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Premiers contacts

작가: Moronix
last update 최신 업데이트: 2026-02-12 00:46:43

Le lendemain matin, l’aréna semblait plus silencieux.

L’entraînement n’avait pas encore commencé. Seuls quelques employés circulaient dans les couloirs. La lumière blanche des néons donnait aux murs une teinte presque clinique.

Éliane déposa son sac sur la table de traitement et alluma la petite lampe articulée. Elle aimait ce moment suspendu avant l’agitation. Le calme avant la collision.

Elle consultait déjà les dossiers médicaux transmis par l’équipe lorsqu’elle sentit une présence derrière elle.

Elle n’entendit pas la porte.

Elle le sentit.

— Tu commences tôt.

Sa voix.

Grave. Encore plus basse que la veille. Moins publique. Plus personnelle.

Elle se retourna lentement.

Alexei se tenait dans l’embrasure de la porte. Pas en tenue complète cette fois. Simplement un pantalon d’entraînement et un t-shirt noir ajusté. Ses cheveux étaient encore légèrement humides, comme s’il venait de sortir de la douche.

— Je pourrais dire la même chose, répondit-elle calmement.

Il entra sans demander la permission.

Pas brusque. Mais déterminé.

Il observa la pièce. La table. Les instruments. Elle.

— Poignet raide, dit-il simplement en tendant la main.

Elle baissa les yeux vers son poignet droit.

Aucune attelle. Aucune ecchymose visible.

— Depuis quand ?

— Depuis quelques semaines.

— Et tu n’as rien dit ?

Un léger haussement d’épaules.

— Ça ne m’empêche pas de jouer.

Elle soutint son regard quelques secondes.

Mensonge partiel.

— Assieds-toi.

Il obéit. Sans commentaire.

Il s’installa sur la table de traitement, jambes légèrement écartées, posture droite mais détendue. Trop détendue.

Elle s’approcha.

Professionnelle.

Elle prit son poignet entre ses doigts. Sa peau était chaude. Dense. La musculature tendue même au repos.

— Détends-toi.

— Je suis détendu.

Non. Il ne l’était pas.

Elle exerça une pression précise sur l’articulation. Il ne réagit pas.

Puis elle mobilisa légèrement le carpe.

Là.

Une micro-contraction.

— Là, dit-elle doucement.

Son regard glissa vers elle.

Pas surpris.

Observateur.

— Tu remarques tout.

— C’est mon travail.

Elle repositionna sa main pour tester l’amplitude. Son pouce traça involontairement la veine marquée le long de son poignet.

Sa respiration changea.

Subtilement.

Plus lente.

Plus profonde.

Elle la sentit.

Elle ne releva pas.

— Tu forces sur les mises en échec ?

— Toujours.

— Mauvaise réponse.

Un coin de sa bouche se souleva.

— Je suis attaquant.

— Tu es surtout têtu.

Il ne répondit pas.

Elle augmenta légèrement la pression.

Cette fois, il inspira plus brusquement.

Elle leva les yeux vers lui.

Ils étaient proches.

Beaucoup trop proches.

Elle pouvait distinguer les nuances gris-bleu de ses iris. Une couleur froide. Mais brûlante en même temps.

— La douleur est à combien sur dix ? demanda-t-elle.

— Ça dépend.

— De quoi ?

— De qui touche.

Le silence tomba entre eux.

Épais.

Elle ne retira pas ses mains.

Mais elle raffermit sa prise.

— Ici, c’est moi qui pose les questions.

Un éclat plus sombre traversa son regard.

Il aimait ça.

Le contrôle.

Le défi.

Elle poursuivit l’évaluation, méthodique. Flexion. Extension. Rotation.

Il la regardait travailler.

Pas son visage.

Ses mains.

Comme s’il analysait la précision de chacun de ses gestes.

— Tu n’as pas peur ? demanda-t-il soudain.

Elle ne leva pas les yeux.

— De quoi ?

— De travailler avec des hommes comme nous.

Cette fois, elle croisa son regard.

— Des athlètes professionnels ?

— Non.

Un silence.

— Des hommes qui frappent.

La phrase resta suspendue.

Elle comprit ce qu’il testait.

— Je travaille avec des corps, Alexei. Pas avec des réputations.

Un muscle de sa mâchoire se contracta.

Il appréciait encore moins qu’on le lise aussi facilement.

Elle relâcha enfin son poignet.

— Inflammation légère. Surmenage. Si tu continues à ignorer ça, ça deviendra chronique.

— Et si je ne veux pas ralentir ?

Elle s’approcha d’un pas.

Réduisant l’espace entre eux.

— Alors je te forcerai.

Il la fixa.

Lentement.

Un battement.

Puis deux.

L’air semblait plus lourd dans la pièce.

— Tu crois pouvoir me forcer ? murmura-t-il.

Elle posa une bande de kinésiologie sur la table, parfaitement calme.

— Je crois surtout que tu n’aimes pas perdre le contrôle.

Le silence devint électrique.

Il descendit de la table.

Trop près d’elle maintenant.

Elle ne recula pas.

Il leva la main.

Son poignet.

Qu’elle venait de manipuler.

Il l’approcha de son propre visage, comme pour tester la mobilité.

Mais son regard restait ancré au sien.

— Continue le traitement, dit-il.

Pas un ordre.

Pas vraiment.

Une invitation.

Elle déglutit.

Professionnelle.

Elle fit un pas de côté.

— Trois séances par semaine. Glace après entraînement. Et tu me signales la moindre douleur.

— Sinon ?

Elle attrapa son dossier.

— Sinon je parle au coach.

Il eut un bref rire.

— Tu n’oserais pas.

Elle soutint son regard.

— Essaie-moi.

Le défi était lancé.

Il resta immobile encore quelques secondes.

Puis il hocha légèrement la tête.

Un accord silencieux.

Il se dirigea vers la porte.

La main sur la poignée, il s’arrêta.

— Tu travailles avec douceur… dit-il sans la regarder.

Il tourna légèrement la tête.

— Mais avec précision.

Il ouvrit la porte.

— C’est dangereux.

Puis il disparut dans le couloir.

Éliane resta seule.

Son cœur battait trop vite.

Elle inspira profondément.

Ce n’était qu’un patient.

Un joueur.

Rien de plus.

Mais elle ne pouvait ignorer ce qu’elle avait ressenti.

Pas seulement l’attirance.

Le pouvoir.

La tension du contrôle partagé.

Il ne cherchait pas seulement un traitement.

Il la testait.

Il voulait savoir jusqu’où elle irait.

Et, plus inquiétant encore…

Une partie d’elle voulait le découvrir aussi.

Dans le couloir, le bruit des lames recommença à résonner sur la glace.

La journée ne faisait que commencer.

Et déjà, la ligne professionnelle qu’elle s’était jurée de ne jamais franchir paraissait un peu moins nette.

Un peu plus fragile.

Comme une fissure invisible sous une surface parfaitement lisse.

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