-dessus la tête. Je lui couvris complètement le vis
Point de vue de MacieLes pinces coupantes reposaient sur le hideux couvre-lit fleuri de l’hôtel comme un défi. Comme une bombe. Comme l’objet le plus exaspérant que j’eusse jamais contemplé de toute mon existence de vingt ans, et j’avais déjà vu ma colocataire dévorer une pizza entière ramassée sur le carrelage de la salle de bains après une soirée en fraternité, ce qui n’était vraiment pas rien.Slater s’adossa contre la tête de lit, les bras croisés derrière la tête, l’air d’avoir gagné au loto plutôt que d’être menotté à la poignée de la porte de la chambre d’hôtel par son propre coéquipier. Son sourire s’étira, large et méchant, sur son visage, le genre de sourire qui me donnait envie de commettre de véritables crimes.« Un baiser, dit-il en traînant les mots, lent et nonchalant. C’est tout. Un petit baiser sur la joue, et je déverrouille ces menottes si vite que vos têtes tourneront. »Mon cœur cognait contre mes côtes si fort que je le sentais dans ma gorge. Je jetai un regard
Point de vue de ReidLes feux arrière de la chenillette disparurent dans l’enfer blanc de la tempête, et je jure devant Dieu que je sentis ma santé mentale s’en aller avec eux.Les dents de Macie claquaient si fort que je les entendais par-dessus le vent, et tout son corps était pris d’un tremblement violent qui la faisait ressembler à une épileptique. Elle portait encore son stupide petit cardigan de la bibliothèque, celui qui n’aurait même pas réussi à réchauffer un hamster, encore moins un être humain au sommet de la Veuve dans un blizzard.« C’est bon, dit-elle, sa voix craquant à chaque syllabe. C’est tout à fait bon. On va mourir ici, mais au moins je n’aurai pas à passer cet examen stupide lundi. »Je la fixai. « Tu plaisantes sur les examens en ce moment ? »« Je digère, Davenport ! Laisse-moi digérer ! »Le vent nous frappa de nouveau et je le sentis traversant mon torse nu, toujours complètement exposé parce que j’avais été trop occupé à la poursuivre pour récupérer mon ma
Point de vue de MacieJe tenais encore le sac-poubelle rempli de mes vêtements lorsque Reid Davenport écrasa l'accélérateur, faisant presque décoller la voiture de sport de cette ruelle.Mon dos heurta le siège et je m'agrippai à la poignée de la portière avec une telle force que mes jointures blan
Point de vue de MacieUn gémissement fut la première chose que j'entendis lorsque je tournai dans le couloir.Cela ne pouvait pas venir de ma chambre… n'est-ce pas ?Après douze heures d'une rotation clinique infernale qui me donnait l'impression d'avoir été écrasée par un train, je traînai mon cor
Point de vue de MacieÀ l'instant où nous quittâmes ces foutus vestiaires étouffants pour entrer dans le couloir vide, je craquai complètement.Je serrai les dents, en le poussant si fort que son dos heurta le mur avec un lourd bruit sourd qui vibra à travers tout le complexe sportif.Mais je m'en
POINT DE VUE DE MACIEJulian était dans le couloir, une main suspendue en l'air alors qu'il essayait de frapper à nouveau.Lorsqu'il vit la silhouette massive de Reid remplir l'intégralité de l'encadrement, il se figea soudainement, les yeux écarquillés par la panique.Je voyais déjà des gens derri







