Se connecterLuna
La main de Thomas est chaude dans la mienne. C'est une sensation rassurante, ancrée dans le réel, pendant que le décor autour de moi , le hall d'entrée spacieux du cabinet, les maquettes épurées sur leurs socles de bois clair, la lumière zénithale qui tombe des puits de verre , me semble irréel, comme un décor de théâtre planté pour une pièce dont je ne connais pas encore le script. Al
Sa voix est grave, presque un murmure. Ses doigts atteignent mes seins, les encerclent, les pèsent. Mes mamelons durcissent sous ses doigts, se dressent, sensibles. Il les pince doucement, du bout des doigts, et une décharge électrique me traverse, me fait cambrer le dos.— Mais toi, tu es là, dit-il. C'est ce qui compte.— Tu as pensé à moi ? demande-t-il. Pendant le dîner ? Pendant que tu lui souriais ? Pendant que tu lui servais le vin, que tu riais à ses blagues, que tu posais ta main sur la sienne ?— Oui.— Et quand tu es montée avec lui ? Quand tu t'es couchée à côté de lui ? Quand il t'a prise dans ses bras, quand il t'a embrassée sur le front en te disant bonne nuit ?— Oui, tout le temps.Sa main s'arrête sur mon sein gauche, écrase doucement, fait rouler le mamelon sous sa paume.
Puis je glisse hors du lit.Mes pieds touchent le parquet froid, un frisson me parcourt des chevilles à la nuque, me hérisse les bras. Je porte un short en coton et un débardeur blanc – la tenue que j'ai mise pour dormir, sage, innocente, presque enfantine, celle que Thomas aime, celle qu'il m'a offerte un Noël en souriant. Mais en dessous, je suis nue. Je n'ai pas mis de culotte. Alex me l'a interdit. Pour cette nuit, pour ce week-end, je dois être toujours prête, toujours offerte, toujours accessible. La moindre couche de tissu entre lui et moi serait une insulte. Je traverse la chambre à pas de loup, mes orteils se crispent sur le bois froid, mes mollets sont tendus, prêts à me porter vers lui. La porte grince légèrement quand je l'ouvre, un grincement minuscule, à peine audible, qui me semble assourdissant dans le silence. Je me fige, le souffle suspendu, je regarde Thomas.
LunaLa maison s'est tue.Les derniers bruits de la soirée se sont éteints il y a une heure – le cliquetis des verres qu'Alex rangeait dans le bar avec cette précision chirurgicale qui le caractérise, le bruit de l'eau dans la salle de bains où Thomas se brossait les dents en sifflotant, les pas dans le couloir avant qu'il ne rejoigne notre chambre, le grincement familier du sommier quand il s'est allongé à côté de moi. Maintenant, il n'y a plus que le silence de la campagne, ce silence épais, presque palpable, traversé par le cri lointain d'une chouette et le bruissement du vent dans les arbres. Un silence qui pèse, qui écrase, qui attend.Je suis allongée sur le côté, dos à Thomas, les yeux grands ouverts dans le noir. Il dort à côté de moi, sa respiration est lente, régulière, apaisée
Alex est dans l'encadrement. Il est en pantalon de pyjama, torse nu. La lumière du couloir dessine les muscles de ses épaules, le contour de sa poitrine. Il me fait signe de venir. Silencieusement, je soulève la main de Thomas, je la repose sur le lit. Je me lève, nue, le collier au cou. Je passe devant Alex dans le couloir.Il ferme la porte derrière nous. Nous traversons la maison dans le noir, ses mains sur mes hanches, ses lèvres dans mon cou. Sa bouche est chaude, avide, ses dents qui mordillent ma peau, sa langue qui suit la ligne de mon épaule.Sa chambre est à l'autre bout de la maison, à l'abri des regards, des bruits. Il referme la porte, me plaque contre elle. Ses mains sont partout – mes seins, mes cuisses, entre mes jambes. Il me pénètre de deux doigts d'un geste brusque, et je gémis, je mords sa main pour ne pas crier.— Trois jours, murmur
Je le touche du bout des doigts. Le métal est chaud, tiède de ma peau. Il est là, toujours. Comme une marque. Comme un sceau. Comme une promesse faite à celui qui n'est pas mon amoureux.Je pense à Thomas, qui dort dans la chambre. À ses bras, sa tendresse, sa confiance. Je pense à Alex, à ses mains, ses ordres, sa possession. Je suis entre eux. Je suis perdue.Dans la chambre, Thomas bouge dans son sommeil. Je retourne me coucher, je me blottis contre lui. Il m'enlace, machinalement, même endormi.— Je t'aime, murmure-t-il.Je ne réponds pas. Je reste immobile, les yeux ouverts dans le noir, à écouter son souffle régulier. Je suis heureuse. Je suis malheureuse. Je suis perdue. Et il ne sait rien. Il ne sait rien de la fille qui dort dans ses bras.Mais quelque chose a changé. Je le sens. La fissure s'est élargie. Bientô
Il sourit dans son sommeil, ses bras qui se resserrent autour de moi. Je ferme les yeux. Le collier est dans ma main, entre nous. Je le sens contre sa poitrine, ce symbole de ce que je suis devenue, contre son cœur qui bat tranquillement, qui ne sait rien.LunaIl y a quelque chose qui change dans l'air. Comme une pression atmosphérique qui baisse avant l'orage. Je ne saurais pas dire quoi, ni quand ça a commencé. Peut-être ce jour où il a trouvé le collier. Peut-être avant. Mais je le sens, à la façon dont Thomas me regarde parfois, en coin, comme s'il cherchait quelque chose dans mon visage. Un indice. Une faille.— Tu es fatiguée, me dit-il un soir en rentrant.Je suis sur le canapé, les jambes repliées sous moi, un livre ouvert sur mes genoux que je n'ai pas lu depuis vingt pages. Il pose son sac, enlève sa veste. Ses gestes
LunaIl frappe doucement.— Entrez.Une voix. Grave. Profonde. Celle d'un homme habitué à donner des ordres, à être obéi.Mon cœur se met à battre plus vite. Pourquoi ? C'est ridicule. C'est juste une voix. Une voix qui ressemble un peu à celle de… non. Non, c'est impossible.Thomas ouvre la porte.
LunaPuis il a commencé à bouger.Et j'ai compris que je n'avais jamais vraiment fait l'amour avant cette nuit.Chaque mouvement était parfait. Chaque angle, chaque rythme. Il me connaissait comme s'il avait étudié mon corps pendant des années, comme s'il savait instinctivement où me toucher, où ap
LunaJ'ouvre les yeux.La lumière est douce, filtrée par des rideaux que je ne reconnais pas. Pendant une fraction de seconde, mon cerveau cherche à comprendre où je suis. Puis tout me revient.Et un sourire immense étire mes lèvres.Mon corps tout entier est un territoire de souvenirs. Chaque musc
LunaJe tremble encore.Tout mon corps pulse au rythme de mon cœur, comme si chaque battement résonnait sous ma peau. Le bruit autour de moi revient par vagues : murmures étouffés, respirations lentes, pas feutrés sur le tapis épais. Le monde reprend forme petit à petit, comme si je remontais à la