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Chapitre 19 : La Fuite

Autor: Léo
last update Fecha de publicación: 2026-05-16 00:01:18

Je ne sais pas comment je regagnai ma chambre.

Tout ce dont je me souviens, c'est d'avoir traversé le salon dans une brume, les jambes en coton, le cœur battant si fort que je l'entendais dans mes tempes. Les lumières de la suite me paraissaient trop vives, la cheminée trop chaude, l'air trop lourd. Mes escarpins claquaient sur le marbre du couloir, mais ce bruit me semblait lointain, irréel, comme s'il appartenait à une autre femme, une au
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  • ELLE ÉTAIT SON ERREUR PRÉFÉRÉE    Chapitre 23 : L'Accident

    La nuit était tombée quand je quittai la Tour Van Elden.Igor marchait devant moi, silhouette massive qui fendait l'air glacé du parvis. Anton fermait la marche, silencieux comme à son habitude. Les deux hommes s'étaient réparti les rôles sans même se concerter, avec cette efficacité muette des professionnels de la sécurité. L'un ouvrait la voie, l'autre couvrait les arrières. J'étais au centre, protégée comme un chef d'État en territoire hostile.La berline noire nous attendait devant l'entrée, moteur allumé, phares trouant l'obscurité. Le chauffeur — un nouveau, que je ne connaissais pas — tenait la portière ouverte. Je m'engouffrai sur la banquette arrière, Anton s'assit à ma droite, Igor prit place à l'avant, et la voiture s'ébranla dans un froissement de pneus sur le bitume humide.Paris défilait derrière les vitres fumées. Les lumières des réverbères dessinaient des stries orange sur la carrosserie. Il avait plu dans l'après-midi, et les tr

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    Le bureau fut nettoyé en moins de deux heures. Une équipe de sécurité débarqua au septième étage, photographia chaque détail du saccage, releva des empreintes sur le miroir, emballa les débris de l'ordinateur dans des sacs en plastique scellés. Puis une brigade de nettoyage prit le relais, effaçant le message au rouge à lèvres, aspirant le terreau, remplaçant la plante verte par une nouvelle — un ficus robuste, cette fois, qui résisterait à toutes les tempêtes. On m'installa un bureau provisoire au huitième étage, à deux portes de celui de Lorenz. La pièce était plus petite que l'ancienne, mais plus élégante, avec une vue plongeante sur le Bois de Boulogne et une moquette si épaisse que mes talons n'y faisaient aucun bruit. Martine y avait déjà déposé un ordinateur neuf, un téléphone flambant neuf, et un vase de pivoines blanches — les mêmes que celles de mon appartement. Je ne savais pas si c'était une attention délica

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    Je ne retournai pas à la Tour Van Elden le lendemain. J'avais besoin d'une journée. Une journée pour digérer, pour respirer, pour recoller les morceaux de mon armure que le voyage à New York avait fissurée en profondeur. Je prétextai une migraine — ce qui n'était pas tout à fait un mensonge, mes tempes palpitaient depuis l'atterrissage — et Martine, à l'autre bout du fil, n'insista pas. Elle avait dû sentir dans ma voix quelque chose qui ne se discutait pas. Je passai la matinée enfermée dans l'appartement de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, à fixer les pivoines qui achevaient de faner dans leur vase. Leurs pétales, autrefois d'un blanc crémeux, étaient maintenant translucides et fripés, recroquevillés sur eux-mêmes comme des papillons morts. La métaphore était facile, trop facile — la beauté qui se fane, l'amour naissant qu'on sacrifie sur l'autel du devoir — et je la chassai d'un revers d

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    L'aube new-yorkaise me trouva éveillée, les yeux secs, le cœur vide. Je n'avais pas dormi. Pas une minute. Allongée dans le lit king-size, les draps froissés par une nuit d'insomnie, j'avais regardé la neige cesser de tomber, le ciel passer du noir au gris, puis du gris au blanc laiteux. Central Park émergeait lentement de l'obscurité, ses pelouses couvertes d'un manteau blanc, ses sentiers encore déserts à cette heure matinale. La ville s'éveillait, indifférente à mes tourments. À 7 heures, je me levai. Mes gestes étaient mécaniques, dépourvus de la précision habituelle. La douche brûlante ne parvint pas à dissiper le froid qui s'était installé dans ma poitrine. Le café que je bus debout dans la kitchenette n'avait aucun goût. J'enfilai un tailleur sobre, attachai mes cheveux en chignon, appliquai un peu de fond de teint pour masquer les cernes qui creusaient mes yeux. L'armure de la consultante irréprochable. Même si,

  • ELLE ÉTAIT SON ERREUR PRÉFÉRÉE    Chapitre 19 : La Fuite

    Je ne sais pas comment je regagnai ma chambre. Tout ce dont je me souviens, c'est d'avoir traversé le salon dans une brume, les jambes en coton, le cœur battant si fort que je l'entendais dans mes tempes. Les lumières de la suite me paraissaient trop vives, la cheminée trop chaude, l'air trop lourd. Mes escarpins claquaient sur le marbre du couloir, mais ce bruit me semblait lointain, irréel, comme s'il appartenait à une autre femme, une autre vie. Je poussai la porte de ma chambre, la refermai derrière moi, et tournai la clé dans la serrure. Le déclic du pêne résonna dans le silence comme un couperet. Puis je m'adossai au battant. Mes jambes tremblaient. Mes mains aussi. Tout mon corps vibrait d'une énergie que je ne pouvais pas nommer — désir, peur, regret, soulagement. Je restai là, debout, une main plaquée sur la bouche pour étouffer le bruit de ma r

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    La réunion avec l'UNICEF fut un succès. Le lendemain matin, après trois heures de sommeil à peine, je m'étais réveillée avec la désagréable sensation d'avoir la tête remplie de coton. Mais la douche glacée que je m'étais infligée par discipline avait dissipé les brumes, et le café noir — le quatrième en vingt-quatre heures — avait fait le reste. À 10 heures précises, nous franchissions les portes vitrées du siège des Nations Unies, Lorenz en costume anthracite, moi en tailleur bleu marine, tous deux arborant le masque impeccable des professionnels qui n'ont rien à se reprocher. Le directeur exécutif de l'UNICEF, un Norvégien chaleureux nommé Aksel Berg, nous accueillit dans un bureau panoramique qui surplombait l'East River. La négociation dura deux heures, ponctuée de chiffres, de projections, de poignées de main fermes et de sourires diplomatiques. Lorenz fut magistral — précis, convaincant, habité par cette autorité

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