LOGINEt ce n’était personne. Du moins elle n'eut pas le temps de le voir.
Le reste de la journée passa plus vite que Léna ne l’aurait imaginé. Entre les dossiers, les logiciels qu’elle devait apprendre à utiliser et les explications de Sophie, elle n’eut presque pas le temps de souffler et ses doigts commençaient à lui faire mal. — Tu peux souffler un peu, plaisanta Ethan en passant devant son bureau. Elle releva la tête. — J’ai l’impression que mon cerveau va exploser. Il éclata de rire. — C’est normal. On est tous passés par là Sophie posa une tasse de café devant elle. — Tiens. — Merci… — Tu t’en sors plutôt bien pour un premier jour, remarqua Sophie en lui faisant un sourire. — J’essaie surtout de ne pas faire d’erreur. — Ici, tout le monde en fait. Le plus important, c’est de ne pas les répéter. Léna esquissa un sourire. — Je vais m’en souvenir. — Considère ça comme ton kit de survie alors. Les trois rirent ensemble. Pour la première fois depuis son arrivée, Léna se sentit réellement à sa place. Après ce moment de fou rire elle retourna à son bureau. Vers seize heures, une voix retentit derrière elle. — Mademoiselle Carter. Elle se retourna immédiatement. — Oui ? un homme en costume avança et s’arrêta devant son bureau C’était l’assistant personnel d’Adrian. Un homme d’une trentaine d’années, vêtu d’un costume gris impeccable. — Monsieur Anderson souhaite vous voir. Toute l’équipe tourna discrètement la tête vers elle Le cœur de Léna rata un battement. — Moi ? — Oui. Sophie lui lança un regard encourageant et un regard rassurant. — Ne t’inquiète pas. Il reçoit souvent les nouveaux employés. De plus, c'est sûrement pour te souhaiter la bienvenue. Elle hocha la tête, même si son cœur s’était mis à battre beaucoup plus vite. Puis, elle inspira profondément avant de suivre l’assistant. Le bureau du Directeur Général occupait presque tout le dernier étage. Lorsque la porte s’ouvrit, Elena resta quelques secondes sans voix. Une immense bibliothèque couvrait tout un mur. Au fond de la pièce, une baie vitrée offrait une vue spectaculaire sur la ville Adrian se tenait près de la fenêtre. Il se retourna en entendant la porte. Son sourire était toujours aussi calme. — Mademoiselle Carter. — Monsieur Anderson. — Entrez. Elle avança timidement. — Asseyez-vous. Elle prit place face à lui. Adrian referma le dossier qu’il était en train de consulter — Alors… Comment se passe votre intégration ? — Très bien. Tout le monde a été très accueillant. — Tant mieux. Il croisa les mains sur son bureau. — Vous savez, les premiers jours sont souvent les plus difficiles. Elle sourit. — Je crois que j’avais surtout peur de ne pas être à la hauteur. — Et maintenant ? Elle réfléchit quelques secondes. — J’ai encore peur… Mais je crois que c’est une bonne chose. Adrian esquissa un sourire amusé. — Pourquoi ? — Parce que cela signifie que ce travail compte vraiment pour moi. Pendant un court instant, il l’observa en silence. Comme s’il essayait de comprendre qui elle était réellement. Puis il se leva. — Venez Intriguée, Léna fit le tour du bureau. Ils s’arrêtèrent devant la baie vitrée. La ville semblait minuscule à cette hauteur. — Impressionnant… murmura-t-elle. — Mon père disait toujours qu’on voyait mieux les choses lorsqu’on prenait de la hauteur. Elle tourna légèrement la tête vers lui. — Vous travaillez ici depuis longtemps ? — Depuis toujours. Il laissa échapper un léger rire. — Je crois que j’ai grandi dans ces bureaux. Le silence s’installa. Pas un silence gênant. Un silence apaisant. — Pourquoi avoir choisi Anderson Corporation ? demanda-t-il. Léna baissa légèrement les yeux. — Parce que j’avais besoin de recommencer. Il ne posa aucune autre question. Il se contenta d’acquiescer. Comme s’il avait compris qu’il ne fallait pas insister. Ce détail surprit Léna. Beaucoup de personnes auraient voulu connaître son histoire. Lui… Respectait son silence. — Je suis convaincu que vous trouverez votre place ici. dit-il finalement. Elle sentit une étrange chaleur envahir sa poitrine. — Merci… Ces quelques mots comptaient plus qu’il ne pouvait l’imaginer Avant qu’elle ne quitte le bureau, Adrian ajouta : — Une dernière chose. Elle se retourna. — Ma porte vous sera toujours ouverte si vous avez besoin de quoi que ce soit. Elle sourit. — Merci, monsieur. Puis elle quitta le bureau. À peine les portes de l’ascenseur se refermèrent-elles qu’Elena souffla profondément. Elle posa une main sur son cœur. — Calme-toi… Pourquoi était-elle aussi nerveuse ? Parce qu’il était son patron ? Ou parce que, malgré elle, elle le trouvait incroyablement charismatique ? Elle secoua la tête. — Tu te fais des idées… Quelques minutes plus tard. Le bureau d’Adrian. Son assistant entra discrètement. — Monsieur ? — Oui ? — Voici le dossier que vous avez demandé. Il déposa une chemise cartonnée sur le bureau. LÉNA CARTER Adrian posa calmement son stylo. Il ouvrit le dossier. Son regard parcourut les premières lignes. Excellent parcours universitaire. Première de sa promotion. Aucune expérience significative Puis il arriva à la rubrique Situation personnelle. Son regard s’arrêta. Il hocha la tête. — Intéressant… Il regarde la photo d’Elena quelques secondes. Il referme le dossier. — Merci. L’assistant s’apprête à partir. — Une dernière chose. — Oui, monsieur ? Il leva les yeux — À partir de demain, je veux que Léna CARTER travaille sur le projet Horizon. L’assistant fronça les sourcils surpris. — Le projet Horizon ? C’est un projet stratégique. Les nouveaux employés n’y sont jamais affectés — Et ce projet n’est réservé qu’aux meilleurs éléments… Adrian sourit. — Je sais — Mais Considérez que je fais une exception. — Puis-je vous demander pourquoi monsieur ? Adrian esquissa un sourire, calme, presque bienveillant. — J’aime donner leur chance aux personnes prometteuses. L’assistant acquiesça — Très bien, monsieur. Il quitte alors le bureau. Lorsqu’il fut seul, Adrian se leva et s’approcha une nouvelle fois de la baie vitrée Il regarde les lumières de la ville. En contrebas, les employés quittaient peu à peu le bâtiment. Son regard s’arrêta sur une silhouette familière. Léna. Elle riait avec Sophie devant l’entrée. Adrian glissa une main dans la poche de son pantalon Puis murmura d’une voix presque inaudible: — J’espère que tu ne me décevras pas, mademoiselle Léna Carter.Le samedi matin, Léna ouvrit les rideaux de son appartement en laissant entrer les premiers rayons du soleil.Pour la première fois depuis des semaines, aucun réveil ne l’avait tirée du sommeil.Aucun rapport à terminer.Aucune réunion.Aucun dossier Orion.Elle poussa un profond soupir de satisfaction.Aujourd’hui…Elle comptait simplement profiter de sa journée.Son téléphone vibra.SophiaNe sois pas en retard. Ethan est déjà arrivé et il prétend qu’il va goûter tous les stands du festival.Un sourire étira les lèvres de Léna.J’arrive.Le festival gastronomique attirait déjà une foule impressionnante.Des artistes jouaient dans les rues.Des enfants couraient entre les stands.L’air embaumait le pain chaud, les pâtisseries et les épices.— Enfin !s’exclama Ethan.— Tu sais qu’on t’attend depuis quinze minutes ?— Quinze ?demanda Léna.— Trois, corrigea Sophie.— Merci de rétablir la vérité.Ils éclatèrent de rire.Pendant près de deux heures, ils oublièrent complètement le tr
Le vendredi matin, Léna arriva devant le siège d’Anderson Corporation avec un café fumant entre les mains.Pour la première fois depuis son embauche, elle ne regarda pas l’immense façade de verre avec appréhension.Elle poussa les portes automatiques.— Tu as cinq minutes de retard.Léna leva les yeux.Sophie l’attendait, les bras croisés, un chocolat chaud à la main.— Cinq minutes ?— Quatre minutes et cinquante-huit secondes.— Tu les as comptées ?— Évidemment.Léna éclata de rire.— Tu es impossible.— Et pourtant tu m’adores.— Ça reste à prouver.Les deux jeunes femmes se dirigèrent vers les ascenseurs en plaisantant.À peine les portes s’ouvrirent qu’une voix les interrompit.— Vous comptez monter sans votre collègue préféré ?Ethan arriva en trottinant, une viennoiserie à moitié entamée dans une main.Sophie leva les yeux au ciel.— Tu as encore acheté tout le rayon de la boulangerie ?— Faux.Il en restait.Les trois éclatèrent de rire avant d’entrer dans l’ascenseur.Pendan
Le lendemain matin, Léna repensa malgré elle à la veille.Au regard d’Adrian.À son téléphone qui avait vibré.À cette expression qu’il n’avait pas réussi à cacher.Elle secoua doucement la tête.Tu te fais des films…En entrant dans le hall d’Anderson Corporation, elle l’aperçut justement.Il discutait avec deux responsables du département juridique.Costume impeccable.Sourire maîtrisé.Calme, comme si rien ne s’était passé.Lorsqu’il croisa son regard, il lui adressa un léger signe de tête.— Bonjour, Léna.— Bonjour.Puis il reprit sa conversation.Elle esquissa un petit sourire.Finalement… elle avait sans doute exagéré Quelques minutes plus tard, elle entra dans la salle Atlas.Donovan était déjà installé devant son ordinateur, une tasse de café fumante à la main.À l’autre bout de la table, Clara Morel relisait plusieurs documents avec une concentration impressionnante.Madame Lewis arriva presque aussitôt.Elle posa un dossier épais au centre de la table.— Bien.Nous entrons
Le rire de Sophie résonna dans le hall d’Anderson Corporation.— Tu vas finir par être en retard !Léna accéléra le pas, un café à la main.— C’est de ta faute ! Tu as voulu t’arrêter à cette boulangerie.— Et tu ne regrettes pas ce croissant.Léna leva les yeux au ciel avant d’éclater de rire.Depuis quelques jours…Les matins n’étaient plus aussi lourds.Le siège de l’entreprise ne lui donnait plus cette impression d’entrer dans un champ de bataille.Les regards avaient changé.Les chuchotements s’étaient faits plus rares.Et, sans qu’elle ose vraiment y croire…Elle commençait à avoir sa place.À peine installée, Ethan passa entre les bureaux.— Réunion de l’équipe Orion dans quinze minutes.Mais rassurez-vous…Personne ne va mourir aujourd’hui.Quelques rires s’élevèrent.Même Madame Lewis, qui venait d’entrer, esquissa un sourire presque imperceptible.— Monsieur Harris.Si vous avez terminé votre spectacle…Nous pouvons commencer.Le silence retomba aussitôt.Dans la salle Atlas
Le lundi suivant L’Anderson Corporation semblait plus agitée qu’à l’accoutumée. Des employés en costume traversaient les couloirs à toute vitesse. Des équipes techniques installaient des écrans supplémentaires dans le hall. Même la sécurité avait été renforcée. Léna fronça les sourcils. — Qu’est-ce qui se passe ? Ethan leva les yeux de son ordinateur. — Tu ne regardes jamais les mails de la direction ? — Je les lis… Enfin… presque tous. Il éclata de rire. — Aujourd’hui, le conseil d’administration reçoit des investisseurs étrangers. Le siège est en état d’alerte. — À ce point ? — Si un seul détail tourne mal, certains contrats peuvent tomber à l’eau. Léna observa l’effervescence autour d’elle. Pour la première fois, elle comprenait que derrière les chiffres qu’elle analysait se trouvaient de vraies décisions. À dix heures, Madame Lewis entra dans le département. — Mademoiselle Carter. Vous m’accompagnez. Léna se leva immédiatement. — Moi ? — Vous avez travail
Le vendredi matin.Léna n’avait presque pas dormi.La présentation du Projet Orion tournait encore dans sa tête.Chaque question d’Aleksander.Chaque silence.Chaque regard posé sur les graphiques.Et surtout…Ce simple :« Très bien. »Étrangement…C’était la phrase qui l’avait le plus marquée. À neuf heures.Madame Lewis sortit de son bureau.— Mademoiselle Carter.Mon bureau.Immédiatement.Plusieurs têtes se relevèrent.Léna sentit son estomac se nouer.Elle suivit sa supérieure.Une fois la porte refermée, Madame Lewis lui tendit une chemise cartonnée.— À partir de lundi, vous rejoindrez l’équipe Orion à temps partiel.Léna resta figée.— Pardon ?— Vous avez démontré que vous étiez capable de produire des analyses fiables sous pression.Elle ouvrit la chemise.Son nom figurait en première page.En dessous…Accès temporaire — Niveau confidentiel.— Vous serez amenée à travailler directement avec plusieurs directions du groupe.Votre travail sera soumis à des exigences supérieur







