LOGINUn poids semblait s'être déposé sur moi.
Mes yeux s'ouvrirent progressivement dans une pièce. J'oscillai le regard entre les coins et face à moi, des murs bleus. Je tentai de me relever mais on dirait qu'un poids s'était déposé. — Où suis-je ? murmurai-je tout en essayant de me redresser sur le lit sur lequel j'étais couchée. Tout d'un coup, des grognements résonnèrent. Je m'appuyai fermement contre le lit et je me redressai, remarquant désormais que j'étais dans un hôpital et que les grognements provenaient de la salle d'à côté. — Comment ai-je atterri ici ? Mais rien ne me revenait. La porte s'ouvrit grandement et une jeune femme, souriante mais l'air soucieuse à la fois, s'avança vers moi. — Qu'est-ce… qu'est-ce que je fais ici ? Que s'est-il passé ? demandai-je, troublée. Elle se rapprocha de moi puis elle prit ma main en revêtant toujours un léger sourire aux lèvres et me répondit : — Bonjour Madame, je suis le Dr Josey. Ne vous en faites pas, rien de grave Madame. Vous avez été retrouvée évanouie sur le trottoir. — Sur… sur le trottoir ? balbutiai-je, complètement confuse. Je me figeai face à elle, troublée. — Comment ça ? Comment ça sur le trottoir ? Elle détourna légèrement le regard de moi un instant, ce qui attira mon attention. — Docteur, dites-moi la vérité, que… que m'est-il arrivé ? insistai-je. Elle m'empoigna par les épaules, me regardant droit dans les yeux. — Vous avez été victime d'un vol à main armée dans le taxi que vous avez pris, mais par chance ces brigands ne vous ont absolument rien fait. La seule chose est qu'ils vous ont dépossédée de vos effets personnels puisque nous n'avons rien trouvé sur les lieux. Ma gorge se serra. Comme un événement malheureux n'arrive pas seul… Je me retrouvais seule, sans rien. Embarquée dans un vol et dépossédée de tout comme une malpropre. Je ne sus quoi dire à ce moment précis ; je revoyais le film de mon départ en boucle à cet instant. Des questions internes me venaient à l'esprit comme si je pouvais être capable de trouver des réponses moi-même, tant tout m'était tombé dessus sans que je daigne ne serait-ce qu'une seule seconde imaginer ce dénouement à ma vie. — Avez-vous une personne que vous souhaitez contacter ? demanda la docteure, qui me réveilla de mes pensées. Je me figeai de nouveau. Mon cœur s'emballait. Il y a quelques heures, j'avais encore ce droit d'être l'épouse de quelqu'un et dont lui en devenait mon responsable. Celui avec qui on s'était juré soutien et amour mutuel. Oui, en quelques heures seulement, je vivais un basculement. Plus d'époux. Seule. Aucun soutien. Aucune épaule. Alors qu'à ce moment précis, je n'avais d'yeux que pour ses bras et ses mots réconfortants. Partir ou rester ? Je me suis posé cette question jusqu'à la dernière minute. Même sur le seuil de la porte, cette question résonnait encore au plus profond de moi. Rester dans l'incompréhension ou partir dans la douleur ? C'était à quoi j'ai été confrontée. Mais est-ce que je faisais le poids face à un bébé qui n'avait rien demandé ? Ni même ne savait qu'il serait issu d'un coup d'un soir comme il l'a dit ? Ensuite, je suis partie dans la douleur, mais le cœur léger de n'avoir pas séparé un fils de son père. Qui appeler ? Telle était la question. La docteure sortit de la pièce sans ajouter un mot. Petit à petit, je m'adossai contre la hauteur du lit, bras croisés, le regard figé droit devant moi. Je ne pensais qu'à une seule chose : cette femme. Stella. Ai-je appris son nom. À ce moment, mes pensées se tournaient vers elle. Vers eux. Vers ma maison. Vers la chambre qui était la leur à présent. La nuit s'écoulait et mes yeux restaient ouverts dans la noirceur. J'étais tenue en haleine par cette réalité qui me mettait dos au mur. Quand je pense que je lui ai voué quatre années où je me suis entièrement dédiée à lui et à notre rêve d'avoir un enfant, mettant de côté mes rêves, mon vouloir qui était le sien, pour après découvrir que ce rêve, il allait le partager avec une femme autre que moi. Ça fait très mal. Aucune femme ne mérite de vivre seule… tu vis mais une partie de toi meurt… L'interrupteur s'alluma tout à coup, me sortant de cette noirceur. Le docteur s'avança vers moi, prit mes paramètres. Je la regardais d'un regard vide, insouciante. — Tout semble aller pour le mieux, me dit-elle. — Maintenant, que comptez-vous faire ? N'avez-vous personne à qui nous pouvons informer de votre présence ici ? demanda-t-elle. Je marquai un moment de silence… Puis je lui répondis sans me contrôler : — J'étais mariée, heureuse, presque… j'espérais avoir un enfant… mais là, j'ai tout perdu. J'ai été remplacée parce que son ex est enceinte, lâchai-je brusquement, la prenant de court. — Madame… l'entendis-je murmurer, la voix pleine de compassion. Tout à coup, des larmes jaillirent. Elle me prit la main, me réconfortant. — Les hommes demeurent un mystère. Les ex encore plus, débuta-t-elle. — Je comprends ce que vous vivez parce que moi aussi j'ai vécu la même chose, me confia-t-elle. Je me redressai vivement, lui accordant toute mon attention. C'est comme si j'avais repris un regain d'énergie. — Comment avez-vous fait pour vous en sortir et ne pas sombrer ? demandai-je, le regard ahuri. Elle soupira longuement, puis me répondit : — Eh bien le temps. Mon travail. Moi, dit-elle simplement. — Le temps guérit des blessures et croyez-moi, vos plaies cicatriseront. Et vous deviendrez encore plus forte. C'est une épreuve et à chaque épreuve une personne suffisamment forte à hauteur de cette épreuve pour la surmonter. Des femmes vivaient des histoires similaires. Et ces mêmes femmes en sortaient plus fortes, le cœur marqué. J'espérais que ce soit le cas pour moi. Que je parviendrais à mettre définitivement ce passé au plus profond de mon esprit. — Êtes-vous seule ? En dehors de lui, n'avez-vous pas une famille ? Un proche ? me demanda-t-elle. — Si… murmurai-je tout doucement. — Qui est cette personne et savez-vous comment nous pourrons rentrer en contact avec elle ? Je marquai un temps d'arrêt. Mes yeux se baissèrent légèrement.. Je revoyais les larmes, la séparation.. Mais je n'avais plus qu'elle depuis toujours. — C'est ma sœur…, répondis-je. Ma petite Elara. Ma sœur que ce mariage m'a contrainte à me séparer d'elle.David :Je l’ai vite reconnue de dos alors que je suis sorti un instant. Elle se tenait face à moi. Mon regard en resta captivé, croyant rêver. Après autant de mois, je ne pensais pas pouvoir la retrouver juste ici, en face de moi. Des souvenirs me sont revenus à l’esprit et ce sentiment d’impuissance que je ressentais lorsqu’elle a appris pour la grossesse de mon ex m’est revenu en puissance. Elle était là, à quelques pas, et je me demandais si j’étais vraiment légitime d’aller vers elle.Tout semblait s’être figé autour de nous. Plus rien n’existait pour moi. J’ai commencé à avancer, un pas après l’autre, jusqu’à elle. Et plus qu’à un toucher d’elle, son parfum, le même, m’a envahi d’un seul coup. Je nous ai tout de suite revus tous les deux, heureux et amoureux.Je ne pouvais plus faire marche arrière. J’ai déjà été lâche une fois et, cette fois-ci, après tant de temps loin d’elle, je me suis rendu compte que j’aurais dû la retenir, faire les choses différemment.Un silence s’empar
La robe était magnifique. Les détails encore plus.Ma vie avait pris un tournant inattendu. D’abord la tristesse de voir mon mariage brisé par mon incapacité à donner naissance, comme on me l’avait bien fait savoir. Puis vint cette confiance qu’Eli avait placée en moi. Cette force qu’elle avait eue pour nous deux m’avait permis de faire éclore ce rêve que j’avais déjà bien enfoui au plus profond de moi. Aujourd’hui, je me retrouvais invitée à des soirées de lancement et j’avais eu la grande opportunité, grâce à M. Ralph qui n’avait pas hésité à me laisser ma chance.Maman. Un autre miracle de Dieu dans ma vie. Et créatrice de mode. Tout ce dont j’avais toujours rêvé. Mes vœux avaient été exaucés ; j’étais prête à vivre intensément ma vie, à regarder droit devant moi, à profiter de tous les fruits de mon travail acharné.Elara m’aida à me préparer pour la soirée. À quelques minutes de notre départ, je descendis et M. Ralph était déjà en bas à m’attendre.Cette lueur dans ses yeux me fi
Le lendemain matin, Elara rentra dans ma chambre en hurlant, les yeux rivés sur son portable. J'étais loin de m'attendre à toute cette déferlante de réactions.— Rea, tu ne vas pas le croire ! s'exclama-t-elle d'une voix stridente d'enthousiasme.Elle se jeta contre le lit près de moi, alors que j'essayais encore de bercer la petite qui venait de terminer sa tétée.— Mais Eli, doucement, tu vas réveiller la petite ! m'exclamai-je à mon tour.— Tiens ! Regarde ! C'est énorme ce qui se passe.Elle me tendit le téléphone et là, je vis les vidéos republiées de la collection, les réactions de gens qui l'aimaient, donnaient leurs avis, et surtout notre site avait doublé de visites. Les gens en redemandaient encore et encore. Des commandes étaient faites.J'avais le cœur qui battait la chamade. Je n'arrivais pas à le croire.— C'est incroyable !— OUIII ! hurla Eli à son tour.— Tu te rends compte, Eli ! Déjà qu'hier je n'en croyais pas mes yeux, ce matin encore j'y crois toujours pas. Je vi
Tout me semblait tellement irréel. J’avais l’impression de rêver tant je ne m’étais jamais permis de rêver aussi grand.J’entrais dans la salle ; les regards braqués sur moi. Je ressentais toute cette vague d’amour qui m’inondait d’un seul coup. Je me suis retournée et mon regard a croisé celui d’Eli qui avait déjà un large sourire avec ses yeux luisants d’émotion.Elle me l’avait dit. Elle avait cru en moi alors que moi je ne voulais pas me permettre d’y croire. Elle a été mon roc. Et ensemble, on a réalisé ce rêve pourtant si loin de nous.Je fis face au public ; j’avais enfin trouvé le courage de les regarder dans les yeux et d’apprécier chaque instant de ce moment.À un moment de la soirée, émerveillée déjà par ces applaudissements auxquels j’essayais encore de m’habituer, à ma gauche la première ligne de femmes se leva et toutes m’acclamèrent encore une fois et cette fois-ci, des rires expressifs et des « félicitations » s’entendaient encore plus fort.— Est-ce pour moi tout ça ?
— Mesdames et messieurs, sans plus tarder, découvrez une collection audacieuse portée par une créatrice engagée, découvrez son concept : FemmeAttitude.Point de vue de RebeccaJ'avais l'impression que mon cœur avait glissé dans mon estomac en entendant le présentateur introduire ma collection.Je ne tenais plus sur place. J'avais les mains qui tremblaient de froid. Heureusement que M. Ralph ne me lâchait pas.— Tout va bien se passer, me disait-il pour me réconforter.Mon regard resta suspendu sur la salle et là, je vis ma première tenue faire son entrée.— Awww ! murmurai-je, la poitrine serrée.Elle marchait magnifiquement bien. Je m'efforçais de rester concentrée sur la tenue mais je ne pouvais m'empêcher de voir les réactions.Coup de malchance, tout le monde restait stoïque... les regards restaient suspendus comme les miens. Et les photographes, eux, se chargeaient bien de prendre les moindres détails de la tenue.J'avais 10 tenues à mon actif et chacune avait une signification p
Point de vue de Ralph GrahamToutes les lumières sont braquées sur moi ; je revenais au-devant de la scène après un an d'absence.Plus d'inspiration ? Je ne sais pas peut-être que c'est ça ou peut-être pas. Enfin, j'ai arrêté de me poser cette question au fil du temps qui passait.Je savais que ce jour était aussi exceptionnel pour moi que pour Madame Rebecca.C'est son 1er défilé et ce clin d'œil que je lui ai fait était pour la rassurer.Moi, j'en ai connu plusieurs et je me souviens bien de mes débuts, de cette chance qu'on m'avait laissée.En découvrant ses tenues sur les réseaux, ça a été le déclic ; ce regain d'enthousiasme et d'excitation m'est revenu d'un seul coup. Ce qu'elle ignore, c'est qu'elle m'a inspiré cette toute nouvelle collection qui marque mon grand retour.Ralph quitta la scène et rentra dans les coulisses où il retrouva Rebecca clouée face à la scène. Son regard semblait figé, luisant au reflet de la lumière qui s'échappait de la salle. Elle ne clignait pas des
Elara, ma petite sœur.Après mon mariage, j'eus déménagé et m'installer à Manhattan avec David où il avait trouvé du travail. En tant que son épouse, après notre mariage, je l'ai suivie. Elara étant encore au lycée, j'eus l'inscrire dans un pensionnat.Elle ne le voulait pas. Rester loin de moi alo
J'avais l'impression de manquer d'air.Chaque pas que je faisais et qui me rapprochait de la porte était semblable à une charge lourde sur mes épaules qui m'enfonçait bien plus bas que terre.Je m'arrêtai un moment et, au mur, nos photos étaient encore bien là, accrochées. On était heureux.Mais es
Cet enthousiasme. L'attitude de David. Les événements de la veille. Et ce prénom qui résonnait au plus profond de moi. Stella. Je me tournai face à David qui avait le regard baissé. Ma gorge était nouée ; les mots peinaient à sortir. Une sensation de brûlure inondait ma poitrine. J'étais specta
Je perdis presque l'équilibre.Mes jambes tremblaient ; j'avais l'impression que je m'écroulerais.Les frissons s'emparèrent de mon corps tout entier.Je m'agrippai contre la porte, le cœur battant si vite que je dus me serrer fortement la poitrine.Elle, ma belle-mère, était stoïque. Je n'avais ja







