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Chapitre 69 : Le jardin

Autor: Déesse
last update Fecha de publicación: 2026-09-05 08:00:06

Fiorenza

Le camion de déménagement repart dans un nuage de poussière, et je reste plantée au milieu de l'allée, incapable de bouger. Devant moi, la maison s'élève, ses pierres dorées chauffées par le soleil de fin d'après-midi, ses volets verts écaillés, sa façade mangée par les rosiers sauvages. Derrière moi, la mer. En contrebas, Sorrente et ses toits de tuiles. Autour de nous, partout, la jungle.

Je n'avais pas réalisé, sur les photos, à quel p
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    La punition qui suit est terrible. Pendant trois jours, il ne me touche pas. Il m'évite, me fuit, m'ignore. Je le vois dans les couloirs de la propriété, sa silhouette massive se découpant sur les murs de pierre, et il ne me regarde même pas. La faim monte en moi, dévorante, insupportable. Je veux ses mains sur ma peau, sa bouche sur la mienne, son corps en moi. Mais il me refuse. Il me prive. Il me torture par le silence et l'absence.Le quatrième jour, il me convoque dans son bureau. Je m'attends à une punition, à une réprimande, à quelque chose. Mais il ne dit rien. Il me regarde, longuement, ses yeux noirs plongeant dans les miens. Puis il se lève, s'approche de moi, et il me prend dans ses bras. Un geste tendre, inattendu, qui me coupe le souffle.— Je suis désolé, murmure-t-il. Je ne voulais pas te faire de mal.— Tu ne m'as pas fait de mal.— Si. Je t'ai fait du mal. Je t'ai punie pour quelque chose qui n'était pas ta faute.

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    Ximena Il m'emmène à la propriété pour un nouveau week-end. La maison est silencieuse, comme toujours, peuplée de fantômes et de secrets. Il me dit de me reposer, de me détendre, qu'il a du travail à faire. Je m'installe dans la chambre qu'il m'a attribuée, et je fixe le plafond pendant des heures, incapable de dormir. Et puis je me lève. Je ne sais pas ce qui me pousse. La curiosité. L'ennui. Le besoin de comprendre. Je descends les escaliers, je traverse les couloirs, et je m'arrête devant une porte que je n'avais jamais remarquée, au fond du rez-de-chaussée. Une porte de bois massif, fermée à clé. Mais ce soir, la clé est dans la serrure. Je tourne la poignée, et la porte s'ouvre. La pièce est immense, tapissée de rayonnages du sol au plafond. Des livres, des dossiers, des journaux. C'est une bibliothèque, mais pas une bibliothèque ordinaire. C'est une bibliothèque interdite.

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