LOGINClara Delaunay, 29 ans, stratège en gestion de crise, est engagée pour sauver la réputation de Lorenz Van Elden, 42 ans, milliardaire marié à l'impulsif et volcanique Élodie. Sa mission : étouffer les scandales à répétition de cette dernière, des excès médiatiques aux infidélités flagrantes. Dans l'ombre des palaces et des bureaux new-yorkais, une connexion interdite naît entre Clara et Lorenz, celui-ci trouvant en elle la paix que son mariage de convenance ne lui offre pas. Leur relation clandestine se consume dans le secret, jusqu'à ce que Clara tombe enceinte. Face à la menace d'un scandale susceptible d'ébranler son empire, Lorenz choisit de rester marié, offrant à Clara et à leur enfant une vie cachée. Trahie et humiliée lorsque la grossesse est exposée au grand jour par Élodie, et que Lorenz la sacrifie publiquement pour protéger ses affaires, Clara disparaît. Cinq ans plus tard, elle a rebâti sa vie et fondé une agence de conseil redoutée, élevant seule sa fille, Léa. Lorsque Lorenz, désormais divorcé et rongé par les remords, la retrouve, il doit affronter les conséquences de ses choix. Clara, devenue plus forte, doit décider si elle peut pardonner à l'homme qui l'a brisée, et si le père de son enfant mérite une seconde chance. L'histoire explore les thèmes de l'amour impossible, du sacrifice, de la trahison et du pouvoir de la reconstruction sur les cendres de l'humiliation.
View MoreMinuit sonna à la pendule Art déco de mon bureau. Le dernier carré de chocolat noir avait fondu sur ma langue, amer et revigorant. Je m’étirai, les vertèbres craquant doucement après huit heures d’immobilité devant l’écran lumineux. Le dossier « Verrerie Saint-Michel » était bouclé, la stratégie de communication post-grève rédigée, prête à être envoyée au PDG à 8h du matin. J’avais sauvé une entreprise familiale de deux cents ans d’une faillite certaine après un lock-out catastrophique. Un bon boulot. Propre. Satisfaisant.
Je fermai mon ordinateur portable, savourant le silence de mon appartement du 7ème arrondissement un silence acheté, mérité quand mon téléphone professionnel vibra, glissant sur le cuir verni du bureau. Un numéro inconnu, mais avec l’indicatif de Genève. À cette heure-ci, c’était soit une urgence absolue, soit une erreur. Mon instinct, aiguisé par dix ans dans la gestion de crise, pencha pour l’urgence.
— Delaunay, répondis-je, la voix légèrement rauque de fatigue.
— Mademoiselle Delaunay. Maître Arnaud Dubois, du cabinet Dubois, Saint-Clair & Associés. Je vous appelle sur recommandation expresse de Maître Vernier.
La voix était polie, ciselée, froide comme un marbre dans un hall d’aéroport. L’avocat d’affaires le plus redouté d’Europe, celui dont on disait qu’il pouvait faire disparaître un scandale d’État avant même que le journaliste n’ait fini son article. Je me redressai.
— Maître Vernier est un ancien mentor. Que puis-je faire pour vous, Maître Dubois ?
— Nous avons une situation. Une situation délicate qui requiert une discrétion et une efficacité absolues. Elle concerne l’un de nos clients les plus… éminents. L’affaire ne peut être évoquée par aucun moyen électronique, pas même cette ligne sécurisée. Seriez-vous disponible pour une rencontre demain matin, 7h, à mon bureau parisien ?
Je jetai un coup d’œil à mon agenda virtuel, défilant mentalement. Une réunion à 10h avec une start-up en pleine levée de fonds, annulable.
— 7h est parfait. Quelle est la nature générale de la situation ? Une simple orientation m’aiderait à préparer la rencontre.
Un silence à l’autre bout du fil, un silence qui coûtait probablement plusieurs centaines d’euros à la minute.
— Il s’agit, résuma la voix glacée, de la gestion de l’image publique d’une personne très exposée. La préservation d’un patrimoine, à la fois financier et… symbolique. Les dégâts sont importants. Récurrents. Et la source du problème est… intrinsèquement liée au client.
Le vocabulaire était choisi, évasif. « Personne très exposée ». « Source intrinsèquement liée ». Cela sentait le problème familial, le conjoint incontrôlable, l’enfant prodigue.
— Je serai là, dis-je.
— On vous envoie un courrier avec l’adresse et les codes d’accès. Brûlez-le après lecture. Bonne nuit, Mademoiselle Delaunay.
La ligne fut coupée avant que je n’aie pu répondre.
Le lendemain à 6h50, je me tenais devant un immeuble haussmannien discret de l’avenue de Friedland. Pas de plaque, seulement un digicode. J’entrai le code reçu sur mon portable jetable à l’aube. La lourde porte en chêne s’ouvrit sans un bruit.
L’intérieur était un écrin de boiseries sombres, de tapis d’Aubusson épais et de portraits d’aïeuls à l’air sévère. Un homme en costume gris fer, aussi impassible qu’un huissier de tribunal, m’attendait.
— Mademoiselle Delaunay. Suivez-moi, s’il vous plaît.
Il me conduisit par un escalier en colimaçon jusqu’à un bureau situé au fond du bâtiment, sans fenêtre, éclairé par une unique lampe à abat-jour vert. Maître Dubois, petit, nerveux, avec des yeux de furet derrière des lunettes à fine monture d’or, était assis derrière un bureau vide, à l’exception d’une chemise cartonnée et d’un iPad verrouillé.
— Asseyez-vous. Merci d’être ponctuelle.
Il ne proposa ni café ni politesses superflues.
— Vous venez sur la recommandation de Jacques Vernier, ce qui équivaut à un passeport en or dans ce milieu. Vos succès avec la crise des produits laitiers contaminés et avec la fusion avortée TechnoCorp-SysGlobal ont été notés. Vous avez de l’aplomb, du sang-froid, et vous savez vous effacer. Trois qualités indispensables pour ce qui nous occupe.
Il poussa l’iPad vers moi. Un code à quatre chiffres était inscrit sur un bout de papier.
— Déverrouillez. Regardez. Dites-moi si vous êtes intéressée, et si vous pensez pouvoir faire quelque chose. Le cachet mensuel est de cinquante mille euros, hors frais et commissions exceptionnelles. La mission est à durée indéterminée, mais avec un préavis de trois mois de part et d’autre. Confidentialité totale, contractuellement garantie par des clauses de non-divulgation dont les pénalités dépasseraient… disons, tout ce que vous pourrez gagner en dix vies.
J’entrai le code. L’écran s’illumina.
La première photo me frappa de plein fouet. Une femme, blonde, d’une beauté presque violente, allongée nue sur le capot luisant d’une Lamborghini Aventador orange. Elle était inconsciente, ou proche de l’être, un bras pendant dans le vide, la bouche entrouverte. Le cliché, pris de nuit, était flou mais terriblement explicite. En arrière-plan, on devinait les lumières du Casino de Monte-Carlo.
Je glissai mon doigt sur l’écran. Une autre. La même femme, visiblement ivre, riant aux éclats en versant une bouteille de Cristal sur la tête d’un homme en smoking dans une piscine intérieure. Une autre encore : elle giflait un serveur dans un restaurant étoilé, le visage déformé par la fureur. Une vidéo, muette, la montrait renversant une table de blackjack, les jetons volant.
Le nom était évident avant même de lire le dossier joint. Élodie Van Elden. Née Élodie de La Tour d’Argent. Le visage de la jet-set européenne, l’épouse de Lorenz Van Elden, héritier de l’empire industriel et maritime du même nom. Le couple le plus photographié, le plus envié, le plus… artificiel, si l’on en croyait la rumeur.
Je continuai de parcourir. Les dossiers de police étouffés pour conduite en état d’ivresse, outrage à agent. Les articles de presse people, de plus en plus nombreux et cruels : « Élodie, la déglingue », « La reine du scandale », « Van Elden : le mariage en eaux troubles ». Les courriers de sponsors mécontents, les menaces de résiliation de contrats de la Fondation Van Elden pour l’Enfance.
La « source du problème » était en effet intrinsèquement liée au client. C’était sa femme.
Je levai les yeux vers Maître Dubois.
— L’objectif ? demandai-je simplement.
— Faire cesser les scandales publics. Redorer l’image du couple, et en particulier de M. Van Elden, dont la réputation commence à être entachée par ces… écarts. Contrôler, canaliser, ou, à défaut, enfermer médiatiquement Madame Van Elden. La rendre présentable, ou silencieuse. Et protéger les intérêts financiers de la famille, qui se chiffrent en milliards. Il s’agit d’un travail de fond, de nettoyage, et de maintien de l’ordre.
— Et M. Van Elden ? Quelle est sa position ?
Le visage de Dubois resta de marbre.
— M. Van Elden est le client. Il approuve cette initiative. Il souhaite que le problème soit réglé. De manière définitive. Il ne sera pas directement impliqué dans la gestion quotidienne. Vous rendrez compte à moi, et à son directeur de cabinet, M. Kastner. Vous n’approcherez M. Van Elden que sur demande expresse.
Je sentis un frisson me parcourir l’échine. Ce n’était pas un simple travail de relations publiques. C’était une mission de camouflage, de réparation des dégâts causés par un être humain devenu bombe à retardement. C’était sale. C’était cynique. C’était le défi ultime.
Cinquante mille euros par mois. De quoi asseoir définitivement mon indépendance, acheter ce cabinet à Sèvres que je regardais depuis des mois, sécuriser l’avenir de ma mère. Et puis, la complexité même de la tâche m’attirait, comme un aimant. Réparer l’irréparable. Nettoyer les égouts des plus beaux palaces.
— Les moyens ? demandai-je.
— Illimités. Budget discrétionnaire pour « relations presse » et « événementiel ». Accès à un réseau d’avocats, de détectives privés, de journalistes « amis ». Une équipe de sécurité sera mise à votre disposition si nécessaire. Vous serez logée dans un appartement sécurisé. Vous signerez un contrat de salariée d’une holding écran basée au Luxembourg.
Je regardai une dernière fois la photo de la femme nue sur la Lamborghini. Une beauté perdue, un gâchis. Une épine dans le pied d’un empire.
Je relevai la tête, croisant le regard perçant de Dubois.
— Je prends le dossier, dis-je, ma voix résonnant étrangement calme dans la pièce sourde.
Un mince sourire, sans chaleur, fendit les lèvres de l’avocat.
— Bien. Kastner vous attend à 8h à la Tour Van Elden. On vous donnera les codes d’accès. Bienvenue dans la machine, Mademoiselle Delaunay. N’oubliez pas : vous ne réparez pas une réputation. Vous préservez un patrimoine. La différence est… cruciale.
Il tendit la main vers l’iPad. Je le lui rendis. L’image de la femme inconsciente s’éteignit, engloutie par l’écran noir.
La lumière de la lampe dessinait un halo fatigué sur mes notes. Minuit était passé depuis longtemps. L'odeur du café brûlé stagnait dans l'air.La confrontation à Deauville avait laissé en moi un mélange nauséeux de peur et de colère froide. Les éclats du miroir semblaient s'être logés dans mon esprit. J'avais vu la bête de près. Maintenant, il fallait donner l'illusion qu'elle était en cage.Mon premier plan avait volé en éclats avec le verre de cristal. On ne pouvait pas "gérer" Élodie. Il fallait l'éliminer du champ de vision. Pendant ce temps, reconstruire patiemment le mur de la respectabilité autour de Lorenz.Sur un tableau blanc vierge, j'écrivis :PHASE 1 : RETRAIT ET CONTAINEMENT· Objectif : Faire disparaître Élodie de l'espace public pour 6 mois minimum.· Moyens : 1. Pression médicale : utiliser l'incident de Deauville pour un certificat recommandant une cure longue hors d'Europe. 2. Consentement "assisté" : faire intervenir son père, Henri de La Tour d'Argent. Lui pr
La Villa des Dunes se cachait derrière une haie de tamaris secoués par le vent marin. Une bâtisse de granit et de verre des années 30, tournée vers les vagues grises de la Manche. Aucun gardien à l’entrée, juste une grille qui s’était ouverte après qu’elle eut annoncé son nom à l’interphone. L’allée de gravier crissa sous les pneus de la berline noire que Kastner lui avait fournie.J’avais choisi une tenue à la fois professionnelle et neutre : un pantalon de toile beige, un chemisier en lin, un blazer. Rien qui puisse être perçu comme une provocation de richesse ou, à l’inverse, une marque de soumission. Je serrais dans ma main un carnet et un stylo, des armes dérisoires.Une femme d’un certain âge, vêtue d’une robe grise sévère, m’ouvrit la porte d’entrée. Le visage était fermé, les yeux tristes.— Madame vous attend dans son dressing. Suivez-moi.L’intérieur de la villa était un étrange mélange de modernisme froid et de décrépitude élégante. Des meubles de Le Corbusier recouverts de
La lumière froide de l’écran d’ordinateur baignait mon visage dans la pénombre de mon nouveau bureau. Le silence du sixième étage était si absolu que je percevais le bourdonnement à peine audible des serveurs, quelque part dans les entrailles de la tour. J’avais refusé le café de Kastner, refusé de faire le tour des open spaces déserts. Je voulais comprendre. Avant d’agir, il fallait connaître l’ennemi. Et l’ennemi, pour l’instant, s’appelait Élodie.J’entrai le code d’accès sur le clavier. Une interface sobre, presque spartiate, apparut. Une seule icône : « Dossier V.E. - Opération Silence ». Je cliquai.Ce n’était pas un dossier. C’était une chronique de la déchéance. Une autopsie médiatique.Dossier #1 : Monte-Carlo, Juillet 2021. Les photos que j’avais vues chez Dubois, en haute définition cette fois. Élodie Van Elden, 34 ans. Un corps magnifique, sculpté par des années de mannequinat pour les plus grandes maisons, maintenant abandonné dans une obscénité publique. Je zoomai. Sur l
Le taxi me déposa au pied de la Tour Majestic, un monolithe de verre et d’acier qui dévorait le ciel parisien du 16ème arrondissement. C’était là, derrière cette façade anonyme, que siégeait le cœur discret de l’empire Van Elden. Pas de logo ostentatoire, seulement une plaque discrète : « V.E. Holdings ».Je me sentais étrangement à nue dans mon tailleur pantalon anthracite et mon chemisier de soie ivoire. Le dossier que j’avais étudié toute la nuit était une chose. Pénétrer dans la forteresse en était une autre. Je m’attendais à des lourds portails de sécurité, des scans biométriques. Il n’y eut qu’un hall immense et désert, recouvert de marbre gris du Portugal, et un homme d’une cinquantaine d’années au crâne luisant, vêtu d’un costume trois-pièces parfaitement coupé, qui m’attendait devant les ascenseurs.— Mademoiselle Delaunay. Je suis Frédéric Kastner, directeur de cabinet de M. Van Elden. Suivez-moi, s’il vous plaît.Sa voix était neutre, son français teinté d’un léger accent a






Bienvenue dans Goodnovel monde de fiction. Si vous aimez ce roman, ou si vous êtes un idéaliste espérant explorer un monde parfait, et que vous souhaitez également devenir un auteur de roman original en ligne pour augmenter vos revenus, vous pouvez rejoindre notre famille pour lire ou créer différents types de livres, tels que le roman d'amour, la lecture épique, le roman de loup-garou, le roman fantastique, le roman historique et ainsi de suite. Si vous êtes un lecteur, vous pouvez choisir des romans de haute qualité ici. Si vous êtes un auteur, vous pouvez obtenir plus d'inspiration des autres pour créer des œuvres plus brillantes. De plus, vos œuvres sur notre plateforme attireront plus d'attention et gagneront plus d'adimiration des lecteurs.