로그인Posé sur un autel de pierre, entouré de fleurs fanées, d'offrandes oubliées, de souvenirs morts. Il brille faiblement, sa coquille est craquelée, ses veines d'or sont ternes, presque éteintes, comme s'il avait besoin de quelque chose, de quelqu'un, de moi.Je m'approche, mes mains tremblent, mes jambes tremblent, tout mon corps tremble, comme si j'allais m'effondrer, comme si j'allais mourir, comme si tout ce que j'avais enfoui pendant des siècles allait enfin sortir.— Je suis revenu, dis-je en m'agenouillant devant l'œuf, en posant mes mains sur sa coquille, en sentant sa chaleur sous mes doigts, sa vie, sa peur, son espoir. Je suis revenu, comme je l'avais promis. Je suis désolé d'avoir mis si longtemps. Je suis désolé de t'avoir abandonné. Je suis désolé pour tout.Les larmes viennent, je ne peux pas les arrêter, je ne peux pas le
DamienLe village n'est plus qu'un souvenir, une cicatrice sur la terre, une blessure qui n'a jamais vraiment guéri. Les maisons sont tombées en ruines, leurs murs noircis par le feu, leurs toits effondrés, leurs fenêtres vides comme des yeux morts qui regardent le ciel sans rien voir. L'herbe a repoussé, verte, sauvage, indifférente, elle recouvre les chemins, les cours, les endroits où j'ai joué enfant, où j'ai couru, où j'ai ri, avant que tout ne s'arrête, avant que tout ne brûle, avant que tout ne meure.Je marche lentement, mes pas sont lourds dans l'herbe haute, mes mains pendent le long de mon corps, inutiles, vides, tremblantes. Ophélia est à ma droite, ses ailes repliées contre son dos, ses ombres rampantes autour de ses pieds comme des serpents inquiets. Alistair est à ma gauche, ses écailles ternes sous la lumière grise du
DamienC'est moi.Je le sais avant même qu'ils ne posent la question, avant même qu'ils ne me regardent, avant même que le silence ne devienne trop lourd à porter. C'est moi, mon passé, mes fantômes, mes blessures, tout ce que j'ai enfoui sous des couches de rage et de muscle et de silence, tout ce que j'ai juré de ne jamais regarder en face, tout ce que j'ai fui pendant des siècles en courant plus vite, en frappant plus fort, en hurlant plus haut pour ne pas entendre les voix qui me rappellent ce que j'ai perdu, ce que j'ai vu, ce que je suis devenu.— C'est moi, dis-je, et ma voix est rauque, brisée, pleine de cette chose que je n'arrive pas à nommer mais que je reconnais comme la douleur, la vraie, celle qui ne guérit jamais, celle qui attend au fond de vous comme une bête blessée. C'est dans mon passé qu'il faut chercher. Je le sais. Je le sens.
Il disparaît, aspiré par l'ombre de l'escalier, et je reste là, sur le seuil de ma porte, la boîte dans les mains, le cœur battant trop vite, la tête pleine de questions auxquelles je n'ai pas de réponses.Je referme la porte, je m'assois par terre, j'ouvre la boîte. À l'intérieur, trois morceaux d'écaille, trois fragments de l'œuf de Selene, brillants, chauds, palpitants comme des cœurs qui battent encore. Et un mot, écrit à l'encre noire, les lettres dansant sous mes yeux comme des serpents.Le passé ne meurt jamais. Il attend. Il se cache. Il frappe quand on ne l'attend pas. Cherchez là où vous avez le plus mal. L'œuf y est. Ou du moins, une partie de lui.Le Masqué.Je serre les morceaux d'écaille dans ma main, ils sont chauds, vivants, presque brûlants, et je sens à travers eux l'œuf, sa présence, sa peur, son espoir. Il est quelque part, quelque part dans le passé de l'un de nous, quelque part dans une douleur qu'on a cru oubliée, quel
Il pose sa main sur la mienne, la serre doucement, puis la lâche, puis se tourne vers la porte, puis se retourne, une dernière fois, pour me regarder, pour me voir, pour m'emporter avec lui dans ses souvenirs.— Je reviendrai, dit-il. Si tu veux. Si tu me le permets. Si tu me le demandes.— Reviens, dis-je. Même si je ne le demande pas. Reviens. Pour toi. Pour moi. Pour nous.Il sort, la porte se referme derrière lui, et je reste seule, debout au milieu de mon appartement, à regarder la porte, à écouter ses pas s'éloigner dans l'escalier, à sentir son odeur se mêler à celle de Damien, à celle de la nuit, à celle de ce qui vient de naître entre nous.Mes ombres rampent autour de moi, calmes, apaisées, presque heureuses. Mes ailes frémissent encore là où Alistair les a touchées. Ma main est encore chaude
OphéliaLa nuit s'achève comme on referme un livre qu'on n'a pas voulu finir, comme on quitte un rêve qu'on aurait aimé vivre encore, comme on regarde partir quelque chose de précieux en espérant qu'il reviendra. Les bougies ont fondu sur la table, leurs flammes vacillent dans des flaques de cire, et la lumière du jour commence à filtrer à travers mes rideaux, cette lumière grise et douce qui annonce l'aube sur Noxluris, cette heure où les ombres sont les plus longues et les secrets les plus lourds.Nous sommes restés là, tous les trois, sans parler, sans bouger, à regarder les flammes mourir et les ombres danser sur les murs de mon petit appartement. Nos mains sont toujours liées sur la table, Alistair à ma gauche, Damien à ma droite, et je sens leurs doigts mêlés aux miens, leurs paumes chaudes contre ma peau, leurs pouls qu
Ophelia Je me penche vers lui. Assez près pour qu'il sente mon souffle, assez près pour qu'il voie l'obscurité dans mes yeux, assez près pour qu'il comprenne que je ne suis pas celle qu'il croit.— Non. Mais les deux monstres qui me courent après, eux, ils le sont. Dorian le Lycan et Alistair le D
OphéliaJe reste assise dans ce bar enfumé bien après qu'Alistair ait disparu.La liasse de billets traîne sur la table, épaisse comme un poing, et je sais sans compter qu'il y a là de quoi payer mon loyer pour six mois. Un pourboire. Pour le spectacle, sans doute. Pour le plaisir de m'avoir regard
OphéliaMaintenant, assise sur ce toit, la lune haute dans le ciel, je repense à tout cela. À ses mots. À ses regards. À cette chose en lui que je n'arrive pas à nommer, que je n'arrive pas à classer, que je n'arrive pas à ranger dans la case des prédateurs où j'ai mis tous les autres.Et je repens
Elle ne recule pas.— Pourquoi tu as fait ça ? Pourquoi lancer cette rumeur ?— Parce que j'avais besoin de vous voir. Tous les deux. Mais pas ensemble.— Pourquoi ?— Parce que quand vous êtes ensemble, vous n'êtes que des mo







