เข้าสู่ระบบAlistairLa confession de Damien, ses larmes dans la caverne, sa voix brisée, tout cela a ouvert une brèche en moi, une fissure par laquelle des choses oubliées remontent, des choses que j’ai enfouies sous des siècles d’or et de solitude. Nous sommes toujours dans la caverne de mon père, entourés par son trésor, ses os, ses fantômes. Le parchemin tremble encore dans mes mains. Mais ce ne sont pas les mots de l’énigme qui me glacent le sang. C’est le reste. C’est ce que je n’ai jamais dit à personne.Je m’assois sur un amas de pièces d’or, le bruit métallique se répercute contre les murs comme un glas. Ophélia me regarde, ses yeux noirs sont remplis d’une inquiétude douce, ses ombres se sont rapprochées de moi, comme une offrande de réconfort. Damien se tient debout, bras croisés, mais son regard jaune n’est plus dur. Il est patient. Attentif. Vivant.— Mon père, dis-je, et ma voix est rauque, elle ne ressemble pas à la mienne, elle ressemble à ce
Je continue à marcher, mes pieds glissent sur les pierres, mes mains touchent les murs rugueux, mes yeux s'habituent à l'obscurité, et je vois, au fond, une lueur, une lueur dorée, une lueur qui danse, une lueur qui m'appelle.L'or.Des milliers de pièces d'or, entassées en montagnes, accumulées pendant des siècles, volées à des rois, à des reines, à des peuples entiers. Des bijoux, des couronnes, des sceptres, des artefacts anciens, des choses précieuses et rares et uniques, toutes entassées là, dans cette caverne, comme les collections d'un fou, comme les trésors d'un dragon, comme les souvenirs d'un mort.— C'est immense, murmure Ophélia derrière moi, sa voix est à peine un souffle, à peine un murmure, à peine un émerveillement.— Mon père était un collectionneu
Posé sur un autel de pierre, entouré de fleurs fanées, d'offrandes oubliées, de souvenirs morts. Il brille faiblement, sa coquille est craquelée, ses veines d'or sont ternes, presque éteintes, comme s'il avait besoin de quelque chose, de quelqu'un, de moi.Je m'approche, mes mains tremblent, mes jambes tremblent, tout mon corps tremble, comme si j'allais m'effondrer, comme si j'allais mourir, comme si tout ce que j'avais enfoui pendant des siècles allait enfin sortir.— Je suis revenu, dis-je en m'agenouillant devant l'œuf, en posant mes mains sur sa coquille, en sentant sa chaleur sous mes doigts, sa vie, sa peur, son espoir. Je suis revenu, comme je l'avais promis. Je suis désolé d'avoir mis si longtemps. Je suis désolé de t'avoir abandonné. Je suis désolé pour tout.Les larmes viennent, je ne peux pas les arrêter, je ne peux pas le
DamienLe village n'est plus qu'un souvenir, une cicatrice sur la terre, une blessure qui n'a jamais vraiment guéri. Les maisons sont tombées en ruines, leurs murs noircis par le feu, leurs toits effondrés, leurs fenêtres vides comme des yeux morts qui regardent le ciel sans rien voir. L'herbe a repoussé, verte, sauvage, indifférente, elle recouvre les chemins, les cours, les endroits où j'ai joué enfant, où j'ai couru, où j'ai ri, avant que tout ne s'arrête, avant que tout ne brûle, avant que tout ne meure.Je marche lentement, mes pas sont lourds dans l'herbe haute, mes mains pendent le long de mon corps, inutiles, vides, tremblantes. Ophélia est à ma droite, ses ailes repliées contre son dos, ses ombres rampantes autour de ses pieds comme des serpents inquiets. Alistair est à ma gauche, ses écailles ternes sous la lumière grise du
DamienC'est moi.Je le sais avant même qu'ils ne posent la question, avant même qu'ils ne me regardent, avant même que le silence ne devienne trop lourd à porter. C'est moi, mon passé, mes fantômes, mes blessures, tout ce que j'ai enfoui sous des couches de rage et de muscle et de silence, tout ce que j'ai juré de ne jamais regarder en face, tout ce que j'ai fui pendant des siècles en courant plus vite, en frappant plus fort, en hurlant plus haut pour ne pas entendre les voix qui me rappellent ce que j'ai perdu, ce que j'ai vu, ce que je suis devenu.— C'est moi, dis-je, et ma voix est rauque, brisée, pleine de cette chose que je n'arrive pas à nommer mais que je reconnais comme la douleur, la vraie, celle qui ne guérit jamais, celle qui attend au fond de vous comme une bête blessée. C'est dans mon passé qu'il faut chercher. Je le sais. Je le sens.
Il disparaît, aspiré par l'ombre de l'escalier, et je reste là, sur le seuil de ma porte, la boîte dans les mains, le cœur battant trop vite, la tête pleine de questions auxquelles je n'ai pas de réponses.Je referme la porte, je m'assois par terre, j'ouvre la boîte. À l'intérieur, trois morceaux d'écaille, trois fragments de l'œuf de Selene, brillants, chauds, palpitants comme des cœurs qui battent encore. Et un mot, écrit à l'encre noire, les lettres dansant sous mes yeux comme des serpents.Le passé ne meurt jamais. Il attend. Il se cache. Il frappe quand on ne l'attend pas. Cherchez là où vous avez le plus mal. L'œuf y est. Ou du moins, une partie de lui.Le Masqué.Je serre les morceaux d'écaille dans ma main, ils sont chauds, vivants, presque brûlants, et je sens à travers eux l'œuf, sa présence, sa peur, son espoir. Il est quelque part, quelque part dans le passé de l'un de nous, quelque part dans une douleur qu'on a cru oubliée, quel
OpheliaIl écoute.Sans m'interrompre.Sans ciller.Sans que son regard ne me lâche une seconde.Et quand j'ai fini, quand ma voix s'éteint dans le silence de la pièce, il reste immobile un long moment, à me regarder, &agr
AlistairC'est ce que je fais.C'est ce que j'ai toujours fait.Je collectionne les femmes comme je collectionne les objets. Je les admire un temps, je les possède, je les range quand je me lasse. Elles ne sont pa
DamienJe devrais être avec eux.Je pense à Ophélia.— Prépare une équipe. Nous irons demain, à la tombée de la nuit.Kael incline la tête, tourne les talons, redescend vers les autres.Je reste seul avec la lune, avec le vent, avec cette certitude qui grandit dans ma poitrine : l'œuf sera à moi. O
Ophelia Damien veut l'utiliser comme pont diplomatique. C'est ce qu'il m'a dit, avec sa voix rauque et ses yeux ambrés. Un bébé dragon élevé par des Lycans, pour rapprocher les espèces. Pour créer un lien. Pour construire une paix durable entre leurs peuples ennemis.C'est beau.C'est trop beau.D







