تسجيل الدخولLes larmes coulent sur mes joues, silencieuses. Je n'ai même plus la force de sangloter.Je pense à Lorenzo.Son visage est la dernière image qui me reste. Son visage quand il a pris la balle pour moi. Ses yeux qui se sont fermés. Sa main qui a lâché la mienne, dans une défaillance pire que la mort.Et puis sa voix au téléphone. Glacée. Brisée. Je ne te crois pas, a-t-il dit. Mais il finira par me croire. Les preuves sont trop convaincantes. Les photos, l'enlèvement de Sofia, ma trahison avouée. Il n'aura pas le choix. Il me haïra.C'est mieux ainsi. S'il me hait, il ne
AudeLe cri qui sort de ma gorge n'a plus rien d'humain. C'est un hurlement primitif, animal, qui déchire le silence de l'entrepôt et se répercute sur les murs de béton.Je me jette vers ma mère, mais Vitale m'attrape par les cheveux, me tire en arrière. Je tombe sur le sol, le crâne heurtant le ciment. Ma vision se brouille, mais à travers le voile de douleur, je la vois. Je vois sa tête qui pend sur sa poitrine, le sang qui coule de sa tempe, ses yeux ouverts qui ne me regardent plus.— Non... Non... Maman...
La haine monte en moi, brûlante, dévorante. J'ai envie de me jeter sur lui, de lui arracher les yeux, de le frapper jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'une bouillie sanglante. Mais je me retiens. Ma mère. Sofia. Leurs vies sont plus importantes que ma vengeance.— Vous vouliez me parler. Parlez.Il sourit. Ce sourire de prédateur qui ne monte jamais jusqu'à ses yeux.— J'ai réfléchi, ces dernières heures. En recousant mon épaule, en préparant ma fuite. Je me suis demandé ce qui pourrait me faire le plus plaisir. Vous tuer ? Trop simple. Trop rapide. Vous ne souffririez pas assez.
Je le regarde sans comprendre.— Il dit qu'il échangera les otages contre vous. Vous, et seulement vous. Il vous attend dans l'entrepôt. Si dans une heure vous n'êtes pas là... il les tuera.Ma mère. Sofia. La mère qui m'a élevée, qui m'a soutenue, qui a pleuré Mathieu avec moi. La petite fille de Lorenzo, cet enfant aux yeux sombres qui lui ressemble tant. Celle dont il m'a parlé une seule fois, dans un murmure, comme d'un trésor trop précieux pour être exposé au monde.Je pense à Lorenzo sur son lit d'hôpital, entre la vie et la mort. S'il se réveille, s'il survit, et qu'il apprend que sa fille est morte par
AudeJe ne sais pas combien de temps je reste agenouillée près de lui. Les secondes, les minutes, les heures se confondent dans un brouillard de douleur. Mes mains sont rouges de son sang. Mon visage est couvert de larmes et de suie. Je répète son nom comme une incantation, comme si le dire pouvait le garder en vie.Des mains m'agrippent, tentent de m'éloigner de lui. Je me débats. Je hurle. Je griffe. Je mords.— Signora Aude ! Signora, laissez les secouristes faire leur travail !Ce sont les hommes de Lorenzo. Ceux qui restent. Ils ont appelé
Un dernier effort. La poutre se soulève assez pour que Lorenzo dégage sa jambe. Il rampe, se redresse en grimaçant. Sa jambe ne le porte plus, mais il est debout. Il est vivant.Nous courons. Enfin, nous essayons. Lui qui boite, moi qui le soutiens. Derrière nous, le plafond s'effondre dans un grondement de tonnerre, soulevant un nuage de poussière et d'étincelles. Le souffle nous propulse vers la sortie.Nous émergeons dans la nuit. L'air froid du port est une bénédiction sur nos visages brûlés. Nous nous effondrons sur le bitume, l'un contre l'autre, haletants, tremblants, mais vivants.— Je t'avais dit de ne pas me suivre, grogne Lor
LorenzoElle baisse la tête. Mais elle ne me prend pas. Elle pose d’abord son front contre ma cuisse. Un geste étrangement humble. Puis elle tourne la tête et pose sa joue contre ma peau. Je sens la chaleur de son visage, le léger mouvement de sa respiration. Elle reste ainsi un moment, comme pour
AudeLe lendemain est une torture exquise. L’air est lavé, lourd d’une humidité nouvelle après l’orage. Chaque bruit , le grincement d’une porte, un pas dans le couloir , fait bondir mon cœur. Je travaille dans le salone, mais mes mains ne sont plus sûres. La surface lisse d’un sein de nymphe que j
AudeUne semaine. Une semaine entière à tourner autour du vide, de l’absence, de ce fantôme en chemise de lin. Je travaille dans le salone. C’est une pièce immense, aux murs couverts d’échafaudages légers que j’ai montés moi-même. La lumière y entre à flots, filtrée par de grandes verrières sales.
LÉON Chaque ouverture est une victoire, une parcelle de peau découverte que je devine plus qu’elle ne vois. Je sens son souffle s’accélérer, son ventre se contracter contre le mien. Ma main glisse à l’intérieur de la robe, trouve la chaleur de son dos, la peau soyeuse et tendue. Elle frissonne vio







