Se connecterLe réveil sonna à six heures précises.
Léna ouvrit lentement les yeux avant de fixer le plafond blanc de son appartement. Pendant quelques secondes, elle eut l’impression d’être chez elle. Puis elle aperçut les cartons empilés dans le salon. Un léger sourire apparut sur ses lèvres. — C’est vrai… Aujourd’hui était son premier jour. Elle se leva rapidement. Après une douche chaude, elle enfila un pantalon de tailleur noir, une chemise blanche et un blazer beige. Ses cheveux bruns étaient attachés en une queue-de-cheval impeccable. Elle se regarda une dernière fois dans le miroir. — Tu peux le faire, Léna Elle attrapa son sac avant de quitter son appartement. En quittant son appartement, elle croisa une voisine qui promenait son chien. — Bonjour ! Vous venez d’emménager ? — Oui… hier soir. — Bienvenue dans l’immeuble. Léna lui adressa un sourire avant de poursuivre son chemin. L’air était frais. Les rues étaient déjà bondées. Des employés pressés traversaient les passages piétons, un café à la main. Elle entra dans une petite boulangerie. — Bonjour, qu’est-ce que je vous sers ? — Un café et un croissant, s’il vous plaît. Alors qu’elle s’apprêtait à payer, elle réalisa qu’elle avait oublié son portefeuille dans son appartement. Elle sentit ses joues chauffer. — Je… excusez-moi, je crois que… Une voix grave l’interrompit. — C’est pour moi. Un billet fut posé sur le comptoir. Léna tourna rapidement la tête. Mais l’homme portait une casquette noire et des lunettes de soleil. Impossible de distinguer son visage. — Ce n’était pas nécessaire… Il haussa simplement les épaules. — Ça arrive. Il prit son café et quitta la boulangerie sans attendre un merci. Léna resta immobile quelques secondes. — Vous avez de la chance, dit la vendeuse en souriant. Les gens comme lui sont rares. Elle acquiesça sans répondre. Pourquoi avait-elle la sensation que cet inconnu semblait déjà la connaître? Une heure plus tard… Elle se retrouva devant un immense bâtiment de verre qui semblait toucher le ciel. Le logo argenté de Anderson Corporation brillait sous les rayons du soleil. Immense. Élégant. Intimidant Son cœur accéléra. — C’est ici que travaillerais-je ? C’est immense… Des centaines d’employés entraient et sortaient du bâtiment avec assurance. Elle inspira profondément. — Allez… À peine avait-elle franchi les portes automatiques qu’une réceptionniste lui adressa un sourire professionnel. — Bonjour, mademoiselle. Que puis-je faire pour vous ? — J’ai été employé ici et c’est mon premier jour. — Votre nom, s’il vous plaît ? — Léna Carter La jeune femme tapa rapidement sur son ordinateur. — Bienvenue chez Anderson Corporation, mademoiselle Carter. Voici votre badge. Elle lui tendit une carte magnétique. — Le service des ressources humaines vous attend au quinzième étage. — Merci beaucoup Léna se dirigea vers les ascenseurs. Ils étaient déjà pleins. Elle monta dans l’un d’eux. Le silence était pesant. Puis deux employés commencèrent à parler. — Tu sais qui est revenu hier ? — Qui ? — Le Directeur Général. Les yeux de plusieurs personnes s’illuminèrent. — Sérieusement ? — Oui. — Ça faisait presque deux semaines qu’il n’était pas venu. Une jeune femme soupira discrètement. — Il est tellement beau… Un homme leva les yeux au ciel. — Tu dis ça à chaque fois. — Parce que c’est vrai. Les portes s’ouvrirent. Tout le monde descendit. Léna resta silencieuse. “Le Directeur Général…” Au quinzième étage, une femme élégante s’approcha d’elle. — Léna Carter ? — Oui. — Je suis Madame Lewis, responsable des ressources humaines et du département stratégique. Suivez-moi. Elle lui fit visiter les locaux. Les bureaux étaient immenses. Les salles de réunion modernes. Tout semblait parfaitement organisé. — Ici, nous exigeons l’excellence Léna hocha la tête — Vous travaillerez au département financier. — Très bien. Madame Lewis continua : — Vous aurez également l’occasion de collaborer directement avec la direction. Léna ouvrit de grands yeux. — La direction ? — Oui. — Je ne suis qu’une nouvelle employée… — C’est le fonctionnement de cette entreprise. Elles arrivèrent devant un grand open space. Une dizaine de personnes travaillaient dans un silence impressionnant. Madame Lewis tapa doucement dans ses mains. — Tout le monde. Les employés levèrent la tête. — Voici Léna Carter. Elle rejoint notre équipe à partir d’aujourd’hui. Une jeune femme blonde s’approcha avec enthousiasme. — Bonjour ! Moi c’est Sophie. Elle lui serra chaleureusement la main. — Si tu as besoin d’aide, n’hésite pas. — Merci. À côté d’elle, un homme sourit. — Moi c’est Ethan. Les présentations continuèrent. L’ambiance semblait agréable. Jusqu’à ce qu’une voix féminine retentisse. — Alors c’est elle ? Une femme aux longs cheveux noirs observait Elena de la tête aux pieds. Son regard était glacial. — Bonjour… dit Léna poliment. La femme ne répondit même pas. Elle tourna simplement les talons. Sophie souffla discrètement. — Ne fais pas attention à Victoria. — Pourquoi ? — Elle est comme ça avec tout le monde. Léna acquiesça. Sans savoir que ce n’était absolument pas le cas. Midi arriva Toute l’équipe déjeunait dans la cafétéria. Les conversations allaient bon train. Sophie sourit. — Alors Léna ,pourquoi Anderson Corporation ? — Parce que c’était mon rêve. — Tu sais que cette entreprise est dirigée par deux frères ? Léna leva les yeux. — Deux frères ? — Oui. — Les frères Anderson. Ethan intervint. — Enfin… surtout le Directeur Général. C’est lui qu’on voit le plus. — Et le PDG ? demanda Léna. Autour de la table, un silence s’installa. Sophie baissa instinctivement la voix. — Lui… — Personne ne parle trop de lui. — Pourquoi ? Ethan répondit à sa place. — Parce qu’il fait peur. Léna fronça les sourcils. — À ce point ? — On raconte qu’il ne sourit jamais. — Qu’il peut licencier quelqu’un en moins de cinq minutes. — Et qu’il passe plus de temps à l’étranger qu’ici. Sophie ajouta en riant nerveusement : — Heureusement qu’on ne le voit presque jamais. À cet instant… Toute la cafétéria devint silencieuse. Des employés se levèrent précipitamment. D’autres remirent correctement leur veste. Les regards se tournèrent tous dans la même direction. Sophie murmura : — Il est là… Léna se retourna lentement. Mais avant qu’elle ne puisse voir qui venait d’entrer…Le dimanche matin, Léna vint travailler plus tôt que d’habitude pour s’assurer que rien ne manquait dans son rapport. Elle travailla toute la journée. Le bureau affichait dix-neuf heures trente. Les néons de l’open space éclairaient encore quelques bureaux. Le reste de l’étage était plongé dans le silence. Léna n’avait toujours pas quitté son écran. Des feuilles couvertes de chiffres étaient éparpillées autour d’elle. Elle soupira. — Ça ne peut pas être ça… Elle recommença son calcul. Une deuxième fois. Puis une troisième. Les résultats ne correspondaient toujours pas. Elle passa une main dans ses cheveux. Depuis la réunion, une seule phrase tournait dans sa tête. “Une excellente analyste voit ce que les chiffres annoncent.” — Qu’est-ce qu’il voulait dire par là… ? Plus loin, Ethan rangeait ses affaires. Il s’approcha de son bureau. — Tu rentres quand ? — Je ne sais pas. — Léna… Il est presque vingt heures. Elle leva à peine les yeux. — J’ai promis que j
Le lendemain matin. Lorsque Léna franchit les portes vitrées de l’Anderson Corporation, une étrange sensation l’envahit. Les conversations s’interrompaient à son passage. Deux employées, qui riaient quelques secondes plus tôt, baissèrent immédiatement la voix. Un homme détourna le regard lorsqu’elle croisa le sien. Léna fronça les sourcils. — Qu’est-ce qu’il se passe… ? Elle poursuivit son chemin jusqu’au service stratégie. À peine avait-elle posé son sac qu’Ethan pivota sur sa chaise. — Tu es devenue une célébrité. — Pardon ? — Toute l’entreprise parle de toi. Sophie leva les yeux de son écran. — Pas de la bonne manière… Léna soupira. — Je suppose que c’est à cause d’hier. — À cause d’hier ? répéta Ethan. Tu as défié Aleksander Anderson devant le conseil d’administration! — Je n’ai défié personne. Je défendais simplement mon travail. Ethan secoua la tête. — Tu ne connais pas encore le Président. Ici, personne n’ose le contredire. Victoria referma lentement son
Les employés quittèrent la salle les uns après les autres, évitant soigneusement de croiser le regard d’Aleksander. Léna referma son ordinateur d’un geste un peu brusque. Elle sentait encore le poids des regards sur elle. Elle venait de contredire le PDG devant toute l’équipe. Elle savait déjà que cette histoire ferait le tour de l’entreprise avant la fin de la journée. — Tu es complètement folle… murmura Ethan en marchant à côté d’elle. — Pourquoi ? — Tu es la première personne que je vois répondre au Président sans baisser les yeux Sophie acquiesça. — J’ai cru qu’il allait te renvoyer. Léna laissa échapper un petit rire nerveux. — Moi aussi. Ils arrivèrent devant leurs bureaux. Victoria était déjà installée. Elle releva lentement les yeux. Un sourire discret apparut au coin de ses lèvres. — Tu as eu beaucoup de courage… ou beaucoup d’inconscience. Léna posa son sac. — Merci du compliment. Victoria haussa légèrement les épaules. — Ce n’en était pas un. Puis ell
« Non c’est pas possible »« j’ai insulté le PDG de l’entreprise » Soudainement, Madame Lewis rompit le silence. — Monsieur le Président, permettez-moi de vous présenter les nouveaux collaborateurs. Aleksander détourna enfin les yeux de Léna. Comme si elle n’avait aucune importance. — Commencez. Les présentations débutèrent avec Léna… — voici Léna Carter. Nouvelle recrue du département stratégie. Elle tenta de garder une voix stable. Aleksander consulta brièvement son dossier. Puis releva les yeux. — C’est vous. Ce n’était pas une question. Le silence tomba dans toute la pièce. Léna sentit tous les regards se poser sur elle. — Nous nous sommes déjà rencontrés. Sa gorge se serra. — Oui… monsieur. Madame Lewis fronça les sourcils. — Vous connaissez déjà Monsieur Anderson ? Avant que Léna n’ait le temps de répondre…e Aleksander referma le dossier — Une rencontre assez inattendue. Je ne savais pas que mon entreprise engageait maintenant les
Le vendredi matin. Léna se réveilla avant même que son réveil ne sonne. Elle regarda l’heure. 6 h 03. — Aujourd’hui… Elle n’avait jamais ressenti une telle pression avant d’aller travailler. Après une douche rapide, elle enfila une chemise blanche parfaitement repassée, un pantalon noir ajusté et attacha soigneusement ses cheveux en queue-de-cheval. En se regardant dans le miroir, elle inspira profondément. — Tout ira bien. À sept heures vingt, Anderson Corporation était déjà en effervescence. Les agents de sécurité étaient deux fois plus nombreux. Les réceptionnistes vérifiaient chaque détail. Le moindre grain de poussière semblait avoir disparu. À peine Léna franchit-elle les portes du bâtiment que Madame Lewis l’interpella. — Mademoiselle Carter. — Bonjour, madame. — La réunion Horizon commencera à neuf heures. Avant cela, personne ne quitte son poste. — Bien compris. Madame Lewis observa sa tenue. Puis hocha discrètement la tête. — Vous
Le jeudi matin, l’atmosphère d’Anderson Corporation était différente. Dès son arrivée, Léna sentit que quelque chose avait changé. Le hall était méconnaissable. Des fleuristes terminaient d’installer d’immenses compositions florales. Des agents de sécurité circulaient dans tous les sens. Des agents d’entretien polissaient le sol en marbre avec une minutie presque excessive Les écrans géants diffusaient une vidéo de présentation de l’entreprise, comme lors des grands événements. Les employés marchaient rapidement, dossiers serrés contre eux Même les réceptionnistes semblaient plus nerveuses que d’habitude Les conversations étaient plus discrètes. Même les éclats de rire habituels semblaient avoir disparu. Personne ne semblait avoir le temps de discuter Léna observa la scène avec curiosité. — On dirait que tout le monde retient son souffle… Elle fronça légèrement les sourcils. — Il se passe quoi aujourd’hui ? Pensa t-elle A peine arrivée, elle se dirigea vers le bureau







