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Chapitre 6

Author: Limonade Douce
Elle avait choisi quatre tenues élégantes et deux paires de chaussures confortables dans un centre commercial. Le tout lui avait coûté plus de trente mille euros. Sacs à la main, elle était de très bonne humeur.

Depuis la mort de son père, elle n'achetait plus de vêtements de luxe. Même lorsqu'elle accompagnait Lucien à des soirées, les robes qu'elle portait valaient une fortune — mais elles n'étaient jamais à elle. Dans la vie de tous les jours, elle portait des vêtements très simples. Et Lucien ne se gênait pas pour la critiquer en plaisantant : elle n'avait aucun goût.

Il n'avait jamais déboursé un centime pour ses tenues, alors qu'il ne lésinait pas pour Jeanne. C'est de la bouche de Sophie qu'elle avait appris que, chaque année, Lucien commandait des vêtements de marques internationales et les faisait livrer à Jeanne.

Avec une telle différence de traitement, si elle continuait à se faire des illusions, ce serait vraiment pathétique.

Alors qu'elle sortait du centre commercial, elle est tombée nez à nez avec Sophie. Cette dernière a retiré ses lunettes de soleil et fronçait les sourcils en voyant les sacs dans les mains de Chloé.

« Chloé, Jeanne est à l'hôpital à cause de toi, et toi, tu fais les boutiques au lieu d'aller la voir ? Tu bouffes l'argent de mon frère, tu vis sous son toit, et t'oses encore faire la maligne ? »

Chloé répliquait avec un sourire ironique : « Tu veux vraiment qu'on parle de pourquoi elle s'est blessée ? Ton frère le sait très bien. Tu crois que je vais jouer les bonnes à tout faire pour une maîtresse ? Et pour ta gouverne, ce que j'ai acheté aujourd'hui, c'est avec mon propre argent. »

« Ton propre argent ? Tu bosses pas, tu le sors d'où ton fric ? » ricanait Sophie.

« Mia touche vingt-huit mille par mois pour faire la cuisine et le ménage. Moi, je suis sa femme légitime, je m'occupe de lui, je l'aide dans sa rééducation, et tu crois que je devrais dire merci pour trois sous de frais de vie ? »

« Toi ! » Sophie n'en revenait pas du changement. Autrefois, Chloé se laissait marcher dessus. Maintenant, elle avait la langue bien pendue.

« T'as pas peur que mon frère te largue ? » Elle croyait savoir que Chloé aimait éperdument Lucien. Avant, quand il la traitait comme une moins que rien, elle ne cessait pourtant de s'accrocher à lui.

« Tu ferais mieux de t'excuser, sinon je vais tout lui raconter ! Il est déjà furieux à cause de Jeanne, et si je lui rajoute deux trois trucs, il va vraiment te virer ! »

Chloé a haussé les épaules : « Ah bon ? Ce serait parfait. De toute façon, je veux plus de lui. On est en train de divorcer, tu savais pas ? »

Si son père n'était pas mort, Chloé serait encore cette fille choyée, traitée comme une princesse. Elle n'aurait jamais eu à supporter une idiote pareille. Mais ces trois dernières années, la vie l'avait contrainte à plier.

À présent, le divorce était en route. Elle n'avait plus rien à perdre.

« Divorcer ? » Sophie était sous le choc. Elle n'aurait jamais cru que Chloé, qui aimait tant son frère, irait jusqu'à divorcer.

Mais elle reprenait vite contenance. « Tu veux le menacer avec le divorce, c'est ça ? Tu crois qu'il va quitter Jeanne pour toi ? Tu rêves ! Mon frère l'adore, il en a rien à faire de ton chantage. Et quand tout sera foutu, tu feras quoi ? Tu penses vraiment trouver un mec mieux que mon frère après ça ? »

Chloé répondait sans la moindre hésitation : « Ne t'inquiète pas. Je ne reviendrai jamais en arrière. Si Jeanne veut Lucien, je le lui laisse. »

Puis elle a redressé le dos et est partie la tête haute.

Sophie, furieuse, la regardait s'éloigner, prête à exploser.

« T'as gagné, Chloé. J'vais tout balancer à mon frère, tu vas voir ! »

À l'hôpital privé de Group Bernard

Devant la chambre, Lucien fixait son téléphone, l'air contrarié. Chloé l'avait bloqué. Elle avait osé. Cette femme devenait de plus en plus insupportable.

Sophie est arrivée au bout du couloir et s'est empressée de râler en le voyant : « Frérot, tu vas la laisser faire jusqu'où, cette fille ? Elle dépasse les bornes ! Je l'ai vue au centre commercial aujourd'hui, elle claquait ton fric en fringues et en plus, elle m'a mal parlé ! Tu bosses dur et elle, elle le dilapide sans honte ! »

« Elle est allée faire du shopping ? » Lucien était surpris.

Il se souvenait que Chloé était plutôt économe. Elle portait toujours les mêmes fringues, sans style.

Qu'elle s'offre des vêtements ne lui ressemblait pas.

Sophie a hoché la tête : « C'est sûr, elle a dû utiliser ta carte ! Tu devrais la bloquer ! Faut pas qu'elle continue à dépenser ton argent comme ça. »

Lucien restait figé. Il ne lui avait jamais donné de carte bleue, à part un peu d'argent pour ses dépenses.

« Frérot, t'as pas bloqué sa carte secondaire ? Tu lui as sûrement filé une, non ? Sinon elle aurait pas les moyens. »

Il avait donné une carte secondaire à Sophie avec un plafond d'un million par mois.

Mais soudain, il ressentait une étrange culpabilité. « Je... je lui ai jamais donné de carte secondaire. »

« Quoi ? Alors t'as viré l'argent directement sur son compte ? Tu lui files combien par mois ? Tu peux demander à la banque de bloquer son compte ? » Sophie paniquait. Pour elle, pas question que l'argent de son frère soit gaspillé par cette femme.

Lucien, de plus en plus mal à l'aise, répondait : « Je lui donne un peu plus de trente mille... »

« Trente mille ? » Sophie restait bouche bée. « T'es trop radin, frère. Trente mille, c'est même pas le prix d'une paire de mes chaussures. »

Elle se souvenait alors que les sacs de Chloé portaient un logo qui n'appartenait à aucune marque de luxe.

Elle avait même commencé à la plaindre… Mais elle s'est rappelée brusquement que l'hospitalisation de la mère folle de Chloé était prise en charge par son frère !

« Et l'argent pour soigner sa mère, c'est pas toi qui l'as payé ? »

Lucien avait un flash. Oui, sa mère nécessitait des soins coûteux chaque mois. C'était lui qui réglait la note.

Il a appelé aussitôt son assistant : « Stoppe immédiatement le paiement des frais médicaux de la mère de Chloé. Je veux qu'elle vienne me supplier à genoux. »

L'assistant, sans poser de question, exécuta l'ordre. Mais quelques minutes plus tard, il revenait : « Monsieur, l'hôpital a confirmé que Madame Dumont a été transférée dans une chambre ordinaire depuis six mois. Les frais sont désormais payés par Madame elle-même. Vous n'avez rien déboursé récemment. »

Lucien en restait sans voix. « Impossible ! »

Il se souvenait pourtant d'avoir signé une demande de facture récemment.

Si ce n'était pas les frais médicaux de la mère de Chloé, alors c'était quoi ? Il se sentait de plus en plus irrité.

Sophie, perplexe, murmurait : « Elle disait donc la vérité ? Elle veut vraiment divorcer ? »

À ces mots, Lucien avait comme une décharge. Son visage devenait glacial.

« Divorcer ? C'est elle qui l'a dit ? »

Sophie a hoché la tête. « Oui, elle avait l'air sérieuse. Frérot, tu crois qu'elle pense vraiment te quitter ? »

Puis elle se réjouissait d'un coup : « Mais c'est super ! On a essayé de la faire partir plein de fois et elle s'accrochait. Là, au moins, elle comprend enfin qu'elle n'est pas à sa place. T'as qu'à divorcer et épouser Jeanne ! »

« Qui t'a dit que je voulais divorcer ?! » hurlait Lucien.

Sophie restait bouche bée. « Mais... t'as toujours dit que t'aimais que Jeanne, non ? »

Lucien aussi le pensait. Mais rien qu'à l'idée de divorcer de Chloé, il se sentait mal à l'aise, contrarié.

« J'ai jamais voulu divorcer. »

Sophie n'en revenait pas. « Et Jeanne, alors ? »

Voilà ce qui le coinçait. Il savait très bien que Jeanne l'aimait encore. Mais Chloé était restée trois ans à ses côtés. S'il avait pu se remettre debout, c'était grâce à elle.

Il avait une dette envers Chloé. Et ce qu'il pouvait lui offrir, c'était seulement ce mariage.

Mais il ne voulait pas non plus faire de peine à Jeanne. Il l'aimerait, la compenserait… Il ne voulait pas que rien ne change.

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