LOGINAurielle se réveilla dans le silence de ses appartements. Pierre était parti. La lumière du matin filtrait à travers les hautes fenêtres, douce et apaisante, et pour la première fois depuis des jours, son corps lui semblait plus léger : la douleur s'était estompée, ne laissant qu'un vague souvenir de la morsure. Elle se demanda brièvement où il pouvait bien être, puis se rappela qu'il était le roi.On frappa doucement à la porte.Rosa entra, accompagnée d’une autre femme. Elle se précipita vers Aurielle, le regard inquiet. « Comment te sens-tu ? » demanda-t-elle, portant un petit plateau avec de la soupe fumante.Aurielle jeta un coup d’œil à l’autre femme, remarquant sa posture posée et ses vêtements impeccablement ajustés. « Qui est-elle ? »Rosa sourit. « Voici Francisca, la compagne d’Hugo. Elle se joindra à nous aujourd’hui. »Francisca inclina la tête, d’une voix chaleureuse. « Je suis ravie de te rencontrer enfin. Cela fait longtemps que je souhaitais te rencontrer. Ces vêtem
Rosa retint brusquement son souffle. « Elle a bougé. »D'un seul bond, Pierre se retrouva à côté du lit.Il s'arrêta juste avant de la toucher.Au lieu de cela, ses doigts se crispèrent lentement le long de son corps.La marque sur le cou d'Aurielle scintillait faiblement, et le regard de Pierre s'y fixa. Quelque chose passa dans son regard — sombre, intense, indéniablement possessif — mais en dessous coulait une ligne tendue de retenue, tendue à l’extrême.Julien le remarqua.Son regard passa des mains crispées de Pierre à ses épaules rigides, puis revint sur Aurielle. Il ne dit rien, mais changea de position — se rapprochant subtilement, comme s’il se préparait à l’impact.Rosa murmura, presque pour elle-même : « Elle brûle. »Pierre ne répondit pas.Il observait Aurielle respirer.Il observait les plus infimes signes de vie comme s’ils étaient les seules choses qui le retenaient dans cette pièce.Quand ses sourcils se froncèrent, quand un faible son s’échappa de ses lèvres, son co
Cette nuit-là, Pierre ne resta pas.L'attraction était trop forte : son parfum, sa présence, ce lien qui vibrait sous sa peau comme une créature vivante. Rester à ses côtés aurait signifié lutter contre des instincts qu'il ne se sentait pas capable de maîtriser. Il choisit donc une nouvelle fois la retenue.Il prit la chambre voisine, refermant doucement la porte derrière lui. Le lit accueillit son poids, mais son corps refusa le repos. Le lien le tirait, doux et insistant, comme des doigts enroulés autour de ses côtes. Quelque part au-delà du mur, Aurielle respirait — et son loup répondait. Pierre serra les mâchoires, fixant le plafond jusqu’à ce que l’obscurité s’éclaircisse et que la nuit cède. Au matin, Pierre était déjà parti. Les jardins du palais s’étendaient sous ses pas mesurés. Les gardes se redressaient à son passage. Un capitaine de patrouille prit la parole ; Pierre écouta sans l’interrompre, corrigea une formation d’un geste de la main, en redirigea une autre d’un
Pierre regagna ses appartements en silence.Aurielle le sentit avant même de le voir.Le lien s'éveilla — subtil, insistant — comme un fil qui se resserrait dans sa poitrine. Elle ne se retourna pas. Elle garda les yeux fixés sur le livre ouvert devant elle, bien qu'elle eût cessé de lire trois pages plus tôt. Les mots se confondaient, vides de sens.Elle était assise au bureau près de la fenêtre, dos à lui, le dos droit malgré la douleur sourde qui persistait dans tout son corps. Bouger trop lui faisait encore mal, alors elle était restée là presque toute la matinée — contenue, contenue, contenue.Pierre s’arrêta juste à l’entrée de la pièce.Il l’observa en silence. La façon dont elle n’avait pas levé les yeux. Son immobilité prudente. La distance qu’elle creusait à chaque respiration.Les paroles de Julien résonnaient dans son esprit.Ne la bouscule pas.Il ne dit donc rien.Il se rendit plutôt dans le petit coin cuisine et prépara quelque chose de léger : un bouillon, chaud et p
Pierre se tenait seul dans son bureau, les mains appuyées contre la surface froide du bureau.Le lien vibrait sans relâche sous sa peau — la présence d'Aurielle était une douleur lointaine, silencieuse mais implacable. Ni douleur. Ni paix. Quelque chose d'inachevé.Il ferma les yeux.Hugo.L'appel traversa le lien mental comme une lame fendant l'eau — direct, autoritaire.Un instant s'écoula.Puis la porte s'ouvrit.Hugo entra sans cérémonie, les larges épaules droites, le visage impassible. Son regard balaya brièvement la pièce avant de se poser sur Pierre.« Tu m'as appelé », dit-il.Pas « pourquoi ». Pas « tout va bien ».Pierre expira lentement. « Assieds-toi. »Hugo ne s’assit pas. Il attendit.Pierre se redressa, une irritation fugace traversant son visage avant de s’évanouir. Il ne s’agissait pas de domination. Pas maintenant.« J’ai besoin de conseils », dit enfin Pierre.Cela provoqua une pause.Hugo fronça légèrement les sourcils. « Sur la stratégie ? »« Non. »« À pr
Une fois qu'ils se furent lavés et habillés, les appartements semblèrent plus calmes… trop calmes.Pierre traversa le salon attenant avec une douceur inhabituelle, les manches retroussées, les cheveux encore humides. Une odeur d'herbes et de bouillon mijotant emplit bientôt l'air. Aurielle était assise à table, les mains jointes sur ses genoux, l’observant du coin de l’œil.Elle pouvait le sentir.Pas physiquement, mais émotionnellement.Une légère et constante tension lui serrait la poitrine, attirant son attention vers lui, même si elle s’efforçait de détourner le regard. Ses émotions effleuraient les siennes : inquiétude, retenue, affection mêlée de possessivité. Cela la déstabilisait davantage que la colère ne l’aurait fait.Pierre posa un plateau devant elle : un bol de soupe chaude, une baguette croustillante à côté, et un coq au vin, préparé avec une précision minutieuse.Elle cligna des yeux. « Tu cuisines ? »Un coin de sa bouche se releva. « J’ai appris », dit-il doucement.
Les doigts de Rosa dessinaient lentement des motifs absents le long de la mâchoire de Julien, son toucher suffisamment léger pour apaiser sans attirer l’attention. La lumière des bougies dans la chambre vacillait doucement, projetant des ombres sur les murs de pierre qui avaient été témoins de sièc
Le souffle régulier de l’air chaud vrombissait près de l’oreille de Leah, la tirant de ses pensées.Elle cligna des yeux en voyant son reflet, réalisant qu’elle fixait le même endroit du miroir depuis bien trop longtemps. Le sèche-cheveux bourdonnait inutilement dans sa main, l’air chaud soufflant
Les yeux de Leah restèrent fixés sur le bureau longtemps après que les chiffres aient cessé d’avoir un sens.La feuille de calcul brillait faiblement sous la lampe de bureau, ses colonnes bien ordonnées s’étirant vers le bas comme une accusation. Elle suivit le bord d’une feuille avec son ongle, l
SilverMoon Crest, Renne — BretagneLes torches qui bordaient le couloir devant les appartements d’Hugo brûlaient faiblement, leurs flammes vacillant légèrement comme si les murs de pierre eux-mêmes respiraient.La nuit avait complètement envahi SilverMoon Crest, mais le repos était un luxe que pe







