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Chapitre 8 : LA VEILLE DE SON RETOUR

Auteur: Littlesweetie
last update Date de publication: 2026-08-20 18:03:05

Le jeudi matin, l’atmosphère d’Anderson Corporation était différente.

Dès son arrivée, Léna sentit que quelque chose avait changé.

Le hall était méconnaissable.

Des fleuristes terminaient d’installer d’immenses compositions florales.

Des agents de sécurité circulaient dans tous les sens.

Des agents d’entretien polissaient le sol en marbre avec une minutie presque excessive

Les écrans géants diffusaient une vidéo de présentation de l’entreprise, comme lors des grands événements.

Les employés marchaient rapidement, dossiers serrés contre eux

Même les réceptionnistes semblaient plus nerveuses que d’habitude

Les conversations étaient plus discrètes.

Même les éclats de rire habituels semblaient avoir disparu.

Personne ne semblait avoir le temps de discuter

Léna observa la scène avec curiosité.

— On dirait que tout le monde retient son souffle…

Elle fronça légèrement les sourcils.

— Il se passe quoi aujourd’hui ? Pensa t-elle

A peine arrivée, elle se dirigea vers le bureau de Sophie.

Sophie leva les yeux de son ordinateur.

— Que se passe-t-il ?

— Tu ne l’as pas remarqué ?dit Sophie en lui tendant une tasse de café

— Remarqué quoi ?

— Tu vas en avoir besoin

— À ce point-là ?

Sophie souffla.

— Tu ne peux pas imaginer. Tu ne vois pas que tout le monde est en mode panique.

Demain, le Président sera ici

— Oui mais pourquoi toute cette agitation ? Ce n’est pas un chef d'État.

Sophie éclata de rire.

— Pour certains, il est presque aussi important qu’un chef d’état.

Et crois-moi…

Tout le monde veut éviter d’être celui qui attirera son attention

Ethan arriva avec son café le déposa sur le bureau et ajusta sa cravate.

— Oui Léna le grand patron revient bientôt et ici il est considéré comme un chef d'État.

— Tu vois cette cravate ?

Léna hocha la tête.

— Oui.

— C’est la troisième que je mets ce matin.

Elle éclata de rire.

— Tu plaisantes ?

— Pas du tout.

Il se pencha vers elle.

— Il paraît qu’il remarque tout.

Une tache.

Une faute.

Une attitude.

Un retard.

Rien ne lui échappe

— Tout ça seulement pour ça ?

Il éclata de rire.

— “Seulement” ?

— Vous avez vraiment peur de lui.

Sophie répondit sans hésiter.

— On le respecte.

Ce n’est pas la même chose

Tu verras quand tu rencontreras Aleksander Anderson.

— Vous en faites vraiment trop.

— Tu sais , même les directeurs respirent moins fort quand il est là.

Léna secoua la tête.

— Vous exagérez tous.

— Tu crois ?

— Attends demain.

Tu comprendras

Ethan désigna les baies vitrées.

— Elles sont nettoyées deux fois par jour depuis hier.

Même les plantes ont été remplacées.

Sophie ajouta :

— Madame Lewis a demandé que tous les bureaux soient impeccables avant demain.

— Pourquoi ?

— Parce que le PDG déteste le désordre.

Léna haussa les épaules.

— Ça ne peut pas être si terrible.

Ethan et Sophie échangèrent un regard.

Puis éclatèrent de rire.

— Tu diras ça après l’avoir rencontré.

À neuf heures,

Madame Lewis convoqua toute l’équipe Horizon.

Personne n’osa arriver en retard.

La responsable attendit que tout le monde soit assis avant de prendre la parole

Son regard était plus sévère qu’à l’habitude.

— Demain matin sera une journée importante pour cette entreprise car le Président-Directeur Général fera le tour des différents services.

Elle fit quelques pas devant la table.

— Le Président-Directeur Général visitera personnellement chaque département

Je ne veux voir aucun bureau en désordre.

Aucun dossier incomplet.

Aucune erreur.

Elle balaya la salle du regard.

Elle posa les mains sur la table.

— Si une question vous est posée, répondez clairement.

Si aucune question ne vous est posée…

Ne parlez pas

Le silence était si profond qu’on entendait presque la climatisation fonctionner.

— Est-ce bien compris ?

— Oui, madame

— Monsieur Anderson remarque des détails que la plupart des gens ne voient même pas. Dit l’un des chefs de département

Un employé avala difficilement sa salive.

Léna remarqua la tension sur les visages.

Elle ne comprenait toujours pas comment un seul homme pouvait provoquer autant d’inquiétude.

La réunion terminée, chacun retourna à son poste.

Léna s’installa devant son ordinateur et continua de travailler sur les derniers documents du projet Horizon.

Après plusieurs heures, elle sentit une présence près de son bureau.

Elle leva la tête.

Adrian.

Toujours impeccablement habillé.

Toujours ce sourire calme qui semblait rassurer tout le monde.

— Bonjour, Mademoiselle Carter.

— Bonjour, Monsieur Anderson.

Il posa un dossier devant elle.

— J’ai relu votre dernière analyse.

Très bon travail.

Elle sourit.

— Merci.

— En revanche…

Il ouvrit le dossier.

— Ici.

Il désigna une ligne.

— Votre idée est excellente, mais votre démonstration manque de précision.

Léna observa les chiffres.

Il avait raison. Encore une fois

— Vous avez raison.

Je vais la retravailler.

— Je n’en doute pas

Adrian referma le dossier.

— Ne voyez pas une correction comme une critique.

Voyez-la comme une occasion de progresser.

— Le talent ouvre une porte.

Le travail permet d’y rester.

Ces mots restèrent gravés dans l’esprit de Léna.

Elle hocha doucement la tête.

— Je m’en souviendrai.

Il lui adressa un léger sourire.

— J’en suis certain.

— Merci pour votre conseil.

— Continuez à travailler ainsi

Vous avez du potentiel.

Puis il reprit sa route.

Plusieurs employés avaient discrètement observé la scène.

Lorsque le DG disparut au bout du couloir, Ethan s’approcha discrètement.

— Tu sais…

Le DG n’encourage presque jamais quelqu’un de cette façon.

Léna baissa les yeux.

— Peut-être qu’il veut simplement que le projet réussisse

Ethan sourit.

— Peut-être…

En début d’après-midi, la cafétéria était particulièrement animée.

Léna déjeunait avec Sophie et Ethan.

Toutes les conversations tournaient autour du retour du PDG.

— On raconte qu’il a annulé un contrat de plusieurs millions parce qu’un partenaire lui a menti.

— J’ai entendu dire qu’il ne sourit jamais

— Tu sais qu’il a fermé une filiale entière en une seule journée ?

— Mon cousin travaille dans une filiale.

Il affirme que personne n’ose le contredire.

— On raconte qu’il a licencié trois directeurs pendant une réunion.

— Il paraît qu’il ne serre jamais la main de personne.

Léna leva les yeux au ciel et posa sa fourchette.

— Franchement…

— Vous croyez vraiment tout ce qu’on raconte ?

Sophie rit.

— Ce sont surtout des rumeurs.

De plus, les rumeurs grandissent toujours autour des gens puissants.

Personne ne sait vraiment comment il est.

La vérité…

On la découvrira demain.

Ethan haussa les épaules.

— Mais une chose est sûre.

Quand il est là…

Tout le monde se tient à carreau.

Alors qu’ils quittaient la cafétéria, Victoria croisa leur chemin.

Elle s’arrêta devant Léna.

— Madame Lewis te cherche.

— Ah… merci.

Victoria fit mine de repartir.

Puis elle ajouta sans la regarder :

— Demain…

Ne cherche pas à attirer l’attention.

Léna fronça les sourcils.

— Je n’ai jamais essayé de le faire.

Victoria soutint son regard quelques secondes.

— Tant mieux.

Parce que certaines personnes oublient vite leur place.

Et le Président déteste les employés qui oublient leur place et qui veulent se faire remarquer.

Puis elle reprit son chemin, ses talons résonnant sur le marbre.

Léna resta immobile.

— Pourquoi a-t-elle l’impression que je suis une menace… ?

Sophie soupira.

— Ne fais pas attention.

— Elle me parle toujours comme si j’avais fait quelque chose de mal.

— C’est Victoria…

Elle est comme ça.

Enfin…

Pas avec tout le monde.

Sophie posa une main sur son épaule.

— Mais Ignore-la juste

Victoria est brillante…

Mais…

Léna remarqua l’hésitation.

Mais elle préféra ne rien demander.

En fin d’après-midi, Madame Lewis remit à chaque membre de l’équipe un dossier.

— Voici le programme de demain.

L’arrivée du Président est prévue à huit heures trente précises.

Tous les employés devront être à leur poste quinze minutes avant.

Personne ne quitte son bureau sans autorisation.

Personne n’interrompt la visite.

Est-ce bien compris ?

— Oui, madame.

Léna prit son dossier.

Son cœur battait un peu plus vite.

Elle ne savait pas pourquoi.

La journée toucha à sa fin.

Léna quitta l’entreprise alors que le soleil disparaissait derrière les gratte-ciel.

Dans le bus qui la ramenait chez elle, elle posa sa tête contre la vitre.

Ses pensées dérivèrent malgré elle vers la salle de sport.

Elle revit ce regard gris.

Cette voix calme.

Cette façon de la remettre à sa place sans jamais élever le ton.

Elle souffla, agacée.

— Quel homme insupportable…

Après un heure de route,

Elle arriva chez elle épuisée.

Après une douche, elle s’installa sur son canapé avec une tasse de thé.

Pourtant…

Une image refusait de quitter son esprit.

Le même homme

Les mêmes yeux gris

La même voix calme

Et le même regard glacial.

Cette même phrase

“Les personnes compétentes n’ont pas besoin de parler autant.”

Depuis son trajet en bus jusque chez elle son esprit n’était focalisé qu’à la journée d’hier et à sa rencontre infructueuse.

En se remémorant cette journée,

Elle serra les dents.

— Quel homme agaçant…

C’est l’homme le plus arrogant que j’ai rencontré de toute ma vie.

Sur ces mot , elle se mit au lit, éteignit la lumière et s’endormît sans savoir que, quelques kilomètres plus loin, cet homme préparait lui aussi la journée du lendemain

Au même instant, dans la suite présidentielle d’un hôtel cinq étoiles, un homme refermait le dossier qu’il lisait.

Son assistant entra.

— Monsieur Anderson, tout est prêt pour demain.

Aleksander leva lentement les yeux.

— Bien.

— Votre arrivée au siège est confirmée pour huit heures trente.

Il acquiesça.

L’assistant s’apprêtait à repartir lorsque la voix froide d’Aleksander le retint.

— Faites également préparer la salle du conseil.

— Bien, monsieur.

La porte se referma.

Aleksander se dirigea vers la baie vitrée.

La ville brillait sous les lumières de la nuit.

Une image lui traversa brièvement l’esprit.

Une jeune femme incapable de se taire.

Il pinça légèrement les lèvres.

— Insolente…

Le lendemain matin…

Le destin les remettrait face à face.

Et cette fois…

Aucun des deux ne pourrait tourner les talons.

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