PROSTITUÉE MALGRÉ MOI !

PROSTITUÉE MALGRÉ MOI !

last updateLast Updated : 2026-05-11
By:  DéesseUpdated just now
Language: French
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Prostituée malgré moi Sarah, 26 ans, femme de chambre dans un palace de la Côte d'Azur, connaît la règle : être invisible. Mais un soir, le directeur la convoque. Un client richissime, Sterling, l'a repérée et l'exige dans sa suite pour la nuit. Refuser ? Licenciement immédiat. Pire : une dette héritée de sa mère ressurgira. Une dette que le directeur a rachetée en secret, la tenant en laisse depuis des mois. Piégée, Sarah monte. Dans la suite présidentielle, Sterling la déstabilise : il ne veut pas son corps, il veut une confidente. Il fuit quelque chose. Quelqu'un. Très vite, Sarah comprend qu'elle n'est qu'un pion. Le directeur l'utilise pour espionner Sterling, ancien associé du propriétaire, écarté violemment et revenu se venger. Mais Sterling le savait. S'il a demandé Sarah, c'est pour une raison explosive : elle est la fille illégitime du fondateur de l'empire. Héritière spoliée. Sa vie entière est un mensonge fabriqué par ceux qui ont volé son nom. Aujourd'hui, ils tremblent qu'elle l'apprenne. Sterling, le prédateur, devient son seul allié. Mais peut-elle lui faire confiance ? Car lui aussi a tout à gagner à se servir d'elle pour détruire ses ennemis. Un palace , un piège. Un héritage volé. Elle n'était pas une proie, elle était la clé.

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Chapter 1

Chapitre 1 : Le prix du silence

Sara

Chaque matin, je me réveille dans ce cri : Le réveil affiche .. l'heure de mon calvaire . Le plafond au-dessus de mon lit est creusé d'une fissure qui serpente du mur jusqu'au lustre en verre dépoli, une veine noire sur la peau du plâtre. Je la connais. Je la connais comme on connaît les rides d'un visage aimé et disparu. Cette fissure, c'est Elena. C'est la ligne qui sépare ma vie de la sienne, celle qui est restée et celle qui est partie. Ma jumelle. Mon autre moitié. Celle dont le cœur a cessé de battre pour que le mien continue, dans un échange silencieux que je n'ai pas choisi.

Chaque chose dans cette pièce est un reproche. Les murs sont trop proches. La table en formica est écaillée, une brûlure de cigarette laissée par un locataire précédent, souvenir d'un autre naufrage. La pile de livres de la bibliothèque municipale, des romans que je n'arrive plus à lire parce que les mots dansent, parce que derrière chaque phrase il y a l'écho de sa voix qui disait : lis-moi, Sara, lis-moi ce passage. Mon uniforme est plié sur la chaise. Une relique. Une seconde peau qui m'attend. Je ne sais plus si c'est lui qui me protège ou si c'est lui qui m'étouffe.

Dans la salle de bains, le miroir est mon ennemi. Il est taché de calcaire, constellé d'éclats que le produit nettoyant ne dissout pas, comme des larmes pétrifiées. J'évite mon reflet avec la discipline d'une nonne. Je sais ce qui m'y attend : les yeux d'Elena. Nous avions les mêmes, noisette, avec cet éclat doré au bord de la pupille. Avant, quand je me regardais, je voyais nous deux. Maintenant, je ne vois qu'une usurpatrice. Une femme qui porte le visage d'une morte et qui n'a même pas eu la décence de s'effacer avec elle. L'eau de la douche est glacée, le chauffe-eau est capricieux, et ce matin il a décidé de me punir. Je laisse le froid me saisir, me mordre. Je le mérite. Chaque goutte est une pénitence. Le prix du silence, c'est celui que je paie pour ne pas hurler son nom dans ce cube de béton. Pour ne pas dire à quel point chaque respiration sans elle est une trahison. Alors je me tais. Je range ma peine au fond de moi, dans un tiroir que je ferme à double tour. Chaque chose à sa place. Même la douleur.

Je n'ai pas mangé hier soir. Je n'ai pas faim. Je n'ai plus faim depuis l'hôpital, depuis le bip continu du moniteur cardiaque, depuis le silence qui a suivi. Mon corps est un sanctuaire vide, un temple désaffecté où ne résonne plus aucun chant. Parfois, je pose ma main sur mon ventre et je cherche un battement, une pulsation, une preuve que je suis encore vivante. Mais il n'y a rien. Rien que le vide. Rien que le silence. Rien que cette fissure au plafond qui s'élargit chaque jour, comme si le monde se préparait à m'engloutir. J'attends. J'attends que le plafond s'effondre. J'attends que le réveil sonne. J'attends que la vie s'arrête, pour de bon, et qu'on me rende à elle.

Le devoir m'appelle. L'hôtel m'appelle. L'armure de lin m'appelle. Je me lève parce que je ne sais rien faire d'autre. Je me lève parce qu'Elena ne se lèvera plus jamais. Je me lève parce que rester couchée, ce serait mourir, et que mourir, ce serait trop facile.

La rame de métro est bondée, et je me tiens debout, écrasée entre des corps anonymes qui ne me regardent pas. Je suis déjà invisible. C'est un entraînement. Dans le reflet de la vitre, contre le noir du tunnel, j'aperçois ma silhouette. Une femme en manteau élimé, les épaules rentrées, le regard baissé. Une femme qui s'excuse d'exister. Avant, Elena marchait à côté de moi. Elle relevait la tête, elle défiait le monde. Moi, je la suivais. Aujourd'hui, je ne suis plus qu'une ombre qui suit une autre ombre.

Le Grand Palais Hôtel surgit de la brume matinale comme un sarcophage de pierre. Sa façade haussmannienne, ses balcons en fer forgé, sa marquise dorée. Il est trop beau, trop grand, trop riche. Il m'écrase. Chaque matin, je me tiens devant lui et je me rappelle que je n'en franchirai jamais la porte principale. Mon chemin, c'est la ruelle. La porte de service. Le bip du badge qui retentit comme un verdict : tu entres ici non pas comme une invitée, mais comme un outil.

Les couloirs de service sont un dédale de néons blafards, de murs blancs salis par le passage des chariots. Le luxe a un envers, un squelette de béton et de tuyaux où le personnel s'agite en silence. Dans le vestiaire des femmes, l'odeur est un mélange de sueur et d'assouplissant industriel. Les conversations sont des murmures, des plaintes étouffées, des fragments de vies cabossées. Je ne parle à personne. Personne ne me parle. On me connaît comme la silencieuse, celle qui ne sourit jamais vraiment, celle qui fait son travail et disparaît. Ce qu'ils ne savent pas, c'est que je n'ai plus de mots. Elena était mes mots. Sans elle, je suis une bouche cousue.

Mon casier, le 42. Le nombre des jours qu'elle est restée à l'hôpital avant de s'éteindre. Je ne l'ai pas choisi, c'est un hasard, mais un hasard qui me vrille le ventre chaque matin. À l'intérieur, mon uniforme. La robe de lin anthracite, le tablier blanc, les chaussures à semelles de crêpe. Je l'enfile comme on enfile un linceul. Chaque bouton que je ferme est une serrure qu'on verrouille. Le tissu rêche monte sur ma gorge, le col est trop serré, il me comprime la trachée. C'est voulu. Il faut que rien ne dépasse, ni une mèche, ni une émotion. Je tire mes cheveux en un chignon si serré que la peau de mes tempes se tend. Mes yeux dans le petit miroir du casier sont deux pierres noisette sans lumière. L'armure de lin est en place. Sara Petrova n'existe plus. Il ne reste que la femme de chambre, celle qu'on ne voit pas, celle qui efface la poussière et les traces.

Madame Kostova, la gouvernante, est un bloc de granit en tailleur noir. Elle ne marche pas dans le couloir, elle y jette une ombre polaire. Quand elle passe près de moi, je retiens mon souffle. Je ne suis pas la seule. Lina, ma seule presque-amie, baisse les yeux comme une enfant prise en faute. La voix de Kostova, c'est le bruit d'une porte de prison qui claque.

— Petrova. Quatrième étage. La Tourelle. Et faites-moi briller ces verres, pour l'amour du ciel. Le client précédent était un porc.

— Oui, Madame.

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