ログインEva lui a répondu calmement.« Mais qu’est-ce que tu racontes ? Pour nous, vous êtes toutes les deux nos filles. Si toi et Camille ne vous entendiez pas avant, c’est aussi parce qu’on n’a pas toujours fait les choses comme il fallait avec vous deux. Tiens, je vais te donner une carte sans plafond, valable dans toutes les enseignes des Hébert. Comme ça, tu verras bien qu’on ne fait pas de différence entre vous. »Gérard n’avait pas l’air ravi. Mais puisque Catherine venait de le proposer, il a aussitôt sorti son téléphone pour que ce soit fait.« Eva, s’il te manque quoi que ce soit, dis-le-moi. Je ferai acheter ce qu’il faut. La cérémonie approche. De notre côté, on veut aussi faire les choses comme il faut. Pour ton mariage, demande ce que tu veux. »« Non merci, mes chers parents. »Eva a ri.La bouche encore pleine, elle a mis un moment à avaler.Le repas était excellent, mais pas la compagnie.Elle n’avait déjà plus envie de manger.« Ne sois pas gênée. Tu te maries avant Camille,
Elle oubliait même que c’étaient eux qui l’avaient élevée.« Eva, tu ne dis même plus bonjour à papa et maman ? Tu es encore fâchée contre nous ? »Catherine a souri et s’est assise à côté d’elle. Elle lui a elle-même servi du café chaud et a posé la tasse devant elle.« Fâchée ? Pourquoi je serais fâchée contre vous ? »Eva a alors lentement posé son téléphone. Elle a regardé la tasse devant elle, puis les entrées raffinées et les pâtisseries disposées sur la table. Elle a eu un petit sourire.Elle avait depuis longtemps cessé de se mettre en colère contre les Hébert.Elle savait depuis longtemps que les gens pouvaient être cruels et égoïstes. Continuer à détester les Hébert ne ferait que la garder enfermée dans le même monde qu’eux.Aujourd’hui, elle ne voulait plus qu’une chose : récupérer ce qui lui appartenait.Pauline l’avait contactée la veille.La situation d’Adrien était préoccupante, et seul le brevet de sa mère pouvait encore l’aider.Pour Pauline, Eva n’avait pas hésité un
« Mais comment veux-tu qu’Eva renonce d’elle-même à ses droits à l’héritage ? »Camille trouvait qu’Empyrée cherchait clairement à leur compliquer les choses.Pour l’instant, les Hébert n’avaient que la garde provisoire du brevet laissé par la mère d’Eva. Et tant que le Groupe Beaumont protégeait Eva, ils ne pouvaient rien tenter contre elle, ni ouvertement ni en secret.Empyrée, en revanche, n’avait aucun lien avec elle et affrontait déjà ouvertement le Groupe Beaumont.S’ils voulaient s’en prendre à Eva et récupérer le brevet, ce serait beaucoup plus facile pour eux.Et pourtant, Empyrée avait insisté sur un point : ils étaient prêts à travailler avec la famille Hébert, mais les Hébert n’étaient pas encore propriétaires du brevet. Dans ces conditions, la coopération devenait forcément compliquée.Camille fulminait. Gérard, lui, avait très bien compris.« Empyrée n’est pas facile à manœuvrer. Si on veut travailler avec eux, il faudra suivre leurs règles. »« Ils viennent à peine d’ar
La famille Hébert avait toujours invoqué cette situation pour refuser de vendre le brevet à d’autres pays.En réalité, elle avait ses propres projets. Elle voulait se servir de cette technologie de pointe pour attirer des investisseurs et prendre la place du Groupe Beaumont.Mais elle avait largement sous-estimé à quel point il serait difficile de garder le contrôle de ce brevet.Faire perdre à Eva ses droits à l’héritage n’était pas le plus compliqué. Le vrai problème, c’était que plusieurs acteurs puissants surveillaient ce brevet depuis des années.Si la famille Hébert essayait vraiment d’exploiter cette technologie, elle risquait d’attirer de sérieux ennuis à son entreprise. Elle n’osait même pas imaginer jusqu’où cela pouvait aller, et il n’était pas sûr de pouvoir en assumer les conséquences.Avec le temps, les Hébert avaient fini par comprendre.Peut-être que la mère d’Eva ne leur avait pas confié tout cela uniquement parce qu’elle leur faisait confiance. Peut-être qu’elle s’ét
Le Groupe Beaumont était un groupe pharmaceutique et détenait plusieurs brevets portant sur des technologies parmi les plus avancées du pays.Pauline savait très bien à quel point la technologie dont parlait le médecin était difficile à maîtriser.Même s’il existait des techniques comparables dans le pays, elles étaient encore loin d’être utilisées en pratique.Et leur coût devait être très élevé.Mais le médecin lui avait quand même indiqué une piste.« Nous n’avons pas cette technologie ici. Dans le monde, seules deux institutions la possèdent. Toutes deux relèvent de l’armée de leur pays et ne délivrent aucune licence à des organismes étrangers. »Le médecin avait promis d’essayer de mettre du T7 à la disposition de Pauline et Adrien.Mais Pauline devait être en mesure de garantir que le Groupe Beaumont disposait de la technologie nécessaire.Sinon, prendre ce risque n’aurait servi à rien.Leur seule chance semblait donc encore une fois leur échapper.Malgré tout, Pauline était pro
Pauline n’a rien ajouté et est entrée directement dans la chambre.Quelques soignants étaient encore là pour surveiller Adrien. Il était assis au bord du lit, une perfusion placée dans son avant-bras.Dans l’autre main, il tenait encore son téléphone.Le téléphone de Pauline a vibré.C’était Adrien qui l’appelait.Elle avait mis longtemps à raccompagner les autres et, chaque fois qu’il avait essayé de la joindre, elle était déjà au téléphone.Il avait fini par s’inquiéter.« Je suis revenue. »Les traits de Pauline se sont détendus. Elle s’est approchée avec un sourire, s’est accrochée doucement à son bras libre et lui a pris le téléphone des mains.Adrien ne la quittait pas des yeux.« Qu’est-ce que tu faisais pendant tout ce temps ? »« Je raccompagnais les autres. »« Et avec qui tu étais au téléphone aussi longtemps ? »Adrien a parlé doucement en se rapprochant de ses lèvres.« Le travail. Juliette m’a appelée. Il y avait quelques problèmes et elle voulait mon avis. Du coup, ça a







